Voir les contributions

Cette section vous permet de consulter les contributions (messages, sujets et fichiers joints) d'un utilisateur. Vous ne pourrez voir que les contributions des zones auxquelles vous avez accès.


Messages - elric

Pages: [1] 2 3 ... 46
1
Maj
Dernier chapitre de la 3ème partie.

Bonne lecture  :)

2
Texte en entier.

Bonne lecture  :)

3
LES RENCONTRES DE PENDRAKE

Par Viktor Pendrake (Transcrit par Doug Seacat)

LA MORT DANS LES MARCHES, 2ème PARTIE

Quelle que soit la bonne fortune que j’ai reçue à la naissance, elle a pris fin telle les derniers grains de sable percolant à travers un sablier. Si jamais ce journal voyait la lumière de la civilisation, que celui-ci soit un avertissement pour ceux qui viendront après moi. Ne prenez pas le risque de suivre une armée étrangère et hostile au fin fond d’un territoire inexploré – en particulier, n’essayez jamais seul.

   Avant d’arriver à cette conclusion logique, j’ai quitté le village trollkin où Quimut se remettait de sa blessure infligée par les cyclopes. – je me suis enfui sans lui parler. Je me suis dirigé vers le sud-est, au-delà du Château des Clés et j’ai retrouvé les traces. Le soleil était impitoyable alors j’ai limité mon voyage au crépuscule et à la nuit, cherchant l’abri qui me permettrait de dormir tout la journée. Le temps était exceptionnellement cale, laissant les traces intactes.

   Alors que j’escaladais une colline escarpée, j’ai soudainement rencontré un soldat solitaire sur mon chemin. Je luttais face à cent, un tissu enroulé autour de mon visage, ne regardant que quelques mètres devant moi et marchant presque sur ses pieds avant que je ne remarque ses étranges bottes en cuir et ses jambières en acier ornés. En levant les yeux, j’ai ressenti un frisson d’étonnement de voir un unique guerrier skorne se tenant à une dizaine de verges de moi au sommet d’une colline. Nos yeux se croisèrent et sa bouche cruelle s’élargit d’un regard moqueur.

   Sans même mettre souvenu de les avoir dégainées, mes lames étaient dans mes mains. J’aurais dû tirer mon arc à la place ou battre en retraite, mais mon esprit se rappelait de l’invasion de Corvis, les nombreux innocents massacrés dans leur sillage. Je me suis souvenu du visage angoissé du bon Père Pandore Dumas qui me racontait l’histoire de sa torture aux mains des skorne. Je n’avais pas réalisé à quel point la colère patientait submergée dans les profondeurs de mon esprit jusqu’à ce que je voie ce sourire moqueur. J’ai avancé avec mes épées dénudées, irrationnellement emporté par la violence.

   Il n’avait tiré aucune de ses propres lames, même si j’en remarquais deux gainées à sa taille, chaque poignée et pommeau brillant dans le soleil couchant. J’ai compris pourquoi dans l’instant qui suivi, alors qu’une énorme ombre se projetait derrière lui. Une créature géante s’avança au sommet de la colline pour s’occuper de moi.

   Il n’y avait pas d’autres mots que « titan » pour capturer le sens de la masse et de la puissance alors que je regardais cette créature et que je voyais ses yeux injectés de sang se concentrer sur moi. Je n’ai pas eu le luxe de pouvoir consigner mes impressions, mais j’ai depuis examiné chaque souvenir de cette courte rencontre avec des détails atroces. Cette énorme monstruosité bipède ouvrit sa gueule béante entre ses défenses à pointe métallique pour émettre un bruit assourdissant, puis s’est mise en branle. J’ai essayé de m’écarter de son chemin, mais elle était trop rapide et trop proche.

   J’ai vu avec étonnement qu’il s’agissait d’une créature à six membres – ayant quatre bras dont la plus grande paire se terminait chacun par trois doigts, suffisante pour serrer comme des bandes de fer. La grande créature à la peau épaisse et grise-bleue semblait, au moins superficiellement, semblable au Kaelram que j’avais observé dans les franges nord du Protectorat. Ses ongles kératinisés et ses pattes épaisses était également similaire, ce qui me fait croire qu’il doit s’agir d’un type de pachyderme particulièrement intelligent et peut-être même utilisant des outils. Il portait des plaques d’armure sur ses avant-bras, chacune mortellement cloutées ; celles-ci auraient pu m’empaler sans grand effort, mais il avait choisi de me saisir à la place. Avant que je ne puisse m’étonner de cette petite miséricorde, ses bras inférieurs m’attrapèrent et me firent voler à travers la dune et sur un rocher voisin.

   Je me suis réveillé un peu plus tard pour me retrouver en cage et blessé – toussant du sang et ma poitrine enflammées par des côtes cassées. J’ai eu l’occasion de mieux observer les titans alors que nous nous rendions dans un camp d’armée skorne à proximité. J’ai eu la liberté de faire des croquis et d’écrire dans mon journal, tout en essayant d’ignorer la douleur. Je ne sais pas quel destin m’attend ; peut-être que les skorne considèrent les humains comme un mets délicieux. J’ai observé une ombre derrière cortège et je me demande su Quimut a réussi à me retrouver. J’ai l’intention d’abandonner ces pages pour qu’il les retrouve et j’espère qu’il se rendra dans l’ouest et qu’il m’oubliera. Je ne veux pas que sa mort soit sur mes mains. Je crains que mes expéditions n’aient connu une fin prématurée, et j’espère que la postérité sera bienveillante envers mon héritage.

4
Traduction effectuée par Jalikoud.

Texte en entier

5
LES RENCONTRES DE PENDRAKE

PENDRAKE DANS LES LANDES DE BLANCRISTAL

Je n’ai jamais été aussi heureux de me retrouver en la compagnie d’un trollkin aussi bruyant et aux mœurs aussi discutables que Rathlok et, si j’ose dire, je ne le serais jamais davantage après ce qui s’est produit dans les Châles de Givre suite à ce que nous y avons vu.

   Rathlok et moi avions péniblement parcouru le permafrost de ces collines vallonnées pendant presque une semaine, à la recherche de son kriel ancestral ainsi que des derniers membres de sa famille encore de ce monde.

   -Je ne m’étais pas rendu aussi loin au nord depuis des années, et j’avais oublié à quel point cela pouvait être difficile. Comme Rathlok le pensait, nous n’eûmes eu pas beaucoup de rencontres fâcheuses avant d’atteindre les plateaux, car nombre de créatures étaient effrayés par les chantonnements de mon Hurlemort d’ami.

   Bien que je trouvais ces vocalises agréables, j’avais bien peur qu’elles n’incitent les prédateurs rodant à des lieux à la ronde à venir inspecter d’un peu trop près la carcasse en lente voie de congélation en laquelle ce voyage était en train de me changer…

   Mon sang se réchauffa soudainement alors que nous venions juste de traverser un bosquet de sapin. Mes yeux s’emplirent alors de la vision d’une des créatures parmi les plus dangereuses que l’on puisse rencontrer dans les Royaumes : un troll sanguinaire.

   Fort heureusement, la bête était déjà occupée. Un groupe de femmes et d’enfants Nyss, visiblement hagards, se massaient derrière trois rôdeurs montés, dont les claymores scintillaient en  formant une véritable danse d’acier gelé, qui tenait la gigantesque bête à distance à l’aide de petites estocades bien senties. Le troll avait déjà déchiqueté un des Ulks dressés ainsi que son cavalier , et la neige fumait encore sous l’action du sang chaud fraîchement répandu…

   Quoique les Nyss montés sur leurs Ulks dressés affichaient toujours une détermination majestueuse, je pouvais voir une lueur de crainte dans leurs regards. Ils fuyaient visiblement quelque chose et ils n’étaient pas préparés à faire face à un tel adversaire.

   Le troll serra les poings, du sang s’en écoula alors à grosses gouttes : ses plaies cicatrisaient déjà, tandis que ses muscles se bandaient, leurs masses proéminentes semblant bien à l’étroit sous la peau de la créature… Il poussa un rugissement si assourdissant que le son aurait pu provoquer une avalanche, si nous nous étions trouvé un peu plus loin, dans les montagnes…

   Tout ceci ne pouvait connaître qu’une issue funeste pour tout le monde. Les trolls sanguinaires n’abandonnent pas leurs proies facilement (ils massacrent parfois des villages entiers rien que pour assouvir leurs faims) et ces guerriers ne céderaient pas un pouce de terrain en défendant leurs familles. D’un autre côté, Rathlok et moi n’allions probablement pas rallier le Kriel des Bragmaws sans combattre. Que Morrow me châtie, car j’ai souhaité à cet instant que les deux parties s’entre-tuent afin que nous n’ayons pas à nous frayer un passage en force.

