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Messages - elric

Pages: [1] 2 3 ... 60
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MaJ

Chapitre II entier

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Iron Kingdoms - RPG / Re : Maîtres Secrets
« le: 03 août 2022 à 16:41:53 »
bon jeu  ;)

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Iron Kingdoms - RPG / Maîtres Secrets
« le: 03 août 2022 à 16:41:12 »
MAÎTRES SECRETS

Aucun groupe parmi les humains de l’Immoren occidental n’est plus mystérieux que les capes noires du Cercle Orboros. Le Cercle est un antique ordre composé des personnes ayant répondu à l’appel de la nature un lien inné avec les bêtes prédatrices et les forces naturelles circulant invisiblement à travers Caen grâce aux lignes de force sillonnant la planète. Les initiés de l’ordre, connu sous le nom de capes noires, maîtrisent les pouvoirs de la tempête et de la pierre, et les bêtes sauvages répondent à leur appel. Les capes noires défendent férocement les nœud où les lignes de forces se croisent, les protégeant des groupes concurrents et de l’empiétement de la civilisation.


L’Appel de la Nature

Un infime pourcentage d’enfants humains traverse une période de confusion appelée l’appel de la nature. Ces enfants manifestent en premier un étrange comportement – déchirer leurs vêtements, s’enfuir de chez eux, au milieu de la nuit, pour parcourir la forêt, aboyer ou hurler, fixer durant des heures les yeux d’un animal proche, etc. La plupart des laïcs ignorants prennent ce comportement pur de la folie ou d’autres problèmes, et la plupart des communautés évitent ces enfants « bizarres », quand elles ne les abandonnent carrément pas. Dans des cas extrêmes, comme au sein de certaines communautés menites, ces enfants sont tués par peur de la sorcellerie ou de la souillure du Ver Dévoreur. Les druides du Cercle Orboros essaient d’anticiper de tels problèmes et d’intervenir quand c’est possible.

Les druides supérieurs sont chargés de prédire ces manifestations  et d’envoyer un ou plusieurs protecteurs pour recueillir un enfant répondant à l’appel de la nature. Dans certains cas, les parents de l’enfant considèrent cela comme de la miséricorde et confient volontairement l’enfant aux soins des druides. Dans d’autres cas, cependant, les capes noires doivent enlever les enfants répondant à l’appel de la nature en secret. Les druides (ou les familles qui leur sont proches) élèvent ces enfants jusqu’à ce qu’ils se montrent prêts à apprendre à maîtriser leurs pouvoirs. Pour cette raison, la plupart des druides n’ont aucune connaissance de leurs parents et tentent rarement de rétablir le contact avec leurs proches. Les Cercle Orboros devient leur seule famille, et ils acceptent le mystère de leurs origines. Naturellement, les rumeurs de cette pratique, les rumeurs de cette pratique font que les capes noires ne sont pas aimées par les communautés dont les enfants ont disparu.


Les capes noires sont liées au Ver Dévoreur mais ne le vénère pas, le considérant simplement comme un aspect d’une plus grande puissance qu’elles appellent Orboros. Longévives, secrets et reclus, ces druides incompris sont redoutés par les autres habitants de l’Immoren occidental, les accusant d’accomplir des rites noirs dans la nature au clair de lune. Pourtant, parmi les sociétés sauvages, le pouvoir et l’influence considérables exercés par le Cercle Orboros confèrent au capes noires un respect méfiant. Ayant appris à manipuler les autres pour aider à atteindre les ambitieux objectifs du Cercle, les capes noires sont souvent envoyées dans de telles sociétés pour rassemble des alliés.

À CHEVAL SUR LES DEUX RIVES

Les capes noires ne sont pas entièrement inconnues en marge de la civilisation. Les communautés vivants proches de grandes régions sauvages peuvent avoir des contacts périodiques avec des druides locaux, qui sont traités avec un respect teinté de crainte. Les capes noires visitent souvent ces communautés lorsqu’elles mènent leurs mystérieuses missions ou qu’elles échanges des informations.

En échange de leur coopération, les capes noires proposent parfois de manipuler le temps, de chasser les menaces sauvages ou de garantir une récolte abondante. Le Cercle a souvent utilisé de telles négociations pour faire avancer son agenda, car une communauté désespérée pourrait accepter toutes les conditions proposées par une cape noire. Les capes noires sont également connues pour rendre visite les communautés afin de récupérer les enfants subissant l’appel de la nature. Bien qu’une communauté puisse parfois accuser les druides de voler leurs enfants, les parents sont parfois complice de ces arrangements et acceptent souvent d’abandonner les enfants semblant dérangés et dangereux. Dans certains cas, les peuples des terres sauvages chercheront l’aide des capes noires pour négocier la paix ou le commerce. De telles invitations offrent au Cercle Orboros des opportunités favorables pour poursuivre ses objectifs.

Leur réputation et le mystère entourant leurs objectifs permettent aux capes noires de passer facilement de la civilisation au terres sauvages avec une certaine facilité. Cependant, même dans les meilleurs circonstances, la plupart des citadins feront tout leur possible pour éviter un druide Tout comme les capes noires sont appréciées pour leurs étranges pouvoirs, elles sont également considérées comme des signes avant-coureurs de désastre, de peste et de destructions naturelles. Dans des cas extrêmes, comme après une mystérieuse calamité, les citadins peuvent s’unir pour chasser les capes noires et leurs alliés. Au sein de la plupart des communautés des terres sauvages, la peur évoquée par les capes noires est suffisante pour assurer leur sécurité, car le Cercle est connu pour décupler les dommages causés à ses membres.

LES CAPES NOIRES ET LA REVENDICATION

Lorsque la Revendication a débuté, la force des capes noires était déjà presque à bout de souffle. Des années de constantes luttes avaient réduit le nombre d’alliés du Cercle, et les efforts pour restaurer les réseaux de lignes de force avaient poussé les capes noires au maximum de leurs capacités. Pour aggraver ces problèmes, les dirigeants du groupe toujours en désaccord les uns avec les autres, même dans le meilleur des cas, n’arrivaient pas à se mettre d’accord sur la façon de gérer la succession constante de crise exigeant leur attention.

Bizarrement, l’émergence des infernaux a été une sorte de bénédiction pour le Cercle. Même si la Revendication présentait le même risque pour ses membres humains que pour tous les autres être humains de l’Immoren occidental, les infernaux ont concentré leurs premiers efforts sur les centres de population de l’humanité. Alors que les Royaumes d’Acier luttaient pour tenir les envahisseurs à distance, les capes noires du Cercle Orboros ont saisi l’occasion pour se retirer dans leurs possessions au sein des terres sauvages et rassembler leurs forces. De nombreux sites de rituels ont été perdus au cours du processus, mais en se concentrant sur les régions les plus vitales et en les défendant, les capes noires ont pu préserver la majeure partie de leurs possession au sein de l’Immoren occidental, et elles ont subi beaucoup moins de pertes que le monde civilisé.

Pour des raisons inconnues du Cercle, les assaillants infernaux semblaient moins désireux de revendiquer les âmes des tharn que les âmes de leurs vassaux humains parmi les tribus barbares. En conséquence, les rangs des tribus humaines fidèles au Cercle ont diminué pendant la Revendication, mais pas les forces des tharn. À la fin de la Revendication, ces guerriers sauvages représentaient un part importante de la force militaire du Cercle.

Au cours des années ayant suivi la Bataille de Fort Henge, le Cercle Orboros a pu revenir à ses méthodes traditionnelles. Plutôt que de combattre en force, il a entrepris des actions chirurgicales contre les plus grandes menaces, lançant des meutes de tharn en grand nombre sur des sites tout en déployant ses guerriers humains les plus ingénieux pour atteindre des objectifs spécifiques. La menace posée par le dragon Everblight s’est apparemment arrêtée, la Convergence de Cyriss s’est divisée en plusieurs petits groupes représentant une menace moins grave, et la civilisation humaine a eu besoin de temps pour se rétablir à la suite de la Revendication. Pandant ce temps, les capes noires se sont imposées comme les maîtres secrets des terres sauvages, étendant leur influence et récupérant des territoires autrefois considérés comme perdus à jamais.


« Même si nous affinons nos capacités, nous devons nous rappeler que ce pouvoir a un but. Nous ne pouvons pas hésiter à agir. Une période de crise nous attend. L’ère des intrigues est révolue ».

- Tout-puissant Lortus, Veilleur de Blightghast


CHEMINS D’OBOROS

Chaque cape noire suit l’un des nombreux chemins exploitant le pouvoir d’Orboros. La maîtrise de ces chemins découle de millénaires d’exploitation organisée de l’énergie naturelle et d’un entraînement systématique au sein du Cercle Orboros. Les capes noires se concentrent sur l’une de ces catégories.

VOIE DE LA COLÈRE DE LA NATURE

Les capes noires parcourant la Voie de la Colère de la Nature ont concentré leur volonté sur les formidables énergies destructrices de la nature et peuvent déchaîner ces forces contre leurs ennemis même s’ils sont pris au dépourvu.


VOIE DES BÊTES

Au sein du Cercle, les personnes empruntent la Voies des Bêtes apprennent à maîtriser les créatures prédatrices nées de l’aspect d’Orboros en tant que Bête au Milles Formes. Ceux qui parcourent la Voie des Bêtes sont mieux représentés en warlocks avec la résonance du Dévoreur, comme décrit dans Iron Kingdoms : Borderlands et Beyond.


VOIE DE LA PIERRE

Les capes noires parcourant la Voie de la Pierre ont appris à manipuler et à manifester spontanément les rocs et les pierres et peuvent plus facilement tirer parti de l’énergie magique de la terre.

VOIE DE L’ERRANT

La Voie de l’Errant est l’une des disciplines les plus rares et les plus ésotériques. Ceux qui l’apprennent peuvent puiser plus facilement dans les lignes de forces sous la surface de Caen et peuvent puiser dans ces énergies pour se déplacer instantanément sur de grandes distances.

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Bonne lecture  :)

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Maison Kallyss du Crépuscule

Par Privateer Press

Le destin d’Ios a été écrit bien avant la guerre infernale ayant dévasté les Royaumes d’Acier – c’était la terre des elfes, pas des hommes, que serait à jamais marquée par ces apocalyptiques événements. Longtemps s’étiolant dans la mort lente de leurs dieux survivants, chaque nouvelle génération était de plus en plus perdue par l’absence d’âmes et les conflits acharnés, et l’inévitable fin d’Io semblait presque assurée. Puis vint une alliance tenue entre le peuple elfique et les skorne en réponse à l’effroyable menace posée par les infernaux, et cette alliance en mit certains sur une autre voie.

Plongeant dans les aspects les plus sombres des arcanes de l’immortelle âme couplés à la mortitheurgie nécromantique skorne utilisant les technologie arcantrike avanée iosienne, cette alliance a cherché à créer de nouvelles armes capables de combattre cette menace contre nature. Ces efforts ont été menés par le warlock skorne Hexeris et le Seigneur Ghyrrshyld, un iosien possédant le plus grande connaissance de l’âme. Leurs expériences ont conduit à la domination des archontes du vide afin de priver les infernaux de l’énergie de l’âme, ce qui a conduit à de nouvelles découvertes et à des théories encore plus dangereuses. Ghyrrshyld maîtrisa personnellement ces nouvelles technologies, et elles l’ont comblé des énergies du vide.

Lorsque l’alliance débuta sa lutte contre les infernaux, elle fut rejointes par les vieux eldritch ayant servi de conseil consultatif au Seigneur Ghyrrshyld pendant son exils d’Ios. Ces horreurs mortes-vivantes étaient de puissants combattants, dont se méfiaient à la fois les iosiens vivants et les skorne aux côtés desquels ils combattaient. Plus troublant encore, lorsqu’un seigneur iosien mourrait, Ghyrrshyld faisait appel à ses pouvoirs pour ramener son âme dans son corps, le forçant à se relever sous la forme d’un eldritch. Un lien aussi étroit avec les énergies du vide commença à corrompre davantage l’esprit de Ghyrrshyld et le ramena vers de vieux blasphèmes.

Finalement, à l’heure de la victoire de l’alliance contre les infernaux, le Seigneur Ghyrrshyld, à l’esprit déformé par sa connexion avec ces énergies entropiques, se retourna contre les skorne et mena ses forces dans leur extermination sans pitié. Brisés et meurtris, les skorne s’enfuirent à travers les Terres des Tempêtes et jurèrent de se venger de leurs traîtres, alors même que la Garde l’Aube prenaient d’assaut la Forteresse sur l’Abîme, la revendiquant pour Ios.

Malgré le pur pragmatisme de ses actions, le seule condamnation de Ghyrrshyld était la mort – il était maintenant incroyablement puissant, dangereusement impartial au point d’être presque sans âme, et méfié par l’ensemble de la Cour Consulaire. Falcir, l’assassin de la Maison Ellowuyr, fut chargé de détruire Ghyrrshyld. Alors qu’il ‘agissait d’une action apparemment nécessaire pour la stabilité d’Ios, la mort de Ghyrrshyld refaçonnerait la nation dans une tournure des plus tragiques.

Une fois Ghyrrshyld mort, ses partisans les plus fanatiques – menés par Elara, connue sous le nom de l’Ombre de la Mort – ont conspiré pour exécuter son plan le plus désespéré : la destruction finale des dieux d’Ios ; Ghyrrshyld et les personnes le suivant espéraient que la mort de dieux libérerait le peuple elfique de son mal-être sans-âme et le laisserait revendiquer pour toujours son propre destin. Elara a été parmi les premières des nouveaux eldricht qui se relevèrent à la suite des expériences de Ghyrrshyld, et elle avait anticipé la promesses de ses théories.

Se tournant vers le Fanum de Scyrah, Elara mena ses force pour abattre les chevaliers du fanum en défense et se dirigea directement vers les dieux. Avec la lame de Nyssor, elle abattit à la fois Scyrah et le Seigneur de l’Hiver.

La mort de dieux a déclenché une tempête psychique dans tout Ios, créant un bouleversement spirituel déformant le tissu même de Caen. Pour les iosiens, ce fut un cataclysme ; pour la grande majorité d’entre eux, la séparation d’avec les dieux fut trop dure à supporter, et ils moururent en masse au plus profond de leur douleur et de leur chagrin.

D’autres, nés avec la capacité de perdurer malgré toute tribulation, ne furent pas disposés à abandonner ou à se rendre. Ceux-là avaient été transformés en eldritch. La disparition définitive des dieux elfes et ses effets immédiats furent connus sous le nom de « Fracture », car elle marqua la perte des dieux, la séparation entre les vivants et les morts-vivants, et le divorce entre les iosiens vivant dans les forêts d’Ios et ceux au-delà de ses frontières. Ces eldritch ayant survécu à la transformation ont également dû endurer le fait de voir leurs amis et leurs proches mourir de la Fracture. Ils ont également vu leur propre chair se flétrir et dessécher. En fin de compte, seuls les sans âme ont été épargnés.

Ces nouveaux eldricht ont dû créer une société à partir des restes d’Ios. Ils furent rejoints par les vieux eldritch ayant combattu à la fois les skorne et les infernaux, et par ceux nés de la mort en combattant aux côtés de Ghyrrshyld pendant la Revendication. Les sans-âme fournissaient à la fois de la sombres aliments à leur appétits et de main d’œuvre pour leurs usines et leurs armées permanentes. Et ainsi, des cendres de la civilisation déchue ont émergé de nouvelles maisons de Seigneurs Eldritch, régnant désormais sur leur Royaume au Crépuscule Éternel.

Malgré leur existence « vampirique », les eldritch ne sont pas fondamentalement mauvais. Ce sont des êtres tragiques, façonnés par les cicatrices du remords, du regret et d’une antique douleur. Et ce sont de pragmatiques survivants. La Maison Kallys est devenue l’une des plus puissantes de la nouvelle Cour Iosienne. Les eldritch éclairés dirigeant la maison ont consacré leur existence à la défense des Royaumes d’Acier alors qu’ils cherchent à racheter leur peuple condamné, tout en acceptant leur destin sans vie. La Maison Kallyss a intégré dans ses rangs les réflexions les plus avant-gardistes des antiques eldritch tout en conservant le contact avec des éléments des iosiens vivants au-delà des frontières de la nation. Ils sont servis, à leur tour, par les sans-âme ayant rejoint leur bannière et les chercheurs vivant soutenant totalement leurs visions et dictats.

Déterminée à prouver sa valeur, la Maison Kallyss s’est positionnée en tant qu’alliée  de toute nation de l’Immoren occidental lui accordant une juste considération. Mais le nation humaine ne sont pas si promptes à accepter un royaume d’elfes morts-vivants dont les prédécesseurs ont cherché à exterminer les humains ; cela a forcé la maison eldritch à entrer dans des conflits non désirés avec ses voisins immoréens.

Alors que l’Immoren est à nouveau mis en péril par un agresseur extérieur, la Maison Kallys apprendra si oui ou non leurs âmes éternelles peuvent survivre à l’héritage terni de ses origines.

