Auteur Sujet: Nq 70 - GKF - Tanith le Chant Sauvage  (Lu 430 fois)

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Nq 70 - GKF - Tanith le Chant Sauvage
« le: 16 janvier 2019 à 23:57:06 »
Les DOSSIERS de Gavyn Kyle

TANITH LE CHANT SAUVAGE

par Josh Colon

Comme pour tous les contrats précédents impliquant l’appartenance à l’ordre énigmatique du Cercle Orboros, mon premier réflexe a été de refuser cette mission, et de m’épargner un mal de tête. Cependant, après une réflexion plus poussée, j’ai décidé d’employer cette occasion pour agrandir mon réseau de contacts et me créer de solides percées au sein de cette organisation, ainsi que d’accroître mes liens parmi les endroits les plus reculés de l’Immoren occidental dans son ensemble. Rassembler des informations sur le mystérieux ordre des druides capes noires est une proposition ardue, mais en raison de mon obstination et de mes considérables talents, à la fin de cette affaire, j’ai accompli la tâche assignée ainsi que mes objectifs personnels susmentionnés.

Bien que j’ai établi plusieurs contacts directs au sein du soi-disant Cercle Orboros lors de la réalisation de précédentes missions, à la réception de cette tâche, je me suis retrouvé initialement embarrassé. Dans des circonstances normales, on me demande de rechercher des informations sur les membres plus célèbres et de plus haut rangs d’un tel ordre, pas d’un individu que je pourrais généreusement décrire comme « une personne pleine d’avenir ». Et bien que, comme je devais l’apprendre, cette jeune femme a assuré admirablement en tant que membre de l’ordre, elle est, j’estime, une réelle étoile montante.

Malgré ces difficultés initiales, j’ai finalement été en mesure de rassembler ce que je crois être un dossier aussi complet que toute personne pourrait espérer produire sur l’individu en personne. Avec le dossier parachevé, je dois avouer que ma déclaration initiale était entièrement basée sur des spéculations – vous trouverez ci joint la déclaration mise à jour. Vous pouvez vous attendre, à l’avenir, à des honoraires semblables pour autre mission de cette nature.

RÉSUMÉ DE TANITH

Alias : Bien qu’elle soit mieux connues sous le nom de Chant Sauvage, il semblerait que des druidesses correspondant à sa description et à son tempérament soient appelées la Hurleuse au Sang [Blood Howler], l’invocatrice de Racine [the Rootcaller] et, dans un cas notable, Crugh-ai-Kraiac, une construction tharn pour « Cruelle Soeur Loup [Cruel Wolf Sister] ».

Naissance : Inconnue. L’évidente longévité des membres de l’ordre cape noire, ainsi que le manque de données vérifiables sur leurs membres, rendent difficiles la détermination de l’âge de Tanith. Je soupçonne qu’elle a environ vingt-quatre ans, mais la nature de la preuve m’empêche d’en être certaine. Visiblement, elle semble être une femme de la vingtaine

Situation Familiale : Inconnue. Bien que je ne possède aucune preuve le suggérant, j’estime que Tanith est issu d’un grand clan Ruscar dans le Khador septentrional. Ce dossier étaye cette affirmation.

Mentorat : Les capes noires emploient une relation formelle étudiant/mentor pour former leurs membres. Les entrevues et les rapports suggèrent fortement qu'un individu appelé Vernor l’Annonciateur de la Nuit [the Nightbringer], une cape noire plutôt connu dans le nord du pays, a servi de mentor à Tanith.

Période de Formation : Il est connu que le Cercle Orboros recrute le plus souvent les nouveaux membres lorsqu’ils sont très jeunes. Ces enfants suivent généralement une longue période d’apprentissage, parfois dix ans ou plus. Cela rend difficile l’établissement de l’exact calendrier de la formation de Tanith sous la direction de Vernor, bien que l’on puisse supposer qu’elle a débuté son apprentissage dès son plus jeune âge. En ce qui concerne la fin de sa tutelle, mes recherches suggèrent que Tanith a commencé à entreprendre des missions plus importantes vers le milieu de l’année 609 AR.

Territoires : Des rapports indiquent qu’une cape noire correspondant à la description physique de Tanith a été observée dans la Boisombre [Shadoweald Forest], la Gibetière [Gallowswood] les Landes de Blancristal [Rimeshaws] et dans les chaînes de montagnes de Cygnar et de Khador.

Autorités : Des sources suggèrent que Tanith, en tant que sentinelle [overseer], supervise un certain nombre de membres de rang inférieur du Cercle Orboros, mais elle est elle-même redevable à de multiples supérieurs.

Accomplissements Notables : Tout en faisant montre d’une considérable maîtrise des forces de la nature et une singulière volonté de mener à bien ses missions, le trait le plus remarquable de Tanith est sa possession du dangereux artefact connu sous le nom de Bâton du Destin [Staff of Fate]. Comme indiqué ci-dessous, aucun autre élève de Vernor l’Annonciateur de la Nuit [the Nightbringer] n’a été en mesure d’exploiter le pouvoir du bâton.



Grâce aux missions antérieures sur la vaste et mystérieuse organisation appelée Cercle Orboros, j’avais établi un réseau rudimentaire de liens avec d’anciens affilés capes noires [blackclads]. Comme c’est souvent le cas lors de recherche concernant un groupe qui prise si hautement sa discrétion, et me retrouvant moi-même perdu face à ce puzzle, j’ai correspondu avec un ancien membre désabusé que j’avais précédemment contacté, Gaspar Madracav. Autrefois membres des soi-disant Loups d’Orboros [Wolves of Orboros], Gaspar vit depuis en Umbrie [Umbrey] et sert dans les Irréguliers de Kovosk [Kovosk Irregulars]. Moyennant un cachet, il fut disposé à m’aider avec les affectations liées aux capes noires. Ce qui suit est une transcription de son rapport verbal.


Je l’ai vue un fois. Ça doit faire six ou sept ans.

On nous avait ordonné de patrouiller au nord de Noire Racine [Blackroot]. Bon nombre des nôtres étaient là, se les gelant pendant plusieurs jours par un froid polaire, notre maître de la chasse [hunt master] ne nous expliquant pas pourquoi nous étions là ou contre quoi nous nous protégeions. Finalement, après quatre jours, le couple est arrivé au camp. Notre maître de la chasse [hunt master] a fait référence au plus ancien comme étant l’Annonciateur de la Nuit [Nightbringer], en parlant avec lui avec une crainte et un respect au-dessus de ce qu’elle n'avait jamais montré à toutes les capes noires [blackclads] que nous avions servi. Mais le réel mystère, c’était la fille. Elle ne devait pas avoir plus de seize hivers, et avec ses cheveux tressés, elle me rappelait ma sœur. Calme, elle se déplaçait avec la confiance et la force de quelqu’un ayant vu plus de morst et de combats que des guerriers de deux fois son âge. Il y avait quelque chose dans ses yeux, quelque chose sur laquelle je ne pouvais mettre le doigt au début.