   Mais une telle pensée s’avéra superflue, car Rathlok émit alors une sorte d’appel primal que je ne lui avais jamais entendu au cours de nos voyages épisodiques. Il usait d’un dialecte de Molgur-trul issu des anciens kriels, un appel surgi des tréfonds de lui-même qui fit marquer une pause au troll géant tandis que mon compagnon émergeait à découvert, les mains vides bien en vue des elfes afin qu’ils ne puissent pas le considérer comme un ennemi.

   Le troll sanguinaire fit un pas en arrière, baissa sa garde, et il grogna doucement à l’attention du vieux barde. Il paraissait apaisé, après seulement quelques secondes de l’appel bestial de Rathlok.

   J’aurais bien aimé demander aux Nyss les raisons pour lesquelles ils se trouvaient si loin au Sud et en si grand nombre, mais, saisissant l’occasion, les monteurs d’Ulks firent un preste signe à l’attention de des femmes et des enfants, qui se mirent à courir au-devant d’eux. Avant que je ne tourne la tête, ils étaient tous partis. Je les aurais bien suivis, si je n’avais été convaincu qu’ils n’auraient pas hésité à me tuer dans l’instant… Ils ne faisaient pas partie de l’éclat que j’avais rencontré auparavant et après une telle bataille, ils n’auraient certainement pas toléré la présence d’un étranger curieux…

   Le troll sanguinaire se saisit brusquement d’une seule main de la carcasse de l’ulk mort gisant à ses pieds, puis il émit un reniflement méprisant. Enfin, il partit à pas lourd sous le couvert des arbres. Rathlok continu à émettre son appel primal pendant quelques instants encore, ne s’arrêtant qu’une fois persuadé que la bête était désormais trop loin ou qu’elle s’était complètement désintéressée de nous. Grâce aux dieux, car je ne m’étais jamais trouvé aussi près d’un troll sanguinaire sans me sentir aussi mal à l’aise.

   Je me suis dirigé vers le Nyss blessé qui gisait à terre, mais il était trop tard pour lui. Il portait bien plus d’équipement et de vivre que ce qu’on serait en droit d’attendre d’un groupe nomade, comme si l’éclat lui-même émigrait. Nous étions bien trop tôt dans le printemps pour qu’ils n’entreprennent leurs cycles de migration annuels, ce qui signifiait que quelque chose avait dû les y pousser.

   Mais quoi ? Les Nyss ne sont pas enclin à laisser les cadavres des leurs ou des vivres derrières eux, même au beau milieu d’un champ de bataille, et cela me perturbait.

   Quelques minutes plus tard, j’ai manqué m’évanouir quand le Kriel de Rathlok à surgi de sous les arbres Ils avaient entendus son appel depuis leur départ du village. Après quelques étreintes entre vieux proches, Rathlok et les membres du kriel Bragmow étaient enfin réunis, et nous nous réchauffions bientôt tous auprès d’un bon feu, une fois de retour au village.

   Après le long récit des lointaines aventures vécues par mon compagnon (le tout arrosé d’une généreuse quantité de boisson) il disparut bien vite dans l’une des huttes, en compagnie d’une poignée de femelle encore vierges, me laissant seul avec le chef des Bragmows. Nous avons eu une longue conversation à propos des nyss et de la manière dont des familles entières de ces « elfes gelés » quittaient le Nord. Les trollkin tenaient une seule chose pour sûre : seul un grand mal pouvait pousser les Nyss à s’arracher à leurs foyers, mais eux, ils n’étaient plus effrayés depuis que leur hurlemort de fils prodige était de retour au bercail.

   J’ai été promu membre adoptif du kriel pour avoir ramené Rathlok chez lui et on m’a convié à demeurer surplace aussi longtemps qu’il me serait nécessaire. Je m’étais résolu à m’en retourner vers le Sud et à suivre la piste des Nyss que nous avions rencontré.

   Ce qui avait débuté comme la réunion de famille d’un vieil ami évoluait en une énigme que je n’ai pas l’intention de laisser sans réponse. Pour quelle raison ces Nyss quittaient-ils leurs terres ancestrales ? Où allaient-ils et que fuyaient-ils ? Pourquoi n’ai-je jamais demandé ce qui entre dans la composition de cette bière blonde à l’odeur de vieille mule que les trollkin ingurgitent et serai-je un jour débarrassé de son odeur ?

   Il se passe décidément bien plus de choses dans le Nord gelé que nous n’en avons connaissance. Les dieux m’en soient témoin, qu’il ne s’agisse que d’un seul problème isolé qui ne portera pas à conséquence pour nous comme tous les autres phénomènes particuliers qui s’y déroule.

   Si seulement nous avions pu être aussi chanceux…

6
Minions / Malvin & Mayhem
« le: 28 mai 2020 à 12:18:59 »

9
MàJ

Chapitre 21

10
Texte en entier

Bonne lecture  :)

11
LES RENCONTRES DE PENDRAKE

par Alten Ashley (Racontée par Nathan Letsinger et Doug Seacat)

LE VIEIL HOMME ET LE DÉSERT

Nous aurions aussi bien pu poursuivre un ribleur des dunes à travers les sables mouvants brûlés par le soleil si ce n’était l’obstination de l’idrien. Le souvenir que Quimut se faisait du chemin la dernière fois qu’il avait vu le vieil home était remarquable, et de là, nous avons suivi la piste vers un petit campement fortifié skorne plus à l’est que je ne m’étais aventuré dans les terres sauvages des Marches Sanglantes.

Les défenses extérieures faisaient montre de signe d’un combat récent – elles avaient clairement repoussé un assaut trolls. Une énorme statue skorne en basalte orné de bijoux, se dressait bizarrement sur les carcasses de nombreux trolls et trollkin, le sol étant imprégné de sang récent. Un peu de surveillance révéla qu’il ne restait qu’une douzaine de skorne et un titan. J’aurais pu prendre le camp seul, mais Quimut insista pour que nous prenions toutes les précautions au cas où les ravisseurs de Pendrake le menaceraient en nous repérant.

Quimut roda dans le périmètre sombre tel un loup crépusculaire, tranchant la gorge des skorne en patrouille pendant que je pointais attentivement mon fusil sur la massive bête à la peau de cuir. Rien de ce qui respire ne peut survivre à la vieille jenny. Le premier coup de feu l’a fi bondir en mugissant pour me charger. J’ai tenu bon et j’ai tiré deux autres coups de feu avant qu’elle ne s’effondre et se stoppe à quelques centimètres de ma botte. Les skorne se précipitèrent hors de leurs tentes, mais Quimut et moi nous en sommes rapidement occupés.

Pendrake ne fut pas retrouvé – s’il avait jamais été là, il avait clairement été emmené plus profondément dans le territoire skorne, hors de notre portée.

Alors que nous arrivions à cette conclusion, l’enfer s’est déchaîné. Plus rapide qu’une vipère ver-tatzyl, la statue de basalte, immobile jusqu’à présent, nous a attaqué avec sa hallebarde. Mes réflexes félins nous ont sauvés tous les deux. J’ai tiré Quimut au sol et j’ai empêché que sa tête roule sur le sable. Poussé par une force surnaturelle, le gardien de pierre nous a attaqué encore et encore alors que nous fuyions à travers le campement.

Une averse soudaine éclata des nuages au-dessus de nous, de telles tempêtes anormales sont courantes dans les Marches orientales. Je maudissais alors que nous nous battions pour sortir du camp avec la statue à nos trousses. J’ai chargé une balle imprégnée dans Jenny sachant qu’elle ne détonerait probablement jamais. L’idrien nous a conduits dans un ravin alors que le gardien s’approchait à la vitesse d’un bison raevhen. Quand il a lancé son grappin sur la falaise, j’ai cru que l’idiot avait la tête. Puis j’ai entendu le bruit. Un rugissement d’est fait entendre lorsqu’un mur d’eau a rempli le ravin et qu’une crue soudaine nous a engloutis.

En enlaçant la corde, nous nous sommes remontés pendant que le gardien était emporté par le torrent. Ce fut la dernière fois que nous avons vu ce diabolique skorne. Nous sommes retournés au campement et nous avons fouillé. J’ai alors trouvé un colis adressé au Colonel Eli Brocket de la Garnison de Corvis dans la main d’un vieil homme. En lisant la lettre, il me semblait que le Professeur avait changé de camp et s’était accoquiné avec ce foutu vieux Vinter. Note de l’éditeur : voir NQM#5].

