Auteur Sujet: NQ 23 - S&S - Don de Thamar  (Lu 607 fois)

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NQ 23 - S&S - Don de Thamar
« le: 12 mars 2018 à 23:22:46 »
Symbole et Sceau: Don d’une Sombre Déesse

Les Origines de la Magie Humaine
D’après les carnets de Sybeth Roane (transcrit par Douglas Seacat)



Cette peinture à l’huile s’intitule simplement «Le Don [The Gift]», a été peint à Merywyn par l’artiste llaelais Florian Stitz en 297 AR. Il a produit plusieurs peintures à thèmes religieux, mais cette œuvre en particulier a provoqué un émoi pour sa représentation «trop sympathique» de Thamar. La réputation de Stitz en a souffert et il est mort sans le sou.



Les historiens ont tenté à maintes reprises d’expurger l’un des événements les plus cruciaux de l’histoire de l’Immoren occidental. Les vantards arrogants de l’Ordre Fraternel des Magiciens [Fraternal Order of Wizardry] sont coupables d’approuver un tel révisionnisme. Dans leur adoration de l’Ascendant Corben, les sorciers de ce groupe et de l’Ordre de l’Illumination [Order of Illumination] préfèrent ignorer l’impact incommensurable de la déesse Thamar et de ceux qui l’ont suivie, notamment les Légataires [Scions] Ekris, Nivara et Stacia.

Les philosophies de Thamar ne sont guère aisées à comprendre pour les non-initiés. Ceux qui comprennent mal sa nature ne peuvent comprendre que cette déesse a aidé à préserver notre civilisation à son heure la plus sombre. La longue et difficile rébellion contre les orgoth n’aurait pas été possible sans l’aide de Thamar et de ceux qui obéissaient à ses instructions, en particulier ceux qui étaient au courant du premier acquis de la magie conféré par le Don de Thamar [Thamar’s Gift]. Toute notre industrie et mékanique moderne repose sur les épaules de ces premiers pratiquants et du protecteur divin dont ils ont accepté l’aide. Les héritiers de ce legs cherchent à enterrer le passé, ce que je ne permettrai pas.

L’Ordre de l’Illumination [Order of Illumination] se vante d’avoir pour but de faire briller la lumière dans les ténèbres. Quelque ce soit ma fonction. Je vais lever le voile des mensonges. En conséquence, j’ai inclus ici quelques-uns des nombreux textes pertinents, le travail d’innombrables chercheurs dévoués. Il reste encore beaucoup à apprendre, mais j’espère que cela suscitera un regain d’intérêt pour ce sujet négligé.

Avant d’examiner le Don lui-même, je pense qu’il est important de regarder beaucoup plus loin dans l’histoire et de comprendre les facteurs qui ont pu contribuer à cette transformation du potentiel humain.

—S.R.

L’occultisme avant le Don

La magie humaine naît-elle vraiment avec le Don de la Sorcellerie? En cette époque il est tentant de tracer une ligne de démarcation nette entre «quand il y avait la sorcellerie» et «quand il n’y en avait pas» pour créer une distinction nette et ordonnée. Ceux d’entre nous qui ont étudié le passé savent que les choses n’étaient pas si simples.

De nombreux d’érudits autrement raisonnables préfèrent pas du tout étudier ce sujet. L’exploration de ce sujet suscite inévitablement la censure et l’accusation d’être un thamarite dissimulé. Mettons de telles superstitions de côté.

Les alchimistes instruits savent que la recherche sur la puissance surnaturelle et ses applications existaient bien avant l’apparition de premier ensorceleur vérifiable dans la ville ordinaire de Tarna en 137 PR. De plus, les orgoth n’ont pas été le premier peuple que nous avons vu utiliser des énergies inexplicables sans compter sur la prière. Il ne fait aucun doute que les textes sur cette question sont pleins de mythes et de revendications invérifiables. Il semble qu’il n’y avait pas de voie naturelle vers la sorcellerie ou son équivalent plus éminent, l’art de la magie, qu’après le Don. Pourtant, la légende et l’histoire décrivent plusieurs individus remarquables qui se sont levés pour dominer leurs voisins non pas par la force des armes ou des machinations politiques, mais en manifestant un pouvoir inexplicable et contre nature.

Pourtant, cela signifie-t-il que de Don de Thamar était un mensonge ou une sorte de propagande thamarite? Pas du tout!

Examinons la femme elle-même, avant sa Sombre Ascension [Dark Ascension]. Même ceux qui craignent de nommer la sombre déesse admettent que les Jumeaux étaient des érudits et des philosophes remarquables au cours de leur mortalité. Après sa retraite en tant que soldat, Morrow écrivit l’un des récits les plus important de l’ancienne Calacia, après avoir personnellement passé du temps à dénicher des reliques oubliées et à déchiffrer des tablettes gravées. De même, Thamar plongea avec un enthousiasme sans égal dans les mystères des secrets oubliés. Ses accomplissements intellectuels ont été éclipsés par son ascension vers la divinité, mais nous ne devons pas oublier qu’elle était un parangon de l’occulte bien avant de perdre son enveloppe charnelle. Ses répréhensibles choix moraux n’amoindrissent pas ses importants accomplissements en tant qu’érudits.

Les voyages de Thamar à travers l’Immoren en quête d’une vérité plus profonde sont bien relatées dans l’Enkheiridion. Elle passa du temps parmi une myriade de cultes disséminées décriées comme hérétiques par la foi menite. Parmi ces cultes de plaisir, ces adorateurs d’ancêtres et de festoyeurs de la chair des morts, elle finit par trouver les indices qu’elle cherchait. L’Église de Morrow a découragé à quiconque d’autres que les prêtres ordonnés d’étudier les journaux de Thamar, ces pages sombres écrites à l’encre d’argent constituant la moitié de leur bien-aimé Enkheridion. On dit que les paroles de Thamar sont trop séduisantes pour les esprits plus faibles. En tant qu’érudits, je rejette cela.