Source

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Iron Kingdoms - RPG / Re : Les Royaumes d'Acier - Requiem
« le: 05 juillet 2022 à 19:36:28 »
je viens de contribuer au kickstarter iron kingdoms: the nightmare empire  :)

7
Lola sortit une autre chemise géante de la pile de linge humide, l’étirant telle une voile alors qu’elle l’accrochait à la corde à linge. « Orsus », dit-elle, « réfléchis-tu jamais à l’avenir ? »

Orsus détourna son regard de la large bassine en bois. « Je ne pense certainement jamais au passé », répondit-il en frotant vigoureusement une autre chemise contre la planche à laver. C’était gentil de sa part de l’aider, l’orphelin du village, pour sa lessive, mais il la faisait tout seul depuis cinq ans, depuis que sa famille … enfin, cela faisait partie du passé auquel il n’aimait pas penser. Il leva les yeux vers Lola. Ses cheveux étaient attachés en arrière pour les garder à l’écart du linge humide, mais étaient toujours entourés de fleurs d’été et encadraient son visage d’un halo rouge et or, et elle lui rendit son sourire timidement. « Le présent est plutôt génial cependant », dit-il, puis il prit un air de consternation moqueuse. « À moins que tue ne veuille dire qu’à l’avenir tu pourrais faire ma lessive, au lieu de l’étendre pendant que je fais tout le travail ? »

Elle lui jeta une chaussette humide au visage, riant de la gifle qu’elle avait faite contre ses yeux, et il rit avec elle, plus paisible, et insouciante qu’il ne l’avait ressenti depuis … jamais, vraiment. Sa vie avant Lola n’avait été qu’un long chemin gris et froid dans un monde bien trop désireux de le tuer ; ça n’avait pas du tout été une vie, vraiment, juste une absence de mort. Mais les six mois depuis qu’il l’avait rencontrée, et les deux mois depuis qu’ils se courtisaient officiellement, lui avait ouvert les yeux sur un type de bonheur dont il ignorait l’existence. C’était plus que le fait de ne pas être seul. Lola n’était pas une amie ou un membre de l’équipe d’Aleksei, elle faisait partie de lui. La trouver avait été comme trouver sa seconde moitié.

L’idée qu’une partie de lui, même par association, pouvait être si douce, gentille et aimante avait changé sa façon de voir le monde entier.

Lola enleva la chaussette molle de son visage en riant, puis arracha la chemise nettoyée de ses mains et la déroula avec brio. « Je ne pourrais jamais laver autant de chemises en une seule fois », dit-elle. « C’est comme une couverture géante en flanelle. Tu pourrais garder tout une famille au chaud avec ce truc – deux enfants au moins, peut-être trois s’ils sont petits ».

« C’est le nombre que tu veux ? » Ils avaient prononcé les mots avant qu’il ne sache ce qu’il disait, mais seulement parce qu’il y avait pensé pendant des semaines – pendant des mois, s’il voulait être honnête. Il n’avait jamais voulu de famille avant, mais avec Lola ? Il voulait tout ce dont il n’avait jamais rêvé. Lola le fixa, choquée par l’allusion au mariage, mais il avait appris à connaître son regard bien qu’il n’avait jamais rien connu, et la lumière qui en jaillissait maintenant lui disait qu’elle était ravie de l’idée. Un autre sourire se glissa dans les coins de sa bouche, mais en même temps son sourire s’estompa. Elle se détourna pour faire face à la corde à linge, suspendant silencieusement la chemise avec de fines pinces à linges en bois.

« Qu’est ce qui ne va pas ? »

Elle ne répondit pas, caressant doucement l’ourlet de sa chemise suspendue, et juste au moment où le silence allait devenir trop long, et qu’il allait lui poser à la question à nouveau, elle tira la chemise de la corde à linge et la ramena dans la bassine.

« Elle n’est pas assez propre ».

Orsus ne savait pas trop comment interpréter son soudain changement de comportement ni ce que sa chemise avait à voir avec ça, mais il lui prit doucement le vêtement des mains. « Je l’ai frottée pendant presque cinq minutes ».

Sa voix fut impassible. « Il y a du sang sur l’ourlet ».

« J’ai frotté cet endroit pendant la majeure partie des cinq minutes ». Il le chercha sur le vêtement mouillé. « Ça ne partira pas - »

« Tu es un tueur », dit-elle, et sa voix impassible se fissura sur le dernier mot froid. Elle le regarda, et lui la regarda, ne sachant pas quoi dire, jusqu’à ce qu’enfin elle se retire et retourne au panier à linge, cherchant la prochaine pièce de linge humide avec des doigts trop tremblants pour être efficace.

« Je travaille parfois avec Aleksei », dit-il, « mais ce n’est pas comme si j’étais un meurtrier ».

« Ne va pas croire que je n’ai pas pensé à une vie avec toi », déclara Lola, « parce que je l’ai fait ». Elle se tourna pour lui faire face, des larmes traçant de minuscules ruisseaux le long de ses joues. La beauté et la tristesse de celle-ci brisèrent son coeur en deux. « Tu es un homme bon Orsus, et un travailleur acharné. Tu me fais rire et tu m’as même fait à dîner ». Elle rit au souvenir, mais avec elle vint une autre larme scintillante. Elle se racla la gorge et respira profondément, adoptant un ton ferme, presque professionnel. « Tu serais un bon mari et un bon père, et je partagerais ma vie avec toi, je laverais tes chemises géantes et je ferais tout pour te rendre heureux, mais ensuite … » Elle secoua la tête. « Puis Aleksei appellera, et tu partiras dans la nuit, et je resterai seul à la maison à me demander si tu reviendrais un jour, et combien de temps cela pourrait prendre, et combien de nouvelles éclaboussures de sang il y aurait sur ta chemise quand tu reviendras ».

« Tu n’as pas à t’inquiéter pour moi, je sais comment gérer- »

« Je te dis que tu es un tueur, et la seule chose que tu as à dire pour ta défense, c’est que tu es doué pour ça ? »

Les mots furent une gifle au visage. Orsus se tut.

« J’y ai beaucoup réfléchi », dit-elle doucement, « et je crois que je me suis dit que si je continuais à repousser ce moment, ce jour n’arriverait jamais. Je ne veux pas être la mégère qui ronge ton âme, et je ne veux pas faire de toi ce que tu n’es pas ». elle posa une main sur son menton, comme elle le faisait toujours, si douce et délicate, et sa peau sembla brûler à ce contact. « Si nous devons être deux, je veux que ce soit vraiment tous les deux, pas l’un contrôlant l’autre, mais deux âmes unies ». Elle ravala ses larmes et prit une autre inspiration. « Mais c’est trop, Orsus. La vie et la mort, L’amour et le meurtre. Cela ne peut pas faire partie de ce que je suis ».

Orsus regarda ses mains, trop mal à l’aise pour la regarder directement. Il n’avait jamais voulu que la violence fasse partie de sa vie non plus ; puis une nuit infernale lors d’un raid sanglant de tharn avait changé ce cours à tout jamais … main non. Alors même qu’il le pensait, il savait que ce n’était pas vrai. Il avait toujours été un combattant, luttant avec les enfants du voisinage, chassant avec son père, même couper des arbres avec l’équipe d’Aleksei était une autre façon de briser les choses, de les forcer à s’adapter, d’employer sa force contre le monde. Les travaux de nuit avec Aleksei n’étaient ni beaux ni honorables, et il le savait, mais il était bon à ces tâches, meilleur qu’il ne l’avait jamais été dans quoi que ce soit – mieux que quiconque, pensa-t-il, et cela voulait dire quelque chose.

Il observa Lola, impuissant. « C’est ce que je connais ».

« Tu connais beaucoup de choses ».

« C’est ce à quoi je suis bon ».

« Je te l’ai dit, je ne veux pas entendre à quel point tu es bon- »

« Je sais que tu veux pas l’entendre » dit-il, plus fort que prévu. Il espéra qu’elle pourrait entendre que sa voix contenait plus de douleur que de colère. « Je sais que tu ne veux pas entendre à quel point je suis bon au combat, mais ce n’est pas ce que je dis. Je dis que je ne suis bon à rien d’autre. Est-ce que tu me comprends ? J’ai essayé d’autres métiers : transporteur de marchandise, forgeron, tout ce que ce village a à offrir, mais je ne suis pas… » Il avait du mal à trouver les mots justes. « Je ne suis pas un steamjack. Je suis plus que des bras géants sous des chemises géantes, mais c’est la seule option que j’ai ici.

« Nous pourrions partir ».

« Et aller où ? Chaque village est le même. Chaque travail est le même. Même l’exploitation forestière ne fait que déplacer des objets lourds – une hache, un arbre, une branche, une souche. Mon travail avec Aleksei est … Je ne sais pas comment décrire cela. C’est comme une chanson, avec tous les mots et toutes les notes à leur place parfaite ».

Elle fronça les sourcils, confuse et il se creusa la tête pour trouver un moyen de lui décrire.

« C’est comme la boîte du puzzle que je t’ai achetée pour le Jour du Don – toutes les petites pièces en bois parfaitement emboîtées. Ce ne sont pas les coups de poings ou les coups de couteau ou le physique … Rien, c’est l’esprit contre l’esprit. Plan contre plan. Se mesurer à un autre être humain. Faire en sorte ce que ça arrive, et aller jusqu’au bout, il ne s’agit pas du tout de destruction. C’est l’acte de création le plus merveilleux que tu n’aies jamais vu ».

Sa voix était amère. « Alors tu es juste trop brillant pour ne pas tuer des gens ? »

« Ce n’est pas ce que je dis ».

« Tu dis qu’un grand homme dans un petit village se retrouve coincé avec toute le travail fastidieux dont les bœufs ne peuvent pas s’occuper, et je comprends cela et je suis désolé, mais tu n’es pas le genre de personne qui sacrifie la vie d’autres personnes juste pour avoir un frisson dans ton travail. Tu n’as pas besoin de tuer pour être heureux ».

« Il ne s’agit pas de tuer… »

« Mais tuer se produit quand même, n’est-ce pas ? » Ses yeux semblaient brûler d’indignation. « Peu importe à quel point tes plans son minutieux et la complexité de ta boîte à puzzle, quelque chose ne va pas et tu dois tuer pour rester en vie. Peut-être pas à chaque fois, mais une fois sur trois, une fois sur cinq, une fois sur cent, et c’est encore trop. Même lorsque tu ne tues personne, tu les blesses, tu casses leurs affaires, ou tu ruines leurs vies. Tu es bon à ça parce que tu es bon en tout, Orsus, mais ce n’est pas qui tu es, et ce n’est pas qui j’aime ».

Ces paroles le firent basculer sur ses talons. Toutes les fois où il avait rêvé de les dire, de les entendre, et c’est ainsi que cela c’est passé – dans un combat, enfermé dans un conflit, sanglotant d’un désespoir sans espoir. Cela ne pouvait pas se passer comme ça, il ne le permettrait pas. Il ne priverait pas la femme à laquelle il tenait – la femme qu’il aimait – de la beauté que ce moment était censé avoir.

Il se leva. « Je t’aime ».

« Je t’aime aussi ».

Il la rejoignit d’une seule foulée, l’attrapa de ses bras et la soulevant dans un baiser, parfait, passionné et glorieux. Il voulait la serrer dans ses bras pour toujours, se fondre dans son corps, goûter ses lèvres douces et souples pour le reste de sa vie. Elle le serra contre lui et lui rendit son baiser, et il réalisa qu’il ferait n’importe quoi pour cette femme. Qu’il abandonnerait n’importe quoi. Devenir n’importe quoi.

« Je t’aime », dit-il encore.

« Je t’aime aussi », murmura-t-elle.

« Je veux t’épouser, et avoir trois enfants – quatre, s’ils sont petits, mais ils ne le seront pas parce que leur père est un ours qui parle ».

Elle riait, ses larmes étant maintenant des larmes de joie.

« Et j’arrêterai de travailler pour Aleksei », dit-il doucement, même si sa voix crépitait d’intensité.
« Je vais tout abandonner – je vais lui dire aujourd’hui si tu le veux. Je vais lui dire maintenant. Plus de meurtre, plus de combat, plus de violence, parce que tu as raison à mon sujet et que ce n’est pas ce que je suis ».

« Tu pourrais être un sculpteur », dit-elle.

« Quoi ? »

« Un sculpteur sur bois. Avec une boutique dans le village, à fabriquer des boîtes de puzzle pour le Jour du Don et les autres festivals ».

Il sourit. « Toutes ces pièces parfaite, placées aux bons endroits. Il faudra beaucoup de temps pour gagner l’argent nécessaire pour commencer ».

« Qu’est-ce que le temps pour nous ? » Dit-elle. « Il nous faudra ce temps rien que pour finir de laver tes gigantesques chemises ».

Il l’embrassa à nouveau.

« Aleksei te laissera-t-il rester dans l’équipe d’exploitation forestière ? »

« Je pense que oui », dit-il. « Je l’espère. Il est très attaché à la loyauté ».

Un léger froncement de sourcils passa sur le visage de Lola, un petit soupçon d’inquiétude, une petite ombre de désespoir.

Et puis il disparut.

* * *

« Cravachez ! » Cria Orsus, en poussant vers l’avant son cheval de guerre. « Cravachez jusqu’à ce votre monture meut sous vos jambes, et priez pour que nous n’arrivions pas trop tard ! » Derrière eux, une vaste armée de cavaliers khadoréens tonnait dans la vallée, leurs chevaux chauds et couverts d’écume, leurs uniformes usés par le temps ne touchant jamais leurs selles alors qu’ils se tenaient sur leurs étriers et poussant leurs montures. Le Kommandeur Orsus Zoktavir avait entendu parler d’une force mercenaire engagée par les cygnaréens qui attaquait dans le sud de l’Ombrie, et rien ne pouvait se mettre en travers de son chemin. Les autres bataillons de la Cinquième Légion Frontalière avaient été égarés par une force leurre, et maintenant il devrait chevaucher toute la nuit pour atteindre à temps les villes menacées. L’infanterie et les warjacks ne pouvaient pas suivre le rythme et suivaient séparément, tirés par des chariots, mais Orsus ne pouvait pas se permettre d’attendre. Plus d’un cheval, et même une poignée de cavaliers s’effondreraient au bord du chemin avant la fin de la chevauchée désespérée.

Des vallées s’ouvraient et se refermaient sur leur passage ; des fermes défilaient dans l’obscurité. Orsus conduisait son armée, toujours plus vite, plus fort et plus férocement, poussé par une seule folie. Il en voulait pas arriver trop tard. Il ne laisserait pas des innocents se faire massacrer. Lola se cognait contre son dos lorsqu’il chevauchait, une présence rassurante et un poids accablant. Il ne laisserait pas ses protégés se faire tuer.

« Pas à nouveau ».

« Ils sentirent la fumée avant de voir les incendies, un voile sombre cachant les flammes les plus vives jusqu’à ce que l’armée se précipite dans le dernier virage, traversant la dernière vallée comme l’armée du jugement de Menoth. La force d’incursion cygnaréenne, principalement composée de mercenaires, se tenait dans la vaste plaine au-delà du village en ruine, campant pour la nuit près de la grande ville ombrienne de Vlasgard, mais alertée par l’approche d’Orsus par leurs éclaireurs et déjà prête pour la bataille.

De gigantesques warjacks se dressaient parmi les troupes, faiblement éclairés par a lueur des torches ; des centaines de soldats s’agitaient à leurs pieds, une masse informe et mouvante dans l’obscurité. Orsus les scruta rapidement, presque inconsciemment, cataloguant leur nombre et leurs formations alors qu’il chevauchait vers la ville en feu. Les maisons et les magasins brûlaient furieusement dans le lever du soleil, la grande église de Morrow au centre de la place du village n’était plus qu’une masse en ruine, brisée. Les adultes criaient à tue-tête pour avoir de l’eau, des bandages ; les enfants couraient, terrorisés par la destruction de tout ce qu’ils avaient connu et aimé.

Orsus arrêta brusquement son cheval et sauta à terre, fonçant comme un fou dans une chaumière en flammes ou un faible cri s’échappait des décombres. Il écarta les poutres en feu, sans se soucier de la chaleur, même si elle brûlait et bouclait les bords de son manteau. La voix l’appela à nouveau, et il s’élança à travers l’incendie. Trois femmes hurlaient dans un coin sans flammes, s’étouffant avec la fumée et trop faibles pour s’échapper. Alors qu’Orsus s’approchaient d’elles, un chevron s’écrasa sur son chemin avec une explosion de cendres.

« Lola ! »

Il décrocha la lourde hache de son dos et attaqua le chevron avec témérité, le balayant de côté dans un rugissement. Les femmes réapparurent devant lui, mais à chaque pas lourd le monde tremblait, l’air vacillant dans la chaleur, l’image se tordant et tournoyant. Un pas. Trois femmes. Un pas. Deux femmes. Un pas.

Une femme. Toujours une femme.

« Lola ! »

« Pourquoi n’étais-tu pas là ? » Sa voix était faible et chancelante dans la chaleur de la fournaise, les fleurs d’été se fanant dans ses cheveux. « Pourquoi n’étaies-tu pas là pour me sauver ? »

« Je suis venu aussi vite que j’ai pu. Laisse-moi t’emmener… »

« Je suis déjà morte, Orsus ».

« Alors laisse-moi tranquille ! »

« Tu n’aurais jamais dû me quitter, Orsus. Tu m’as trahi ».

« Je vais te sauver ! »

Il la souleva, son corps léger et fragile comme il l’avait toujours été, à chaque fois, encore et encore. Il l’emmena à travers les flammes, à travers la chaleur et la fumée et Urcaen lui-même, mais il la déposa sur la route froide et sombre, ce n’était pas Lola mais un autre visage, trois visages, couverts de suie et vomissant mais vivants.

Jamais Lola.

Encore et encore et encore, mais il n’avait jamais sauvé Lola.

Le Kovnik Bogdan descendit de cheval à côté de lui. « Bien joué, monsieur. Vous les avez sauvés ».

« Elle est morte ».