Quimut a refusé de croire à toute trahison. Nous nous sommes disputés durant des heures concernant cette lettre. Le maudit idrien voulait qu’elle soit déchirée et dispersée, mais j’ai refusé de détruire notre seul indice. Après des paroles dures, nous nous séparâmes – Quimut se dirigea vers les Terres des Tempêtes tel un idiot têtu pendant que je portais à l’ouest.

Après réflexion Pendrake a probablement été forcé d’écrire cette chose honteuse. Je ne peux pas imaginer le vieil homme rejoindre les skorne. J’espérais trouver un de ces types pédants que Pendrake garde comme assistants à l’Université de Corvis, mais il n’y avait aucun signe d’eux. Je n’ai pas eu d’autre choix que de remettre la lettre à l’armée locale, et sans aucun la liront-ils sous un jour sombre. En voyant la dévotion que Pendrake a instillée à Quimut, je me sens troublé Ce n’est pas dans mes habitudes de m’immiscer, mais je me sentirais mieux si je pouvais trouver quelqu’un d’assez fou pour aller vers l’orient, courir après la vieille buse. Mais tous les contres n’ont pas une fin. Parfois, un mystère reste mystère. C’est peut-être le bon moment pour moi de chercher le vieux Turgol et Grissel, et de voir si ces mercenaires trollkin pourraient employer un homme qui sait comment tirer au fusil. Quiconque veut s’occuper de Pendrake et Quimut devrait venir me payer un verre.

12
MàJ

Chapitre 20

13
Iron Kingdoms - RPG / Troll Sanguinaire
« le: 19 mai 2020 à 09:24:55 »
Troll Sanguinaire

Tout ce qui est dangereux, sauvage et terrifiant à propos d’un troll est amplifié de manière dramatique avec un troll sanguinaire. Si l’on peut dire d’une créature qu’elle incarne la faim prédatrice de l’ancien ennemi de Menoth, le Ver Dévoreur, c’est bien le troll sanguinaire. Un troll sanguinaire peut arracher la coque de fer d’un warjack khadoréen ou déchiqueter presque n’importe quel obstacle sur son passage. Nous pouvons être heureux que ces créatures semblent préférer les contrées reculées et inhospitalières pour leurs tanières, les hauts sommets des montagnes ou les profondeurs des forêts et des marécages, des endroits où l’homme devrait craindre de poser ses pieds

—Professeur Viktor Pendrake, Monsternomicon

Description

Le troll sanguinaire est seul, une bête si féroce que même les autres trolls se déplaceront et migreront lorsqu’il pénétrera dans la région.

Heureusement pour les autres créatures sur Caen, les trolls sanguinaires ne sont pas nombreux. Leur férocité et leur nature territoriale les ont maintenus éparpillés à travers de vastes contrées sauvages. Ils sont plus nombreux dans les Montagnes du Mur du Dragon et la Forêt des Cicatrices, avec quelques territoires délimités dans les Noueux, le Marais de Clouterre et d’autres contrées isolées. Les trolls sanguinaires chassent et vagabondent dans de vastes zones et sont réputés pour pourchasser et éliminer toutes les créatures qu’ils considèrent comme des concurrents, y compris les trolls pur-sang plus petits. Les seules créatures qu’ils supportent durant de longues périodes sont les petits pygmées trolls, bien que ces dernières années, les chamans dhuniens aient facilité les contacts et la coopération entre les trollkin et les trolls sanguinaires.

Tous comme les autres trolls pur-sang, les trolls sanguinaires peuvent produire des avortons quand une partie du corps est sectionnée, et leurs avortons peuvent vivre plusieurs années avant de décéder. Certains érudits théorisent que les grosses brutes confondent les pygs avec leurs propres avortons, mais cela pourrait-être une relation naturelle et symbiotique. Même les pygs et les avortons peuvent être la proie d’un troll sanguinaire affamé, mais seulement après l’épuisement de toutes les autres sources de nourriture.

Pour des raisons évidentes, rares sont ceux qui ont passé du temps avec des trolls sanguinaires dans la nature, ce qui a conduit de nombreuses personnes à sous-estimer leur intelligence. Bien que leur culture soit primitive, particulièrement en comparaison à celle des trollkin, ils sont loin d’êtres bêtes. Ils possèdent un vocabulaire oral limité et un langage simple, unique en leur genre et non basé sur le Molgur-Trul. Cette langue peut-être antérieure à l’alliance Molgur, dont les trolls sanguinaires n’ont jamais fait partie. Ceux qui sont en contact avec le Molgur-Trul peuvent également apprendre des mots de cette langue. Tout comme les trolls pur-sang, la faim et l’extrême agressivité ont constitué des obstacles à une culture plus sophistiquée entre les trolls sanguinaires et les frères plus petits. La quantité de nourriture nécessaire pour soutenir leur métabolisme les rend jaloux les uns des autres et enclins à se battre pour leur territoire.

La principale interaction entre les trolls sanguinaires est l’accouplement, qui nécessite des recherches en dehors de leur territoire habituel. Les femelles trolls sanguinaires tolèrent rarement les mâles après être tombée enceintes et souvent les chassent. Les trolls sanguinaires naissent par deux et une mère s’occupera de ses petits pendant plus de dix ans. Une fois qu’ils peuvent chasser et subsister par leurs propres moyens, ils sont chassés.

L’un des aspects les plus remarquables des trolls sanguinaires est leur longévité, qui est un le prolongement naturel de leurs pouvoirs de régénérations phénoménaux. Les érudits soupçonnent que les trolls sanguinaires peuvent vivre plus de trois siècles. Peut-être n’ont-ils pas de mortalité naturelle, ne faisant que succomber à une folle frénésie entraînant indirectement leur mort.

En vieillissant, les trolls sanguinaires produisent les excroissances durcies des autres races de trolls. Certaines sont des piquants remplaçant les poils, mais ils produisent également une peau durcie et calcifiée qui devient de plus en plus grosse et calcifiée avec l’âge. Ces excroissances sont proéminentes sur les épaules et le dos du troll sanguinaire et offrent une considérable protection naturelle. On retrouve des excroissances semblables chez les trolls pur-sang et même chez les trollkin âgés, en particulier sur le menton et les bras.

Combat

Les trolls sanguinaires sont de créatures de pure violence et avidité, et ils se jetteront au combat sans hésitation. Un troll sanguinaire à l’attaque est plus une force de la nature qu’un être pensant. Il déchiquettera ses adversaires avec ses griffes, les mordra avec ses énormes mâchoires et les propulsera dans les airs avec facilité. Le seul moyen d’empêcher un troll sanguinaire d’attaquer est de l’abattre, une tâche compliquée par sa résilience naturelle et sa capacité à régénérer les plaies.

Connaissance

Un personnage peut jouer un jet de compétence INT + Connaissance (zoologie extraordinaire) pour déterminer ce qu’il sait de la créature. Il prend connaissance de toutes les informations à concurrence du résultat du jet. Plus le résultat est élevé, plus il apprend.

10 : Les trolls sanguinaires sont de massifs et primitifs trolls, toujours affamés et extrêmement violent.

12 : Les trolls sanguinaires protègent d’immenses territoires et les parcourent, chassant et dévorant tout ce qu’ils rencontrent à l’exception des trolls pygmées, pour lesquels ils semblent avoir une affinité.

14 : Même s’ils ne sont pas particulièrement intelligents, les trolls sanguinaires parlent leur propre langue. Certains parlent aussi un Molgur-Trul limité, ce qui peut aussi signifier moins d’hostilités envers les trollkin.

14
STRYKER OBSERVA L’OGRUN MURGAN en train d’écraser son bouclier dans le dos d’un kommando d’assaut, brisant probablement la colonne vertébrale de l’homme, puis décollant la tête d’un autre d’un coup de sa vouge de guerre. Magnus rejoignit la mêlée peu de temps après, se frayant un chemin sanglant à travers les khadoréens pour retrouver Stryker au milieu de ce qui était devenu rien de moins qu’un abattoir.

Le combat pris fin brusquement, une vingtaine de kommandos d’assaut restant jetant leurs armes et battant en retraite. Quelques Lame-Tempête, ensanglanté, allaient les poursuivre, mais Stryker les appela. La vraie menace était en dessous.

