Auteur Sujet: Nq 71 - Quand les Serpents Négocient  (Lu 89 fois)

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Nq 71 - Quand les Serpents Négocient
« le: 12 août 2019 à 16:52:00 »
Quand les Serpents Négocient

par Douglas Seacat

Konesta, fin 610 AR

Le Bosco [Bosun] Balasar Grogspar a mâchonné sa pipe et regardé, d’un air morose, à travers la balustrade et le long des quais, la profusion de couleurs et d’activité qu’était Konesta, le port marchand de Zu. Ses mains surdimensionnées serraient si fort le tuyau qu’il semblait pouvoir se briser comme une brindille sous ses doigts. Le Capitaine Shae s’est approché de lui, a croisé les bras et a attendu silencieusement, sachant que tout ce qui dérangeait le trollkin remonterait ou non, indépendamment de ce qu’on lui dirait.

Le bosco a sorti sa pipe en épis de maïs de sa bouche et a pointé l’embout vers la ville. « J’aurais dû envoyer quelques chiens de mer [seadogs] avec lui », dit-il. « Où y aller moi-même. »

« Tu es inquiet pour Rockbottom ? » A demandé Shae. « Il sait s’occuper de lui-même. Cette ville est son genre d’endroit. Partout où tu vas, quelque essaie de prendre ton or et de te donner quelque chose que tu ne voulais pas. »

« Pourtant », a grogné Grogspar, « cette terre est remplie de sauvages. Qui sait ce qui lui arrive ? Il est probablement en train de cuire vivant dans une marmite ou un truc du genre. »

***

Le Seigneur Joln Rockbottom était perché précairement sur un tabouret surélevé, à une petite table à l’extérieur d’un bâtiment circulaire en terre cuite avec un bas dôme. Ils étaient sur la Place Torozon [Torozon Square], où les marchands les plus riches concluaient leurs affaires. Avec deux doigts, il a soigneusement saisi la petite poignée d’une délicate tasse en porcelaine et a porté le fumant liquide noir à la bouche. Il a cherché à contrôler son expression en l’avalant. Il l’a bu comme s’il était le moins cher et le plus âpre des uiske de Cinq-Doigts, lui brûlant l’arrière-gorge.

« Délicieux », dit-il en s’étranglant. La saveur amère grandissait en lui et il en était venu à apprécier l’agréable picotement qu’il provoquait par la suite sur le bout de ses doigts et au cuir chevelu. Ils préparaient du café intense ici à Konesta, en le concentrant en un liquide huileux qui ressemblait peu à la façon dont la boisson importée était préparée chez lui, y compris comment elle était préparée dans la cambuse du Talion. Ils utilisaient beaucoup plus d’eau, d’abord. Il avait récemment décidé que la seule bonne façon de boire du café était d’ajouter une bonne rasade de rhum. Bien sûr, le rhum aidait dans tout. « Ça provient du lot de fèves torréfiées que vous me vendez ? »

Le zuais face à lui était un maître négociant nommé Hamidi. Il préférait clairement siroter sa boisson. Il a répondu : « Oh, non Seigneur Rockbottom. Les fèves que j’ai mis de côté pour notre arrangement proviennent de la meilleure récolte des dernières années. Elles proviennent de trop loin au sud, amenées ici à grands frais. Il y a eu trois morts pour les transporter jusqu’ici. Nous réservons uniquement ces fèves pour l’exportation. Ce que nous buvons provient d’une tribu proche. Il est . . . adéquat. Cela dit, je ne crois pas que nous soyons parvenus à un accord pour vous vendre des fèves, de haute qualité ou non. » Rockbottom a grogné. « D’accord. » Il s’est souvenu d’une chose et a sortit une montre de poche en argent de sa ceinture, la plaçant sur la table entre eux. « Un présent pour vous, Nokarr Hamidi : un dispositif qui marque l’heure, pour honorer ce négoce. » Il l’a glissé et Hamidi a incliné la tête en remerciement. Rockbottom enchaîné. « Les conditions sont plus que justes. J’offre l’opportunité de surpasser vos concurrents. Je vous propose une méthode alternative pour vous procurer des bien khadoréens ou ordiques, qui autrement, seraient bien plus cher.

Hamidi était un homme grand et large. Son tour de taille suggère une vie confortable, bien qu’il portait son poids d’une manière qui suggérait plus de la force que de la douceur, avec une robuste poitrine et d’épais bras. Tout le reste de son comportement donnait l’impression d’une personne douce et innocente. Sous visage était angélique dans rondeur et son expression par défaut était un sourire innocent mais connaisseur. Ses vêtements étaient tous des pastels colorés, une robe ample apparemment assemblée de longueurs d’étoffes nouées dans un complexe arrangement. Sa peau était d’un brun plus foncé que la majorité des gens de Konesta, étant généralement peau d’olive, bien qu’il y ait une surprenante variété d’humanité ici. C’était l’une des raisons pour lesquelles des hommes comme Hamidi étaient si importants. Ce sont eux qui négociait les accords entre tous les marchands zuais et les étrangers comme Rockbottom.