« Le village brûle, mais ceux qui vivaient ici sont vivants, Kommandeur. Nos éclaireurs ont déjà fait le tour du périmètre et j’ai moi-même parlé avec le bourgmestre. Les forces mercenaires ont reculé lorsqu’elles ont appris notre venue. Ils sont prêts à nous affronter, mais nous avons sauvé des centaines de personnes.

« Elle est morte, et nous aurons notre vengeance. Dis aux hommes de former de former les rangs ».

« Une villageoise, ce n’est pas la fin- »

Orsus attrapa le col de l’homme avec son gant de fer clouté, le soulevant. « Un village est tout, Kovnik. Une villageoise, c’est le royaume ». Il jeta Bogdan au sol. « Dis aux hommes de former les rangs. Nous n’attendons pas l’aube ».

Bogdan s’étouffa et chercha de l’air. Les chevaux sont trop épuisés, Kommandeur. Ils mourront avant que nous atteignions l’ennemi ! »

« Alors nous combattrons à pied », répondit Orsus, son visage étant une fureur fulgurante dans la lumière des flammes, « et quand nos pieds céderont, nous nous battrons à genoux, et quand nos genoux seront des moignons sanglants, nous ramperons vers l’ennemi et nous le tuerons avec nos dents ».

« Mais pourquoi, monsieur ? »

« Parce qu’elle est morte. Quelqu’un doit être puni ».

Le kovnik se leva en titubant et cria l’ordre. Les forces épuisées reprirent le cri et se mirent en formation. Les lances ont été révélées, les épées ont été dégainées, les fusils amorcés et chargés. Orsus s’avança jusqu’à la lisière du village, Lola en main, et lorsque les feux s’élevèrent derrière lui, son ombre tomba sur l’ennemi, noire et sans limites.

« Je suis venu pour vos vies ! » rugit-il. Et elles ne suffiront jamais.

Il n’attendit pas son armée. Agrippant fermement Lola, il lança un défi et chargea l’ennemi seul, un Kodiak et un Maraudeur suivant de près leur maître. Les balles le frôlaient, le heurtaient, le traversaient, mais il frappa leurs lignes tel un obus d’artillerie, dispersant des soldats brisés à chaque coup de sa géante hache. Le Maraudeur réduisit un Nomade mercenaire en ferraille ; le Kodiak alla à la rencontre d’une charge de cavalerie Tête d’Acier, choppa le chef et le projeta aux milieux d’eux, cheval et tout. Les soldats khadoréens criaient maintenant, suivant leur commandant, mais Orsus les ignora ; ils vivraient ou mourraient de leur propre force. Il était temps maintenant de faire la seule chose pour laquelle il avait toujours été bon.

« Ce n’est pas vrai », dit Lola.

Il cria à nouveau pour la couvrir et apporta la mort à son ennemi.

À l’aube, l’ennemi était dispersé, brisé et mourant sur le terrain. Il y avait des traînards à finir, et les hommes avaient besoin de nourriture et de repos, mais …
« Les chevaux sont-ils prêts, Kovnik ? »

Bogdan secoua la tête, trop épuisé pour parler.

« Fais-les sceller, alors. Nous chevaucherons à nouveau à midi ».

Peut-être que cette fois nous la sauverons.

* * *

« Molonchnaya », dit Orsus.

Aleksei hocha la tête.

« Tu ne casses que du matériel ? Pas de jambes brisées, pas de blessés, pas de mort ? »

« Aucun ».

Orsus regarda le sol de la taverne. « Un magasin coûte cher », dit-il enfin. « Tu as parlé d’une prime ».
« Un mois de salaire ».

« Tu vas m’en donner deux ». Il fixa Aleksei, sans chercher à discuter.

Aleksei fit une pause, puis hocha la tête. « Deux ». Un sourire froid traversa son visage. « C’est bon de te revoir ».

8
Iron Kingdoms - RPG / BSG - Faucon Forestier Iosien
« le: 19 juin 2022 à 21:33:31 »
Faucon Forestier Iosien

Quand j’étais enfant, ma mère avait un faucon domestique nommé Kalys. Il était le constant compagnon de nos promenades dans les jardins de la maison, et ne manquait jamais de nous ramener un lièvre ou deux pour le dîner. Parfois, je me demande s’il est encore en vie et s’il vole entre les arbres. J’espère qu’il l’est.

– Edrea Lloryrr

Longtemps prisés par les fauconniers des maisons nobles d’Ios, les faucons forestiers ayant élu domiciles dans ces sinistres bois sont capables de manœuvres incroyablement serrées alors qu’ils volent sans efforts entre les grands arbres. Cette agilité aérienne est possible grâce aux ailes et aux plumes de la queue plus courte des faucons par rapport aux autres de leur espèce. Bien que difficile à dresser, les faucons forestiers iosien sont considérés comme l’un des meilleurs oiseaux de chasse disponibles, et les fauconniers possédant un ou plusieurs de ces majestueux rapaces sont à juste titre fiers des ordres complexes que leurs oiseaux sont capables de suivre.

   Malheureusement, l’art de la fauconnerie était déjà en déclin en Ios avant même la Fracture, et les eldritch ont trouvé que le processus ne valait guère la peine, car les faucons semblent avoir une méfiance instinctive envers les elfes morts-vivants et sont encore plus capricieux et peu coopératif que d’habitude en leur présence. Cependant, quelques-uns restent fidèles aux anciennes méthodes, tout comme le Seigneur de l’Aube Vyros de la Maison Nyarr a gardé son fidèle faucon, Jyren, tout au long des nombreuses batailles ayant conduit à la Revendication.

   Différence Frappante. Peu fréquents parmi les rapaces, les faucons forestiers iosiens présent un dimorphisme sexuel marqué du type que l’on trouve plus fréquemment chez les oiseaux chanteurs. Les femelles, qui sont le plus souvent élevées pour la chasse, sont plus petites que les mâles et ressemblent davantage aux autres faucons de l’Immoren occidental, bien que leurs ailes et leur queue soient plus courte. Les faucons forestiers mâles, quant à eux, sont beaucoup plus grands que les femelles, atteignant des tailles comparables au torse d’un elfe adulte, et ont des plumes dans des bleus et des verts saisissants, tandis que les femelles ont tendance à avoir des tons de terre et un plumage de couleur rouille. Les mâles ont également de longues plumes de queue décoratives les rendant moins capables des manœuvres serrées pour lesquelles les faucons forestiers sont célèbres, ainsi que des becs se recourbant vers l’arrière pour former des crêtes osseuses entourant et protégeant les yeux pendant les combats fictifs parfois mortelles de leur parade nuptiale.

   Compacité Mortelle. Bien qu’elle ne soit pas particulièrement grande, une femelle faucon forestier est le fléau de touts les petits animaux vivants dans la couverture végétale des forêts iosiennes. Les mâles élèvent les jeunes, car les femelles, plus compactes, sont de meilleures chasseuses. Cela rend les faucons forestiers femelles particulièrement estimés parmi les fauconniers elfes, bien que le joli plumage des mâles en fasse des animaux de compagnies courants dans les maisons de la noblesse iosienne, et que leurs plumes soient utilisées depuis des siècles dans les décorations, l’art et la mode.

9
Iron Kingdoms - RPG / BSG - Chevalier Tombé
« le: 19 juin 2022 à 21:31:52 »
Chevalier Tombé

Le peu que j’ai entendu sur ces êtres démontre que les convictions du devoir et de la foi peuvent parfois persister au-delà de la mort.

– Edrea Lloryrr

Tant que leurs dieux vivaient, les chevaliers du fanum d’Ios avaient me plus sacré des devoirs de leur peuple, ayant prêté l’inviolable serment de garder au péril de leur vie les demeures des dieux. Contrairement aux églises de Morrow ou de Menoth dispersés à travers les Royaumes d’Acier, les fanum des elfes étaient plus que de simples temples : ils étaient la demeure de leurs dieux sur Caen, aussi en garder une revenait à se tenir sur le seuil du divin.

   Serments au-delà de la Mort. Les chevaliers du fanum vivants ont été choisis parmi les guerriers iosiens les plus forts, les plus habiles et les plus dévoués. Leur courage, bien que rarement mis à l’épreuve, était inébranlable. Pour certain d’entre eux, même le glas des dieux qu’ils protégeaient ne pouvait mettre fin à leur veillée.

   Comme les autres iosiens présent dans la nation lors de l’assassinat de Scyrah et Nyssor, les chevaliers du fanum ont été soit transformés, soit détruits. Certains, réalisant que leur devoir touchat à sa fin, devinrent des eldritch, laissant les fanums derrière eux, à la recherche d’un nouveau destin ailleurs. D’autres ont simplement péri, libérés de leur obligation sacrée. Pour une petite poignée d’entre eux, cependant, leur échec ultime fut trop important pour être accepté. Désormais appelés Chevaliers Tombés, les serments de ces individus ont continué à tenir, même après la disparition de leur corps.

   Sentinelles À Jamais Éveillées. Comme de leur vivant, les chevaliers tombés continuent à garder silencieusement les fanums des dieux. Pourtant, à l’intérieur de leurs amures rituelles ornées, il ne reste que de la poussière et la force des serments que jadis ils ont prêtés – des serments brisés par l’échec et désormais rendus indissolubles par la mort.

   Les Chevaliers Tombés ne parlent jamais et ne se reposent jamais. Aucun motif ne les détournera de leur chemin, et même les anciens prêtres des dieux qu’ils servaient autrefois ne bénéficient pas d’un traitement préférentiel. Tout ce qui reste à l’intérieur des Chevaliers Tombés ne reconnaît ni amis ni ennemis, et ils abattent sans hésiter quiconque s’introduit dans les temples sacrés qu’ils gardaient autrefois, ou quiconque se met en travers de leurs objectifs désormais insondables.

   Liés au Passé. Tous les Chevaliers du Fanum n’étaient pas à leur poste au moment de la Fracture. Les Chevaliers Tombés sont le plus souvent croisés dans l’ancien fFanum de Scyrah à Iryss et le Grand Fanum de Lacyr à Shyrr, où les dieux ont été tués, mais ont également été aperçuts errant dans des villes abandonnées ou sur des routes peu fréquentées à travers les forêts denses du pays, poursuivant en silence une inexplicable mission comprise d’eux seuls.

   Lorsqu’ils sont rencontrés dans l’un des fanums, les Chevaliers Tombés poursuivent inébranlablement le devoir qu’ils accomplissaient de leur vivant, bien qu’ils ne gardent plus que des halls vides et des pièces abandonnées. Ils ne semblent plus reconnaître leur propre peuple – ou peut-être ne savent-ils que trop bien que leur peuple s’est irrémédiablement transformé en quelque chose de nouveau et d’étrange – et ils attaquent quiconque essayant de s’introduire dans l’ancien sanctuaire des dieux, qu’il soit étranger ou non, iosien sans âme ou eldritch.

   Le comportement de ceux que l’on rencontre ailleurs peut-être plus difficile à prévoir ou à comprendre. Certains marchent infailliblement en ligne droite vers un mystérieux et lointain but. D’autres vont et viennent au même endroit, tuant quiconque s’approchant trop près. D’autres encore prennent position sur une route, au milieu d’une ville abandonnée, ou dans une clairière de forêt, et abattent quiconque tentant de passer.

10
Iron Kingdoms - RPG / BSG - Sphinx
« le: 08 juin 2022 à 11:15:32 »
Sphinx

Les skorne pensaient pouvoir isoler la télépathie limitée des sphinx à une spécifique et inhabituelle glande située à la base du crâne. Dernièrement, j’ai entendu dire que cette glande était très demandée par les quelques broyeurs d’os ayant connaissance de son existence.

– Edrea Lloryrr

Dans les légendes iosiennes, les premières références aux sphinx remontent à l’exode de l’ancien empire de Lyoss. Tout le long de la route entre leur ancienne patrie et ce qui allait devenir leur nouvelle nation, les elfes ont dû faire face à de nombreuses épreuves. Parmi celles énumérées dans ces antiques récits, il y a des rencontres avec de grands chats de chasse qu’ils appelèrent sphinx.

   Chasseurs en meute hors pair, les sphinx auraient harcelé les elfes de Lyoss jusqu’aux pics iosiens. Comparés à certains des autres mythiques et légendaires bêtes elfiques, les sphinx ne semblent pas particulièrement redoutables, ne dépassant pas la taille d’un petit poney. Les premiers récits les décrivent comme ayant un pelage pâle, bien que ceux rencontrés plus récemment aborde une fourrure blanche avec une teinte verdâtre, comme s’ils s’adaptaient à leur nouvel environnement forestier.

   Vigilance Troublante. Leurs caractéristiques visibles les plus distinctives sont leurs longues oreilles touffues, mais sinon, les sphinx ne sont pas très différents des autres grands félins que l’on trouve dans les lieux sauvages d’Immoren. Cependant, les histoires anciennes les décrivent en des termes normalement réservés aux esprits et aux démons, suggérant qu’ils pouvaient anticiper l’endroit où une flèche allait frapper avant qu’elle ne se fiche, et qu’ils se déplaçaient avec une unité si étrange et silencieuses que dès qu’un sphinx faisait sortir sa proie de sa cachette, un autre était déjà là, prêt à attaquer.

   Ce comportement intéressait les mortitheurges skorne et les dresseurs qui s’étaient brièvement alliés aux iosiens lorsque les premiers sphinx commencèrent à faire leur réapparition. Après avoir réussi à tuer quelque-unes de ces rusées bêtes – quoique à grands frais – et à étudier leur anatomie, les skorne ont conclu que les sphinx présentaient une forme limitée de télépathie. Cette capacité leur permet de communiquer silencieusement sur de courtes distances, et peut-être même de lire les pensées superficielles de leur proie, pour savoir quand esquiver et où se déplacer pour un coup fatal. Les skorne spéculent que les sphinx pourraient être capable d’exercer une subtile pression mentale sur les créatures proches, les rendant plus difficiles à atteindre ou même à voir.

11
Iron Kingdoms - RPG / BSG - Manticore
« le: 08 juin 2022 à 11:14:04 »
Manticore

De plus récentes enquêtes sur la manticore ont révélé que son improbable physiologie est plus que superficielle. Les manticores semblent également receler un inhabituel organe cristallin se trouvant directement derrière leur sternum. Les hypothèses actuelles suggèrent que cet organe pourrait être formé à partie des déchets matériels dans la cadre de la croissance de leurs épines vitreuses.

– Edrea Lloryrr

En gros, une manticore ressemble à un grand lion ou à un autre félin de chasse. Vu de près, cependant, les similitudes s’arrêtent. Au lieu d’une fourrure, la manticore est couverte d’épines dentelées de chitine vitreuse partant de l’arrière et se terminent par une queue en forme d’étoile du matin.

   Du bec à la queue la manticore est d’un noir onyx, ce qui la rend difficile à repérer dans les crevasses rocheuses où elle a élu sa tanière. La seule autre couleur sur le corps de la manticore provient de deux yeux rouges, brillant comme des rubis au-dessus du bec pointu de la créature.

   Tueur sans Discernement. Les récents contacts avec de nombreuses bêtes du mythe elfique suggèrent que, dans la nature, elles n’attaquent que pour chasser ou se défendre, mais les histoires de la manticore mettent l’accent sur sa férocité et sont confirmées par des rencontres récentes. Les manticores semblent tuer pour leur propre plaisir, laissant souvent leur proie dévastée mais non consommées. En fait, la manticore n’est même pas principalement une mangeuse de chair ; son régime typique semble se composer de terre et de petites roches. Les quelques personnes ayant étudié la manticore suggèrent que les minéraux ainsi ingérés facilitent la croissance de ses inhabituelles épines défensives.

   Épines Dentelées. Ces protubérances vitreuses ressemblant à des gemmes se développent à partir de dépôts minéraux dans la chair de la manticore. Les bébés manticores, éclosant d’oeufs, sans épines à proprement parler, leur chair rouge brique parsemée de bosses sombres finissant par devenir les éclats vitreux des adultes. Parce qu’ils sont relativement sans défenses, les jeunes manticores quittent rarement la sécurité de la tanière, où ils sont pris en charge par l’un ou l’autre des adultes, l’accouplement étant le seul moment où les manticores tolèrent la compagnie d’un autre. Le reste du temps, les manticores se tiennent à l’affût dans les crevasses sombres et bondissent sur tout ce qui s’approche de trop près, le dévastant avec leurs becs pointus et leurs queues épineuses.

12
Iron Kingdoms - RPG / BSG - Gorgone
« le: 08 juin 2022 à 11:12:20 »
Gorgone

Heureusement, les gorgones semblent être en grande partie solitaires et sont rarement rencontrées en couples ou en groupes. Parfois, cependant, d’autres charognards forestiers suivront le chemin d’une gorgone, essayant d’éliminer les créatures affectées par les attaques de monstre bizarre avant que la gorgone ne puisse finir le travail, ou se nourrissant de ce qui reste ensuite.

– Edrea Lloryrr

Jusqu’à récemment, la plupart des iosiens considéraient que les légendes de la gorgone n’étaient guère plus des mythes ou des allégories. Ce n’est que lorsque les sans-âme – qui ne sont pas connus pour leur exagération – ont rapporté avoir vu ces inhabituelles bêtes dans les parties les plus sombres de la forêt que leurs maîtres eldritch ont été forcés d’accepter la réalité de ces incroyables histoires.