Magnus ouvrit la bouche, peut-être pour fournir un rapport, mais un bourdonnement faible et aigu se fit entendre jusqu’à devenir un terrible cri aigu le noyant. L’un des navires célestes khadoréens, ses énormes cheminées crachant des torrents de fumée noire, s’éleva du sol, un pesant léviathan à qui l’ont eu donné des ailes.

Les deux autres navires célestes restaient au sol, les portes de leur immense baie ouvertes, et continuaient à charger des troupes et des munitions.

« Allez, allez, allez ! » hurla Stryker en pointant Vif-Argent. Il ne restait plus de temps pour une quelconque approche, mais une charge d’enfer vers le navire céleste le plus proche. Il reposait à deux cents verges de là, en bas du talus escarpé du lit du fleuve asséché.

Stryker et Magnus menaient la force combinée de rhulfolk et de lames-Tempêtes sur la pente, dérapant et glissant en descendant. Harcourt réussit à maintenir Arsouye sur ses pieds, et d’une manière ou d’une autre, l’Avalancheur réussit à rester debout également.

Ils touchèrent le lit du fleuve et coururent. Le souffle de Stryker brûlait dans ses poumons. Cent cinquante verges maintenant. Les portes d’une autre soute se fermèrent et ses moteurs se joignirent au terrible rugissement sonore du premier navire.

Il en restait un.

Cent verges, et il repéra une force de Garde des Glaces, une centaine ou plus, probablement récemment arrivé de plus loin dans la ville, se déplaçant pour les intercepter.

Les troupes ennemies les atteindraient avant qu’ils n’atteignent le dernier navire céleste. Stryker jeta sa tête en arrière et hurla de frustration.

« Grimpez dans ce maudit navire ! » Cria le Capitaine Blackheel. Le visage du rhulfolk était écarlate – courir ne faisait pas exactement partie de sa stratégie de combat. « Nous allons ralentir ces rouges pour vous. »

Stryker hocha la tête, détestant le fait qu’il n’avait pas le temps de reconnaître la bravoure et le sacrifice potentiel de ce nouvel allié.

Lui, Magnus et les Lames-Tempêtes se détachèrent du Corps de Carabiniers, les bruits des coups de fusil et le grondement du canon de l’Avalancheur s’estompant derrière eux.

L’embarquement des khadoréens était presque terminé, mais Stryker n’était plus qu’à vingt verges du dernier navire céleste. Une petite force de Man-O-War se tenait en haut de la rampe de chargement. Ils avaient réalisé que Stryker les atteindrait avant qu’ils ne puissent décoller.

Les Man-O-War vidèrent leurs boucliers cannons, labourant le sol devant Stryker et Magnus. Leurs deux champs d’énergies crépitèrent, les laissant indemnes mais secoués. Un petit nombre de Lames-Tempêtes n’eurent pas autant de chance.

« Arsouye d’abord ! » Cria Stryker à Harcourt, et le Cuirassier sprinta devant, galvanisé par la force arcanique d’Harcourt. Le warjack toucha la base de la rampe et la chargea tel un bélier doué de conscience et expressif. Des tirs directs des canons boucliers des Man-O-War fleurirent en rouge et noir sur la coque d’Arsouye, mais il défonça la porte de la baie — une énorme ouverture d’environ neuf mètres de haut et au moins aussi large – avec son marteau. Le Cuirassier se fraya un chemin et concentra les attaques ennemies sur lui tandis que Stryker, Magnus et ce qui restait des lames-Tempêtes gagnaient la rampe puis la baie de chargement au-delà.

Les yeux de Stryker s’adaptèrent à l’obscurité enfumée de la soute, un espace caverneux tel une vaste tombe en métal. À l’intérieur, il y avait des supports et des étagères pour le chargement, ainsi que des baies pour les warjacks. Celles-ci étaient heureusement vides, mais une douzaine Man-O-War c’étaient déjà problématiques.

Les portes de la baie demeuraient ouvertes et l’image choquante du sol disparaissant et laissant place au ciel ouvert rendait Stryker mal à l’aise. Comme si le moment collectif de retenue du souffle était passé, la bataille reprit, et Stryker plongea à nouveau dans la mêlée.

Les Man-O-War étaient redoutables, mais la présence d’Arsouye et de trois warcasters les surpassait. En quelques minutes, il n’y avait plus que des soldats cygnaréens dans la baie de chargement. Les dernières Lames-Tempêtes commencèrent à s’occuper des blessés, et Stryker leur laissa un moment de répit. Il n’y aurait encore de violents combats à mener.

Il s’appuya sur Vif-Argent, haletant. Agnus s’appuya avec un bras contre un mur, son visage était couleur du lait, et Harcourt s’assit sous Arsouye. Le warjack souffla un petit trille de vapeur et s’accroupit pour protéger son nouveau maître.

« Ça va, Harcourt ? » Demanda Stryker. Il n’insulterait pas Magnus en s’inquiétant de son étant.

Le jeune warcaster évita la question de Stryker. « Je reprends juste mon souffle, monsieur. »

Il se cala contre le marteau sismique d’Arsouye, et le warjack le tira doucement sur ses pieds. Stryker ne pouvait s’empêcher de ressentir un moment de nostalgie — Arsouye était à lui depuis de nombreuses années, et son ancien compagnon de bataille lui manquait.

« Une idée de l’endroit où se trouvent les moteurs célestes ? » Dit Magnus, en secouant le sang de Pourfendeur.

Stryker secoua la tête. « Pas exactement, mais as-tu remarqué ces sphères blindées quand on s’est approchés ? »

Magnus hocha la tête.

« Je suppose que ce sont les logements des moteurs célestes. » Stryker regarda autour de la baie, à la recherche des sorties. Il y en avait deux : un ascenseur à vapeur pour transporter les soldats, l’équipement et les warjacks au pont supérieur, et une solide porte métallique dans le mur ouest.

« Par là », dit Stryker.

« On ne peut pas faire passer Arsouye par là », fit remarquer Magnus. Stryker réfléchit. « Nous le laisserons ici avec la moitié des Lames-Tempêtes. Ensuite, nous utiliserons l’ascenseur pour les amener sur le pont supérieur. »

« Et nous ? »

« Nous allons trouver le moteur céleste le plus proche et le désactiver. »

« Juste un ? » Demanda Magnus.

« D’après les plans que j’ai vus de notre propre navire céleste, il faute plusieurs moteurs célestes opérationnelles pour faire voler quelque chose d’aussi lourd. Ils auront besoin de chaque once de portance qu’ils peuvent obtenir. »

« Je n’ai pas envie de percuter la ville », déclara Magnus.

Stryker sourit avec lassitude. « Si nous désactivons un moteur céleste, cela ne devrait pas nous faire tomber, mais cela forcera l’engin à atterrir. »

« T’es sûr de ça ? » Demanda Magnus.

« Non », admis Stryker, « mais nous ne pouvons pas laisser cette chose en l’air. »

« Cela laisse encore deux navires », déclara Harcourt. « Même si nous en écrasons un, deux de ces choses peuvent détruire notre armée, puis Corvis, Port Bourne, Caspia… »

« Il n’a pas tort », dit Magnus, et soudain quelque de sinistre et de froid traversa son visage. « attends. Tu pourrais piloter ce truc ? »

« Moi ? Je n’en ai aucune idée. J’ai vu les plans de notre propre navire céleste, mais celui du Khador pourrait facilement être compétemment différent », dit Stryker.

« Personne n’a dit qu’il fallait le piloter correctement », déclara Magnus Il avait un regard dans les yeux qui pouvait être effrayant ou ressembler à de la joie. Stryker ne pouvait pas faire la différence quand il s’agissait de Magnus, mais il comprenait ce que voulait dire l’ancien mercenaire.

« Peut-être », dit-il.

« Nous avons un bélier volant de cent cinquante-deux mètres », poursuivi Magnus. « Dans quelle mesure notre propre navire est-il prêt pour le combat ? »

« Je n’ai aucun moyen de savoir ou même si Nemo a reçu notre message. »

« Mais il y a une chance si c’est l’un des nôtres contre l’un des leurs. Si deux contre un, il n’y a aucune chance », déclara Magnus.

La pièce était devenue froide et silencieuse, alors que chaque home et chaque femme envisageait ce que cette décision signifierait finalement. Stryker savait qu’ils les suivraient, mais il détestait donner l’ordre. Cela n’avait pas d’importance, il devait le donner de toute façon.

Très bien. Tous, dans l’ascenseur », ordonna-t-il. « On va se battre pour aller sur le pont. »

. . .