Pourquoi l’Église de Morrow redoute-t-elle la vérité? Je méprise la superstition, mais je permettrai que leur position soit compréhensible, voire alarmiste. L’examen détaillé du journal de Thamar et des notes correspondantes d’Ekris démontre clairement que la nécromancie et l’infernalisme sont les arts mystiques les plus anciens, bien avant le Don. C’est une vérité que l’Église préférerait oublier. Ils craignent que la reconnaissance de ce fait ne donne à ces pratiques noires une sorte d’attrait.

Je trouve cela peu probable. Il n’est pas nécessaire d’être pieux pour considérer le vol de cadavres ou pour reconnaître les dangers inhérents à d’autres actes classés sous le coup de la sorcellerie. Le commun des mortels protège autant son âme que son gagne-pain. Pourtant, nous devons reconnaître que les processus naturels de la mort et du mourant transmettent d’énormes énergies latentes. C’est un fait que chaque cadavre humain est une source inépuisable de pouvoir contre nature inexploité. Cela est magnifié au centuple dans cette chose ineffable et invisible que nous appelons l’âme. Ah, l’impérissable âme humaine! Une monnaie si chère aux dieux et aux infernales qu’une seule vaut bien plus que toutes les richesses de Caen. C’est de ces désagréables mais indéniables vérités que naissent la nécromancie et l’infernalisme.

Ce n’est pas un hasard si les premiers légataires [scions] de Thamar à faire l’ascension furent Ekris et Delesle, patrons respectivement de l’infernalisme et de la nécromancie. Ekris a été non seulement l’amant de Thamar dans vie mais aussi un compagnon occultiste obsédé par les mœurs sombres. Ce fut l’homme qui a fini par rédiger les textes les plus fiables sur la négociation avec les infernaux. C’est un fait controversé et vivement contesté, mais j’estime qu’il ne fait aucun doute qu’Ekris possédait un pouvoir semblable à la sorcellerie seize siècles avant le Don. Comment? Simple: par de sombres pactes avec les infernaux. Il est bien connu qu’il a volontairement sacrifié des milliers d’innocents à ces gourmands d’âme. De même, Delesle codifie les premiers rites nécromantiques, animant les morts pour les envoyer comme un fléau contre les temples ménite. Certains croient que la redoutable lame Witchfire fut une invention de sa fabrication et peut-être un outil utilisé durant sa propre sombre ascension. Pourtant, elle n’était pas une prêtresse

Où est née ce savoir, ce pouvoir? Ces deux individus étaient-ils simplement des aberrations remarquables? L’Église de Morrow pourrait avoir cru cela, mais tout esprit rationnel devrait trouver cela douteux. La réponse n’a pas été difficile à déterrer, si l’on examine les journaux de Thamar et d’Ekris en particulier. Souvenez-vous de Morrdh – le noir et sinistre Morrdh, un nom qui suscite encore l’effroi, surtout parmi les pauvres et opprimés morridanes, qui sont les derniers survivants de cette grande civilisation. Ce royaume n’était pas un mythe pour effrayer les enfants des marais. Morrdh était réel, tout comme la puissance de ses seigneurs.

Ce fut le premier de ce qui promettait d’être une série d’intéressant opuscules distribués à Ceryl par Jomer Hylestro, un magus de l’Ordre Fraternel [Fraternal Order] et un érudit autrefois respecté de l’arcane. Il a écrit un certain nombre d’articles de recherches instructives sur la vie de Thamar et les premiers légataires, en examinant leur lien avec la théorie et les pratiques magiques actuelles.

Ce document faisait partie d’une tentative intelligente, mais finalement malavisée de Hylestro de susciter l’intérêt pour un livre prochainement publié. Malheureusement, il a également attiré l’intérêt de l’Ordre de l’Illumination [Illumination Order]. L’opuscule et la plupart des autres œuvres du Magus Hylestro ont été immédiatement interdits et beaucoup d’entre eux ont été confisqués et brûlés. Le magus disparut peu de temps après. Je ne doute pas qu’il ait été victime des chasseurs de sorcières trop enthousiastes.

Chronologie Récente

3500 PR   Morrdh se forme de territoires saisis du Molgur.

1900 PR   Ascension des Jumeaux Morrow et Thamar.

1780 PR   Ascension du Légataire Ekris, patron des infernalistes, des devins et de tyrans.

1610 PR   Ascension de la Légataire Delesle, patronne de la nécromancie.

1500 PR   Désintégration du royaume de Morrdh.

600 PR      L’invasion Orgoth en Immoren débute.

150 PR      Date attribué au «Don de la Sorcellerie» par Thamar.

137 PR      Première découverte d’une sorcière humaine à Tarna.

96 PR      Sebastian Kerwin publie les Dissertations sur les Formules Thaumaturgiques [Dissertations on Thaumaturgical Formulation]

81 PR      Kerwin instaure l’Académie Arcaniste [Arcanist’s Academe] en secret.

67 PR      Kerwin fonde le Cercle du Serment [Circle of Oath].

64 PR      Kerwin publie Synthèse [Synthesis], inventant la mékanique.

63 PR      Les orgoth détruisent l’Académie Arcaniste [Arcanist's Academe], on présume la mort de Kerwin.

25 PR      Les orgoth du Creuset d’Or [Golden Crucible] fondé par les survivants du Cercle du Serment [Circle of Oath].

25 AR      Ascension de la Légataire Nivara, patronne des magiciens et des ensorceleurs thamarites.

32 AR      Batailles des Cent Magiciens [Battle of the Hundred Blizzards] libère temporairement le Tordor des orgoth.

102 AR      Ascencion de Corben, patron de l’alchimie, de l’astrologie et de la magie morrowéenne.

111 AR      Fondation de l’Ordre Fraternel des Magiciens [Fraternal Order of Wizardry].

201 AR      L’Immoren occidental est libéré des orgoth par des armées comprenant des colosses

233 AR      L’Ordre de l’Illumination [Order of Illumination] est fondé après un schisme au sein    de l’Ordre Fraternel [Fraternal Order].

243 AR      Les patriotes khadoréens rompent avec l’Ordre Fraternel [Fraternal Order] pour former l’Alliance des Seigneurs Gris [Greylords Covenant].