Finalement, on nous a désigné notre proie, une petite caravane gardée par des mercenaires. Quand nous avons attaqué, nos mouvements ont été dissimulés par la brume et l’ombre occasionnés par l’Annonciateur de la Nuit [Nightbringer]. Les mercenaires ont lutté, et malgré notre embuscade, il semblait que nous allions devoir reculer. Alors la jeune fille est entrée en action. Et je veux dire, au sens propre, elle a juste marché, calme comme lors d’une petite balade. Que se soit en dirigeant l’une de ses bêtes déchiqueter l’ennemi ou en leur brisant le coup avec son lourd gourdin en bois, cette fille a achevé ses adversaires sans émotion.

À partir de là, l’un des mercenaires a cherché à fuir. La jeune fille a tendu la main, comme pour lancer un sort, mais elle s’est retourné et a regardé fixement l’Annonciateur de la Nuit [Nightbringer]. Je l’ai vu lui faire un signe de la tête. C’était suffisant. La jeune fille a déchaîné son pouvoir et le pauvre gars est mort d’une façon laide, le sang coulant à flot de sa peau. Après la bataille, elle est retournée silencieusement près de son maître, et c’est alors que j’ai réalisé ce que j’avais vu plutôt dans ses yeux…. Pas la lumière de la jeunesse telle que vous le remarqueriez chez une fille normale de son âge, mais l’éclat d’une arme prête à être utilisée dans la bataille.


Après avoir fourni cette anecdote, j’ai demandé à Gaspar s’il ne voulait pas demander davantage d’information sur Tanith, mais il a refusé, apparemment effrayé de toutes les potentielles conséquences. J’ai compris qu’il avait peur de Vernor plus que de Tanith elle-même, mais Gaspar m’a encore donné les noms et les positions d’anciens associés qui pourraient être convaincus de parler. Certains de ces contacts ont fourni des informations plus loin dans ce document.


Ma famille fait l’élevage d’argus depuis plus de huit générations, notre élevage est réputé dans tout Kos pour la taille et la férocité de nos bêtes. Une nuit, mon cousin Mishka et moi avons entendu un bruit au chenil. Aucune personne raisonnable n’essaierait jamais de voler un élevage logeant près d’une douzaine d’argus adultes, alors j’ai pensé que l’odeur d’un mâle pourrait avoir tiré les chiens de leur sommeil. Mishka a voulu vérifier quand même. Nous avons rassemblé nos armes et nous somme sortis dans la nuit enneigée.

Il faisait noir, mais même à la faible lueur de nos lanternes, nous pouvions voir des taches de sang sur la neige. Nous avons suivi le sentier jusqu’à l’un de nos chenils éloignés, où nous avons remarqué une personne en robes sombres agenouillée au milieu de six de nos plus grands argus. Nous avons crié à l’intrus de se relever et de se tourner lentement, et nous avons vu que s’était une jeune femme, peut-être dix-sept ou dix-huit au plus. Je ne sais pas si c’était les décorations qu’elle portait ou comment nos chiens les plus féroces et les plus capricieux semblaient se soumettre à cette étrange fille, mais Mishka la reconnut aussitôt pour ce qu’elle était : une cape noire [blackclad]. Avant que je ne puisse lever la main pour le stopper, Mishka pointa son fusil et tira. Dans sa panique, il n’a que frôlé son épaule, mais c’était assez pour sceller son destin. La jeune fille leva la main et employa sa magie, et le pauvre Mishka mourut dans la neige.

J’aimerais dire que j’ai épaulé mon arme pour venger ma famille, mais la peur m’a devancé et je me suis recroquevillé. La cape noire [blackclad] marcha lentement vers moi, et j’ai pu remarquer qu’elle avait été blessée avant même l’attaque de Mishka. Voyant que je n’étais pas une menace, elle retourna vers l’argus. Elle tendit la main vers l’un des chiens les plus âgés, et instantanément la pauvre bête  s’effondra sur la neige, des entailles et des blessures apparaissant sur son corps. La jeune fille semblait encore épuisée, mais ses propres blessures avaient cessés de saigner. Elle m’a regardé et m’a dit que si j’agissais rapidement, je pourrais encore sauver l’argus.

Alors qu’elle commençait à partir avec les cinq autres argus à sa suite, je m’entendis lui demander pourquoi elle ne m’avait pas tué, et sans interrompre sa foulée et se tourner pour me regarder, je l’entendis calmement répondre:« Parce qu’on ne me l’a pas permis ».


Aussi étrange que puisse paraître cette histoire, elle m'a amplement fourni des indices que j’ai entamé les recherches de conflits notables impliquant les capes noires [blackclads] dans le Strarovic, à seulement quatre lieux de l’élevage de Petrov. Quand je me suis enquis de l’observation d’une jeune fille cape noire [blackclad], toutes les personnes en ville m’ont raconté la même histoire.

Apparemment, les gens de Strarovic avaient vu une éruption de tuerie dès Tharn vivant dans la région voisine du Sylveloup [Wolveswood] des Cicatrices [Scarsfell]. Les rapports indiquent qu’une tribu en particulier s’était engagée dans des raids violents contre les petites villes de la région, et il semblait que Strarovic était la suivante. La milice était mal préparée à se défendre face à de tels sauvages Beerse, et la Garde des Glaces [Winter Guard] d’Ohk était trop dispersée dans la région pour réagir à toutes les attaques à temps. Sur la base du rapport suivant provenant d’un jeune garde qui a survécu au supplice, je crois que Tanith a été impliqué dans l’assaut final contre Strarovic, mais pas de la façon à laquelle je m’attendais. J’ai contacté Milav Bergayev, l’un des locaux qui a pris le temps de m’écrire la lettre suivante.

Nous avions envoyé un message à l’avant-poste de la Garde des Glaces [Winter Guard] le plus proche afin d’obtenir de l’aide. Nous ne voulions pas subir le même sort que Gubinya, Holskograv ou de n’importe laquelle des villes voisines, où des hommes se sont faits arracher le cœur tandis que les femmes serraient leurs enfants contre leurs poitrines. On nous a dit que l’aide arriverait dans quelques jours. Nous pensions que nous avions le temps. Mais cette nuit-là, ce n’est pas seulement le vent qui a hurlé, et nous avons su que notre heure était venue.