TANDIS QU’ILS ÉMERGEAIENT DES PROFONDEURS DU NAVIRE CÉLESTE dans le vaste vide bleu au-dessus, les genoux de Magnus ployèrent à cette vue. Le pont principal s’étendait sur une trentaine de mètres d’étendue d’acier plat et gris, interrompu uniquement par les marques des emplacements des ascenseurs des cales. Ils étaient à une trentaine de mètres du plancher des vaches, tout Merywyn s’étendait en dessous d’eux comme une carte détaillée. Une énorme masse de soldats khadoréens près de la muraille occidentale combattait une beaucoup plus petite force cygnaréenne et llaelaise. Puis, alors que le navire se déplaçait, il aperçut une autre armée, une mer bleue de troupes approchant du sud, et une autre force, un peu plus petite approchant du nord. Tout cela n’aurait pas d’importance s’ils ne mettaient pas hors services les vaisseaux.

Au moment où l’ascenceur se stoppa, ils étaient attaqués. Une autre force de Man-O-War, cette fois soutenue par un warjack Destructeur, ouvrit le feu sur eux. Les explosions projetèrent Magnus sur le pont, son champ d’énergie absorbant la plupart des nombreuses détonations.

Stryker chargea directement, Harcourt et Vî Arsouye pas loin derrière, les Lames-Tempêtes dans leur sillage. Magnus se releva, essayant de ne pas regarder au-delà du pont, le vide du ciel s’ouvrant de chaque côté.

Il invoqua sa magie et lança le sort Flou sur les Lames-Tempêtes avant de courir pour les rattraper. Arsouye s’était jeté sur le Destructeur avec son marteau sismique, écrasant le blindage et faisant reculer d’un pas le grand warjack. Magnus se précipita vers les deux warjacks, tranchant un Man-O-War d’un coup de Pourfendeur.

Soit Arsouye ou Harcourt l’avait vu venir, et le Cuirassier se déplaça vers la gauche, offrant à Magnus une ligne dégagée vers la jambe droite du Destructeur. Magnus concentra sa volonté, se glissa sous la bombarde du Destructeur, et lui taillada la jambe, une, deux, trois fois. Le fluide hydraulique gicla, et le warjack se tourna sur sa bonne jambe pour le fondre avec sa hache. Il se jeta  à plat ventre sur le pont, et la hache passa au-dessus de sa tête. Le sifflement du marteau sismique d’Arsouye vient un instant plus tard, déformant la coque du Destructeur telle une fine tôle et détruisit son cortex. Il bascula, huit tonnes de ferraille inerte.

Stryker, Harcourt et les Lames-Tempêtes s’occupèrent rapidement des Man-O-War, mais non sans un coût. Une demi-douzaine de cadavres de Cygnaréens gisaient parmi les khadoréens morts.

Par-dessus eux, la superstructure du pont se dressait à dix-huit mètres dans les airs ; derrière aux, le gémissement hydraulique d’un autre ascenseur s’élevant vers pont supérieur retentit, apportant probablement plus de troupes.

« Je vais retenir tout ce qui arrive avec cet ascenseur », déclara Magnus. « Je vous ferai gagner autant de temps que possible. »

Stryker hocha la tête. « Si je ne vous vois pas après ça… »

« Tu peux t’estimer chanceux », déclara Magnus en souriant, bien qu’il saisisse l’avant-bras de Stryker pendant un moment. « Aller. »

« Harcourt, tu es avec moi », déclara Stryker. « Reste en contact avec Arsouye aussi longtemps que tu le peux. »

« Ils se tournèrent et sprintèrent vers le pont.

Magnus se prépara à résister à la marée.

. . .

STRYKER ET HARCOURT ATTEIGNIRENT l’entrée de la structure du pont, une petite porte au bas d’un pilier trapu en acier. Rien de plus grand qu’un homme ne pouvait entrer par cette porte, et même alors uniquement une personne à la fois. La prise du pont ne serait pas chose facile.

Comme on pouvait s’y attendre, la porte était verrouillée.

« Reculez », dit Stryker, en pointant Vif-Argent et en lâchant un projectile d’énergie galavanique. Des étincelles jaillirent, et la porte chuta vers l’intérieur, révélant d’étroits escaliers métalliques qui montaient.

Harcourt dégaina son canon à main et son épée mékanique. Stryker tenait Vif-Argent près de son corps ; l’arme n’était pas conçue pour des espaces étroits, mais il se débrouillerait. « J’y vais en premier. »

« Le pont et le centre de commandement doivent être au sommet », déclara Harcourt, derrière Stryker en montant les escaliers.

Stryker se déplaça prudemment d’un étage à l’autre. Il y avait plus de portes à chaque palier, mais il continuait à monter, ses jambes devenant lourdes dû à l’effort de grimper en armure.

Stryker bondissait en avant à chaque tournant des escaliers, sachant qu’il risquait de se heurter à une larme ennemie ou de recevoir un coup de canon à main à une portée horriblement rapprochée.

Il s’avéra que ce fut le premier.

Le Man-O-War attendait, sa hache exterminatrice contre le mur. Stryker ne le vit pas avant d’avoir franchi le coin du dernier palier. Il réussit à se tourner sur le côté une fraction de seconde avant que l’arme ne frappe, mais elle traversa son champ d’énergie et endommagea son armure. Le coup expulsa l’air de ses poumons et le projeta en vas des escaliers. Le Man-O-War le suivit, brandissant sa hache telle une lance. Il avait clairement l’intention d’utiliser son poids et son élan pour embrocher Stryker.

Le Man-O-War était à mi-chemin lorsque le canon à main d’harcourt détonna. Le coup de feu frappa le casque du soldat khadoréen mais ne le pénétra pas. Au lieu de cela, il propulsa le khadoréen sur le dos. Sautant par-dessus Stryker alors que le Man-O-War s’abattait, Harcourt empoigna sa lame à deux mains et l’enfonça dans la cuirasse du khadoréen, la tordit et dégagea l’arme.

Stryker se releva et vint derrière Harcourt.

« Tu as appris une ou deux choses du Maréchal d’Elyse », dit-il.

Harcourt se tourna vers lui, le visage pâle, et hocha la tête. « Surtout pour leur tirer dessus puis les poignarder. »

Stryker frappa le jeune warcaster dans le dos et continua de monter les escaliers.

Ils atteignirent le sommet peu de temps après. Une autre porte.

Ils doivent nous attendre de l’autre côté », dit Stryker, sachant que le pont serait très bien protégé.

Harcourt questionna : « Des sorts ? »

« Bouclier mystique », répondit Stryker. « Alors je veux que tu les chopes avec ton canon à main. L’un de nous doit survivre assez longtemps pour piloter le navire céleste.

Il n’y avait pas de peur dans les yeux d’Harcourt, juste une détermination résignée. Il connaissait son devoir. Il n’était pas juste qu’un jeune warcaster aussi prometteur meure de cette façon, mais Stryker savait qu’il n’existait pas de mots pour le réconforter.

Ils lancèrent chacun leurs sorts, et leurs champs d’énergie brillèrent tandis que le sort bouclier mystique leur apportait une énergie protectrice. Stryker fit un signe de tête à Harcourt puis a la porte.

Des coups de feu retentirent avant qu’il ne puisse pénétrer dans l’endroit, mais les balles rebondirent sur son champ d’énergie. Le pont formait un large demi-cercle, des tableaux de bord d’un côté sous d’immenses fenêtres s’ouvrant sur le ciel. Il y avait la Garde des Glaces, une douzaine au moins, et deux Man-O-War flanquant ce que Stryker supposait être le kapitan du navire. Il avait espéré que pourrait être Strakhov ou Irusk, mais les warcasters khadoréens étaient probablement à bord de l’un des autres navires. Il pouvait les deux navires célestes devant eux, les canons sur le ventre tirant sur ce qui devait être l’armée cygnaréenne et ses alliés.

Sryker souleva Vif-Argent, reconnaissant de l’espace pour la manipuler. Le canon à main d’Harcourt détonna et un soldat de la Garde des Glaces tomba. Les autres se dirigèrent vers Stryker, leur intention étant de l’assaillir. Il virevolta et sabra, Vif-Argent tranchant à travers les corps avec la puanteur de la chair cuite.

Un éclair d’énergie bleue traversa l’air, frappant l’un des Man-O-War et le faisant reculer d’un pas. Le kapitan dégaina un canon à main et tira sur Stryker, le rata et touchant plutôt l’un de ses propres hommes dans le dos.