283 AR      Un astronome de l’Ordre Fraternel [Fraternal Order] découvre la déesse Cyriss.

579 AR      L’Inquisition est instituée par Vinter Raelthorne IV.

583 AR      «Édits contre l’Ensorcellement et la Sorcellerie Illicites [Edicts Against Unlaws' and Witchcraft]» instituées par Vinter IV.

584 AR      Plus de 250 personnes sont exécutées pour sorcellerie illégale en Cygnar et Llael.

591 AR      La Witchfire est récupérée de ruines de Cryx par Dexer Sirac et Kell Bailoch.

593 AR      Un Procès pour Sorcellerie à Corvis condamne et décapite 5 femmes.

Morrdh demeure un mystère, en dépit de nombreuses tentatives de recherche sur son passé. Rien n’est connu au-delà du fait que c’était un royaume qui dominait autrefois une région de ce qui est aujourd’hui le Bois d’Épines [Thornwood], le Khador méridional et l’Ord méridional. Le Magus Hylestro avait raison de dire que Morrdh et les pouvoirs réputés de ses souverains fascinaient Thamar et Ekris. Thamar parlait couramment plusieurs langues aujourd’hui mortes, y compris le morrdavin, qui était privilégié par les occultistes de Morrdh.

Il vaut la peine de se rappeler que le royaume de Morrdh a duré deux mille ans avant de s’effondrer mystérieusement au environ de 1500 PR. Les jumeaux ont effectué l’ascension quatre siècles avant cette chute. À l’époque Morrdh était encore un élément de la politique régionale, bien qu’il ne soit plus que l’ombre de ce qu’il avait été.

Les historiens modernes rejettent la plupart des histoires sur l’antique Morrdh comme apocryphe. S’il est vrai que de telle légendes s’altèrent, il en a assez pour accréditer les pouvoirs de ses dirigeants. Certes, Morrdh a établies des alliances inhabituelles et fait appel à la terreur pour s’emparer des territoires de ses voisins, même lorsque ses armées semblaient inadéquates. Les vieilles sagas suggèrent que les seigneurs de Morrdh auraient pu conclure un pacte avec un dragon. Quelle qu’en soit la source, il semble que les Seigneurs de Morrdh avaient accès à des alliés puissants et insolites. L’infernalisme semble non seulement possible mais aussi l’explication la plus logique.

À une autre époque, Ekris aurait été un titan, un empereur ou un dieu à part entière. Seule la majesté de Thamar était assez puissante pour placer un tel homme dans son ombre. Ekris suivit la voie de la sombre ascension de Thamar durant plus d’un siècle, reconstituant les indices de son parcours. Elle lui a laissé un défi, lui faisant savoir qu’il ne pouvait se joindre à elle que s’il en était digne. Elle lui dissimulait de nombreux secrets pour voir s’il pouvait les découvrir.

Durant des décennies, Ekris s’est plongé dans des tomes et des rites ésotériques. Pourtant, les secrets de l’ascension lui ont échappé jusqu’à ce qu’il accepte une vérité plus simple. Son parcours vers l’ascension serait le même que celui de Thamar: la clé était la langue sacrée appelé Telgesh, une invention de Thamar. Ce n’était pas un simple alphabet, ni un ensemble de symboles griffonnés pour représenter les faits mondains de la vie quotidienne de l’homme. Tel est le but de nos alphabets, de nos nombres. Non, le Telgesh était autre chose. C’était quelque chose de primitif et d’ancien, des lettres gravées par le feu dans les os et les nerfs de Caen.

Les journaux d’Ekris décrivent une place profonde dans les salles souterraines en ruines des palais oubliés par les citoyens de Morrdh. Là ont été enterrés les premiers livres contenant les symboles attribués aux seigneurs de Morrdh par les patrons conte nature. Les pères de Morrdh ont payé un grand prix pour acquérir ces symboles. Ils ont cherché à laisser un héritage éternel et l’ont demandé à des esprits qui les avaient tentés contre la promesse de pouvoirs sans limites. Ces hommes se sont recueillis auprès d’un puits profond appelé Puits de Gidon [Gidon’s Pit], probablement le même site où des millénaires plus tard, le Temple de Garrodh [Temple Garrodh] serait construit. Là-bas, ils ont déversé un océan de sang d’innocent dans les profondeurs hurlantes pour rassasier une faim au-delà de ce monde. Des communes entières ont été rasées pour sacrifier leurs citoyens qui se cachaient dans la fosse. Nous appelons maintenant ces êtres infernaux, comme si leur catégorisation les rendait plus compréhensibles.

Sombre Ascension 1900 PR   Ekris, asc 1800 PR      Combien d’années a vécu Ekris??   Source???   Quelles notes?

Le Puits de Gidon [Gidon’s Pit] n’est plus, ce dont nous pouvons être reconnaissants, mais il a peut-être représenté une brèche dans la paroi entre Caen et un royaume infernal bien au-delà. Ce qui reposait en son fond ne buvait pas seulement le sang. Après chaque succion de cette gueule fétide, ces entités inhalèrent l’essence des âmes jusqu’à ce qu’elles soient rassasiées.

Les monstres du Puits de Gidon [Gidon’s Pit] ont récompensé ces hommes qui leur ont offert des sacrifices en transmettant la connaissance d’une poignée de symboles et des instructions pour leur utilisation. Ceux-ci ont été communiqués aux pères de Morrdh comme nous pourrions lancer quelques pièces de monnaies à un mendiant. C’étaient de vrai symboles, des glyphes mystiques à travers lesquels la réalité peut être déformée. Armés de ces glyphes, un homme peut modeler la structure de Caen comme si elle était de l’argile. C’est un pouvoir apparenté à celui des dieux, bien que les mortels n’aient pas la force de volonté et la perspicacité pour faire plus que appuyer et presser maladroitement, comme un enfant dans le bout.

Les Seigneurs de Morrdh n’avaient qu’à un petit nombre de ces symboles, mais de par leur utilisation, ils ont établi une dynastie qui a perduré des centaines de générations. Plusieurs vieilles sagas décrivent comment les guerriers de Morrdh, tatoué de runes et aux yeux vides marchaient inlassablement pour combattre, sans manger ni respirer. Appliquées sur des cadavres frais, ces runes rejetaient la mort et transformaient l’ennemi en allié.