   Mort Lente. Les gorgones ressemblent à d’énormes escargots, chacun de la taille d’un myrmidon lourd. Lents et lourds, ils sembleraient présenter peu de danger sans leur exceptionnelle méthode d’attaque. Outre sa grande taille, là où la physiologie de la gorgone diffère le plus de celle d’un escargot commun, c’est au niveau de la tête, qui a la forme d’une d’une sorte de gousse bien fermée lorsque la gorgone est au repos. Si elle est menacée ou attaquée, cependant, l’extérieur de cette gousse s’ouvre en bandes, chacune se révélant être vrille dentelée entourant une bouche râpeuse.

   Chacune de ses vrilles se termine par une petite barbe pointue injectant à la victime une toxine paralysante dont l’effet est immédiat et terrifiant. Les muscles et le sang du corps de la victime commencent à se calcifier en quelques secondes, formant des extrusions douloureuses comme les affleurements rocheux décorant les corps des plus grands trolls. La gorgone se nourrit de ces saillies calcifiées, profitant de la paralysie de sa victime pour commencer à les broyer avec sa radula, avant même que la victime ait fini de mourir d’une mort atroce.

   Coquille Carapace. Comme la plupart des escargots, la gorgone porte sa maison sur son dos sous la forme d’une coquille, dans ce cas formée d’extrusions calcifiées similaires qu’elle semble excréter dans le cadre de son processus digestif. Celles-ci prennent la forme d’épines creuses rappelant des formations de roches volcaniques et blanchissent progressivement jusqu’à atteindre un gris bois flotté. La gorgone se retire dans sa coquille sil est menacée par quelque chose que ces formidables attaques ne peuvent pas repousser.

13
PARTIE DEUX

« Nous ne savons pas d’où il vient », déclare le Kovnik Harch. « Il est juste entré dans Korsk avec ces deux antiquités et commencé à effrayer les citoyens. Nous ne savions pas où l’amener. »

Le Kovnik Polten acquiesça, jetant un coup d’oeil dans la cour où l’invité – qui n’est pas exactement un prisonnier, car il n’avait encore rien fait d’illégal – se tenait à l’ombre de deux vieux steamjacks : un Arkus cabossé, précurseur du Kodiak, dont les deux poings métalliques géants semblaient avoir vu plus que leur part de bataille, et l’autre encore plus ancien, un laborjack à première vue. Il pouvait comprendre pourquoi les gens dans la rue avaient été effrayés – l’homme était aussi grand qu’un ours et habillé comme tel. La hache qu’il brandissait semblait plus lourde que la moitié des nouvelles recrues exécutant des exercices sur le terrain au-delà. « Vous avez bien fait de me l’amener » dit Polten. « Tous les hommes avec un ‘jack ne sont pas une menace pour la population, mais celui-ci ne ressemble pas à tout le monde ».

« Merci, monsieur. » L’officier Harch se redressa et salua, faisant claquer ses talons avec une admirable précision. Polten sourit à nouveau à la fidélité militaire de l’homme et lui fit signe de le suivre alors qu’il commençait à se déplacer lentement hors de son bureau, à travers le champ vers l’étranger. La journée était chaude et Polten appréciait la sensation du soleil sur ses épaules. Le froid leur faisait mal, mais il était fier que les douleurs viennent autant de vieilles blessures que de l’âge. Un soldat mort est un homme ayant fait son devoir, disait son vieux kommandeur, mais un soldat blessé est un homme ayant fait son devoir assez intelligemment pour ne pas se faire tuer. La bataille est une violence, mais la guerre est une violence appliquée avec intelligence. Polten avait suffisamment combattu pour accumuler un impressionnant ensemble de cicatrices et fait suffisamment la guerre pour que, lorsque la première l’ayant finalement rattrapé, il se retrouve à Korsk, à former de nouveaux soldats et à gérer le flux des vastes ressources du royaume en temps de guerre.
Heh, pensa-t-il « des ressources en temps de guerre ». Comme s’il en existait d’autres.

« Où l’avez-vous trouvé ? » Demanda Polten alors qu’ils traversaient péniblement le champ.

« Nos gardes l’ont repéré dans les faubourgs de la ville bien avant qu’il ne soit assez proche pour faire du mal », déclara Harch, « mais comme il n’était pas en état d’ébriété ou violent, ils l’ont laissé passer. Il avait l’air d’un bûcheron ou d’un trappeur, mais il était curieux. Ce n’est que lorsqu’il a atteint le marché de la Place des Héros que les citoyens ont commencé à se plaindre. Personne ne voulait l’approcher, comme vous pouvez l’imaginer, et les fermiers ont dit que leurs affaires étaient ruinées. »

« Ne jamais menacer l’argent d’un homme », dit Polten, avec juste une pointe d’aigreur dans la voix. Il n’en voulait à personne de gagner sa vie, mais il en avait marre d’en entendre parler.  « Vous l’avez approché et lui avez demandé de partir ? »

« On a d’abord demandé ce qu’il faisait. Il a dit qu’il explorait, mais il n’avait pas l’air de le penser dans le sens de « chercher des bonnes affaires sur le marché », si vous voyez ce que je veux dire. Son accent le situe dans les profondeurs de la forêt, et il n’est certainement jamais allé à Kosk auparavant. Je peux presque croire, à la façon dit regarde les choses, qu’il n’en a jamais entendu parler. Il prétend qu’il est khadoréen, mais il ne semble pas vraiment comprendre ce qu’est Khador - politiquement, du moins. C’est un bûcheron, et il est … en train d’explorer. Il nous explore. Il regarde comme si c’était juste une étendue de forêt, sans arbre, très peuplée. »

« Intéressant », déclara Polten, bien qu’il ne sache pas encore quoi en penser. Il avait rencontré des kossites dans le grand nord avec un manque similaire de connaissances politiques mais cet homme était différent. « Et les steamjacks ? »

« Ils sont définitivement à lui ou en tout cas ils lui obéissent ? Je ne connais pas grand-chose au contrôle de ‘jack », donc je ne vois pas comment il les commande, mais c’est une étroite relation. »

« C’est un vieux ‘jack », dit Polten en étudiant le laborjack alors qu’ils s’approchaient. « Châssis Laika, probablement conçu pour le transport plutôt que le levage, et évidemment modifié pour le froid, mais il a quelque chose … » Il le regarda de près, repérant un boulon étrange ici, une ligne de soudure inhabituelle étrange ici. « Il a été lourdement réparé, bien sûr, mais si je me trompe pas, il a aussi eu un custom personnalisé. Primitif mais compétent. Je ne serais pas surpris que nôtre bûcheron ait fait le travail lui-même.

« Vous connaissez vos ‘jacks, monsieur », dit Harch.

« Vous êtes arrivé aux mêmes conclusions ? »

« Non, monsieur ». Harch pris une expression raide. « J’ai bien peur de ne pas connaître tous les ‘jacks. Mais semblez savoir de quoi vous parlez. »

« Voilà », dit Polten, « comment j’ai fini officier ». Il s’arrêta près de l’inconnu, remarquant un anormalement important contingent de soldats montant la garde à proximité. Le mystérieux bûcheron se retourna pour lui faire face, se redressant de toute sa hauteur : bien plus de deux mètres dix de haut, rasé de façon menaçante sous la massive peau d’ours brune lui servant de manteau.

« Bonjour », dit Polten, faisant de son mieux pour ne pas se sentir intimidé par la taille et l’expression féroce de l’étranger, sans parler de l’absolument massive hache, encore plus grande que ce à quoi Polten s’attendait, que l’étranger tenait nonchalamment sur une épaule. En y regardant de plus près, il aurait pu jurer que la hache était mékanique, mais où un bûcheron pourrait-il trouver de la mékanique ? Polten ravala sa soudaine appréhension et parla. « Bienvenue au cœur du Royaume de Khador ».

« Le coeur de Khador, c’est son peuple », répondit l’étranger, « bien que votre ville en ait certainement beaucoup ».

Réponse intéressante, pensa Polten, bien qu’encore une fois, il ne savait pas trop quoi en penser. Il put dire tout de suite que l’homme n’était pas stupide ; ses yeux et son visage semblait pétiller d’une intense intelligence. Ses paroles et ses comportements semblaient différents parce que sa vie et son expérience avaient été différentes. Ce mystère devenait de plus en plus intriguant.

« Mon partenaire m’a parlé un peu de vous », dit-il en désignant Harch, « mais je crains qu’il y ait encore beaucoup de chose que nous ne savons pas. Permettez-moi de me présenter : Je suis le Kovnik Harald Polten, de la Garde des Glaces de Korsk. Et vous ? »

« Orsus Zoktavir », dit l’inconnu. « De nul rien ».

« Je vois. Et d’où venez-vous précisément ? »

« Khador ».

« Khador est la plus grande nation de l’Immoren occidental. Je crains que vous ne deviez réduire un peu la liste pour moi ».

« La forêt », dit Zoktavir.

Polten haussa un sourcil. « Laquelle ? Noirracines ? Boisombre ? Forêt des Cicatrices ? »

« Une grande. J’y ai vécu seul pendant quatorze ans ».

« Un village d’origine en particulier ? Vous m’excuserez d’être indiscret. »

« Non », répondit Zoktavir. « Et non ». Il regarda Polten avec des yeux aussi durs que de l’acier, et le vieil officier compris qu’il n’allait pas obtenir plus d’informations sur ce sujet. Il hocha la tête. « Très bien. »

Il essaya un autre angle d’approche. « J’admirais votre steamjack en venant ici – c’est un vieux Laika, n’est-ce pas ? »

Zoktavir fronça les sourcils. « Comment connaissez-vous son nom ? »

« Son nom ? » Polten le regarda avec confusion pendant une demi-seconde avant déduire le processus de pensée de l’homme. « Laika est le nom d’un châssis de steamjack, un … groupe de steamjack, si vous voulez, tous utilisant le même modèle de base. L’autre s’appelle un Arktus ».

Zoktavir marqua une pause, comme s’il analysait cette nouvelle information. « Celui-ci s’appelle Dimyuka, et je vois que vous en avez un qui lui ressemble beaucoup. » Il désigna le terrain, ou une escouade de soldats s’entraînait avec un Kodiak – légèrement plus grand que l’Arktus, et beaucoup plus sophistiqué, mais tout de même assez similaire. Polten avait rarement vu un paysan de l’arrière-pays aussi attentif aux ‘jacks. « Laika est le seul ‘jack de ce modèle que j’ai jamais vu », déclara Zoktavir, d’une voix qui semblait avide de plus d’informations. « Même ici. »

« Le Laika est un vieux modèle »,dit Polten. « Je ne pense pas en avoir vu en état de marche depuis au moins dix, peut-être quinze ans, et même celui-là était à bout de souffle ».

Zoktavir sourit, une expression carnassière et terrifiante le faisant ressembler à un loup affamé. « Elle est souvent en panne ».

« Vous pouvez me dire où vous l’avez eue ? »

« Ceux que vous avez ici sont plus intelligents ».

Polten cligan des yeux. « Pardon ? »

« Les ‘jacks ici dans votre cour d’entraînement », déclara Zoktavir, désignant un Juggernaut à proximité tout proche et un modèle plus lourdement blindé appelé Dévastateur, se tenant silencieusement près des portes de la caserne où les gardes en service pourraient les utiliser en cas d’urgence. « Les ‘jacks que nous avons croisé en ville ont un cerveau plus gros que Laika, mais ceux d’ici ont des cerveaux plus intelligents ». Il se retourna vers Polten. « Ils sont différents, et plus dangereux. »

la première pensée de Polten fut, Par Morrow comment peut-il dire ça ? mais la seconde vint remplacer assez vite la remplacer : Cet homme est un warcaster.

C’était l’unique moyen pour un homme de savoir ce qu’un ‘jack pensait, pour autant que Polten le sache, mais il était tout simplement impossible que ce péquenaud sans formation soit un warcaster. Polten resta impassible. « les modèles que vous soyez ici dans la cour d’entraînement sont militaires. Ils sont un peu plus sophistiqués que les anciens modèles auxquels vous êtes habitués, conçus avec des réflexes plus rapides et un cortex plus autonome ». Il lança un coup d’œil à Harch, puis se tourna vers Zoktavir. « Vous avez un bon œil pour les ‘jacks ».

Zoktavir étudia les warjacks pendant un moment, puis se retourna vers Polten avait une expression. « Vous les avez bien entraînés », dit-il. « Ils ne m’écouteront pas. »

Polten contrôla sa réaction, bien qu’il soit intérieurement ébranlé par la confession tacite de cet homme. Le policier n’était pas aussi discipliné.

« Larmes de miséricorde », dit Harch, « c’est un warcaster ».

Polten soupira. Il n’y avait pas de mal à s’emporter, mais il avait espéré que le jeune officier aurait fait de preuve de plus de décorum. Polten parcourut la liste des tâches que la nature de cet étranger lui imposait : Il devrait contacter les Seigneurs Gris, qui seraient intéressés, au minimum, à parler à Zoktavir, voire le recruter pour un entraînement officiel. Il incomberait à Polten de la garder ici jusqu’à ce que les Seigneurs Gris arrivent, et si l’homme des bois géant décidait de partir, cette détention pourrait très vite devenir désagréable. Il allait devoir réfléchir à des moyens de faire patienter l’homme.

Polten ouvrit la bouche pour faire venir un messager quand le bûcheron parla.

« Je suis venu rejoindre votre armée ».

Polten s’arrêta net. « C’est … très bien. Je vais appeler les Seigneurs Gris. » Il sourit. « Je ne peux pas reprocher à un homme son amour du Khador ».

« Je n’ai rien d’autre que le Khador », répondit Zoktavir. Il descendit sa massive hache de son épaule aussi légèrement que s’il s’agissait un bâton de marche et plante la vicieuse lame mékanique dans l’herbe à ses pieds. « J’ai donné ma loyauté à beaucoup de chose, et Khador est la seule qui me reste. Il n’y a rien de plus important que la loyauté ».

* * *

La voix d’Aleksei Badian traversa la pièce tel un poignard. « Il n’y a rien de plus important que la loyauté. Ce que nous allons faire, nous le faisons les uns pour les autres, et pour moi qui vous soutiens, et pour les patrons qui me soutiennent. Les kayazi sont des hommes d’affaires et, en tant qu’employés, nous ne sommes pas des escrocs, nous ne sommes pas des sergents. Nous sommes une équipe, bratya: frères. Chacun d’entre vous, est un membre de cette équipe. Lorsque nous nous battons, que les couteaux sortent et que le sang commence à couler, vous pouvez croire que vous êtes le membre le plus important de cette équipe et essayer de vous sauver, mais vous ne l’êtes pas. Le gars à côté de vous l’est. Vous essayerez de le sauver. Vous surveillerez ses arrières. Vous l’aiderez à faire son travail du mieux qu’il peut, et vous le pouvez le faire parce qu’un autre gars fera la même chose pour vous, et un autre gars qui fait la même chose pour lui, et ainsi de suite, jusquà ce que chacun d’entre vous soit en sécurité, et que vous ne soyez pas des individus, mais une équipe. Vous restez fidèle à cette bratya et nous vivons, ; vous trahissez vos frères, et je veillerai moi-même à ce que vous mourriez. Est-ce qu’on se comprend ? »

Si voix lui répondirent, celle d’Orsus se mêlant fortement aux autres. « Oui ».

« Est-ce qu’on se fait confiance ? »

« Oui ! » Sauf qu’il n’y avait que cinq voix cette fois-là. Orsus et les autres regardèrent le dernier homme, Gendyarev Rabin, qui secoua la tête avec aigreur.

« Je fais confiance à la plupart de l’équipe », déclara Gendyarev, « mais pas à lui ». Il désigna Orsus. « Pas au gamin ».

« Gendy », dit Aleksei, « il fait deux fois ta taille ».

« Il a quatorze ans », répondit Gendyarev. « Complètement inexpérimenté. Bien sûr, il peut battre n’importe lequel d’entre nous dans un combat de lutte, mais savons-nous qu’il n’aura pas peur et ne s’enfuira pas, ou pire, ne deviendra pas trop arrogant et ne gâchera pas tout ? Comment savons-nous qu’il n’ira pas en parler demain au village ? »

Isidor Loukchenko, au visage acéré, sourit sournoisement. « Est-ce que c’est pire que toi qui te saoulais le mois dernier pour essayer d’impressionner cette fille à la taverne ? Tu lui as raconté deux de nos succès avant qu’on t’emmène ».

« J’ai prouvé ma loyauté cent fois », déclara Gendyarev. « Ce gamin ne fait que grandir ».

« Toi aussi, tu as été un débutant », déclara Aleksei.

« J’avais dix-huit ans ! »

« Que je veux tu que je fasse ? » Dit Orsus, et sa voix était assez forte – pas forte, mais puissante dans l’arrière-salle – pour que le reste des voyoux se taisent. « Aleksei m’a donné mon travail, ma nourriture, tout ce que j’ai dans ce monde. Tu veux que je fasse mes preuves. Si tu veux que je fasse mes preuves, dis-le ». Il fixa Gendyarev de son regard le plus froid. « Je parie que je suis prêt à faire bien plus que toi ».

« Si la volonté était tout ce qu’il fallait, je ne douterais pas de toi », déclara Gendyarev, « mais nous ne nous contentons pas de brutaliser un gardien d’entrepôt et de renverser quelques sacs de céréales. Nazarov a engagé ses propres voyous – il sait nous sommes après lui, et il sait ce qu’il faut pour nous battre, et il est prêt. Je préfère y aller avec un homme de moins qu’avec un homme qui ne sait pas ce qu’il fait ».

« Me fais-tu confiance ? » Demanda Alexei.

Gendyarev hocha la tête, même si sa voix manquait d’enthousiasme. « Bien sûr que oui ».