Ils sont venus de nulle part, comme dans les anciennes histoires, où d’antiques héros tels que Khardovic et Nadya ont combattu le Molgur. Ils avaient la force et la vitesse des animaux, mais ils ont balancé leurs haches et tiré leurs flèches géantes avec la ruse de guerriers vétérans. Nous avons tenu le plus longtemps possible, nos familles se cachant pendant que nous nous battions avec tout ce que nous avions. Ça n’a pas été suffisant.

Mes amis et moi avons utilisé nos lances contre l’un des tharn. Il a éclaté de rire en décollant la tête d’Ivan de ses épaules Je l’ai planté avec tout ce que j’avais, et pour ma peine, il m’a tranché le bras gauche au niveau du coude. Alors que j’étais étendu par terre, priant le Créateur pour une mort rapide, j’ai vu un argus bondir sur le Tharn et le lacérer à mort là où il se tenait. Dans mon étonnement, j’ai regardé autour de moi et vu plusieurs des grandes bêtes à deux têtes déchiqueter les tharn surpris. Même quand les sauvages ont compris qu’ils étaient attaqués et regroupés, les argus avaient l’avantage, car ils se battaient comme une meute coordonnée comme si elle était guidée par une volonté unifiée.

Puis j’ai vu la cape noire. Elle avait l’air si jeune, mais alors qu’elle libérait sa magie, son pouvoir était indéniable. Deux archers tharn ont chargé la jeune druidesse, uniquement pour que la terre sous leurs pieds explose et les réduise en bouillie. Je l’ai regardé de plus près, avec son petit visage et sa chevelure tressée, elle semblait épuisée, peut-être même blessée. Finalement, elle s’est retrouvée face à face avec le tharn dirigeant l’attaque de mon village, les deux ont échangé des paroles dans une langue gutturale.

Dans ma stupeur, j’ai essayé de prévenir la fille, essayer de lui dire de s’enfuir avant que le monstre ne l’étripe, mais ça n’a pas été nécessaire. Après quelques instants, le chef tharn a fait marche arrière, a réuni ses alliés survivants et a quitté notre village en ruine. Je n’ai cessé de regarder avec incrédulité cette jeune fille venant de sauver notre village. Alors même que j’étais emmené pour soigner mes blessures, j’ai regardé la jeune cape noire alors qu’elle veillait sur notre place, entourée de ses argus. Elle se tenait là, les yeux rivés sur le Sylveloup [Wolveswood], regardant les tharn s’éloigner comme des chiens la queue entre les jambes.

Milav Bergayev

Bien que j’attribue au départ le ton émerveillé de Milav au traumatisme qu’il a subi, après avoir corroboré son histoire avec d’autres citadins, j’ai trouvé que la plupart des Strarovic partageaient l’opinion de Milav sur la jeune femme cape noire qui les avait sauvés des tharn. Par le passé, ayant fait plusieurs dossiers sur les druides et conscient de leur alliance générale avec les tharn, les actes de Tanith me laissent perplexe. Pourquoi attaquerait-elle l’un des alliés traditionnels de son ordre au profit d’un village relativement obscur sans lien évident avec les capes noires ? Bien que je déteste laisser un bon mystère sans résolution, j’ai eu une autre piste à suivre, puisqu’un des contacts de Gaspar m’a mis sur la voie d’un possible lien avec les origines de Tanith.



Grâce à une myriade de rumeurs et de ouï-dire, j’ai finalement été conduit au village isolé de Rimeskoy, une municipalité faisant théoriquement partie des régions les plus septentrionales du Khador. Avoir à voyager aussi loin dans le nord a été pour le moins désagréable, mais cela s’est avéré nécessaire, car la plupart de ces tribus rurales en rase campagne savent à peine lire et écrire. Le ruscar, typiquement, est un peuple isolé, méfiants des étrangers, mais après avoir convaincu les sages du village que j’étais un négociant de fourrures, je me suis trouvé en mesure de mener des entretiens relativement tranquilles.

Après quelques jours, j’ai été alerté sur le fait que plusieurs enfants avaient été livrés aux capes noires pendant des années. Ces enfants avaient fait montre d’appel de la nature – un comportement suggérant un lien avec le Ver Dévoreur [Devourer Wurm] – requis par ceux qui deviennent membres du Cercle. Après avoir parlé à plusieurs femmes de la tribu ayant perdu des sœurs ou des filles de cette manière, j’ai rencontré Britsenya, dont le récit m’a semblé potentiellement pertinente pour mon enquête. J’ai transcrit ses paroles ci-dessous.


Quand ma petite Hertha a commencé a chanté sa chanson sauvage, j’ai pleuré. Je savais que la tradition exigeait que les sages du village la confient à un prophète du Ver, mais elle était mon âme et mon cœur. Mon mari Ulfrick a dû l’arracher de mes mains, et j’ai senti un peu de moi-même mourir ce jour-là. Je ne sais pas ce qu’est devenue ma douce Hertha, avec ses yeux verts vifs et ses tresses dorées brillant au soleil. Je craignais qu’elle ait été sacrifiée, sa mort apportant bénédiction à notre village ou assouvissant temporairement la faim du Dévoreur.

Puis un jour, plusieurs saisons après la perte de ma fille, une jeune femme est arrivée dans notre village. Elle était venue chercher les Loups Loyaux [Wolf Sworn] pour qu’ils puissent honorer leurs serments aux servants de la Bête aux Mille Formes [Beast of All Shapes]. Alors que ceux d’entre nous qui étaient laissés de côté, exprimaient leurs adieux à leurs frères, leurs sœurs et leurs voisins, j’ai reconnu la jeune druidesse pour ce qu’elle était. Aucun laps de temps ne peut troubler les instincts d’une mère. J’ai couru vers elle, appelant ma Hertha à me retrouver, la suppliant de reconnaître sa mère. La jeune druidesse ordonna aux Loups Loyaux [Wolf Sworn] de me faire taire et de se préparer au combat. Alors que j’étais éloigné, j’ai plongé mon regard dans celui de la cape noire, et je jure que, tout comme j’ai reconnu ma fille dans les yeux verts de cette jeune fille, elle a reconnu sa mère dans les miens.