Le sixième cantique de Narren Sojourn dans les pages noires de l’Enkheiridion mentionne le grand brasier déclenché par Thamar dans les puits de Korshivas, une ruine dont l’emplacement précis n’a jamais été retrouvé. À cet endroit, elle ne laissa

Source?

que des cendres et le silence. Certains ont considéré cette histoire comme l’ultime message de Thamar à l’humanité. Ils pensent que Thamar a vu quelque chose de si horrible dans ces profondeurs qu’elle même s’est sentie obligée l’anéantir complètement. Il est utilisé comme une leçon abjecte sur les profondeurs de la dépravation à laquelle Morrdh était parvenue. Mais une lecture attentive des journaux d’Ekris démontre une autre possibilité. Je crois que Thamar avait à Korshivas des glyphes oubliés et les a détruites pour qu’elle seule puisse détenir leur pouvoir.

Les Seigneurs de Morrdh étaient énigmatiques et paranoïaques de leurs rivaux. Ils n’ont pas voulu transmettre à leurs héritiers ce qu’ils avaient appris. Cinq siècles avant la visite de Thamar, Korshivas a été abandonné et tous les citoyens de Morrdh se sont vus interdire de pénétrer sur ses terres sous peines de mort. Les Seigneurs de Morrdh avaient oublié l’héritage de leurs ancêtres, et il aurait pu enseveli si Thamar ne s’y était pas aventuré. C’est de cette graine que naquit le Telgesh.

Ekris sous-entend que sa maîtresse a découvert plus que des runes nécromantiques à Korshivas. Elle y trouva le nom complet et les rites d’invocation d’une infernal parfois appelé Teldoquorin, ou «Celui Qui Sonne la Trompette aux Portes du Malheur [He Who Sounds the Trumpet at the Gates of Woe]», mentionnés dans certains textes simplement comme le «le Sonneur aux Portes [the Sounder at the Gates]». Les journaux d’Ekris insiste sur le fait que Thamar n’a jamais invoqué le Sonneur [Sounder], mais Ekris a osé ce qu’elle n’aurait jamais fait. Sa conversation avec cet infernal fut la clé de voûte de ses négociations pour une sa longévité et son pouvoir extraordinaire. Je crois que c’est le Sonneur [Sounder] qui a accepté l’offrande des premiers pères de Morrdh et qui consommera plus tard des milliers d’autres envoyées par Ekris dans son troc confidentiel. En négociant avec de telles créatures, Ekris surpassa sa maîtresse, et par cette œuvre il démêla  enfin le processus menant à sa propre ascension, faisant de lui le Premier Légataire.

Thamar n’acheva pas le Telgesh durant ses jours mortels, c’est pourquoi l’alphabet semble incomplet. Son œuvre se poursuit en Urcaen, où le Légataire Ekris finit par la rejoindre. Le Telgesh a fourni le germe d’un système arcanique perfectionné plus tard et finalement traduit dans une forme que les mortels pourraient comprendre, puis transmis pour aider à fomenter la première rébellion contre les orgoth. C’était le Don de Thamar [Thamar’s Gift]. L’obscur alphabet employé de façon si désinvolte par les magiciens et les warcasters d’aujourd’hui dérive finalement de la dette de sang de Morrdh et des personne sacrifié par Ekris. Nous qui louons le Premier Légataire connaissons cette vérité.

C’est un extrait de la partie la plus intelligible du livre autrement fastidieux de Sargon Bainwight Premier Légataire: le Seigneur Élu [First Scion: Lord of the Chosen]. L’obsession de Bainwight pour le Légataire Ekris tend à biaiser une grande partie de ses recherches. Sargon a créé un émoi au sein de la société arcanique de Ceryl vers la fin 400 en prétendant être un magicien au pouvoir redoutable. Il s’est avéré n’être qu’un vantard. Il a été tué au cours d’un court et embarrassant duel de sorcier avec un magus quelconque de l’Ordre Fraternel. Quels que soient ses talents Sargon possédait plusieurs inestimables anciens manuscrits d’Ekris et de ses disciples directs. Aucun de ces textes n’a été trouvé après sa mort, et leur disposition est inconnue.


Si Thamar et les plus vieux Légataires ont construit un système de magie pour l’offrir à l’humanité, ils ont pris leur temps pour le livrer. Je suis en désaccord avec l’analyse simpliste des hommes comme Sargon Bainwight. Dix-sept siècles se sont écoulés entre la Sombre Ascension et le Don de Thamar! Même pour les dieux, c’est long. Durant cette période intermédiaire, la magie  telle que nous la connaissons est demeurée inconnue. Quelles que soient les avancées occultes que Thamar a faites, elle les a gardée pour elle pendant longtemps après que les orgoth aient conquis l’Immoren occidental. Elle n’aurait certainement pas pu détenir un tel pouvoir, sinon elle nous l’aurait fourni plus tôt. Qu’elle eut un pouvoir personnel est incontestable, car son apothéoses est un fait historique. Mais j’estime qu’elle n’avait pas encore les moyens d’aider l’humanité – pas sans aide extérieure.

Une question simple sa pose lorsque l’on examine l’Occupation Orgoth : Pourquoi les dieux restèrent-ils silencieux si longtemps. Qu’est-ce qui a occupé Menoth et Morrow alors que les gens étaient asservis et soumis à la barbarie? Je ne sais pas quoi répondre. Malgré les paroles aimables des prêtres, il se peut que notre bonheur ne soit pas pertinent pour les dieux tant que nous continuons à nous multiplier et nourrir la Guerre des Âmes [War of Souls] de notre essence. Une âme heureuse a-t-elle plus de valeur qu’une âme pitoyable? J’espère que le contraire soit vrai.

Morrow le Prophète [Morrow the Prophet] est probablement le premier à prédire que les orgoth ne disparaîtrait pas sans intervention divine. Morrow est connu pour sa clairvoyance, et sans aucun doute il a scruté le futur et a observé l’extinction de toutes les croyance d’Immoren si les événements se poursuivaient comme ils étaient. Une guerre ouverte avait éclaté entre les orgoth et l’Église de Morrow, une guerre que les prêtres étaient condamnés à perdre. Ils avaient peu de pouvoir, et les citoyens étaient désarmés et habitués à une docile obéissance. La religion morrowéenne, thamarite et même menite était probablement condamnée à devenir des simples notes de bas de page dans l’histoire.