Avant que Stryker ne puisse crier un ordre, Harcourt se joignit à la mêlée, utilisant son canon à main dans sa main gauche telle une massue tout en manipulant son épée de l’autre. Davantage de la tutelle d’Ashlynn d’Elyse, imagina Stryker.

Il ne restait plus que trois Garde des Glaces. Strykers’éloigna d’Harcourt pour s’occuper d’eux et se concentra sur le Man-O-War et le kapitan. Il para la hache exterminatrice du Man-O-War et virevolta dans l’allonge du soldat, mais ne l’attaqua pas. Au lieu de cela, il sabra le kapitan, qui rechargeait à la hâte son canon à main. Vif-Argent décolla le haut de la tête de l’homme dans une goutte de sang, puis Stryker virevolta à nouveau, découpant la jambe d’un Man-O-War, l’invalidant au sol. La fureur et le désespoir le poussaient à présent ; toute prétention de technique s’effaça. Il frappa le dernier Man-O-War avec une force brute, poussant la force mystique dans ses coups. Son premier coup trancha la hache de l’homme en deux. Le second lui arracha le bras droit au niveau du coude. Le dernier dans son casque, fendant l’acier jusqu’au hausse-col. Il tomba raide mort.

Stryker se retourna. Harcourt se tenait au-dessus des cadavres de ses ennemis, du sang coulant sur son visage alors qu’il titubait vers Stryker.

« Où es-tu touché ? » Demanda Stryker.

« Un coup de hache », dit-il. « Une blessure au cuir chevelu. Je suis juste étourdi. »

Stryker voulu vérifier la blessure, mais à quoi bon ? Rien de tout cela n’aurait d’importance assez tôt. Il se tourna vers les commandes et réalisa avec un soulagement silencieux qu’elles n’étaient pas trop différentes de celles qu’il pouvait voir sur un vaisseau à voile standard. Il y avait même une roue, et à côté, des commandes et des leviers. Il comprenait suffisamment le khadoréen pour lire les mots pour l’altitude et la poussée, bien que si ce navire céleste était comme le vaisseau cygnaréen, ces commandes n’enverraient que des messages aux ingénieurs surveillant le commandes du moteur céleste, indiquant de réduire ou d’augmenter la puissance des noyaux d’entraînements, ce qui à son tour, augmentait ou diminuait la vitesse et l’altitude. Il ne pouvait pas contrôler le navire lui-même – seulement les hommes qui le faisaient fonctionner.

« Comprenez-vous cela ? » Demanda Harcourt.

Stryker regarda par les immenses fenêtres devant lui le dirigeable le plus proche.
« Nous ne faisons pas de vol de précision ici », dit-il en posant les mains sur la roue. « Je vais juste viser la proue… »

Il tourna la roue vers le navire céleste khadoréen. Il y eut moins de résistance qu’il ne s’y attendait, et ainsi le navire tangua follement à tribord, le jetant Harcourt et lui par terre.

Stryker se releva et repris la barre, la stabilisant avant que le vaisseau ne s’éloigne de sa route. Cette fois, il procéda avec plus de prudence et de finesses et réussi à aligner la proue, plus ou moins, avec sa cible. Il attrapa le levier marqué poussée et le poussa en avant, ressentant un léger élan de sympathie pour les ingénieurs en dessous qui suivraient les ordres, les croyant de leur kapitan, ce qui signifierait finalement leur mort. Il ne se passa rien pendant quelques secondes, puis les moteurs rugir et le bruit du vent qui s’engouffrait devint un hurlement croissant.

« Ça y est » déclara Stryker, alors que le navire céleste khadoréen devant eux se rapprochait. Même si’ils se rendaient compte du péril imminent, ils ne seraient pas capables de manœuvre à temps. « William, je veux te dire - »

« Monsieur, regardez ! » Dit Harcourt en pointant du doigt.

Stryker se retourna pour voir un autre navire céleste venant du sud, un vaisseau tout à fait différent des autres. C’était plus un cuirassé qu’une barge, plus petit que les vaisseaux khadoréens, avec une large proue blindée qui se rétrécissait vers la poupe. Son pont était bas, continu du pont supérieur, et derrière lui, des bobines-tempêtes géantes emplissaient le ciel d’un feu bleu.

Nemo venait d’arriver.

. . .

SOULAGEMENT ET TERREUR ENVAHIRENT MAGNUS à l’approche du navire céleste cygnaréen. Son arrivée signifait que Neo avait reçu le message de Stryker, mais le Perce-Nuage se dirigea vers le vaisseau khadoréen avec un angle d’attaque évident, son pont rempli de soldats et de warjacks.

Magnus avait d’autres problèmes, ce qui lui fut rapidement lorsqu’une hache de la Garde des Glaces s’écrasa dans son champ d’énergie et rebondit sur sa cuirasse. Magnus ouvrit le torse de l’homme et lui et le balança par-dessus bord alors qu’il essayait de se retenir.

Les khadoréens étaient nettement plus nombreux que lui, et les renforts ennemis arrivaient depuis le bas à un rythme soutenu. C’était un problème, mais un dilemme plus grave était le fait que son bleu amical ne serait pas visible au sein d’un océan rouge ennemi pour les troupes cygnaréennes à bord du Perce-Nuage. Le Perce-Nuage flottait au-dessus du navire khadoréen afin que ses troupes puissent tirer sur l’ennemi. Il devait trouver un moyen de se signaler.

Magnus examina la mêlée tourbillonnante et trouva Vî Arsouye au milieu d’un enchevêtrement de Man-O-War et de Gardes des Glaces, balançant son marteau et aplatissant les hommes ou les projetant par-dessus bord pour les faire plonger vers leur mort. Le grand Cuirassier, avec sa coque bleue abîmée et sa silhouette incontournable, était aussi grand qu’un drapeau que Magnus pourrait lever. Le warjack était à une dizaine de mètres et une douzaine d’ennemis se tenaient entre eux. Maintenant, il avait besoin de faire de la place.

« Protégez-moi ! » Hurla Magnus à un deux Lames-Tempêtes, et les deux chevaliers se placèrent devant lui pour faire face à une autre attaque des khadoréens. Magnus se concentra et invoqua un sort, l’épuisement de ses réserves mystiques le stupéfiant presque. Les runes se formèrent, et à dix verges de là, le pont du navire khadoréens explosa vers le haut dans une gerbe d’acier, déchiquetant les soldats khadoréens les plus proches de l’explosion et en envoyant d’autres voler.

Il courut vers l’avant sur le pont brûlé, abattant un Garde des Glaces gravement blessé avec Pourfendeur. Au-dessus, les soldats du Perce-Nuage Raelthorne commencèrent à tirer, des pionniers et fusiliers déversant tir après tir dans la mêlée d’amis et d’ennemis.

« Arsouye ! » Cria Magnus en s’approchant du Cuirassier. Le warjack était toujours lié à Harcourt, et il y avait une petite chance, petite, que le warcaster vive et regarde à travers les yeux d’Arsouye. « Signale le navire. »

Arsouye écrasa un autre Garde des Glaces et libéra un souffle de vapeur interrogateur.

« Harcourt, bon sang, fais signe au Raelthorne », cria Magnus, puis tressaillit quand une balle rebondit sur son champ d’énergie. Le tir venait d’en haut.

Les yeux d’Arsouye clignotèrent, et Magnus sentit le subtil picotement de la présence d’un autre warcaster. « Harcourt, emmène-le au bord du pont. »

Vî Arsouye bondi en avant, labourant les derniers Gardes des Glaces et Man-O-War qui l’entouraient tel un train fou. Le warjack ne prit même pas le temps d’employer son marteau – défonçant simplement l’ennemi ou l’écrasant sous ses pieds.

Magnus couru derrière le Cuirassier, abattant tous les khadoréens assez rapide pour se mettre hors du chemin du vieil Arsouye. Le warjack atteignit le bord du pont, là ou les hommes à bord du Perce-Nuage pouvait facilement le voir, et agita son marteau. Agnus s’empressa de jeter un sort et lança un projectile arcanique en l’air, une traînée d’énergie dorée qu’il espérait voir agir comme une fusée éclairante.

Les tirs depuis le vaisseau cygnaréens cessèrent, puis il descendit juste sous le pont principal du navire céleste, un exploit de pilotage possible uniquement par quelqu’un connaissant intimement la machine.