Je dois admettre que le récit ci-dessus est loin d’être une preuve concrète de la filiation de Tanith, mais il offre un aperçu du type d’éducation que Tanith aurait en tant que ruscar avant d’être introduite au sein du Cercle d’Orboros. Compte tenu de leurs orientations religieuses, un tel enfant serait élevé avec une révérence pour le Dévoreur et les druides – qu’ils considèrent comme des prophètes de cette puissance. Cela faciliterait sans aucun doute l’obéissance d’un tel enfant.



Juste au moment où je pensais avoir passé assez de temps dans le froid des hivers septentrionaux du Khador, l’un des contacts de Gaspar m’a emmené plus au nord, jusqu’au foyer du kriel trollkin Osgelé [Frostbone]. Ces robustes guerriers du peuple du nord [northkin] ont connu leur lot de batailles contre les forces du Cercle, apparemment à la suite d’un récent bouleversement entre leurs deux cultures, qui a abouti à la quasi-destruction du village Osgelé [Frostbone]. J’ai un compte-rendu transcrit d’une interview avec Jungmar Frostbone, un ancien champion du kriel et l’un des derniers survivants de son village.

Remarque : J’ai fait de mon mieux pour exciser les parties de l’histoire de Jungmar pouvant être considérées comme des diatribes d’ivrogne ou des grommellements incohérents.


Là est la chose que vous devez comprendre. Bien sur, peut-être que certains de nos jeunes parents étaient trop imprudents. Ils étaient peut-être trop impatients d’entendre les paroles de Borka Pourfendeur de Fût [Kegslayer] lorsqu’il dénonçait les capes noires, et ils ont été trop prompts pour prendre des mesures. Mais c’étaient des Osgelé [Frostbone], et ils étaient nos proches. Oui, ils ont commis une erreur en trouvant les pierres sacrées des druides et en prenant les haches et les marteaux, mais c’était une action courageuse provoquée par l’alcool. Quand les capes noires ont envoyé la fille, et qu’elle a exigé que nous livrions ces jeunes pour les punir, nous nous sommes sentis obligés de les protéger, comme le ferait n’importe quel kriel.

Eh bien, quand cette jeune druidesse, nommée Tanith, est revenue avec ses amis avec la peau de loup et ses bêtes de chair et de pierre, nous savions que nous allions réellement nous battre. Nos guerriers ont fait danser leur hache et leur épée jusqu’à ce que les neiges fondent sous l’effet de la chaleur du sang humain, tandis que nos chamans lançaient des sorts de froid et de glace.

Mulgrim a commandé nos forces et par Dhunia, il était magnifique ! Il pouvait facilement commander les parents et les trolls et il a testé la force de sa hache et la puissance de sa magie contre Tanith en personne. Ils se sont battus avec acharnement, les trolls des neiges [winter trolls] et les lupomorphes [warpwolfes] se dépeçant alors que les deux warlocks croisaient les armes et s’échangeaient des sorts. Je jure sur la pierre gelée que c’est le bâton de la fille qui lui a permis de l’emporter.

C’était un truc recourbé et noueux, avec des lames en pierre extrêmement acérées incrustées aux deux extrémités. J’ai déjà vu des armes de pouvoir, mais celle-là était différente. Je te jure qu’elle semblait vivante, liée à une noire volonté autre que celle de la fille. Croyez-moi ou non, je m’en fiche, mais à la fin de leur affrontement, j’ai vu la jeune cape noire invoquer un pouvoir dont elle n’avait pas fait montre jusque-là. Au moment où Mulgrim a massacré son dernier lupomorphe, cette vile druidesse a pointé son maudit bâton, et j’ai vu des racines et des plantes grimpantes pousser du sol gelé et briser Mulgrim en deux comme s’il avait été chopé par la gueule d’une grande bête. Après sa mort, l’affrontement n’a plus duré longtemps et, bien que notre kriel ait péri en raison de la folie de ses jeunes, je pleure encore ces idiots.

Jungmar, Osgelé [Frostbone] pour toujours

Alors que je commençais à me poser des questions sur cette arme que brandissait Tanith, je fis une percée dans mon enquête. Grâce à de tenaces et diligents efforts, j’ai finalement réussi à convaincre Gaspar de m’aider à établir un contact direct avec une cape noire, récemment promu potent du Cercle Orboros (un rang de grande estime, juste au-dessous de leurs plus hauts dirigeants) appelé Vaskis le Bourreau [the Knotkeeper]. J’ai rencontré Vaskis dans la partie nord du Bois du Veuf [Widower’s Wood], à quelques kilomètres de Corvis. Non seulement, j’étais enthousiaste à l’idée de discuter avec une personne intime de cet ordre, mais j’étais également enchanté d’avoir enfin pu échapper à la météo khadoréenne.

Vaskis a été méfiant un premier temps, s’exprimant vaguement et mystérieusement. Je me suis souvent heurté à cela, je savais quoi faire. Le Cercle Orboros, comme tout ordre secret, accorde autant de l’importance à l’information que moi. Après quelques négociations, sur laquelle je reviendrai d’ici peu, je suis parvenu à un échange mutuel suffisamment utile. Je soupçonne qu’il m’ait caché de nombreuse choses, même s’il m’a paru étonnamment franc.

Vaskis a début notre discussion en me disant qu’une fois Tanith avait servi sous ses ordres alors qu’elle était toujours au rang de protecteur [warder] et qu’il lui avait confié la tâche de patrouiller temporairement dans une zone ouest du Bois du Veuf [Widower’s Wood]. Tanith possédait déjà un considérable talent martial et la capacité de commander des warbeasts pour une personne relativement jeune. Comme l’illustre le récit suivant, Tanith semble avoir été élevée comme bien plus qu’une simple initiée de leur ordre.

Vernor l’Annonciateur de la Nuit [the Nightbringer] représente certaines facettes essentielles de notre ordre. C’est un conspirateur et un planificateur, il tisse d’utiles alliances et organise des événements répondant à ses besoins. Les membres de mon ordre sont dangereux et ne doivent pas être méprisé, mais même ma propre fraternité se meut doucement autour de Vernor.

Au fils des ans, il a eu plusieurs pupilles, chacune formée pour répondre à des exigences élevées. La plus commune de ces exigences était de devenir une arme, et c’était clairement son intention avec Tanith. Ce n’est pas qu’elle manquait d’intelligence. Loin de là en fait, elle possède un vif esprit et une intuition rouée. Non, ce qui lui manquait, c’était une volonté propre.