Morrow a probablement réfléchit longuement à ce casse-tête, probablement un siècle ou deux à mesure que la situation en Immoren s’aggravait. Morrow savait que l’humanité avait besoin d’un outil plus polyvalent, une arme de l’esprit. Il avait besoin de semer une graine qui pourrait croître d’elle-même au sein d’un arsenal polyvalent. Le peuple d’Immoren avait besoin d’une nouvelle façon de faire la guerre.

Si vous voulez vous adonner à une légère envolée de fantaisie, imaginons Morrow broyant du noir en Urcaen au plus fort de l’Occupation Orgoth. A ses yeux, tous les fils de l’avenir présageaient l’inévitable destruction de sa religion, écrasée sous le lourd talon des bottes orgoth. Il se tourna enfin ver sa sœur. Il la savait plus intelligente des deux, même depuis l’enfance. Elle avait toujours été capable de l’inattendu.

«Ma sœur», plaida-t-il, «s’il te plaît, dis moi . . . Quelle arme pouvons-nous livrer à nos disciples affaibli pour qu’ils puissent éviter l’annihilation? Ta religion est aussi en danger que la mienne».

Après réflexion, Thamar répondit:«J’ai une idée. Mais elle ne va pas te plaire».

J’imagine Morrow gesticulant dédaigneusement, ne voulant pas empoisonner sa tranquillité avec toutes les pensées sournoises s’agitant dans l’esprit de sa sœur. «Pas de détails! Considère ton plan dans tous ses détails, Je regarderai l’avenir et je verrai si sa mise en œuvre apportera le changement dont nous avons si désespérément besoin».

Une fois de plus, Morrow scruta ces mêmes trames du destin, tout en y ajoutant les plans de Thamar à équation précognitive. Il a vu ce qu’il n’avait pas osé espérer. Il y avait une chance que les peuples de l’Immoren occidental survive, avec les orgoth chassés et annihilés. Ce ne serait pas facile ou rapide, mais c’était la victoire. «Oui!» Il a ordonné à sa sœur , «Met ton plan en action, sans tarder!»

Compte tenu de l’importance des contrats et des accords, en particulier parmi les dieux, Thamar se serait assuré de formaliser cette approbation. «Ai-je ton inconditionnel soutien sur cette affaire? Puis-je servir de mandataire dans ton rôle de gardien de l’humanité pour l’Immoren, tel que vous l’a accordé Menoth? Vas-tu t’investir dans mon plan avec toute la portée de ton autorité?»

Morrow a peut-être hésité, sachant que c’était sa dernière chance de maintenir ses principes. Mais à la fin, il a acquiescé. «Oui, Fais comme tu dois.» Avec ces mots, il a scellé un accord et a conclu un marché qu’il pourrait par la suite regretter.

Certains membres de notre foi croient que Thamar a trompé Morrow, le dupant totalement. Je ne crédite pas cela. Je préfère penser que Morrow savait ce qu’il n’avait pas le choix. Je crois que les Jumeaux sont également coupables de toute la corruption qu’ils nous ont transmises. Morrow n’est pas un dieu du bien absolu. Il est un dieu du compromis et de la facilitation. Il prêche que l’on doit suivre la voie qui le mois de tort. Thamar a inauguré cette voie, et en la parcourant, Morrow a souillé son âme divine.

Malheureusement, nous ne connaissons pas tous les détails du plan de Thamar. Ou plutôt, nous n’en connaissons que la partie mortelle de l’équation. Les rares textes que nous découverts du Cercle du Serment [Circle of the Oath] suggèrent que la libération des orgoth a eu un prix pour les générations futures. Il ne demeure pas grand-chose permettant de clarifier la nature de cette dette.

Certains pourraient demander, «Pourquoi impliquer Morrow en premier lieu?»

En scellant leur contrat, les Jumeaux se sont réunis dans une conspiration pour défier leur Créateur. Qu’ils l’aient fait pour préserver la foi elle-même n’a aucune importance pour Menoth ou ses disciples aveuglément zélés. La récompense de ce don unique dans ce cas est de supporter d’être chassé. Lorsque l’on nous attrape, nous sommes attachés à pieu et brûlés, non pas pour nos propres choix, pour les péchés de nos ancêtres et le défi de deux dieux autrefois mortels.


Une réplique partielle aux derniers points de Sargon, le texte suivant fait partie d’une correspondance que j’ai échangée avec un estime collègue. Il devra garder l’anonymat pour sa propre sécurité; sa vie deviendrait inconfortable si ses pairs découvraient ses inclinations thamarites.

Les premiers bénéficiaires immédiats du Don furent les premières générations de sorciers, nés par centaines après 137 PR. Comme des têtards gobés par des poisons affamés, la plupart d’entre eux ont été anéantis avant qu’ils ne puissent accomplir de nombreuses choses. Peu de temps après, le Cercle du Serment [Circle of Oath] s’est formé. Ce groupe est aujourd’hui disparu, mais son œuvre et son organisation ont laissé un héritage durable sur les ordres qui allaient suivre. Ainsi débuta le long et douloureux processus de rébellion qui finirait par mettre fin à la tyrannie orgoth.

Une sorcière, nommée Helena Vashere, a publié le pamphlet suivant à Ceryl en 604 AR. Je dois reconnaître que ma ressortie du texte peut provoquer des représailles. Je suis prêt à cela. Malheureusement, l’auteur s’est avérée moins préparée. Des mois après la publication du pamphlet, son corps a été découvert dans l’eau près des jetées de la ville.

La Véritable Fondation du Cercle du Serment

L’antipathie profondément enracinée entre les magiciens et les sorciers est compréhensible à l’exemple des plusieurs brutales inquisitions de récente mémoire. On pourrait soutenir que c’était une question de survie pour les sorciers de prendre leurs distances par rapport à ceux qui étaient chassés et tués sous de fausses accusations de sorcellerie. Je peux comprendre cela, mais je n’éprouve aucune sympathie pour les innombrables sorciers qui se sont joints à des groupes comme l’Inquisition de Vinter Raelthorne et qui ont participé aux innombrables meurtres d’hommes et de femmes qui auraient dû être leurs pairs.