« Alors arrête de discuter. Le gamin y va parce que je le dis, et je ne l’enverrais pas si je n’avais pas confiance en lui pour te soutenir. Alors soit tu es d’accord avec le gamin, soit tu n’es pas aussi d’accord avec moi que tu le dis ».

Aleksei laissa les mots en suspens, laissant toute l’implication s’installer. Après une longue pause, Gendyarev leva les mains.

« Je suis d’accord avec le gamin ». Il lança un regard féroce à Orsus. « Ne nous laisse pas tomber ».

« Je ne le ferai pas », grogna Orsus.

Aleksei sembla satisfait et le groupe fit une dernière vérification de leur équipement. Orsus était armé d’un long poignard fin, parfait pour tuer tranquillement, mais le plan d’Aleksei avait élaboré semblait plus susceptible de finir en bagarre totale qu’à un assassinat silencieux. Il aurait aimé avoir une massue, ou mieux encore l’épaisse hache à long manche qu’il employait avec l’équipe de bûcherons d’Aleksei, mais si un poignard était tout ce qu’il avait, il se battrait avec un poignard. Ce ne serait pas la première fois, quoi qu’en dise Gendyarev.

Le groupe était vêtu de noir et de brun, et lorsqu’ils se sont glissés parla porte de derrière dans l’allée arrière, ils se sont fondus presque parfaitement dans l’obscurité. Orsus était le seul à ne pas porter de barbe et de moustache, et son visage brillait de blanc au clair de lune jusqu’à ce qu’il baisse sa capuche sur ses yeux et suive les autres en silence.

L’opération d’Aleksei était basée dans le village de Suvorin, le foyer d’Orsus. De là, il contrôlait toute la vallée et autant de forêt qui l’entourait qu’un seul homme puisse le faire. Ce soir, ils allaient frapper dans le plus grand village de la vallée, un centre d’expédition au bord de la rivière Telk – pas aussi grand que les villes dont certains voyageurs parlaient, loin au coeur du royaume, mais ici dans les forêts du nord, c’était la plus grande chose autour. Les informateurs d’Aleksei lui avaient fait savoir que Fanin Nazarov, le maître d’expédition de la Telk – appelé ainsi parce qu’il possédait le seul et unique entrepôt de la ville – détournait les bénéfices avant de les transmettre à Aleksei. Aleksei l’avait approché pour discuter de la question, et Nazarov l’avait renvoyé avec des voyous armés. C’était la plus grande menace pour le contrôle d’Aleksei en près de dix ans, et il y répondait en nature. Personne dans cet entrepôt ne survivrait à la nuit.

Orsus adressa une prière silencieuse à Menoth pour qu’il ne démente pas la foi d’Aleksei en lui.

Nazarov savait qu’ils arrivaient, comme l’avait dit Gendyarev, et le groupe s’était scindé en deux avant de se rapprocher de l’entrepôt : Isidor, le khiring au visage rude et un borgne nommé Tselikovsky avait tourné à gauche dans une autre ruelle sombre, tandis qu’Orsus avait suivi Aleksei, Gendyarev et le dénommé Emin. Emin ouvrait la voie, faisant le guet avec des yeux et des années affûtés par des années de chasses dans les forêts profondes. Si Nazarov décidait de tenter une frappe préventive, Emin le saurait presque aussi vite que Nazarov.

Le groupe d’Aleksei tourna un peu autour du village, pour éloigner les éventuels poursuivants et donner au groupe d’Isidor une chance de se mettre en place. Lorsque l’heure convenue arriva, Aleksei fit signe à Emin, et le chasseur les conduisit vers la vaste aire de chargement devant l’entrepôt, où ils s’arrêtèrent dans l’obscurité pour inspecter la scène.

« Ils sont à l’intérieur », dit Emin en observant à travers les fenêtres. Il sait qu’on pourrait éliminer un seul garde avant que l’aide ne puisse lui parvenir, alors il les a tous regroupés pour plus de sécurité ». Il regarda Aleksei. « Il a peur ».

« C’est un idiot », déclara Aleksei. « Il sait que nous arrivons et il sait d’où nous venons – les fenêtres donnant sur la cour de chargement devraient être remplies de tireurs. Nous attirer avec un garde solitaire à la porte et nous tuer avec une volée par-derrière ».

Orsus se promit silencieusement de ne jamais laisser Aleksei le placer comme garde.

« C’est la même chose à la fin », déclara Gendyarev, « et mieux pour nous de les avoir tous à l’intérieur de toute façon ».

« Il y a quelque chose là-dedans », dit Orsus en regardant attentivement la large porte fermée.

« Bien sûr », ricana Gendyarev, « c’est ce dont nous venons de parler ».

« Mais je veux dire … » Il ne pouvait pas l’expliquer et ne dit donc rien de plus, mais il ne pouvait pas se débarrasser de l’impression que quelque chose à l’intérieur de lui … l’attendait.

« On va parlementer ? » Demanda Emin.

Aleksei secoua la tête. « J’ai essayé de parler, et Nazarov n’était pas intéressé. Je laisserai Isidore annoncer notre présence ».

Ils attendirent, et bien sûr, Orsus remarqua un éclair orage dans le ciel derrière l’entrepôt. Une flèche imbibée de poix et allumée avec un brandon brûlant. Emin s’accroupit et prépara son fusil.

« Préparez-vous », prononçât doucement Aleksei, en dégainant ses deux longues dagues. « La fête commence … maintenant ! »

La porte avant à taille humaine de l’entrepôt s’ouvrit et Emin tira dans presque le même souffle. Une silhouette dans l’ombre s’écroula au sol avec un cri, et un autre homme la ramena à l’intérieur pendant qu’Emin rechargeait. La lueur derrière l’entrepôt s’agrandit et devint plus intense. Il n’y avait qu’une petite porte dérobée, et Isidor pouvait la suveiller facilement : un homme pour enflammer les flèches, un autre pour les tirer, et un autre pour tuer quiconque tenterait de s’échapper. La seule autre sortie était ici, à la fois une petite porte de bureau et une porte de chargement à deux étages pour l’entrepôt. C’était leur seule issue, et parce que la cour donnait sur la rivière, c’était leur seul moyen d’éteindre le feu. Nazarov devait faire les deux s’il voulait que sa rébellion ait un sens.

Aleksei gloussa vicieusement.

La porte s’ouvrir à nouveau, et Emin tira à nouveau dans l’obscurité, mais il n’y avait personne. Un battement de coeur plus tard, un docker armé s’avançait dans l’embrasure de la porte, leva son fusil et se croyant malin, avant de mourir lorsque Gendyarev l’abattit d’un assourdissant coup de tromblon. Aleksei rit à nouveau pendant que ses hommes rechargeaient.

Orsus entendit un bruit dans la ruelle derrière eux. Il se retourna pour voir deux voleurs vêtu de noirs ramper vers eux dans l’obscurité.

« On dirait que Nazarov n’a pas été aussi stupide que nous le pensions », déclara Gendyarev en brisant son fusil et y glissant une cartouche.

« Gardez les yeux sur cette porte », déclara Aleksei. « Orsus, pourquoi ne pas nous montrer ce pourquoi je t’ai emmené ? »

Orsus se tenait debout dans l’étroite ruelle, la remplissant presque d’un bout à l’autre, et évalua les deux voleurs. L’un portait une capuche, l’autre un bandeau marron en lambeaux, mais à part cela, ils étaient identiques – des vêtements en cuir sales, de fines bottes en cuir et de courts poignards scintillants. Personnes dans le nord ne s’habillait comme cela, Orsus le savait ; c’étaient probablement des hommes du fleuve, embauchés sur la dernière barge. Orsus s’accroupit un peu, abaissant son centre de gravité, tenant sa dague devant lui sans la serrer ?

Bandeau se déplaça en premier, feintant à gauche puis plongeant à droite, espérant un premier sang rapide, mais Orsus anticipa et garda sa garde haute, tailladant et forçant l’homme à garder sa distance. Capuche s’élança rapidement derrière lui, sautant sur la gauche et poignardant férocement le bras non protégé d’Orsus. Orsus laissa passé cette attaque, s’aplatissant pratiquement contre le mur de droite comme s’il ne se souciait pas du tout de protéger ses amis et Capuche mordit à l’hameçon, prolongeant sa poussée vers une nouvelle cible de choix et se déséquilibrant dans le processus. Orsus inversa son pas de côté, écrasant son poing dans le bras du voleur chancelant, le faisant tomber au sol et plantant sa botte géante de nordiste sur la main tenant le poignard de l’homme. Bandeau poursuivit son attaque tandis que Capuche hurlait de douleur, mais la portée d’Orsus était plus longue et ses bras bien plus rapides que sa taille ne le laissait supposer. Quelques coups de couteau plus tard, bandeau reculait, se tenant le visage et jurant. Orsus s’arrêta pour frapper de son pied libre le visage hurlant de Capuche, puis fit quelque pas en avant, pour frapper la tête de l’autre voleur contre le mur de briques. L’ensemble du combat n’avait duré que quelques secondes.

Emin et Gendyarev tirèrent presque simultanément ; Orsus se retourna pour remarquer les grandes portes de chargement de l’entrepôt s’ouvrir dans une grêle d’éclats alors que quelque chose d’énorme les traversait sans même prendre la peine de les ouvrir. Orsus eut juste le temps d’apercevoir quelque chose de grand, vaguement en forme d’homme, et luisant comme du métal huileux avant que toute la bande de brigands de Nazarov ne se précipite derrière elle dans la cour.

Nazarov avait dix hommes, selon le rapide décompte d’Orsus, et six d’entre eux se précipitèrent directement vers la rivière tandis que les quatre autres pressaient l’attaque à côté du monstre métallique géant. Orsus n’avait jamais vu de steamjack en personne, bien qu’il eût entendu de nombreuses histoires : des machines automotrices avec la force d’une centaine d’hommes alimentées par une fournaise chauffée à rouge à la place du coeur. Nazarov utilisait probablement celui-ci comme un énorme débardeur, mais ses applications de combats évidentes firent frissonner Orsus, même s’il était aux mains de l’ennemi. Il ressentit un attachement instantané, presque une parenté, qu’il ne pouvait expliquer.

L’imposant monstre de métal s’élança vers l’avant et tendit une main géante pour éloigner Gendyarev de l’homme avec lequel il se battait. Gendy réussit à s’échapper mais seulement parce qu’Aleksei repoussa son poursuivant humain. Gendyarev saignait abondamment du front et il agrippait son bras de douleur alors qu’il titubait sur ses pieds. Orsus se précipita sur le steamjack avec un rugissement, convaincu qu’il pourrait avoir un effet quelconque sur lui, mais il était aussi solide qu’un arbre enraciné. Emin cria un avertissement et Orsus roula juste à temps pour esquiver un autre des massifs poings de fer du steamjack.

« Arrêtez la brigade des seaux ! » Cria Aleksei, pointant avec un poignard tout en plongeant le second dans le cou d’un bagarreur. Orsus regarda la file de dockers recueillant l’eau dans la rivière, puis revint vers le steamjack. « Oublie le ‘jack », cria Aleksei, « stop l’eau ! »

Orsus grogna mais regarda vers l’incendie. Une fois la porte partie, il pouvait voir au plus profond du caverneux entrepôt. Le mur du fond n’était que faiblement embrasé – les flèches d’Isidor n’avaient pas été aussi efficaces que prévu. Les hommes de Nazarov n’auraient aucun mal à éteindre le feu, et la bataille deviendrait encore plus inégale. Leur seul espoir de succès était d’arrêter les seaux maintenant et de laisser l’incendie devenir incontrôlable ; ils pourraient vaincre l’ennemi lorsqu’ils rompraient les rangs pour l’éteindre ou fuir. Orsus le savait, et pourtant…

Le steamjack réussit à attraper Emin avec l’un de ses bras et à le soulever dans les airs en hurlant. De l’autre bras, il attrapa sa jambe et l’arracha presque sans effort, choquant mêmes les hommes de main de Nazarov. Orsus sembla le ressentir – la tension violente alors que le corps se séparait entre ses mains – et fit un pas vers le ‘jack dans un état de stupeur et de confusion.

« L’eau ! » Cria Aleksei. « Allez ! »

Orsus se retourna avec un grognement de frustration et se lança vers lança vers la brigade de s eaux. Trois dockers étaient déjà rentrés en courant dans l’entrepôt, un seau dans chaque main, mais les trois autres étaient toujours sur le quai. L’un d’eux posa son seau et se retourna vers Orsus dégainant un couteau de chasse pour défendre ses camarades, mais Orsus baissa la tête et fonça sur lui, prenant le couteau sur l’os solide de son avant-bras. La lame trancha un large lambeau de peau mais ne fait pas de réels dégâts, et Orsus continua simplement à courir, écrasant la tranchée de l’homme avec son autre poing avant de le pousser en arrière sur le bord du quai. Les deux autres porteurs d’eau s’étaient accroupis et tournés dans la mauvaise direction, il les acheva donc encore plus facilement, faisant craquer leurs têtes les unes contre les autres avant de pousser leurs corps inertes dans la rivière. Au même instant, il chancela, l’image d’une autre bataille que celle qu’il menait s’imposa à lui. Le brusque changement de perspective lui donna le vertige. Il s’agrippa au bord du quai pour se soutenir, mais la sensation disparut presque aussitôt.

La bataille derrière chez lui était devenue un cauchemar. Alors qu’Emin gisait au sol, Gendy et Aleksei ne pouvaient qu’esquiver les mains broyeuses d’os du steamjack et les poignards vicieux et tranchants des voyous qui grouillaient autour de ses pieds. Cela rappela à Orsus son soudain éclair de vertige, comme s’il avait vu ce même combat il y a quelques secondes à peine, mais du point de vue élevé du ‘jack. Il lutta pour comprendre ce qui se passait, mais il n’avait pas le temps d’y réfléchir. Les trois autres porteurs d’eau revenaient avec des seaux vides, et quand ils virent Orsus, ils se déployèrent pour l’entourer. Nazarov était parmi eux, souriant de manière sinistre. Le groupe d’Aleksei était en infériorité numérique, et même si l’entrepôt était réduit en cendres, cela ne leur ferait aucun mal : Nazarov tuerait simplement Aleksei et prendra sa place en tant que nouveau chez kayazy, soutenu non seulement par des assassins mais aussi par un démon métallique imparable. Orsus le regardait se battre tandis que les antagonistes humains l’encerclaient avec méfiance ; il était énorme, et étonnamment rapide pour sa taille, mais il y avait quelque chose d’anormal. Ses réactions étaient tardives – pas seulement lentes, mais tardives. Aleksei esquivait ur le côté, et un instant plus tard, le steamjack suivait. La même vitesse, agile, juste … en retard, comme si le ‘jack réagissait une seconde après ses cibles.

Ou bien, il réagissait à quelque chose de tout à fait différent.

Nazarov fit un geste vers la dague dans la main ensanglantée d’Orsus. « Tu as tout l’air de savoir te servir de ce couteau », dit-il, puis il écarta les bras pour révéler un pistolet enfoncé dans sa ceinture. « Mais tu sais ce qu’on dit sur le fait d’apporter un couteau à une fusillade ».
Orsus fit un signe de tête vers l’arme. « De combien de temps t’as besoin pour dégainer cette arme ? »

« Une seconde », déclara Nazarov. « Deux pour te la coller entre les deux yeux ».

« Alors on dirait que j’ai deux seconde de combat au couteau avant que cette arme ne devienne un problème ».

Il se précipita en avant et Nazarov laissa tomber ses seaux, tendant la main vers le pistolet. Orsus plongea sous la maladroite attaque du premier homme, balayant son couteau sur son ventre ; l’homme recula en titubant, essayant de retenir ses tripes tandis qu’Orsus se déplaçait vers le deuxième homme, lui tailladant son bras, sa poitrine et son visage dans un flou frénétique d’acier. L’attaquant hurla, serrant son œil en sang, et Orsus planta son couteau dans le coeur de Nazarov au moment précis où l’homme faisait feu avec son arme. Sa visée était haute et imprécise, grâce aux trente centimètres d’acier brillant lui transperçant la poitrine de part en part.

« Deux secondes », répondit Orsus. « Le couteau gagne ».

Aleksei hurla, et Orsus regarda de l’autre côté de la cour pour le voir à terre, un couteau dans la jambe, le steamjack réduisant Gendyarev en bouillie dans sa poigne de fer géante. Les autres combattants étaient tous tombés, déchiquetés par la légendaire habilité d’Aleksei avec une dague, mais cette habilité n’allait pas le sauver de la monstruosité de deux tonnes se tournant déjà vers lui.

Un mouvement éclair attira l’attention d’Orsus, au-dessus de l’épaule d’Aleksei, et Orsus leva les yeux pour remarquer un autre homme accroupi derrière une fenêtre, regardant dans l’obscurité avec ses mains levées en pleine vue du ‘jack. L’homme mystérieux leva la main droite, paume vers l’avant, et un instant plus tard, le steamjack lâcha le corps mutilé de Gendyarev. L’homme donna un coup de poing en avant, et un instant plus tard, le steamjack s’avança lourdement vers Aleksei avec une puissance à faire trembler le sol.

En un instant, Orsus comprit ce qui se passait. Nazarov avait tendu un piège, exactement comme Aleksei s’était moqué de lui pour ne pas l’avoir fait, mais il avait garni les fenêtres avec quelque chose de bien plus dévastateur que des flingueurs : le contrôleur du steamjack. Placé à cette fenêtre, il pouvait voir tout le champ de bataille, et le ‘jack pouvait le voir, observant facilement et obéissant aux signaux manuels lui disant quoi faire.