Toutes les personnes initiées au sein du Cercle œuvrent pour l’ordre, mais le pouvoir que nous détenons naturellement entraîne une intentionnalité, un désir pour chacun d’entre nous de tracer sa propre voie. Il n’est pas rare que les agendas se contredisent, même entre maître et étudiant. Il s’agit d’une saine et attendue situation pouvant généralement être gérée dans l’intérêt de tous. En dépit du peu de temps que j’ai passé avec elle, il est clair que Tanith était dépourvue de la moindre ambition, à un degré contre-nature pour nous. Cela a permis à Vernor de lui faire confiance. Ce n’est pas un hasard si elle brandit le Bâton du Destin [Staff of Fate], un instrument que Vernor ne transmet pas à la légère.

Démêler l’histoire du Bâton du Destin [Staff of Fate] et son lien avec l’Arbre du Destin [Tree of Fate] est plus que ce que je suis disposé à partager avec un étranger, mais il suffit de dire qu’il est ancien et représente certaines promesses et obligations scellées dans le sang. Vernor en personne n’emploie pas l’arme pour une bonne raison ; c’est un fardeau et elle peut détruire son porteur ainsi que ses ennemis. Deux fois auparavant, Vernor a testé des sauvageons [wilders] avec le bâton et n’a pas trouvé de potentiel. Le premier, c’était Kolar, dont le corps a dépéri et s’est atrophié quelques instants après avoir tenté d’utiliser son pouvoir. Il sert toujours l’ordre, gravant les runes dans la pierre, mais sa santé à été à jamais détruite. Puis, la pauvre Aranya, devenue folle d’une voix silencieuse murmurant des secrets dans le vent. Elle aussi nous est utile à sa manière, mais pas en tant que cape noire. Cependant, il a été clair que Vernor espérait que l’arme trouverait une main capable d’assujettir son pouvoir, et je crois qu’il s’est donné beaucoup de mal à façonner Tanith en un tel être.

Tanith pourrait encore échouer dans ses tentatives de libérer son pourvoir, bien qu’elle semble néanmoins à la hauteur de la tâche. Je frémis à l’idée de ce que Vernor leur réserve. Ce sont des puissances que les mortels n’étaient pas destinés à manipuler.

Les renseignements que j’ai acquis sur l’instructeur de Tanith, Vernor l’Annonciateur de la Nuit [the Nightbringer], et de sa nouvelle arme, le Bâton du Destin [Staff of Fate], m’a permis de mieux comprendre deux importants composants ayant fait de Tanith ce qu’elle est aujourd’hui. Il est clair que quel que soit le conditionnement de Vernor, celui-ci a favorisé une intense loyauté, et comme le démontre la deuxième partie de mon entretien avec Vaskis, Tanith est profondément déterminée à servir les intérêts de son maître.

J’ai déjà enquêté sur l’entité appelée Bois du Dévoreur [Wurmwood], et j’ai inclus un dossier abrégé dans le même dossier que vous pourrez consulter à loisir. Il suffit de penser que cela semble être une entité dotée d’un immense, voire terrifiant, pouvoir. Globalement, cela semble suggérer une sorte de plan à long terme pour Tanith, avec des ramifications potentiellement effrayantes.

Peu après avoir reçu le Bâton du Destin [Staff of Fate], Tanith a reçu des ordres inhabituels de la part de son mentor. Je suis disposé à partager certains de ces détails maintenant puisque les parties impliquées ne sont plus en position d’être affectées par un étranger en ayant connaissance. Certaines circonstances atténuantes ont provoqué un clivage grandissant au sein de notre ordre, mettant à rude épreuve les loyautés à une échelle plus grande que la normale. Deux des sentinelles [overseers] de Vernor, Morna la Gemme Verte [the Greenstone] et Shahad le Fileur de Toile [the Webspinner], avaient apparemment choisi d’abandonner leur instructeur au profit d’une personne ambitieuse et motivée tentant de forger ses propres alliances. Vernor a envoyé Tanith dégoter les deux infidèles et leur montrer les conséquences de la trahison.

On raconte que pendant ses premières années passées avec Vernor, Tanith avait appris à connaître Morna et Shahad, le trio développant une sorte d’amitié. Je me souviens qu’ils œuvraient ensemble à accomplir de difficiles tâches. Une fois, Vernor leur fit maîtriser une tribu de vorace tharn ayant attaqué des villages septentrionaux sans le consentement de l’Annonciateur de la Nuit [the Nightbringer]. Le chef de clan de ces tharn cherchait à se glorifier aux yeux du Ver [Wurm], et ses raids insensés menaçaient la plus grande œuvre de l’Annonciateur de la Nuit [the Nightbringer] dans la région, alors l’Annonciateur de la Nuit [the Nightbringer] envoya ses subordonnés pour rappeler au chef de clan ses obligations.

L’histoire raconte que le Chef de clan tharn, enragé de se faire commander par trois jeunes druides, se déchaîna et massacra leurs warbeasts et blessa gravement les trois sauvageons [wilders]. En fin de compte, Tanith a non seulement réussi à convaincre le sanguinaire tharn, mais également à trouver l’aide nécessaire pour sauver la vie de ses amis.

Néanmoins, quel que soit leur passé, il ne changera pas le destin de Morna et Shahad. Après des semaines de recherches, un groupe de Loup Loyal [Wolf Sworn] est tombé sur leurs corps dans une clairière dévastée près de l’Olgunholt. Leurs cadavres ligotés à des arbres morts par d’épaisses plante grimpante ayant jailli du sol, leurs os nettoyés par les corbeaux. Peu de temps après, Vernor requit avec succès que Tanith accède au rang de sentinelle [overseer], lui attribuant l’épithète « Le Chant Sauvage [The Feral Song] » et lui permettant de superviser une plus grande partie des territoires du Cercle. Il est clair que les décès de Morna et Shahad, ainsi que l’ascension de Tanith à une nouvelle autorité, devait envoyer un message clair à quiconque trahirait Vernor ou ses intérêts.

Le fait que Tanith ait exercé les fonctions d’hommes de main et de bourreau contre les membres de leurs propres ordre démontre les efforts que l’Annonciateur de la Nuit [the Nightbringer] est prêt à faire pour préserver son statut. J’ai compris que cela n’était pas tout à fait inhabituel au sein de l’ordre, bien que la peur que Vernor inspire au autre suggère qu’il pourrait, dans l’application de son programme, être plus brutalement efficace que ses rivaux. Vaskis ne spéculait pas sur les objectifs de Vernor, et je me suis rendu compte que le presser pourrait ne pas être bénéfique pour de futures transactions avec cet individu. Compte tenu des informations que j’avais déjà obtenu, j’étais désireux de le conserver en tant que source.