Une analyse de l’histoire des inquisitions n’est pas mon objectif, aussi fascinant que cela puisse être. Mais j’estime qu’il est impératif de comprendre le lien entre tous les humains pratiquant les arts arcaniques. Peu importe que ce talent ait été donné à la naissance ou qu’il ait résulté d’une étude fastidieuse.

L’une des principales justifications données par les ordres établis de magiciens pour se distancer de la sorcellerie a des racines historiques. La première mention enregistrée de sorciers présageant une nouvelle génération de tels individus a été notée à Tarna en 137 PR. Après cette date, il y eut une explosion d’enfants nés avec une capacité de sorcellerie à travers l’Immoren occidental. Cela nous a incité à dater le Don de Thamar juste avant cette période de temps, avec 150 PR comme point de départ arbitraire. Malheureusement, nous avons peu d’informations sur les jeunes et probablement terrifiés enfants qui sont nés sorciers à cette époque. Ils n’avaient probablement aucune idée de la source de leur pouvoir ou de la façon de l’employer. Nombre d’entre eux ont été tués par leurs propres parents, noyés dans un baquet, flagellés à mort, jetés dans des puits et autres cruautés. D’autres furent enlevés par les orgoth et tués ou réduits en esclavage.

L’Ordre Fraternel tient à rappeler que les premières avancées de leur art datent des efforts de Sebastian Kerwin qui débuta en 96 PR, 41 ans et deux générations plus tard. De toute évidence, soutiennent-ils, leur propre art n’a qu’un lien indirect avec ce «Don de Sorcellerie [Gift of Sorcery]» transmis comme un «fléau par Thamar sur l’humanité». Ils insistent sur le fait que leur processus plus analytique était une invention de Sebastian Kerwin, peut-être après avoir vu les énergies brutes, impures, indomptées des sorciers.

C’est de la foutaise, ça fait partie d’une campagne systématique de mensonges et de tromperies. La naissance des sorciers était probablement un effet secondaire de la véritable intervention divine de Thamar. Même quand les sorciers apparaissaient partout en Immoren, ils étaient probablement peu nombreux parmi le nombre total de naissances. Les capacités de sorcellerie étaient une aberration, comme l’albinisme ou l’ouïe très fine. C’était simplement le signe extérieur d’un invisible changement qui est arrivé à chaque être humain né après 150 PR.

L’Ordre Fraternel des Magiciens [Fraternal Order of Wizardry] a pris soin d’acquérir ou de détruire chaque copie d’un obscur document de Kerwin intitulé Progenèse Arcanique [Arcana Progenesis]. Celui-ci a été écrit en 97 PR et est antérieur à ses Réflexions sur les Formules Thaumaturgiques [Dissertations on Thaumaturgical Formulation] plus largement diffusé publié un an plus tard. Dans ce document rare, Kerwin a théorisé qu’une certaine entremise, probablement divine, avait déclenché une mutation fondamentale chez l’être humain ayant donné lieu à la sorcellerie et «ayant permis à l’humanité d’accéder à un potentiel jusque-là inexploité». Il a ajouté: «Avec ce pouvoir, l’homme peut maintenant manifester sa volonté en tant qu’énergie tangible, évoquer la force, susciter une transmutation et permettre d’autres manipulations encore inconnue de la réalité». Il croyait fermement en l’analyse systématique, la catégorisation, l’enseignement et l’amélioration de ces processus, mais aucune de ses œuvres ne suggère qu’il ait observé des sorciers pour parvenir à ces idées.

a Progenèse Arcanique [Arcana Progenesis] a l’intrigante introduction suivante, écrite peut-être comme une lettre à son destinataire prévu originellement: «J’ai récemment fait la connaissance de plusieurs aimables collègues, dont je dois taire les noms pour leur propre sécurité. J'étais récitent à leur donner satisfaction, car j’avais entendu des rumeurs sur leurs peu recommandables croyances religieuses. Après avoir mis mes idées préconçues derrière moi, je les ai non seulement trouvés raisonnables mais aussi profondément perspicaces. Je crois que leurs objectifs sont les même que les nôtres. Ils cherchent abattre les orgoth. Ensemble, nous pouvons préparer le terrain pour que les générations futures puissent le concrétiser. Cela exigera des efforts et des difficultés, mais nous,les universitaires ne devrions pas oublier nos responsabilités. Nos esprits sont un atout que nous pouvons utiliser contre nos oppresseurs. Nous ne pouvons repousser aucun amis partageant cet objectif ni adopter l’ignorance d’une peur de ce que nous pouvons trouver dans les ténèbres». Plus loin dans le texte, il mentionne «. . . des runes remarquables qui n’ont aucun pouvoir si elle ne sont pas écrites par un esprit indiscipliné, mais prenant vie en conjonction avec certaines contorsions mentales spécifiques». Son phrasé dans ses textes donne l’impression d’être surpris de découvrir ces runes, comme si elle lui étaient fournies par une source externe plutôt que d’être ses propres  inventions.

Ces lignes ont été rejetées comme non pertinente, mais cette preuve et d’autres de la période suggère fortement que les spetums thamarites ont été impliqués dans la fondation du Cercle du Serment [Circle of Oath] à Ceryl en 67 AR. Les récits conservés par le Suaire [Shroud] le confirme, bien que ces sources soient ignorées par l’église morrowéenne. Sebastian Kerwin était leur voix majeure et la plus brillante, mais il n’arriva pas à ces idées tout seul

Les thamarites insistent sur le fait que les préceptes fondamentaux des théories de Kerwin découlent de la direction fournie par des thamarites doués de visions divines leur ayant été transmises par le Légataire [Scion] Ekris. Ceci est clairement décrit dans le texte interdit, Les Prophéties d’Ekris [The Ekris Prophecies]. Kerwin a presque été élevé au rang d’ascendant dans le folklore des ordres de magiciens modernes, et ils ont enterré toutes les preuves qu’il avait ouvertement conspiré avec les prêtres thamarites, qu’il avait appris les rites de la nécromancie et de l’infernalisme, et qu’il préconisait toutes les mesures nécessaires pour jeter les bases de la Rébellion à venir.