« Saute » cria-t-on depuis derrière Magnus, et il se tourna pour voir Stryker et Harcourt se précipiter dans sa direction, leurs champs d’énergies pulsant en bleu alors qu’ils déviaient les lames et les balles ennemies. « Tous sur le Raelthorne ! »

« Quoi ? » Demanda Magnus, incapable de croire ce qu’il entendait. « Il y a pas une foutue rampe ou … »

Stryker le dépassa et sauta depuis le navire khadoréen. Il resta suspendu dans les airs durant une fraction de seconde et heurta le pont du Perce-Nuage au milieu d’une douzaine de fusiliers.

Harcourt et la douzaine de Lames-Tempêtes restants le suivirent puis Arsouye plongea. Douze tonnes de warjack percuta le pont renforcé du vaisseau cygnaréen avec un bruit semblable à celui d’une montagne tombant sur le sommet d’une montagne.

Les tirs reprirent depuis le pont du vaisseau cygnaréen, tandis que les fusiliers et les pionniers dissuadaient les soldats khadoréens de suivre.

Magnus secoua la tête, combattit tous les instincts hurlants de son cerveau et sauta.

. . .

LES DEUX NAVIRES KHADORÉENS SE PERCUTÈRENT dans un bruit surnaturel, une explosion de métal brisé, de bois éclaté et le grondement sourd de mille canons.

Du pont du Raelthorne, Nemo regardait les deux vaisseaux plonger vers le sol, un enchevêtrement flamboyant de métal brûlant. Ils étaient suffisamment éloignés de la ville pour que les navires s’écrasent sans danger dans le fleuve, projetant une puissante écume de vapeur et d’eau.

« Tous mes hommes sont là, Général Artificier », dit Stryker, la voix fatiguée. Les cheveux roux du warcaster étaient enchevêtrés, et son armure cabossée et ses yeux fatigués exprimaient des jours et des jours de combat. « Abattons ce chaland flottant. »

Nemo secoua la tête. « Ce Perce-Nuage n’est pas armé. »

« Quoi ? » Prononça Asheth Magnus. « Vous avez lancé cette chose dans moyen de gérer ce truc ? »

Il pointait du doigt l’imposante forme du dernier navire céleste khadoréen, à quelques kilomètres de là. Si Stryker avait l’air épuisé, Magnus semblait sur le point de s’écrouler ; l’homme n’était pas beaucoup plus jeune que Nemo, bien que ni l’âge ni la fatigue n’aient empêché son emportement.

« On n’a pas eu le temps », répondit Nemo, essayant d’être patient. « Je l’ai lancé dès que nous avons reçu le message de Stryker. »

« Eh bien, nous pouvons l’éperonner ? » Dit Stryker. Son visage s’assombrit. Il venait de survivre à une mort presque certaine, mais il était là, prêt et disposé à entreprendre le même plan d’action. C’était un soldat jusqu’au bout.

« Cela pourrait fonctionner, mais le Raelthorne est beaucoup plus petite que l’abomination d’Irusk. » Une partie de Nemo voulait sans aucun doute savoir comment, par le souffle de Thamar, ils avaient réussi à faire décoller une telle masse de métal du sol « Nous pourrions nous y fracasser  nous briser et chuter telle une pierre, sans y avoir fait de dégâts réels. »

« Alors à quoi jouons-nous ici ? » Demanda Magnus.

« Ce navire est chargé avec autant de soldats et de warjacks qu’il peut en transporter, y compris un Ouragan », déclara Nemo. « La réponse est simple : nous le rattrapons et nous l’abordons. »

« On peut le rattraper ? » Demanda Stryker. « Il a déjà viré vers Corvis, avec une bonne longueur d’avance. »

« Une sacrée foutue bonne question », déclara Magnus, « et pour aggraver les choses, je parierais qu’Irusk est à bord de celui-là. Il a perdu Merywyn, et vous savez qu’il veut nous faire payer pour ça. Il détruira Corvis et la plupart de la Première Armée sur son chemin. Par dépit, si ce n’est que par méchanceté. »

« Le Raelthorne est plus rapide, sans aucun doute », déclara Nemo, « mais le vaisseau khadoréen est trop loin devant. »

« Ça aiderait si on trouvait des rames et qu’on ramait ? Crachat Magnus.

Nemo hésita, l’oeil brillant, manifestement sur le point de répondre aux sarcasmes de Magnus, mais il se tourna vers Stryker. « Non, nous ne pouvons pas rattraper le vaisseau khadoréen, pas selon la puissance propre du Raelthorne. »

Les yeux de Stryker se rétrécirent. « Que proposes-tu ? »

« Moi, je ne suggère rien », déclara Nemo. « Mais je vous dis que les turbines arcaniques de ce Perce-Nuage sont alimentées par des Accu-Tempêtes. »

Stryker compris immédiatement, mais l’inquiétude sur son visage n’était pas particulièrement convaincante.

« Général Artificier… » Commença-t-il. « Sebastian, nous ne parlons pas de suralimenter un warjack- »

« Ne pensez-vous pas que je le comprends, Seigneur Général ? » Lâcha Nemo. « Vous ne pensez que je connais pas le risque que nous prenons ?

Stryker baissa la tête. « Mes excuses. J’ai parlé à tort et à travers. » Nemo soupira. Stryker vit sa colère s’évaporer, une émotion plus terrible couvrir ses traits : le doute. « Non, mon garçon, tu as simplement dit la vérité, mais je ne vois aucune alternative. »

« Très bien alors. Je te fais confiance, bien sûr. Comment puis-je aider ? »

« Garde le bon cap pendant que je descends. » Nemo rassembla un sourire las. « Les choses pourraient devenir un peu cahoteuses. »

Magnus rigola, bien qu’il soit vide et sans gaieté. « Vous êtes tous les deux cinglés, mais j’en suis pour un foutu cuivre, pour une couronne chopée à Thamar. »

Nemo jeta un coup d’oeil sur le pont – à Stryker, à Magnus, aux officiers et aux soldats qui occupent leurs postes. Tous avaient leur regard fixé sur lui, mais ils savaient qu’il n’avait jamais été doué pour les discours. Les exposés de faits étaient plus de son domaine, même les faits les plus difficiles. »

« Nous allons rattraper Irusk », déclara le général artificier. « Nous aborderons ce navire et nous mettrons fin à cette guerre. »

Mais il n’avait pas l’air très sûr de lui.

15
MàJ

Chapitre 30.
On conclue momentanément là

Bonne lecture

16
MàJ

Chapitre 29

18
taïaut

19
MàJ

Chapitre 28

20
Iron Kingdoms - RPG / Troll Commun
« le: 06 mai 2020 à 11:30:26 »
Troll Commun

Les trolls sont l’une des espèces les plus adaptables d’Immoren. En fonction du régime alimentaire et de l’environnement du troll, il produira éventuellement une nouvelle race parfaitement adaptée à son environnement. Ces races adaptées de trolls subissent de profonds changements physiologiques, prenant une nouvelle apparence et acquérant de nouvelles capacités leur permettant de s’épanouir au sein de zones hostiles à d’autres espèces.

—Professeur Viktor Pendrake, Monsternomicon

Description

Humanoïdes énormes, adaptables et carnivores que l’on retrouve partout en Caen, les trolls ont une espèce remarquable. Depuis les temps anciens, ils représentent un danger pour l’humanité. Ils font partie des créatures les plus puissantes et les plus meurtrières découvertes dans la nature et leur rencontre ne doit pas être prise à la légère. Même les trollkin, leurs cousins éloignés, ne peuvent garantir que les rencontres avec des trolls pur-sang se termineront bien : même si les trolls ne les chassent généralement pas avec le même enthousiasme qu’ils ont pour les autres races, une viande reste une viande. Un trollkin doit faire preuve de prudence lorsqu’il interagit avec un troll pur-sang pour éviter de le mettre en colère, mais tout au long de l’histoire, les deux races ont été capables d’étalier des relations mutuellement bénéfiques. Les trolls pur-sang parlent souvent une forme limitée de Molgur-Trul, et le langage partagé permet aux trollkin prudents de communiquer avec leurs cousins.

La peau d’un troll est de teinte terreuse influencée par son régime alimentaire et son environnement, allant généralement du bleu profond au bleu-vert, et ils développent des piquants prononcés à la place des poils. Les mâles ont des excroissances rocheuses sur la face semblable à des rochers, devenant plus prononcées avec l’âge, et certaines des plus grandes races ont des plaques similaires sur les épaules, le dos et les bras. Le troll commun fait dix pieds [3,048 mètres] de haut et son corps regorge de puissants muscles. Les trolls ont une intelligence de base et une capacité de raisonnement. Ces traits ne sont pas aussi développés que ceux des races intelligentes d’Immoren, mais ils sont certainement supérieurs à ceux d’un animal commun. Certains trolls emploient des outils et des armes simples en pierre ou en bois, bien qu’ils soient tout aussi susceptibles de chasser à mains nues que d’utiliser n’importe quel armement primitif. Les trolls intégrés aux communautés trollkin possèdent souvent des armements et des armures plus sophistiqués fabriqués par leurs cousins lointains.