Comme je l’ai mentionné précédemment, pour apprendre ces détails, j’ai dû procéder à ce que j’appellerais un « échange amical d’informations ». La courtoisie professionnelle m’incite à vous avertir de retirer tous vos biens et votre personnel clé de la ville de Dorshep au cours des prochaines semaines.

En attendant la réponse d’un dernier contact, je suis tombé sur ce rapport d’action khadoréen qui s’est avéré intéressant. Récemment, plusieurs camps miniers khadoréens situés près des Collines de Kovosk [Kovosk Hills] ont été rendu inutilisables par ce que l’on désigne officiellement comme des « bandes de sauvages désorganisées des collines ». Une fois que vous aurez lu le rapport officiel classifié, vous comprendrez pourquoi j’ai choisi de l’inclure.

Au : Kapitane Marovan Ulchichk.

Kapitane, les efforts pour réaménager la mine U-46 sont toujours en cours. Nous avons terminé le débriefing et interrogé tout le personnel de soutien minier survivant. Leurs récits sont tous étayés par des preuves matérielles ainsi que par nos efforts d’investigations. Nos soupçons initiaux se sont révélés corrects. Cette attaque a été menée par une cape noire lanceuse de sort à la tête d’un groupe de bêtes et soutenue par au moins deux douzaines d’hommes et de femmes tribales. Il est à noter que la cape noire est décrite comme une jeune femme capable, entre autres, d’invoquer des racines et des plantes grimpantes de la terre assez forte pour déchirer un laborjack en morceaux. Les corps de nos soldats tombés au combat seront renvoyés à leurs familles une fois que nous aurons reçu l’autorisation de la Section 3.

Sergent Mikala Gruva



Ma dernière entrée dans ce dossier est une correspondance avec Edrea Lloryrr, professeur agrégée d’anthropologie de l’Université de Corvis et assistante préférée du respecté Viktor Pendrake. Ces derniers mois, j’ai été tenu au courant des excursions d’Edrea dans la nature ; elle étudie depuis longtemps les pratiques magiques des diverses cultures sauvages. Ce travail la met périodiquement en contact étroit avec le Cercle Orboros, et ses papiers suggèrent qu’elle a ses propres sources au sein de cette organisation.

Pour faciliter l’échange’ d’information, j’ai décidé d’interagir avec elle sous le couvert de Pendrake lui-même. Imiter sa voix et sa diction a été relativement simple, compte tenu de l’abondante correspondance que j’ai eue avec lui par le passé. Ce n’a pas été trop difficile d’obtenir un sceau officiel de cire de la faculté de l’Université de Corvis pour que ma ruse ne soit pas découverte. Mon intuition a porté ses fruits et j’ai pu échanger des lettres concernant un groupe de capes noires qu’elle accompagnait qui se sont profondément enfoncés dans les Marches Sanglantes [Bloodstone Marches]. Après plusieurs semaines de partages de ses expériences, j’ai reçu cette fascinante lettre.

Professeur Pendrake,

Je suis heureux d’apprendre que votre voyage pour étudier les tribus d’hommes-gator du Marais Bloodsmeath [Bloodsmeath Marsh] a été un succès. Mes propres recherches ont atteint ce que Lynus appellerait un « crescendo élevé d’activité ».

Après avoir traversé le désert Sanglant durant des semaines, Norveth le Swiftrock et le reste des druides nous informnt que nous étions arrivés à notre destination : un canyon poussiéreux et escarpé situé près du bassin nord-est du Vilcornu [Rotterhorn]. Nous y avons rencontré d’autres membres du Cercle Orboros et les deux groupes ont convergé pour partager des nouvelles et transmettre les instructions des supérieurs mutuels. Après quelques heures, Lynus et moi avons commencé à remarquer de plus intenses discussions à voix basse, les capes noires semblant devenir à la fois plus circonspect que d’habitude et inhabituellement concernés par de nouveaux développements. Je pouvais dire que la curiosité de Lynus allait bientôt prendre le dessus sur lui, alors avant que son enthousiasme ne nous cause des ennuis, et pour éviter que l’incident avec la tribu de pygmée troll à l’extérieur des Noueux [Gnarls] ne se reproduise, j’ai pensé qu’il serait préférable que j’effectue les enquêtes appropriées.

Cela m’a pris un peu de temps, mais j’ai finalement réussi à obtenir des détails de Norveth. Il m’a dit comment toutes les sentinelles [overseers] et les potents de cette région répondent à un omnipotent nommé Mohsar l’Arpenteur du Desert [the Desertwalker]. Mohsar avait récemment rencontré une sentinelle du dominion septentrional. Cette réunion spécifique était apparemment inhabituelle et digne de mention, mais je ne comprenais pas ce qui rendait Norveth et les autres aussi nerveux.

Norveth a décrite la sentinelle comme étant assez jeune, mais rappelez-vous qu’en raison de la vitalité de leur lien avec Orboros, essayer de déterminer l’âge d’un druide en se basant uniquement sur son apparence est une erreur. La façon de s’habiller qu’il a décrite la désigne définitivement comme étant originaire du nord. Elle portait apparemment un bâton irradiant de pouvoir. Sa rencontre avec l’Arpenteur du Désert [Desertwalker] dura toute une après-midi et il sembla par la suite que la jeune druidesse, que Norveth appelait le Chant Sauvage [the Feral Song], demeurerait dans la région dans un but inconnu.

Certains membres de l’ordre la connaissaient comme un homme de main servant un ignoble potent, et plusieurs jeunes druides craignaient qu’elle n’ait rencontré Mohsar comme une formalité avant de tenter d’éliminer les druides sous son commandement. Norveth m’a confié qu’il soupçonnait un double objectif lors de sa visite. Le Swiftrock m’a dit qu’il avait entendu un bref échange entre Mohsar et son invitée. Il lui a demandé si l’Annonciateur de la Nuit [Nightbringer] était au courant de cette rencontre, ce à quoi le Chant Sauvage répondit qu’elle était là de son plein gré. Je ne sais pas ce que tout cela signifie, mais les informations que je recueille concernant le Cercle Orboros et sa politique interne seront certainement utiles lors de futures expéditions. J’en aurai plus pour vous avant notre retour à l’université le mois prochain.