Tant l’Ordre Fraternel [Fraternal Order] que l’Ordre de l’Illumination [Order of Illumination] décrivent ces affirmations comme des calomnies, ce que je considère comme une confirmation des vérités que ces groupes craignent de révéler. Malheureusement, il est difficile de prouver ces affirmations. La plupart des carnets écrits par Kerwin lui-même sont maintenant tenus sous clé dans les archives de la Forteresse de l’Ordre Fraternel [Fraternal Order Stronghold]. Ceux et celles qui donneront naissance à l’Alliance des Seigneurs Gris Khadoréenne [Khador’s Greylords Covenant] ont volé des œuvres similaires et les ont gardées cachées et protégées. Pourquoi prendre de telles mesures si les livres ne dépeignait pas un portrait de Sebastian Kerwin que ces ordres de magiciens ne souhaitent pas rendre publics?

Davantage révélateur est la comparaison entre les accolades de Sebastian Kerwin et le mépris total pour le travail d’autres personnalités tout aussi éminentes. Prenons l’exemple de Nivara, à présent Légataire [Scion] Nivara. C’est une femme dont les ordres de magiciens n’ont jamais reconnu l’existence malgré le crucial rôle qu’elle a joué dans le développement de la Magie. Nivara a fait l’ascension en 25 AR après avoir passé sa vie à former des douzaines d’éminents magiciens et à les encourager à utiliser leurs pouvoirs contre les orgoth.

Les documents trouvés par le Professeur Melorr Krane, lors d’une fouille archéologique récente près d'Orven, suggèrent que les plus grands disciples de Nivara ont joué un rôle clé dans la Rébellion. Ces hommes et ces femmes devinrent les chefs de file de la Bataille des Cent Magiciens [Battle of the Hundred Wizards] en 32 AR, qui libéra temporairement le Tordor de son occupant. Les textes arcaniques de cette époque démontrent clairement que Nivara a inventé de nombreux rituels d’évocation encore utilisé aujourd’hui par les magiciens de guerre. Elle prit l’idée des sorciers comme des armes contre les orgoth à la lettre et a fait beaucoup pour démontrer le pouvoir offensif qu’ils pouvaient exercer dans la guerre. L’association de Nivara avec Thamar est l’une des raisons pour lesquelles les érudits ont ignoré son rôle historique, mais je pense qu’en le faisant, ils réfutent un élément essentiel dans l’évolution de leur art.

Le manque de connaissances concluantes concernant le Cercle du Serment [Circle of Oath] est un vide frustrant dans les traditions occultes. Nous ne savons même pas précisément quel «serment» ils ont juré de défendre, bien que l’on pense généralement qu’il s’agissait de lutter contre les orgoth avec toute la puissance dont ils disposaient ; Pourtant, certains suggèrent – sans beaucoup de preuve – une sorte de pacte ou de complot infernal.

Rien de tout cela ne répond à la question centrale de ce que Thamar à fait pour les humains aient accès à l’arcane. Quelles dispositions ont-elles prises et avec qui. Quelle dette leur est due.

Je vous soumets le document suivant avec la mise en garde que celui-ci pourrait être des balivernes. Les personnes prétendant avoir des visions d’Urcaen ne sont pas nouvelles et peu sont crédibles. Ce texte est l’un de ces récits, fait par un ancien membre de l’Ordre du Creuset d’Or [Golden Crucible] ayant fuit vers l’Ord en 523 AR après avoir supposément empoisonné sa famille. On pense qu’il s’est exposé à une variété de mélanges alchimiques nocifs qui ont empiré son instabilité mentale et est mort en avalant sa propre langue dès mois après avoir écrit cette lettre. Certains pensent qu’il décrit une vision octroyée le Légataire Lukas, patron des dépravés.


Dans un rêve, je l’ai vu, les ombres mouvantes se sont séparées et j’ai parcouru la plaine de cendres d’Urcaen. J’ai été témoin d’une foule d’Élus, s’inclinant devant leur maîtresse. Ah, la splendeur suprême de la sombre déesse! Elle était belle au-delà des mots. Les ténèbres tournoyaient autour d’elle comme des voiles de gaze. La foudre déchirait le ciel de couleur rouge bouillonnant. J’étais comme un oiseau ou un insecte, un témoin d’êtres bien plus grands, ignoré pour ma propre insignifiance.
J’ai suivi Thamar, quittant les autres, accompagnées seulement par deux de ses plus puissants serviteurs. À sa droite, un homme vêtu d’une longue toge dorées dont les mains dégoulinaient de sang ne séchant jamais, les bras trempés jusqu’aux coudes. À sa gauche, une femme maigre dont le corps était étroitement enveloppé de longues lanières de cuir et dont le sourire contenait une soif de violence. Des lames dentelées et des instruments de douleur ornaient son corps comme des bijoux. Tous les trois, ils montaient un imposant escalier inexplicablement suspendu au-dessus d’un gouffre béant. En dessous, il n’y avait que de la fumée tourbillonnante et les lumières d’impossibles étoiles. J’ai été attiré par aux comme une fine volute de vapeur.

Les escaliers se terminaient dans le vide, mais soudainement nous somme apparus dans une étrange chambre en pierre emplie d’une luminosité bleue froide, sans portes ni fenêtres et où les murs n’étaient pas perpendiculaires au sol. Trois entités inexplicables et inhumaines y attendaient. Leur corps svelte et à la peau lisse me repoussaient, leurs yeux noirs et vides aggravaient ma terreur. Je sais que je ne devais pas en être témoin, mais je ne pouvais pas détourner mon regard.