Le ‘jacks se déplaçait vers Aleksei. Orsus n’avait que quelques secondes pour agir. Il écarta le corps de Nazarov, prêt à se précipiter vers la bataille, mais en un instant, il se retrouva dans la tête de la machine, regardant à travers ses yeux, ressentant la force titanesque de ses pistons à vapeur et engrenages. Il tendit la main vers Aleksei avec une dévastatrice poigne de fer …

… et stoppa. Orsus lui dit d’arrêter, et il le fit. Il cligna des yeux de surprise soudainement de retour sur terre, regardant vers le haut ou le bas, et tomba à genoux alors que le vertige l’envahissait. Le contrôleur fit des gestes et des appels frénétiques, mais le steamjack refusa d’obéir. Sans savoir commet il le savait, Orsus était sûr que la chose attendait patiemment son prochain ordre … de lui.

Aleksei ouvrit un œil, levant les yeux vers l’endroit où il s’était recroquevillé sur le sol, et regarda le steamjack se tenant au-dessus de lui. « Que s’est-il passé ? »

Orsus déglutit cherchant encore ses repères. « Il y avait un homme à la fenêtre supérieure contrôlant le ‘jack ». Il se leva d’un pas mal assuré. « … Plus maintenant ».

Aleksei grimaça en examinant le carnage dans la cour de chargement. Gendyarev gémit, toujours vivant malgré ses blessures. Le reste de la cour baignait dans le sang. « Quoi, il a vu à quel point il perdait et a décidé de rejoindre notre camp ? »

« Non »,dit Orsus, en marchant vers lui. « Le ‘jack l’a fait ».

« Quoi ? »

« Je ne comprends pas non plus » Il posa une main révérencieuse sur la jambe du ‘jack, puis leva les yeux vers la fenêtre. « Il est parti ».

Aleksei retira la dague de sa jambe avec un grognement, et le retourna vers Orsus avec plus de nonchalance qu’il ne pouvait en éprouver. « Trouve-le et tue-le. Je ne veux pas que l’un de ces traites survive à la nuit ».

Orsus attrapa la dague mais secoua la tête. « Nous avons besoin de lui vivant. Il doit nous apprendre à contrôler cela… » Il regarda la plaque signalétique gravée sur la jambe du ‘jack ». … Laika.

Aleksei rit, bien que cela se transforme rapidement en un grognement de douleur alors qu’il essayait de mettre du poids sur sa jambe blessée. « Orsus, tu viens peut-être de transformer cette horrible défaite en notre plus grand succès depuis des années. Je pense que tu vas avoir un long et heureux avenir dans cette organisation ».

« Merci », déclara Orsus. « Je pense beaucoup à l’avenir ».

* * *

14
Iron Kingdoms - RPG / BSG - Banshee
« le: 04 juin 2022 à 21:47:15 »
Banshee

Je n’ai pas encore étudié une banshee en personne, mais je dois avouer que la façon dont une aussi étrange créature est capable de se tenir en l’air est un fascinant casse-tête pour un naturaliste … même si je n’aimerais pas l’étudier sans des bouchons d’oreilles.

– Edrea Lloryrr

Lorsque les elfes se sont installés dans les forêts d’Ios, certains de leurs premiers écrits relatent leur rencontre avec des créatures appelées banshee. Apparemment endémiques à la région, les banshees ressemblent à des trapus oiseaux, assez grandes pour emporter un guerrier en armure. Ce n’est que lorsque l’on s’est approché trop près de l’un de ces grandes avifaunes que les différences physiques entre les banshees et les véritables oiseaux deviennent apparentes.

   Chant Effroyable. Au lieu de becs, les banshees arborent une bouche pleine de dents acérées, au-dessus de laquelle sont perchés deux grands yeux noirs en forme de soucoupe. Ce qui ressemble à première vue à des plumes est une fine une fine couche de kératine, comme celle qui forme les ongles ou les cheveux. Celles-ci vibrent incroyablement vite lorsque la banshee est active, et cette vibration produit son trait le plus distinctif : un sifflement dissonant s’amplifiant à mesure que la créature s’approche, jusqu’à ce qu’elle s’abatte sur sa proie en poussant un cri assourdissant. Ce « chant » est capable de neutraliser ceux qui l’entendent et semble particulièrement dangereux pour les elfes et les autres êtres conscients.
   Cependant, les tout premiers récits de la banshee

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Iron Kingdoms - RPG / BSG - Aspic
« le: 04 juin 2022 à 21:41:53 »
Aspic

Le plus troublant dans l’attaque d’un aspic est à quel point tout est silencieux. Regardez un soldat entraîné secoué comme une poupée de chiffon par une force que vous ne pouvez ni voir ni entendre est vraiment étrange.

– Edrea Lloryrr

Certains érudits pensent que le légendaire aspic est un parent éloigné de vers-tatzyl plus commun, que l’on trouve dans une variété de races à travers l’Immoren. Il est certain que ces serpents de couleur corail ressemblent certainement aux grands serpents de cette famille, bien que les personnes qui ont étudié de plus près un aspic affirment qu’il s’agit plus d’un apode que d’un serpent ; un amphibien sans pattes avec un corps mou et caoutchouteux plutôt qu’un écailleux vers-tatzyl.

   Dangereux Oeil. Les différences ne s’arrêtent pas là. Alors que les vers-tatzyl sont connus pour leurs nombreux yeux, l’aspic semble n’en avoir qu’un, et l’on se demande même si l’organe noir et lisse qui domine le centre de la tête de l’aspic est bien un œil. Aussi grand qu’un visage humain et aussi dur que la pierre, cette étrange caractéristique semble servir à l’aspic à la fois d’organe sensoriel et de mécanisme de défense. Lorsque l’aspic est menacé, il se dresse sur son corps musclé telle une vipère se préparant à frapper, et cette verrue émet une onde de force pouvant repousser des prédateurs encore plus gros.

   En fait, cette inhabituelle défense est aussi le principal moyen dont dispose l’aspic pour maîtriser ses proies, car il n’a ni dents ni crocs. Des pédipales courts et musclés ressemblant à des tentacules situés de chaque côté de l’extensible mâchoire de l’aspic lui permettent de consommer des proies beaucoup plus grosses qu’il n’y paraît autrement. Les soulevant dans sa bouche une fois qu’elles ont été pulvérisées par les vagues de force.

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Iron Kingdoms - RPG / BSG - Bêtes de Légendes
« le: 04 juin 2022 à 21:40:10 »
Bêtes de Légendes

C’est une surprise pour la plupart, moi y compris, que les mythiques créatures de nos légendes aient une patte – ou une serre, selon le cas – en fait Alors que la plupart des jeunes iosiens connaissent les noms de puissantes machines de Shyeel et de Vyre, qui d’entre nous aurait imaginé que les créatures dont ils tirent leurs noms habitaient les forêts que nous appelons foyer ?

– Edrea Lloryrr, Assistante du Professeur Pendrake

Les myrmidons d’Ios portent le nom de bêtes à la fois grandes et terribles, souvent tirées des histoires des héros elfiques d’autrefois. Certaines de ces créatures, comme le griffon ou l’hydre, restent relativement courantes dans d’autres régions d’Immoren, même si elles sont introuvables parmi les grands arbres silencieux d’Ios. Les érudits émettent l’hypothèse que ces créatures étaient plus souvent rencontrées à l’époque de l’antiquité, lorsque les elfes vivaient encore dans l’empire aujourd’hui déchu de Lyoss. D’autres, cependant, n’étaient considérées que comme des mythes, jusqu’à récemment.

   La dévastation causée par la Revendication a ouvert des voies permettant au monde naturel de s’immiscer une fois de plus dans les villes et les routes de l’Immoren occidental. Les bâtiments sont consumés par le lierre, tandis que les routes pavées succombent aux mauvaises herbes et aux herbes folles. Cela n’est nulle part plus vrai que dans l’Ios hanté, où peu de personnes se comptent encore parmi les vivants. Dans le sinistre silence s’étant abattu sur ces forêts, des créatures longtemps reléguées parmi les légendes ont commencé à réapparaître, et des éclaireurs et des rangers sans-âme rapportent des affrontements avec des bêtes que l’on croyait disparues depuis des siècles, si tant qu’elles aient jamais existé.

   Ce que signifie la réapparition de ces bêtes légendaires pour le peuple d’Ios reste à voir, mais elles représentent d’inhabituelles menaces pour les personnes les rencontrant – et d’intrigantes énigmes pour les naturalistes et les érudits eldritch.

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Iron Kingdoms - RPG / BSG - Créature d'Ios
« le: 04 juin 2022 à 21:37:53 »
CRÉATURES D’IOS

Je ne peux pas dire que je sache grand-chose de ce qui se passe en Ios aujourd’hui … ou à tout autre moment, d’ailleurs. Mais j’ai entendu des histoires de temps en temps, de la part de personne ayant échappé à la forêt il y a quelques années. Il semble toujours y avoir eu de vilaines choses cachées parmi les arbres, et ces dernières années, elles sont devenues très audacieuses. Comme n’importe qui en Llael occidental, dans les Marches près du Lac Scarleforth ou en Rhul peut vous le dire, quelque chose a changé en Ios, et je n’ peux pas dire que ce sot pour le mieux. J’ai dû parler à l’un des assistants de Pendrake, l’iosienne, pour qu’elle me fournisse quelques indices sur ce qui se passe.

– Alten Ashley

La plupart des créatures originaires des forêts iosiennes sont inconnues de toutes personnes vivant dans les Royaumes d’Acier. D’ailleurs, même les habitants de la nation forestière savaient peu de choses sur les créatures qui vivaient parmi les arbres enveloppés de brume. La plupart de ces créatures étaient prudentes et évitaient les quelques poches de civilisation qui existaient, ne s’installant dans les ruines que de longues années après que les iosiens les aient complètement abandonnées.

   À la suite des récents bouleversements en Ios et la spectaculaire réduction de la population, certaines de ces créatures se sont enhardies. Elles errent maintenant dans la campagne sans crainte, car il reste trop peu d’iosiens pour les inquiéter. Alors que leurs territoires s’étendent, certaines ont commencé à repousser les frontières de la forêt à la recherche de nouvelles opportunités et de nouvelles terres à s’approprier.

   Au-delà, de nouvelles créatures sont apparues, fondamentalement modifiées par l’apocalypse spirituelle ayant éclaté en Ios. Lorsque les dieux sont morts, ils ont changé le monde à plus d’un titre.

18
Pyotr Zoktavir claqua la porte, la soutenant avec son corps tandis qu’il cherchait à tâtons la lourde barre de bois pour la verrouiller.

« Les tharns sont là ! »

La mère d’Orsus, Agnieska, cria de terreur, serrant ses enfants contre elle. Normalement, Orsus – dix ans et trop grand pour un tel dorlotement – aurait essayé de s’éloigner, mais il était maintenant trop effrayé, reflétant instinctivement a terreur de ses parents. Il connaissait les tharn à travers des histoires, de redoutables barbares vénérant le Ver Dévoreur. Tous les adultes du village semblaient avoir peur d’eux, mais il ne les avait jamais vu en personne auparavant, n’avait jamais vraiment imaginé qu’ils puissent être réels. Les tharn n’étaient que des histoires à dormir debout, des croque-mitaines pour obliger sa petite sœur à manger son porridge, et pourtant, son père, le plus grand homme du village, était là, blanc comme neige, à claquer le verrou et à se précipiter vers la trappe de la vieille cave en passant devant sa mère et sa sœur.

« Mais les rats, papa », dit Orsus.

Un nid de rats avait envahi la cave familiale l’année précédente – des créatures géantes et vicieuses dévorant leur nourriture et s’installaient et résistaient à toutes les tentatives d’éradication. Cela leur avait coûté près d’un an de réserve, et forcé Pyotr à s’endetter auprès d’Aleksei Badian, et il y a des moins, ils avaient scellé la trappe et abandonné. Pourtant, maintenant, il faisait levier sur les planches, luttant contre les clous, désespéré de l’ouvrir.

La prise de conscience se fit jour dans les yeux de la petite Irina, et la sœur d’Orsus hurla d’horreur. « On ne peut pas se cacher avec les rats papa, tu ne peux pas nous forcer à le faire. »

la mère d’Orsus s’efforça de couvrir la bouche de la fillette, lui chuchotant : « S’il te plaît mon bébé, s’il te plaît ; ça ira, nous te protégerons des rats, mais tu dois te taire ; s’il te plaît, Irina, reste tranquille pour maman … » Elle poursuivit son tendre mantra terrifiée, et Orsus réalisa avec choc que c’était réel, que les tharn étaient vraiment là, que les tharn étaient vraiment là, et que ses parents avaient tellement peur d’eux qu’ils considéraient les rats – autrefois les plus grands monstres de la jeune vie d’Orsus – comme un refuge plutôt que comme une menace.

Il s’éloigna de sa mère et s’agenouilla près de la trappe de la cave, aidant son père à soulever les planches de couvertures. Il entendit un cri venant de quelque part à l’extérieur – un long et glaçant cri de peur débridée, et sa mère roucoula plus fort vers Irina, la serrant contre elle, caressant ses cheveux, leurs yeux fermer hermétiquement. Pyotr releva une planche, Orsus une autre. Il en restait trois. Ils entendirent un autre cri, et par-dessous le bruit sourd plus profond des sabots sur la route dehors – non, pas des sabots, mais quelque chose de différents et d’étranger. Une cadence inconnue donnant la chair de poule à Orsus. Il frissonna et arracha les planches.

Un autre cri, plus proche.

L’odeur de la fumée.

Un rugissement guttural, inhumain.

« C’est fait », grogna Pyotr, arrachant la dernière planche de la trappe de la cave. Il l’a fi pivoter pour l’ouvrir. Orsus recula aux sons précipités en bas. La trappe était comme une fenêtre noire sur le néant ; Orsus pouvait voir les premiers échelons de leur ancienne échelle en bois, puis tout le reste était perdu dans le vide. Pyotr pris Irina, la serrant contre lui pendant qu’Agnieska descendait dans le trou. « Reste sur l’échelle si tu peux », murmura-t-il. « Les rats ne vont pas l’escalader … Je ne pense pas. »

Plus de bruits de sabots dehors. La porte trembla contre le chambranle, mais Orsus ne put dire si quelqu’un frappait dessus ou si c’était simplement le vent. Pyotr lui jeta un coup d’oeil dramatique, puis fit descendre Irina dans le trou. Ses gémissements s’amplifièrent, et Orsus entendit les rats lui répondre. Agnieska attrapa la fille, l’étouffant pratiquement pour la faire taire, et bien qu’Orsus puisse à peine les voir dans l’obscurité, il pouvait entendre sa mère sangloter. Il commença à fermer la trappe, mais son père l’attrapa et secoua la tête.

« Toi aussi. »

« Mais je sais me battre. »

« Tu es un enfant. »

« Mais je suis grand. » Bien que ce soit techniquement vrai, il se sentait petit et puéril de l’avoir dit, comme s’il se vantait d’avoir été propre au lieu de se vanter de sa taille physique sans précédent. Même à dix ans, il était plus grand que la moitié des jeunes des hommes de sa ville. Il y a deux jours à peine, il avait immobilisé Gendy Rabin. « Gendy se battra », déclara-t-il.
« Gendyarev a seize ans. »

« Et je suis presque aussi grand ! »

Pyotr posa une main sur l’épaule d’Orsus. Les cris étaient plus forts maintenant, certains humains, d’autres sinistrement, indéfiniment différents. Les cris humains semblaient douloureux, effrayés, ou les deux. « Écoute-moi », dit Pyotr. « Tu es mon fils, et je suis fier de toi, et je n’ai jamais douté de toi, et quand tu as dit que tu pouvais faire quelque chose, je l’ai laissé essayer, à chaque fois. Parfois, tu avais raison, et parfois tu te faisais mal, mais c’est comme ça qu’on apprend. » Il secoua la tête. « Ce n’est pas quelque chose dont tu pourras tirer un enseignement – soit tu réussis, soit tu meurt. J’ai besoin que tu vives, et que tu prennes soin de ta mère et de ta sœur. Tu me comprends ? »

« Les yeux d’Orsus s’écarquillèrent et il sentit sa lèvre commencer à frémir. « Tu ne viens pas avec nous ? »

Pyotr respira profondément, fixant solennellement son regard au lieu de répondre. « J’ai besoin que tu veilles sur eux », dit-il enfin. « Tu m’entends ? Tu me comprends ? »

La voix d’Orsus se brisa. « Est-ce que ça va aller ? »

La porte claqua à nouveau, plus fort, et Pyotr jura dans sa barbe. « Je t’aime », dit-il doucement, en soulevant pratiquement Orsus pour le repousser dans le trou et le ferre descendre par la sombre échelle. « Je t’aime ». Il ferma la trappe, et Orsus entendit un grincement sourd au-dessus alors que son père traînait quelque chose lourd sur le sol afin de couvrir la trappe. Irina pleurait toujours, leur mère luttant pour la faire taire. En dessous d’eux, les rats se déplaçaient avidement.

Il y eut du fracas dans la pièce du dessus, et Orsus entendit son père hurler un défi. D’autres vois lui répondirent, aiguës et sibilantes, puis il y eut plus de fracas, plus de cris, plus de bruits sourds, plus de craquements et de hurlements. Orsus se recroquevilla dans l’obscurité, s’accrochant à l’échelle, sentant les réverbérations sourdes des impacts se répercutant sur le bois dans sa main. Il imaginait son père se faire découper en morceaux par les tharn ou déchiqueter par les monstres qui les accompagnaient, et il savait qu’il devrait aider, mais il avait trop peur – trop peur même de bouger – alors il s’accrocha à l’échelle et pria pour qu’ils partent, et se détesta d’y penser. Le monde bascula, sa vision disparut, et les bruits cessèrent d’avoir un sens.