Cordialement,

Edrea Lloryrr,

Professeur Agrégé, Université de Corvis

Bien que je ne sache pas ce que ce développement final signifie pour la relation de Tanith envers son mentor, je me permettrai de spéculer sur la base d’observations combinées à ce que j’ai appris auparavant. Il est clair pour moi que la rencontre de Tanit avec Mohsar peut avoir deux motivations. Soit elle envisage de trahir Vernor et de s’allier avec une personne possédant un poids politique plus vaste au sein de l’ordre, soit elle agit toujours sous les ordres de l’Annonciateur de la Nuit [the Nightbringer] pour une raison ou une autre. Compte tenu du niveau de loyauté dont Tanith a fait montre à Vernor jusqu’à présent, j’estime que cette dernière est plus plausible. Le niveau de confidentialité du Cercle Orboros limite mes connaissances des agendas spécifiques des membres les plus haut placés, mais il est clair que Tanith est une pièce importante de leurs jeux.

Malgré le fait qu’elle œuvre clairement pour un autre, je pense que ce serait une erreur de considérer Tanith le Chant Sauvage comme une simple marionnette. Pour une druidesse de sa relative jeunesse, faire ses preuves et devenir une si précieuse arme est remarquable. Le fait qu’elle ait pris possession du Bâton du Destin [Staff of Fate] malgré le danger suggère qu’elle occupe un statut spécial. Si elle agit effectivement sous les ordres secrets de son mentor, je parierais que quiconque est la cible de ces ordres est sur le point d’être supprimé du tableau.

Il est possible que Tanith agisse de son propre chef et ce n’est pas en dehors du domaine du possible que Vernor ait poussé son élève trop loin, peut-être même en éliminant Morna et Shahad. Il y aussi la question de son arme et de son lien avec l’Arbre du Destin [Tree of Fate]. Quels que soient ses objectifs actuels, Tanith est, à mon avis, une personne à surveiller au sein de l’ordre – nous avons peut-être eu un aperçu d’un acteur majeur en pleine ascension.



« Modifié: 04 février 2019 à 14:47:05 par elric »
Citation de: Maître Yoda
Trop gentil tu seras, dans le côté obscur tu l'auras.

Si vous constatez des fautes d'orthographe et/ou de conjugaison, des phrases à remanier pour une meilleur compréhension.
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Re : Nq 70 - GKF - Tanith le Chant Sauvage
« Réponse #1 le: 01 février 2019 à 14:58:20 »
Texte en entier

Bonne lecture  :)
Citation de: Maître Yoda
Trop gentil tu seras, dans le côté obscur tu l'auras.

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Re : Nq 70 - GKF - Tanith le Chant Sauvage
« Réponse #2 le: 03 février 2019 à 13:32:37 »
Mentorat : Les capes noires emploient une relation formelle étudiant/mentor pour former leurs membres. Les entrevues et les rapports suggèrent fortement qu'un individu appelé Vernor l’Annonciateur de la Nuit [the Nightbringer], une cape noire plutôt connu dans le nord du pays, a servi de mentor à Tanith.

________

le trait le plus remarquable de Tanith est sa possession du dangereux artefact connue sous le nom de Bâton du Destin [Staff of Fate].

________

Comme c’est souvent le cas lors de recherche concernant un groupe qui prise si hautement sa discrétion, et me retrouvant moi-même perdu face à ce puzzle, j’ai correspondu avec un ancien membre désabusé que j’avais précédemment contacté, Gaspar Madracav. Autrefois membres des soi-disant Loups d’Orboros [Wolves of Orboros], Gaspar vit depuis en Umbrie [Umbrey] et sert dans les Irréguliers de Kovosk [Kovosk Irregulars]

________

Je l’ai vue une fois

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Bon nombre des nôtres étaient là, se les gelant pendant plusieurs jours par un froid polaire, notre maître de la chasse [hunt master] ne nous expliquant pas pourquoi nous étions là ou contre quoi nous nous protégions

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avec une crainte et un respect au-dessus de ce qu’elle n'avait jamais montré à toutes les capes noires [blackclads] que nous avions servi

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Elle ne devait pas avoir plus de seize hivers, et avec ses cheveux tressés, elle me rappelait ma sœur. Calme, elle se déplaçait avec la confiance et la force de quelqu’un ayant vu plus de morts et de combats que des guerriers de deux fois son âge

________

Quand nous avons attaqué, nos mouvements ont été dissimulés par la brume et l’ombre occasionnés par l’Annonciateur de la Nuit [Nightbringer]

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Alors la jeune fille est entrée en action

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Pas la lumière de la jeunesse telle que vous le remarqueriez chez une fille normale de son âge, mais l’éclat d’une arme prête à être utilisée dans la bataille.

________

J’aimerais dire que j’ai épaulé mon arme pour venger ma famille, mais la peur m’a devancé et je me suis recroquevillé. La cape noire [blackclad] marcha lentement vers moi, et j’ai pu remarquer qu’elle avait été blessée avant même l’attaque de Mishka.

________

Elle tendit la main vers l’un des chiens les plus âgés, et instantanément la pauvre bête et s’effondra sur la neige, des entailles et des blessures apparaissant sur son corps.

________

Aussi étrange que puisse paraître cette histoire, elle m'a amplement fourni des indices lorsque j’ai entamé des recherches de conflits notables impliquant les capes noires [blackclads] dans le Strarovic, à seulement quatre lieux de l’élevage de Petrov.

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Apparemment, les gens de Strarovic avaient vu une éruption de tuerie de la part des Tharns vivants dans la région voisine du Sylveloup [Wolveswood] des Cicatrices [Scarsfell]

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 Les rapports indiquent qu’une tribu en particulier s’était engagée dans des raids violents contre les petites villes de la région, et il semblait que Strarovic était la suivante.

________

Ils avaient la force et la vitesse des animaux, mais ils ont balancés leurs haches et tirés leurs flèches géantes avec la ruse de guerriers vétérans.

________

Mes amis et moi avons utilisé nos lances contre l’un des tharns.

________

Dans mon étonnement, j’ai regardé autour de moi et vu plusieurs des grandes bêtes à deux têtes déchiqueter les tharns surpris

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Deux archers tharns ont chargé la jeune druidesse, uniquement pour que la terre sous leurs pieds explose et les réduisent en bouillie.

Je l’ai regardé de plus près, avec son petit visage et sa chevelure tressée, et elle semblait épuisée, peut-être même blessée. Finalement, elle s’est retrouvée face à face avec le tharn dirigeant l’attaque de mon village, les deux ont échangé des paroles dans une langue gutturale.