L’un de ces créatures au long doigt a tendu un tube serti de sceaux vers l’homme aux mains ensanglantées, dont le contact souillé n’a pas entaché sa surface polie. De là, il en sortit un rouleau de vélin rédigé de lettres serpentines. Ces lettres que je n’avais jamais vues auparavant ou depuis. J’ai regardé la déesse s’entailler la paume et signer ce document de son sang divin. J’ai senti plus qu’entendu une vibration palpitante d’un gong. Je me suis réveillé haletant dans ma chambre sordide. Pendant trois jours, le sang a coulé de mes yeux et dessous mes ongles en punition pour ce que j’avais vu.


Je n’accorde pas beaucoup de crédit à ce récit, mais il est certainement descriptif. Il y a de nombreuses références indirectes et des allusions que les infernaux appartenant à une faction appelée l’Ordre Nonokrion [Nonokrion Order] était la source ultime du Don de Thamar. Certes, tous les infernalistes avec qui j’ai correspondu confirment que ces entités sont exceptionnelles dans les arts arcaniques, manifestant des capacités que les sorciers mortels n’ont jamais reproduits. De nombreuses théories ont été postulées sur ce que Thamar aurait pu leur offrir en échange, mais rien n’est connu avec certitude. Une théorie probable est que les orgoth était aussi appuyé par des infernalistes, représentant probablement une faction belliqueuse opposée à l’Ordre Nonokrion [Nonokrion Order]. Certains croient que Thamar a offert une future grande récolte d’âmes humaines, une moisson nécessitant un massacre sans précédent. D’autres disent qu’on leur a offert une partie du domaine de Thamar en Urcaen d’où ils pourraient rejoindre directement la Guerre des Âmes [War of Souls].

L’analyse de passages provenant de documents du Serment [Oath] indique que la dette pour les prétendues négociations de Thamar ont été reportées d’au moins sept siècles, bien que le chiffre exact soit contesté. Ce compte à rebours a-t-il débuté quand Thamar négocié le Don? Si c’est le cas, ce moment est arrivé il y a cinquante ans sans que nous le sachions. Si cette échéance remonte à la fondation du Cercle du Serment [Circle of Oath], on peut s’attendre à des conséquences terribles dès 633 AR. Nous savons trop peu pour nous prononcer avec certitude. Personnellement, je crois que nous avons pas encore payé cette dette, et ceux qui la recouvreront viendront très prochainement.

Présentation de Sybeth Roane

Sybeth Roane est une personnalité infâme de la communauté de l’occulte de l’Immoren occidental, son nom est connu à Ceryl, Caspia, Leryn et même Korsk. Autrefois discrète au sujet de ses croyances thamarites, ces dernières années, elle est devenue plus audacieuse en affichant sa religion. Elle s’est créé sa renommée en tant qu’érudit de l’occulte dont la perspicacité sur les matières arcaniques est incontestable. Ses pairs sont mal à l’aise de lui offrir de louanges en raison de ses scandaleuses croyances religieuses.

Elle a réussi à échapper aux persécutions en tournant la loi à son avantage, en exploitant le fait qu’il n’existe pas de lois explicites contre le culte de la sombre sœur de Morrow. La théorie a toujours été que ces individus finissent par provoquer leur propre destruction. Techniquement, on ne peut pas être arrêté en Cygnar, Ord, Llael ou même Khador uniquement pour avoir adoré Thamar. Les actes illégaux commis au nom de cette déesse sont une autre affaire.

Sybeth Roane a scrupuleusement veillé à ne jamais s’impliquer dans de véritables crimes, bien qu’elle ait frôle la ligne à maintes reprises, en particulier pour avoir cautionné des livres interdits ou bannis.

Elle préconise que les connaissances doivent être mises à la disposition de tous et que l’apprentissage et l’éducation ne soient pas enfreints par des restrictions arbitraires.

Cela devient un sujet plus délicat lorsqu’il est appliqué aux connaissances arcaniques, qui comprend plusieurs pratiques qui sont, en fait, illégales. Cela inclut la nécromancie et l’infernalisme. Sybeth ne revendique qu’une compréhension théorique de ces pratiques interdites et soutient qu’elle ne s’y livre pas personnellement. Malgré cela, elle est surveillée de près par l’Ordre de l’Illumination [Order of Illumination]. Ces zélés chasseurs de sorcières morrowéens sont habiles à trouver des justifications pour abattre les thamarites notoires. Jusqu’à présent, Sybeth Roane a survécu à leur examen minutieux. Elle a l’amitié et le soutien de personnes dans des endroits étonnamment hautement placé, car sa présence est appréciée par l’intelligentsia universitaire et les nobles dilettantes de la plupart des grandes villes ordiques et cygnaréennes. Elle est fréquemment invitée à Ceryl et Cinq-Doigts [Five Fingers], où elle a de nombreux contacts avec les communautés occultes et thamarites.

Sybeth s’est avérée être une formidable magicienne, capable d’employer sa magie pour se défendre. L’Église de Morrow la juge subversive et dangereuse, mais elle n’a pas voulu consacrer des ressources l’affronter craignant peut-être ce qu’une telle quête pourrait faire pour leur réputation. Au lieu de cela, leurs propres érudits et théologiens mènent une guerre des mots plus civilisée avec Sybeth, s’engageant dans des contre-arguments imprimés parmi les cercles savants des villes importantes.

Quel que soit son objectif ultime, Sybeth représente le visage le plus séduisant du culte thamarite, œuvrant subtilement à convertir les arcanistes à sa foi en appliquant la raison et la persuasion logique. Elle n’hésite pas à ignorer ou à dissimuler les nombreux actes de violences, y compris les meurtres rituels, commis par certaines personnes au nom de Thamar. Elle soutient que de tels éléments sont simplement des exemples non éclairés de sa foi. Elle préfère se concentrer sur le message de liberté et d’autonomisation mentale de Thamar. Elle aime critiquer ceux qui persécutent les membres de sa foi pour une cause inadéquate et prend un malin plaisir à dénicher l’hypocrisie tant dans l’Église de Morrow que les ordres de magiciens conventionnels.
Citation de: Maître Yoda
Trop gentil tu seras, dans le côté obscur tu l'auras.

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Re : NQ 23 - S&S - Don de Thamar
« Réponse #1 le: 12 mars 2018 à 23:23:31 »
Bonne lecture  :)
Citation de: Maître Yoda
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