Puis les bruits s’arrêtèrent.

Orsus écouta, tendant l’oreille pour entendre quelque chose, n’importe quoi, de la pièce au-dessus de lui. Il n’était pas devenu sourd ; il pouvait entendre les doux sanglots de sa mère sous lui, et les rats pépiant sous elle. Au-dessus de lui, cependant, il n’y avait rien ; pas de combat, pas de cris, pas même un pas. Il attendit, retenant son souffle.

Son père avait-il gagné ? Alors où était-il ? Le combat s’était-il déplacé ? Si les tharn avaient gagné, où étaient-ils ? Il avait envie demander l’avis de sa mère, mais elle était en dessous de lui ; elle avait moins entendu que lui, et expliquer la situation pourrait alerter les ennemis de leur présence. De plus son père l’avait laissé aux commandes. S’il était mort, alors Orsus était désormais l’homme de la maison. Il pourrait prendre cette décision tout seul. Il avait la responsabilité de le faire.

Alors il attendit.

Un léger soupir qui aurait pu être du vent, ou un cri lointain. Il ne pouvait évaluer le volume ou la distance de quoi que ce soit à travers l’épaisse trappe en bois. Un long moment de silence. Un craquement qui aurait pu provenir de l’étage, ou qui aurait pu être son propre poids sur l’échelle. Une autre période de rien.

Rien et rien et rien

Bruit sourd.

Ce n’était pas fort, mais c’était là. Au-dessus de lui, pas directement, mais certainement quelque part dans leur chaumière. Un pas, mais Orsus ne savait pas quel genre.
Était-ce son père ? Mais pourquoi son père marcherait-il si doucement ? Peut-être avait-il tué le premier groupe de tharn et avait-il peur d’en attirer d’autres. Orsus voulait lui demander s’il était sûr de sortir, mais et si ce n’était pas lui, Et si c’était un tharn, ayant tué son père et fouillant la chaumière à la recherche de butin, de nourriture ou d’esclaves ? Il devrait rester jusqu’à que le pillard parte … à moins que les pillards soient déjà partis et que ce soit un sauveteur du village – Gendyarev ou son père, ou un des hommes de l’équipe de bûcherons d’Aleksei. Mais un sauveteur aurait appelé les survivants. Si c’était quelqu’un du village, et qu’il se taisait, c’était parce qu’il se cachait. Peut-être que les tharn les chassaient – si Orsus les laissait entrer, cela pourrait leur sauver la vie. Ou cela pourrait les exposer tous, et sa mère et sa sœur mourraient. Il ne savait pas quoi faire.

Quelque chose racla bruyamment le sol.

Orsus leva les yeux. Son père avait dissimulé la trappe avec quelque chose, probablement leur épais tapis de laine, puis peut-être un pied de leur table, ou le lourd coffre en bois de sa mère. Maintenant, quelqu’un le déplaçait. Son père ? Ou un pillard tharn à la recherche de quelque chose de bon à voler ?

Qui que ce soit, il n’avait rien dit. Orsus se prépara à bondir vers le haut. Sa seule arme utile était la surprise. Le tapis de laine s’éloigna et des faibles lignes de lumières orange dessinèrent la forme carrée de la trappe dans le sol. Orsus cligna des yeux à cause de la luminosité et se demanda comment il pourrait combattre l’intrus en étant aveugle. La trappe bougea légèrement, puis s’ouvrit à la volée. Orsus hurla, mais ce fut la seule attaque qu’il fit, moitié cri de guerre, moitié terreur. La lumière l’inonda et l’aveugla, et avec elle l’odeur de la fumée, de la fourrure et du sang. Il continua à crier, les yeux fermés, et lorsqu’une paire de main se tendit pour l’extraire du trou, il s’agita sauvagement, frappant les bras, la poitrine et les jambes de quelqu’un sans aucun effet apparent. La silhouette le jeta sur le côté avec les mêmes paroles étranges et sibilantes qu’ils avaient entendus plus tôt, et Orsus sentit son sang se glacer : c’était un tharn. Dans sa propre maison. Il devait faire quelque chose.

Il s’attendait à entendre sa mère crier, ou Irina, mais elles restèrent silencieuses. Orsus roula lorsqu’il toucha le sol, se heurtant à un mur et luttant douloureusement pour ouvrir les yeux. La pièce était lumineuse, toujours orange, et, il s’en redit compte trop tard, en feu. Les craquements et les claquements qu’il avait entendus étaient les murs en bois de la chaumière qui crépitaient et éclataient alors que les flammes les dévoraient avec de longues langues orange. Il força ses yeux à s’ouvrir davantage et vit deux corps, l’un d’eux velu et bestial, moitié homme et moitié … quelque chose. Loup, peut-être, ou bœuf, ou une combinaison des deux. L’autre corps, plus petit et d’un jaune maladif à la lueur vacillante des flammes, était son père. Les deux cadavres gisaient dans une mare de sang partagé, leurs vêtements déchiquetés, leurs corps trop brisés pour être autre chose que morts. Orsus entendit des bruits de pas, des piétinements et d’autres mots dénués de sens. Finalement, il ouvrit suffisamment les yeux pour voir le tharn l’ayant extrait de la cave. Un seul, grand et hargneux avec une crinière de fourrure autour de son presque humain visage. La créature retira un tison brûlant du mur et le laissa tomber dans la cave, observant pour voir quels trésors il révélait. Orsus ne put comprendre les paroles, mais le regard de dégoût sur le visage du pillard était évident. La chose se détourna du trou et commença à fouiller dans les autres objets de la maison, cherchant quelque chose à voler dans l’humble chaumière pour que son pillage en vaille la peine.

Orsus se précipita jusqu’au bord de la cave et baissa les yeux. Les rats s’étaient dispersés dans les coins, loin de la lumière, et sa mère était toujours assise sur l’échelle, serrant toujours le corps mou d’Irina, se balançant d’avant en arrière, et sanglotant et sanglotant, sa main serrée contre la bouche de la petite fille. « Maman ? » Demanda Orsus. Elle ne répondit pas. Irina ne bougeait pas et il se demanda si elle respirait même.

Le tharn s’exprima à nouveau bruyamment, et Orsus leva les yeux pour voir le monstre se pencher sur lui avec un regard indubitablement furieux. Il cria une série de mots absurdes et impatients et finalement retroussa les lèvres dans une grotesque imitation de la parole humaine.

« Mangez », dit-il. « Nous mangez. Où ? »

Orsus sentit sa peur se transformer en colère – que cette chose vienne ici, dans la maison la plus pauvre du village, et tue son père pour de la nourriture qu’ils n’avaient pas. Sa sœur était-elle aussi ? Qu’était-il arrivé à sa mère ? La chose continuait à bégayer ses demandes, et Orsus savait qu’il devait l’attaquer, qui devait essayer de défendre son foyer, qu’il devait essayer de venger son père, mais il ne pouvait pas le faire. Il rampa en arrière sur le sol, essayant simplement de s’éloigner le plus possible de l’imposant monstre, espérant qu’il pourrait se cacher, s’échapper ou disparaître.

Un autre tharn cria à travers la porte ouverte, quelque chose de rude et d’urgent. Le pillard dans la maison d’Orsus leva les yeux, répondit tout aussi rudement et grogna. Il n’avait pas trouvé ce qu’il voulait, pensa Orsus, et maintenant il est temps de partir. Orsus eut juste le temps de penser, C’est bon, on y est ; il va partir maintenant quand tout à coup le tharn sorti un poignard dentelé de sa ceinture, s’avança vers lui impassible et le poignarda dans l’estomac. Aucune émotion familière n’apparut sur le visage de la chose ; elle se baissa simplement, plongea le couteau dans son estomac et s’en alla. Orsus se mit à pleurer de façon incontrôlable, sentant sa vie s’écouler en giclées liquides et chaudes sur ses mains.

C’est la fin, pensa-t-il. Nous sommes tous morts. Nous n’avons plus rien. Il se mit en boule, allongé sur le sol, regardant le tharn retourner vers la porte et sortit dans la neige …

… sauf qu’il ne franchit pas la porte et Orsus se souvint de la sombre rumeur qu’il avait entendue à propos des tharn : s’ils ne pouvaient pas voler la nourriture des humains, ils étaient tout aussi heureux de manger les humains. Orsus regarda avec une horreur naissante le monstre affamé se tenir au-dessus de la trappe de la cave, sortir une autre dague de sa ceinture et la jeter dans le trou. La mère d’Orsus cria, son corps tomba bruyamment sur le sol, et les piaillements des rats s’éleva comme un rire rauque.

Orsus sentit sa mâchoire trembler. Sa douleur se transforma en colère, en rage puis en fureur débridée. Le tuer est une chose, mais sa mère ? Une innocente fillette au fond du gouffre ? Il retira la dague de son estomac avec un grognement. Le tharn s’agenouilla, retirant un sac en cuir vide de son dos, et déballa deux minces couteaux à découper. Orsus serra les dents et se mit à genoux. Le tharn sortit Agnieska de la cave, pour sauver son repas des rats, et la jeta à côté du sac. Orsus attrapa le bord de la table et se remit debout, centimètre par centimètre agonisant. Du sang s’écoulait de la blessure à l’estomac, s’écrasant sur ses bottes et laissant des empreintes de pas rouge foncé alors qu’il titubait sur le sol. À la dernière seconde, peut-être alerté par le bruit, le tharn se retourna. Orsus vit le choc dans ses yeux alors que la victime qu’il croyait mourante levait sa propre arme contre elle, plongeant l’arme vers son coeur immonde. La créature attrapa son poignet, mais sa poigne faiblissait déjà, et la fureur d’Orsus le faisait se sentir plus fort à chaque seconde. Il libéra la dague et l’enfonça dans la gorge de la créature, la tranchant d’une oreille à l’autre. Il chuta en tas sur le sol, le sang chaud se répandant pour se mêler à celui de ses parents.

Orsus entendit une voix et leva les yeux pour remarquer un autre tharn dans l’embrasure de la porte, le fixant avec que l’esprit d’Orsus, en perte de vitesse, ne pouvait interpréter que comme de la surprise. Derrière la créature, il pouvait en voir d’autres, chargés des sacs de leur pillage, rassemblés autour d’un monstrueux chef de clan. D’autres chaumières brûlaient également. Les bêtes grognaient entre elle et regardaient anxieusement la route.

« Il en a tué trois », s’étouffa Orsus, une main brandissant la dague volée et l’autre serrée contre le trou dans son ventre. « J’aurais deux autres d’entre vous pour payer sa dette. »

Le tharn leva sa hache, mais le chef de clan l’arrêta d’un soudain aboiement. Le tharn grogna contre Orsus, puis se retourna et s’élança à la suite de ses congénères qui couraient vers les arbres. En un instant, ils avaient disparu, telle des ombres dans l’obscurité.

Orsus s’effondra sur ses genoux, seul dans les ruines brûlantes, regardant d’un air hébété l’embrasure de porte vide. Il voulait se coucher, tout oublier et mourir. Il agrippa sa blessure qui saignait encore d’une main, la main de sa mère de l’autre, et le monde devint sombre et silencieux. Il faisait froid, il le savait, mais il ne le ressentait pas. Il ne voulait plus jamais rien ressentir.

La dernière chose qu’il vit, c’étaient les hommes du village, armés de haches et de fusils, essayant de l’extraire des décombres en feu. Dans sa folie, il en poignarda un avec la dague en os du tharn alors qu’ils l’éloignaient de sa mère.

* * *

Aleksei Badian inspecta la foire du village d’un œil désintéressé. « Rien que de la camelote ici », dit-il avec un soupir. « Si les gens voulaient vraiment ces bibelots sans valeurs, ils les vendraient plus d’une fois par an à la fête des récoltes. »

« Probablement de la bonne nourriture, cependant », déclara Orsus. Il renifla. « Je peux sentir la viande rôtie, et au moins un de ces stands a des tourtes chaudes. »

Aleksei lui lança une pièce, et Orsus l’attrapa adroitement. Il n’avait que quinze ans, mais il était le plus grand des hommes de l’équipe d’Aleksei et l’un de ses agents les fiables. « Apporte-moi une toute alors. De l’agneau s’ils en ont. Si tu reviens avec une pomme, je te coupe les mains. »

Orsus regarda la pièce, beaucoup trop pour une seule tourte. « Qu’est-ce que tu veux, la plus chère ? »

« Je veux des employés heureux », déclara Aleksei en souriant. « Apporte-moi une tourte, et ensuite … peu importe. » Il lorgna. « Achète toit quelque chose de joli. »

Orsus haussa les épaules et se déplaça dans la foule. Aleksei était rarement aussi généreux avec son argent, mais ils avaient fait une balade rentable la nuit dernière et il était de bonne humeur. Quelqu’un avait essayé d’expédier des marchandises à travers la vallée sans payer les péages au kayazy, et les bratya d’Aleksei avait offert un message sans équivoque, à leur caravane endormie, que ce la ne devrait plus se reproduire. Orsus l’avait particulièrement impressionné en renversant un chariot entier, tout seul, déversant la cargaison et brisant les roues et les essieux contre les rochers sur le bord de la route. Ils avaient même emporté quelques trophées – juste l’argent et quelques matières premières, rien de traçable – et donc Aleksei était d’humeur à les récompenser. Orsus pour son patron une tourte à l’agneau fraîchement sortie d’un four noir trapu et brûlant, et fit tinter l’abondante monnaie dans son poing, se demandant comment la dépenser.

Il pensa à sa propre tourte ou à un gros gâteau brun plein de raisins secs et de noix, mais Orsus était orphelin depuis cinq ans, économisant chaque centime ; il était trop prudent avec son argent pour le gaspiller dans un tel luxe. Une brochette de viande serait plus utile, mais pas encore plus économique. Il erra dans la foire, se frayant un chemin à travers la foule, cherchant dans les étals de nouvelles couvertures ou de la vaisselle ou quelque chose dont il avait vraiment besoin, puis il la vit.

Le centre de la foire était une place ouverte avec un large plancher en bois, parfait pour les traditionnelles danses paysannes préférées des villages de montagne. Ce plancher était maintenant rempli de couples tourbillonnants et swinguant et d’un trio de musicien avec leurs instruments : un violon, un accordéon et un tambourin. Ils jouaient la kareyshka, et une foule s’était rassemblée pour les regarder. Près d’eux, frappant des pieds et riant, se trouvait la plus belle fille qu’Orsus ait jamais vue. Ses cheveux étaient bruns, roux et dorés par la lumière du soleil, telle une forêt en automne, et ses yeux s’illuminaient d’un éclat et d’une joie lui donnant envie de le voir de plus près. Il la fixait, captivé, et dans un soudain accès de folie, il se dirigea vers un étal de fleur et claqua son argent en désignant une couronne de camomille.

« Cette couronne, et vite ».

« Je viens de l’acheter », dit un autre jeune homme, en tapant sur la pièce qu’il avait posée sur la table – légèrement en dessous, remarqua Orsus, sa propre pièce. Orsus la fit glisser, de sorte que son propre argent tinta sur la table en bois, et rendit la pièce à l’homme.

« Je pense que vous sous trompez ».

Le jeune homme haussa un sourcil, ses lèvres se tordant en un ricanement de colère. « Tu penses que c’est juste parce que tu es grand que tu peux débarquer ici et obtenir ce que tu veux ? »

« Oui ».

Le jeune homme hésita, fixant les épais muscles de bûcheron d’Orsus, mais sembla ravaler sa peur. Il remit son argent sur la table du fleuriste. Orsus sentit la rage grandir en lui, comme elle l’avait fait cette nuit-là lors du raid, comme toujours quand quelqu’un menaçait quelque chose lui appartenant ; il voulut pousser l’homme au sol, lui écraser les mains, lui briser les bras et piétiner sa poitrine jusqu’à ce que ses côtes se brisent en éclats et que ses tripes coulent comme de la gelée. Le monde devint rouge. Il entendit le grognement d’un énorme loup des montagnes, et l’arrogant jeune rival marmonna quelque chose à propos de marguerites et s’enfuit dans la foule, le visage pâle et en sueur. Orsus le poursuivit presque – son pied déjà en mouvement – mais il s’arrêta. L’ennemi était parti.

À quoi je pensais ? Se demanda-t-il, sentant la colère s’évanouir ? Qu’aurait-elle dit si j’avais commencé une bagarre ici ? Ma mère détestait quand je me battais. Peut-être que cette fille est pareille ?

Il prit la couronne de camomille et la retrouva dans la foule, tapant toujours des mains au son de la musique. Les autres garçons du village offraient souvent des cadeaux et des fleurs à leurs copines, mais Orsus n’en avait jamais eu une à qui offrir des choses. Pour ce qu’il en savait, cette fille avait déjà un amoureux, mais en la revoyant, il réalisa qu’il s’en fichait. Il se faufila vers elle à travers la foule, et quand il l’atteignit, il lui tendit la couronne, simplement et silencieusement, trop boulversé pour dire quelque chose.