Hamidi a gardé le silence pendant un certain temps, fixant placidement le nain. Puis il a dit : « Je trouve étrange que les khadoréens et les ordiques risquent d’autres accords en exportant leurs biens par votre intermédiaire. Ou bien est-ce-que vous me proposez – comment dit-on – des caisses ‘tombée d’un bateau’ avant d’atterrir dans votre soute ? »

Rockbottom lui a jeté un regard offensé. « Vous me blessez », a-t-il répondu. L’expression sereine d’Hamidi n’a pas changé. Le nain a ajouté : « J’admets que notre capacité à acquérir des cargaisons inhabituelles et non réclamées de diverses origines est l’un des avantages de travailler avec le Talion. Cependant, dans ce cas, la transaction est totalement honnête. Officiel. » A-t-il ajouté en dernier, car il avait appris que tous les idiomes ne fonctionnaient pas avec le zuais. De plus, Hamidi semblaient maîtriser un nombre impressionnant de langues et les parlaient plus couramment que la plupart des autres.

Le grand homme s’est versé une autre petite tasse de café huileux. « Donc, je ne trouverai pas d’individus hostiles portants des armes étrangères inhabituelles à la porte de ma maison, cherchant une richesse volée ? Parce que je vous le dis, cela mettrait à rude épreuve notre amitié, qui est d’une grande valeur à mes yeux. »

Il a fait un signe de la main dédaigneux. « Non, rien de pareil. » Rockbottom a accepté une repasse, bien qu’il s’est demandé s’il y avait un danger pour sa santé à continuer de le boire. Il a déclaré : « C’est un échange mutuellement bénéfique. Je veux que vous considériez cela comme une première étape en vue d’un arrangement plus vaste. J’ai des amis à Rhul, ma patrie, ayant hâte de commercer avec Zu et qui n’ont pas encore établi de présence ici. Il y a des marchés encore inexploités que vous et moi pourrions ouvrir.

Les sourcils de Hamidi se sont haussés sensiblement pour la première fois alors qu’il réfléchissait à cela. Rockbottom a gardé sa réserve cependant qu’il commençait à discuter des détails ce qu’il offrait et espérait gagner, Il espérait que la sueur sur son front serait prise comme une sincère gêne dû à la chaleur et l’humidité à Konesta et non comme une crise de nerfs.

***

Il se souvenait très bien de sa rencontre moins amicale qu’il avait eue quelques jours auparavant à la Maison de Commerce Mateu. Son contact là-bas avait fait des suggestions menaçantes sur ce qui pourrait lui arriver si ses affaires échouaient. Rockbottom a pu leur assurer en toute honnêteté qu’il irait au bout de Caen pour éviter cela. De la Maison Mateu, il avait négocié un envoi de substances alchimiques simples créées par l’Ordre du Creuset d’Or [Order of the Golden Crucible], très appréciées ici, même si techniquement leur commerce tait interdit. Il faisait également l’acquisition de munitions spécialisées, qu’il prétendait utiliser pour son propre usage. En vérité, celles-ci étaient destinées aux khadoréens.

Ensuite, il a eu une conversation encore moins agréable avec un laquais kossite des kayazy Négoce Kontinental Oligovich & Kovář [Oligovich & Kovář Kontinental Trade]. Les gardes du corps bratya de l’homme n’avaient pas pris la peine de cacher leurs menaces, promettant de faire des choses créatives avec ses entrailles s’il le trahissait. La relation de Rockbottom avec ce groupe était ténue et nouvelle, et pour une raison déconcertante, ils n’avaient pas confiance en sa réputation. Des khadoréens, il convoitait une cargaison mixte de fourrures rares et d’ambre gris.

Durant un instant, il avait cru que le kossite ressemblant à une belette, le retiendrait captif au lieu d’accepter ses conditions. Ses contacts avec ordiques et khadoréens avaient pris plaisir à lui rappeler l’énorme récompense sur sa tête et comment leurs gouvernements respectifs s’attendaient à ce qu’il soit arrêté. En fin de compte, la promesse de gains plus importants l’avait emporté. Rockbottom savait qu’il creusait un profond trou, d’autant plus qu’il n’avait pas encore informé le Capitaine Shae de ce qu’il faisait.

***

Citation de: Maître Yoda
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Re : Nq 71 - Quand les Serpents Négocient
« Réponse #1 le: 12 août 2019 à 16:52:24 »
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Citation de: Maître Yoda
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