________

Alors même que j'étais emmené pour soigner mes blessures, j’ai regardé la jeune cape noire alors qu’elle veillait sur notre place, entourée de ses argus. Elle se tenait là, les yeux rivés sur le Sylveloup [Wolveswood], regardant les tharns s’éloigner comme des chiens la queue entre les jambes.

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Bien que je déteste laisser un bon mystère sans résolution, j’ai eu une autre piste à suivre, puisqu’un des contacts de Gaspar m’a mis sur la voie d’un possible lien avec les origines de Tanith.

(pour éviter la répétition)

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Après avoir parlé à plusieurs femmes de la tribu ayant perdu des sœurs ou des filles de cette manière, j’ai rencontré Britsenya, dont le récit m’a semblé potentiellement pertinente pour mon enquête

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Alors que ceux d’entre nous qui étaient laissés de côté, exprimaient leurs adieux à leurs frères, leurs sœurs et leurs voisins, j’ai reconnu la jeune druidesse pour ce qu’elle était.

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Oui, ils ont commis une erreur en trouvant les pierres sacrées des druides et en prenant les haches et les marteaux, mais c’était une action courageuse provoquée par l’alcool.

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Croyez-moi ou non, je m’en fiche, mais à la fin de leur affrontement, j’ai vu la jeune cape noire invoquer un pouvoir dont elle n’avait pas fait montre jusque-là.

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Au moment où Mulgrim a massacré son dernier lupomorphe, cette vile druidesse a pointé son maudit bâton, et j’ai vu des racines et des plantes grimpantes pousser du sol gelé et briser Mulgrim en deux comme s’il avait été chopé par la gueule d’une grande bête

________

Grâce à de tenaces et diligents efforts, j’ai finalement réussi à convaincre Gaspar de m’aider à établir un contact direct avec une cape noire, récemment promu potent du Cercle Orboros (un rang de grande estime, juste au-dessous de leurs plus hauts dirigeants) appelé Vaskis le Bourreau [the Knotkeeper].

________

on seulement, j’étais enthousiaste à l’idée de discuter avec une personne au fait intime de cet ordre, mais j’étais également enchanté d’avoir enfin pu échapper à la météo khadoréenne.

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Je me suis souvent heurté à cela, je savais quoi faire. Le Cercle Orboros, comme tout ordre secret, accorde autant de l’importance à l’information que moi.

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Je soupçonne qu’il m’ait caché de nombreuse choses, même s’il m’a paru étonnamment franc.

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Tanith possédait déjà un considérable talent martial et la capacité de commander des warbeasts pour une personne relativement jeune.

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 La plus commune de ces exigences était de devenir une arme, et c’était clairement son intention avec Tanith.

________

Démêler l’histoire du Bâton du Destin [Staff of Fate] et son lien avec l’Arbre du Destin [Tree of Fate] est plus que ce que je suis disposé à partager avec un étranger, mais il suffit de dire qu’il est ancien et représente certaines promesses et obligations scellées dans le sang.

________

Les renseignements que j’ai acquis sur l’instructeur de Tanith, Vernor l’Annonciateur de la Nuit [the Nightbringer], et de sa nouvelle arme, le Bâton du Destin [Staff of Fate], m’a permis de mieux comprendre deux importants composants ayant fait de Tanith ce qu’elle est aujourd’hui.

________

 Je suis disposé à partager certains de ces détails maintenant puisque les parties impliquées ne sont plus en position d’être affectées par un étranger en ayant connaissance.

________

Néanmoins, quel que soit leur passé, il ne changera pas le destin de Morna et Shahad.

________

J’ai compris que cela n’était pas tout à fait inhabituel au sein de l’ordre, bien que la peur que Vernor inspire aux autres suggère qu’il pourrait, dans l’application de son programme, être plus brutalelement efficace que ses rivaux.

________

Compte tenu des informations que j’avais déjà obtenues, j’étais désireux de le conserver en tant que source.

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Cette attaque a été menée par une cape noire lanceuse de sort à la tête d’un groupe de bêtes et soutenue par au moins deux douzaines d’hommes et de femmes tribales.

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Mon intuition a porté ses fruits et j’ai pu échanger des lettres concernant un groupe de capes noires qu’elle accompagnait qui se sont profondément enfoncés dans les Marches Sanglantes [Bloodstone Marches].

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Après avoir traversé le désert Sanglant durant des semaines, Norveth le Swiftrock et le reste des druides nous informent que nous étions arrivés à notre destination : un canyon poussiéreux et escarpé situé près du bassin nord-est du Vilcornu [Rotterhorn].

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Cela m’a pris un peu de temps, mais j’ai finalement réussi à obtenir des détails de Norveth.

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 La façon de s’habiller qu’il a décrite la désigne définitivement comme étant originaire du nord. Elle portait apparemment un bâton irradiant de pouvoir. Sa rencontre avec l’Arpenteur du Désert [Desertwalker] dura toute une après-midi et il sembla par la suite que la jeune druide, que Norveth appelait le Chant Sauvage [the Feral Song], demeurerait dans la région dans un but inconnu.

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Certains membres de l’ordre la connaissaient comme un homme de main servant un ignoble potent, et plusieurs jeunes druides craignaient qu’elle n’ait rencontré Mohsar comme une formalité avant de tenter d’éliminer les druides sous son commandement.

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Il lui a demandé si l’Annonciateur de la Nuit [Nightbringer] était au courant de cette rencontre, ce à quoi le Chant Sauvage répondit qu’elle était là de son plein gré.

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FINI :p

« Modifié: 03 février 2019 à 15:32:37 par Stalker »

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Re : Nq 70 - GKF - Tanith le Chant Sauvage
« Réponse #3 le: 03 février 2019 à 15:33:31 »
Quand il n'y a pas de couleurs, c'est que j'ai barré (ça ne se voit pas forcément sinon).

Superbe fluff mon cher Elric, c'était très sympa à lire !

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Re : Nq 70 - GKF - Tanith le Chant Sauvage
« Réponse #4 le: 04 février 2019 à 14:13:08 »
Je te conseille de voir ça avec lui par MP.
Après tu pourras même devenir relecteur et avoir les traductions en avant première.

Ca sera plus simple pour lui gérer et ça ne polluera pas son post.

 ;)
Envie de jouer dans l'aube c'est par ici:
http://1dtroyes-asso.forumgratuit.org/

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Re : Nq 70 - GKF - Tanith le Chant Sauvage
« Réponse #5 le: 04 février 2019 à 14:48:05 »
Corrections orthographiques effectuées
Merci Stalker  :)
Citation de: Maître Yoda
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