Elle le regarda et le monde sourit. « C’est pour moi ? »

« Oui », dit-il maladroitement et il déglutit à nouveau. Il s’éclaircit la gorge. « Je m’appelle Orsus. »
« Je m’appelle Lola », répondit la fille. Elle prit la couronne, effleurant son doigt avec le sien, et posa les fleurs sur sa tête en riant. « De quoi ai-je l’air ? »

« D’une reine. »

Lola sourit à nouveau, penchant la tête sur le côté en le considérant. « Orsus », dit-elle enfin en lui tendant la main. « Voudrais-tu danser ? »

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Iron Kingdoms - RPG / Re : Les Royaumes d'Acier - Requiem
« le: 31 mai 2022 à 22:13:23 »
Merci  :D

20
Iron Kingdoms - RPG / Re : Les Royaumes d'Acier - Requiem
« le: 31 mai 2022 à 18:24:19 »
Tu aurais le lien annonçant cela ?

21
Iron Kingdoms - RPG / Re : MAN-O-WAR
« le: 29 mai 2022 à 14:59:46 »
Bon jeu  :)

22
Iron Kingdoms - RPG / MAN-O-WAR
« le: 29 mai 2022 à 14:21:51 »
MAN-O-WAR

Parce que la fabrication des cortexes des warjacks en Khador nécessite des matériaux rares et peu disponibles, l’Union des Mékaniciens Khadoréens a longtemps cherché un complément viable à ces armes chères et précieuses. En 470 AR, Jachemir Venianminov trouva une solution étant la simplicité même : transformer les hommes en équipes de démolition fonctionnant à la vapeur. L’invention qui en résulta – l’armure Man-O-War – est une création miraculeuse conférant au soldat une force, une durabilité et une protection presque égales à celles d’un warjack.

Seuls les soldats les plus loyaux gagnent le droit de porter une armure Man-O-War, bien que beaucoup sautent sur l’occasion. Après tout, ce n’est pas tous les jours que l’on peut découvrir le monde du point de vue d’un warjack. Même si son épais blindage offre une exceptionnelle protection contre les attaques de l’ennemi, l’armure à vapeur Man-O-War comporte également son lots de dangers uniques. Un couplage brisé peut signifier une lente et atroce mort alors que l’armure se remplit d’un nuage de vapeur brûlante ; une chaudière rompue peut mettre fin à la vie d’un Man-O-War dans le rugissement d’une violente explosion. Ces combattants à la volonté de fer partent en guerre en sachant que n’importe lequel des nombreux dysfonctionnement potentiel peut les tuer aussi rapidement qu’une balle ou une lame d’un ennemi.

Contrairement à d’autres ordres militaires khadoréens tels que les Crocs d’Acier et la Garde des Glaces, l’Ordre des Man-O-War est relativement récent, n’existant que depuis un siècles et demi. Pourtant, au cours de cette période, nombres des plus grands champions et des plus nobles héros de Khador ont revêtu la lourde armure de l’ordre pour se battre – et parfois mourir – au nom de la Mère Patrie. Tels des chevaliers légendaires renaissant en tant que guerriers modernes pour un champ de bataille en constante évolution, ces soldats sont fiers à la fois des accomplissements de leurs pairs et de la discipline qu’ils partagent.

L’armure Man-O-War et le guerrier qu’elle renferme sont des composants inséparables d’un tout uni. L’esprit d’un soldat vivant est plus rusé et adaptable que le cortex d’un warjack, et le devoir patriotique peut conduire un soldat à accomplir ce qui serait autrement inconcevable. Pourtant, les machines et les armures peuvent résister à de rudes épreuves bien mieux que la chair. En combinant ces qualités, le Khador a réalisé une union presque parfaite. Les ennemis de la Mère Patrie tremblent face à la terrifiante avancée d’une Kompagnie de Man-O-War, car ils savent qu’ils se battent contre un ennemi résolu étant presque insensible à leurs armes.

Équipement

Les armes brandies par les nombreuses divisions Man-O-War de Khador sont universellement surdimensionnées et robustes. Les armes de mêlée doivent être capables de résister à la force d’une frappe à vapeur sur les warjacks ennemis, et les armes à feu sont également dimensionnées pour maximiser l’utilisation de l’armure comme plate-forme de combat.
Les équipements du tableau des armes de Man-O-War sont des armes martiales ne pouvant être utilisée que par une personne portant une armure à vapeur lourde ou par une créature ayant une force et des proportions similaires.

ARMES DE MAN-O-WAR

HACHE CANON

Bien que les armes à feu hybrides existent depuis de nombreux siècles, cette lourde arme est bien trop grande pour qu’une personne normale puisse la manier. Ajusté aux proportions d’une armure lourde Man-O-War, il tire une balle de la taille d’un petit canon de navire. Une hache canon tire des obus d’artillerie légère.

Cette arme fait également office de grande hache.

CANON À GRENADES

Arme emblématique du bombardier Man-O-War, ce lance-grenades lourd à chargement par la culasse est équipé d’une tronçonneuse à vapeur pour le combat rapproché. Le moteur de la tronçonneuse nécessite 2,2 kg de charbon et d’eau pour 30 minutes d’utilisation.
Vous pouvez effectuer une attaque à distance avec cette arme contre une créature n’étant pas en ligne de mire, mais uniquement si la cible est à portée normale et si la trajectoire de la grenade est ininterrompue. Ces attaques de tir indirect ont un désavantage et les créatures ont un avantage au jet de sauvegarde pour éviter les dégâts à ADE.

Un canon à grenades lance des explosifs stabilisés. La munition antipersonnel standard explose en une explosion incendiaire, mais d’autres types de munitions sont également utilisées dans certaines circonstances. Les munitions de canon à grenades coûtent 10 po chacune.

    • Souffle du Diable. Le souffle du diable est une arme alchimique volatile et toxique. Une grenade à souffle du diable inflige des dégâts de poison au lieu de dégâts de feu. L’ADE de la grenade devient un nuage toxique infligeant 2d10 dégâts de poison à toute créature pénétrant dans la zone pour la première fois lors d’un tour ou débutant son tour à cet endroit. Un vent modéré (plus de 15 km/h) disperse le nuage en 4 tours. Un vent important (au moins 30 km:h) le disperse après 1 tour.

    • Fumée. Une grenade fumigène n’inflige pas de dégâts. L’ADE d’une grenade fumigène devient une zone ténébreuse. Un vent modéré (plus de 15 km/h) disperse la fumée en 4 tours. Un vent important (au moins 30 km:h) la disperse après 1 tour.

    • Déflagration. Une grenade à déflagration explose au-dessus du champ de bataille et fait pleuvoir une pluie de mitraille sur une formation ennemie. Les grenade à déflagration n’ont pas d’ADE. Au lieu de cela, choisissez un point de votre choix situé à portée et dans votre champ de vision. Chaque créature dans cône de 9 mètres provenant de ce point doit effectuer un jet de sauvegarde de Dextérité 15. Une créature subit 2d10 de dégâts perforants en cas d’échec, ou la moitié ds dégâts en cas de réussite.

BOUCLIER CANON

Porté par les troupes de choc, ce bouclier est équipé d’un canon à un coup. Le bouclier canon tire des obus d’artillerie légère.

CANON DE TIR

Ce fusil à mitraille surdimensionné tire des gerbes de grenailles. Le canon tire des obus capable de disperser un warjack.

Le canon de tir dispose d’un réducteur de dispersion de la mitraille afin de préserver la précision à longue portée, mais il peut être retiré pour créer un éventail étendu à la place. Le retrait du réducteur prend 1 minute et nécessite la maîtrise d’une trousse d’armurier. Lorsque le réducteur est retiré, le canon tire un cône de plombs de 6 mètres de long. Chaque créature dans le cône doit effectuer un jet de sauvegarde de Dextérité 8 + votre bonus de compétence + votre bonus de Dextérité. En cas d’échec, la créature subit des dégâts  égaux aux dégâts normaux de l’arme.

Avec la permission du MJ, tout fusil à mitraille peut avoir son réducteur retiré. Un fusil à mitraille ainsi modifié suit les règles ci-dessous pour les attaques.

ARMES DE MAN-O-WAR

Nom                              Prix            Dégâts                Poids   Propriétés

Hache canon                300 po       2d10 perforant    11 kg    Arme à feu (portée 9/27) magasin (1), spécial

Canon à grenades       300 po        2d10 feu             13 kg    ADE (3), arme à feu (portée 24/73), lourde magasin (1), spécial, deux mains

Bouclier canon            110 po        2d10 perforant    25 kg   Arme à feu (portée 6/18) magasin (1), spécial

Canon de tir                400 po        3d10 perforant    11 kg   ADE (1,5), arme à feu, (portée 12/36), lourde, magasin (2), spécial, deux main

DISPOSITIFS MÉKANIQUES DÉDIÉS

De nombreux dispositifs mékaniques ont une forme et une fonction dédiées et ne fonctionnent que lorsqu’ils sont dotés d’une ensemble particulier de runes. La composition de ces appareils ne peut être changer que légèrement modifiée si l’on veux qu’ils restent fonctionnels. La source d’énergie et l’aspect spécifique boîtier peuvent varier, mais les plaques runiques elles-mêmes ne peuvent en aucun cas être modifiées.

Un personnage fabriquant un tel dispositifs utilise les règles de d’artisanat mékanique pour déterminer le coût des matériaux et le temps nécessaire pour construire le dispositifs et l’accumulateur du dispositifs.

Chaque dispositif mékanique dédié décrit ci-dessous identifie les points runiques de sa plaque runique dédiée et du condensateur du dispositif. Le tableau Mékanique Dédiée fournit le coûts et le poids de chaque dispositif.

MÉKANIQUE DÉDIÉE

Objet                       Prix                    Poids

Exterminatrice        310 po                16 kg

Hache de givre      620 po                 18 kg

Marteau de glace   910 po                22,5 kg

EXTERMINATRICE

Points Runique 4, Condensateur (Accumulateur arcanodynamique)

Cette hallebarde mékanique est l’arme principale du troupier de choc Man-O-War. Elle se compose d’une large lame tranchante améliorée mékaniquement, placée sur un manche de 1 mètre quatre-vingt en acier usiné, et elle fend presque tout.

Tant que cette arme est active, vous pouvez lancer deux dés de dégâts supplémentaires pour un coup critique effectuée avec cette arme.

Une exterminatrice active nécessite 1 charge de son condensateur pour 1 jour d’utilisation.

HACHE DE GIVRE

Points Runiques 5, Condensateur (Condensateur runique)

Inspirée des haches de glaces brandies parles warjacks Juggernaut khadoréens, cette hallebarde mékanique est dotée de plaques runiques lui conférant la morsure d’un hiver khadoréen.
Tant que cette arme est active, elle inflige 1d6 de dégâts de froid supplémentaires, et lorsque vous réussissez un coup critique avec cette arme, la cible est paralysée pendant 1 tour à moins qu’elle ne soit immunisée contre les dégâts de froid.

Une hache de givre active nécessite 3 charges de son condensateur pour 1 jour d’utilisation.

MARTEAU DE GLACE

Points Runique 4, Condensateur (Accumulateur arcanodynamique)

Célèbre arme de la Brigade de Démolition Man-O-War, ce marteau mékanique utilise le pouvoir élémentaire du froid extrême pour rendre une cible cassante au toucher. Combiné à l’impact de la tête du marteau, tout ce que cette arme frappe est susceptible de se briser à l’impact.

Tant que cette arme est active, elle inflige 1d6 de dégâts de froid supplémentaires. Lors d’une attaque, vous pouvez dépenser 4 charges du condensateur de l’arme pour accroître les dégâts supplémentaires à 2d10 dégâts de froid.

Un marteau de glace actif nécessite 2 charges de son condensateur pour 1 jour d’utilisation.

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Iron Kingdoms - RPG / BSG - Jeunes Trolls
« le: 25 mai 2022 à 21:49:41 »
Jeunes Trolls

Il y a toutes sortes de trolls dans le monde, et vous en verrez la plupart quelque part dans le Bois Scintillant. Une chose qui attire toujours mon attention, ce sont les jeunes. Si tu ne fais pas attention, tu pourris confondre un jeune troll avec un trollkin adulte. Tu seras à la moitié de ton histoire avant de réaliser que la personne à qui tu t’adresses n’est qu’un jeune troll, et non une sorte de trollkin nudiste.

– Viktor Pendrake

Parmi les kriels trollkin du Bois Scintillant, les trolls pur-sang sont traités comme des membres de la famille. Leur bien-être est la responsabilité de tout le kriel, et même dus leur plus jeune âge, ces trolls contribuent aux moyens de subsistance des trollkin parmi lesquels ils habitent.

   Au sein des kriels contenant un warlock, la formation et l’éducation de ces jeunes trolls sont d’une importance primordiale. Non seulement on leur apprend à utiliser leur force pour aider à transporter de lourdes charges et à aider à bâtir ou à agrandir le village du kriel, mais on leur enseigne également les techniques de combat. Bien avant d’atteindre la maturité, ces trolls ont passé des années à affiner leurs compétences au combat et à apprendre à fonctionner sous le lien télépathique d’un warlock.

   Trolls Immatures et Jeunes Trolls comme Warbeasts. Les trolls immatures et les jeunes trolls prennent soin de leur environnement mais doivent encore se développer dans la mesure où les trolls machefers, des neiges, les pyrotrolls ou les trolls des marais l’on fait. Selon l’environnement dans lequel ils se trouvent, ils prennent certains des traits et des animi de leur troll « parent » selon le tableau des traits de troll ci-dessous. Pour plus d’informations, voir « Trollblood Warbeasts » dans Borderlands and Beyond, chapitre 6.

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Iron Kingdoms - RPG / BSG - Drake des Bois
« le: 25 mai 2022 à 21:48:06 »
Drake des Bois

Les racines des arbres de la Lande Noueuse sont profondes, pour qu’ils puissent supporter le poids des drakes dessus. Plus vos propres racines sont profondes, les racines de votre famille, de vos enfants, plus vous supporterez facilement des fardeaux aussi lourds.

– Calandra Diseuse de Vérité

Une race insaisissable de drake que l’on trouve dans les régions forestières profondes, le drake des bois est l’un des plus rares de son genre. Alors que d’autres drakes vivent longtemps et grandissent relativement lentement, le drake des bois atteint sa taille adulte en quelques mois seulement, et même après avoir atteint sa taille adulte, son corps subit un cycle rapide de mue et de croissance. Toutes les quelques semaines, le drake perds ses écailles, la couche en dessous étant plus épaisse et plus prononcée.

   Végétation Surabondante. La physiologie particulière d’un drake des bois lui permet de guérir rapidement ses blessures. Contrairement à la guérison des trolls, cette régénération ne reforme pas les tissus blessés, mais les fait plutôt croître avec des muscles et des écailles plus épais et plus dense. Ces excroissances tumorales prennent une apparence similaire aux loupes des vieux arbres, ajoutant au camouflage naturel de la créature.

   Mauvaise Haleine. Un drake des bois peut expulser un nuage nocif de gaz empoisonné. Le poison est un sous-produit naturel de sa digestion et se forme constamment dans l’un des nombreux estomacs du drake à partir d’une combinaison de poisons naturels, de chair en décomposition et de bactéries effrénées.

   Prédateur Prudent. Les drakes des bois utilisent leur camouflage naturel et leur capacité à grimper pour tendre des embuscades inattendues. Accroché au tronc d’un arbre massif, le corps d’un drake se font dans la texture de l’écorce. Les drake des bois sont patients, attendant le moment opportun pour sauter de la canopée et surprendre leur proie.

   Malgré leur régénération naturelle, les drakes des bois ne sont pas sujets aux attaques imprudentes. Ils sont plus susceptibles de laisser passer un potentiel repas que d’attaquer un grand groupe de créatures ou une qui présenterait un risque de blessure. Ils sont assez intelligents pour reconnaître des menaces telles que de redoutables trolls ou de grands groupes de guerriers trollkin, et ne tentent d’attaquer de telles cibles périlleuses que lorsqu’ils ont désespérément besoin d’un repas.

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Iron Kingdoms - RPG / BSG - Araignée à Toile Lumineuse
« le: 19 mai 2022 à 21:09:56 »
Araignée à Toile Lumineuse

Cette énorme araignée prédatrice chasse dans les ombres lugubres de la forêt profonde.

   Une Lueur dans les Ténèbres. L’araignée à toile rougeoyante produit une faible phosphorescence le long de son corps, et même si ses nombreux yeux brillent d’une faible lumière. Cette adaptation permet à l’araignée de se fondre dans la lueur bioluminescente commune dans le Bois Scintillant profond et attire l’attention des animaux habitués à paître sue les champignons et les lichens luisants de la région.

   Mangeuses Lentes. La morsure de l’araignée injecte à sa proie un venin paralysant, lui permettant de traîner le repas immobile jusqu’à son nid. Le nid d’une araignée à toile lumineuse est rempli de nombreuses créatures capturées et liées à la toile, dont l’araignée se nourrit pendant plusieurs jours. Peu encline à la gloutonnerie, l’araignée ne draine qu’un peu de liquide de chaque repas chaque jour. Tout en prolongeant la mort d’une victime, cette habitude peut parfois être utile pur sauver quelque de la toile lumineuse a fait prisonnier.

   Tout est dans le Nom. Comme son nom l’indique, la caractéristique la plus inhabituelle de cette araignée est l’étrange toile qu’elle produit. Collante et suffisamment solide pour retenir un trollkin adulte, la toile contient un produit chimique naturel similaire à celui qui donne à l’araignée sa bioluminescence. Au contact de la peau exposée, les brins lumineux brûlent la chair avec un éclat caustique, ce qui permet à la toile de mordre plus profondément dans le corps d’une créature et de l’affaiblir avant que l’araignée ne s’approche.

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