Les mâles sauvages mènent généralement une existence solitaire, mais les trolls se regroupent parfois en petites unités familiales. Ils tolèrent las présence d’autres trolls dans une certaine mesure, mais la plupart des autres créatures se heurtent à l’hostilité. Les trolls ont un appétit vorace et passent la majeure partie de leur temps et de leur énergie à chercher le moyen de remplir leur estomac. Bien que les trolls soient carnivores, ceux qui restent trop longtemps sans nourriture suffisante consomment pratiquement tout – et préfèrent toujours la viande. Un troll affamé n’a pas la capacité de faire preuve de jugement et fera tout pour apaiser sa faim : écorcer un arbre, arracher des parcelles de flore et même manger des pierres. Heureusement, du moins pour le troll, ils résistent naturellement à la plupart des toxines, car ce comportement entraîne souvent l’ingestion d’un nombre impressionnant de poisons.

Tous les trolls sont connus pour leurs capacités de régénération. Leurs corps peuvent faire ressouder d’horribles blessures, et même les membres coupés ne peuvent être totalement ignorés. Les mains et les pieds tranchés d’un troll développeront un tout nouveau corps, obligé de traîner un membre extrêmement disproportionné. Surnommés avortons, ces créatures malformées et dégénérées suivent souvent les traces d’un troll plus grand, témoins des combats auquel la créature a dû faire face. Les avortons sont simples d’esprit et se contentent de suivre les trolls plus grands dans l’espoir de se nourrir des restes laissés. Laissés à eux-mêmes, les avortons fuiront tout source de danger. Ils comptent entièrement sur les trolls pour les protéger du danger, même si leurs parents ont l’habitude de les transformer en repas sommaires.

Combat

Un troll en colère ou affamé est un adversaire tenace qui se battra jusqu’à ce que ses ennemis soient morts que le troll ait subi une blessure mortelle. Les trolls aiment parfois des gourdins primitifs ou des lances en bois, bien qu’ils soient plus susceptibles d’attaquer à mains nues avec les griffes et les dents. Les trolls ont de forts liens familiaux et sont plus agressifs lorsque les membres de leur famille sont menacés.

Connaissance

Un personnage peut jouer un jet de compétence INT + Connaissance (zoologie extraordinaire) pour déterminer ce qu’il sait de la créature. Il prend connaissance de toutes les informations à concurrence du résultat du jet. Plus le résultat est élevé, plus il apprend.

8 : Les trolls sont de massifs humanoïdes retrouvés dans une grande variété d’environnements différents. De petits groupes de trolls se regroupent parfois en unités familiales. Ils sont fortement motivés par un désir de nourriture.

10 : Les trolls ont de remarquables capacités de régénération. Ils peuvent se remettre de blessures qui pourraient être fatales à d’autres créatures. Certaines blessures causées aux trolls entraînent la génération de trolls miniatures malformés appelés avortons.

12 : Pendant des siècles, les trollkin ont forcé ou convaincu leurs cousins trolls de se battre à leurs côtés. Les trolls sont souvent moins hostiles aux trollkin et peuvent parfois être abordés par eux, en particulier si on leur offre de la nourriture. Les trolls parlent un Molgur-Trul limité, bien qu’ils ne soient capables que de phrases simples.


21
Texte en entier.
Bonne lecture  :)

22
UN DEUXIÈME INCIDENT

Fiction par Simon Berman

La lumière du soleil déferlait d’un ciel bleu clair. En traversant la vallée de la montagne, la lumière rebondissait d’un sommet à l’autre couvert de givre, en traversant la petite garnison et le village avant d’arriver dans les yeux aveuglés par la neige du rhulfolk qui montait la garde au sommet d’un tour de guet en pierre.

Malgré l’éblouissement, le nain ressentait le froid brutal de l’air du printemps même à travers son armure isolée. Le froid s’abattait sur son visage exposé et buriné, provoquant une grimace. Même le feu vif de son armure de warcaster ne pouvait pas empêcher le froid de s’infiltrer par son col. Il frotta ses mains gantées l’une contre l’autre et regarda le maillet mékaniquement augmenté qu’il avait laissé appuyé contre le parapet de pierre. Il savait que l’arme serait douloureuse à ramasser et il soupira. Malgré tout, Gorten Grundback décida qu’il était heureux d’être de retour dans son pays.

Il regarda à nouveau le terrain ouvert et enneigé devant le mur de la garnison qui protégeait le village d’Heffgrun. Gorten soupira et se tourna vers son compagnon, un autre rhulfolk vêtu de soies noires recouvertes d’une lourde cape de laine blanche pour se protéger du froid mordant. « Pourquoi moi ? Si c’est comme vous le dites, le Conclave aurait dû mobiliser une véritable armée. »

Le jeune nain haussa un sourcil. « Vous devez vraiment le demander ? Peut-être que vous êtes parmi les humains depuis trop longtemps. » Son expression suggéra une lassitude que Gorten trouva surprenante chez un nain d’au moins dix ans son cadet. Il devait se rappeler que Bulin Jhord était le frère cadet du seigneur de pierre du Clan Jhord, qui était l’un des treize dirigeants descendant directement des Pères Originels. Jhord était le gardien des secrets des dieux nains, et son clan gérait la collecte de renseignement pour le Conclave. L’espionnage était trop sordide pour les parangons comme les seigneurs de pierre puissent la gérer personnellement, aussi traditionnellement, l’un des plus jeunes frères et sœurs de Jhord recevait le poignard cérémonial Corbelgriffe, une lame que Gorten avait remarqué à la ceinture de Bulin. Elle symbolisait le commandement du corps d’espion de Rhul. Bulin était donc au courant des secrets les plus sombres de l’état rhulique, un grand fardeau et une grande responsabilité pour quiconque, quel que soit son âge. La vue de ce poignard rendait Gorten mal à l’aise. On disait que c’était une relique détenue par le Père Originel Jhord en personne. Des questions de religion et de politiques troublait Gorten et lui rappelait pourquoi il préférait parcourir les royaumes humains et mener des batailles pour des étrangers.

Bulin s’exprima à nouveau : « Le Conclave est plus lent à se bouger maintenant qu’à tout autre moment depuis des siècles. Ils observent à l’ouest, vers Khador, et remarque l’impératrice affamée. Elle a déjà englouti le Llael, et même avec toutes ses autres préoccupations, je suis sûr qu’elle est tentée par nos minéraux. Le hiérarque du Protectorat s’est également invité à cette sauterie, et maintenant même les iosiens émergent de leur forêt. » D’un geste de la main, il ajouta : « Je ne sais pas pourquoi je vous dis cela vous avez mené la moitié de ces batailles pour bon nombre de clients. »

Gorten haussa les épaules. « Je suis là maintenant, non ? Tu paies bien, Bulin, mais j’ai renoncé à une nombreuse somme pour être ici aujourd’hui. Fais-moi plaisir et répond à ma question. Pourquoi le Conclave n’envoie-t-il pas la Garde du Conclave ou une force officielle depuis Fort-Horgen ? »

« Il y a un important débat, comme toujours au Conclave. Techniquement, la partie sud où se trouve Leffenworn est en dehors des limites de notre protection. Cela peut sembler sans-âme, mais certains seigneurs pensent qu’ils ont obtenu ce qu’ils méritaient, vivant si loin de nos patrouilles. »

« Personne ne mérite ce qui leur est arrivé - » se moqua Gorten.

« Bien sûr que non. Mais ces seigneurs de clan ont raison sur le plan juridique ; nous n’avons jamais prétendu pouvoir protéger la partie sud entre Fort-Horgen et Brunder. Ces gens ont déménagé là-bas attirés par des mines inexploitées, mais nous ne pouvons pas protéger toutes les montagnes. »

« Tu as des détails de ce qui s’est passé à Leffenworm ? » Demanda Gorten. « Cette lettre que tu m’as envoyée fait croire à un massacre. » Il fit la grimace.

Bulin acquiesça d’un signe de tête sinistre. « Lorsque j’ai reçu les rapports pour la première fois, je ne savais pas trop quoi penser. Vous savez que des choses étranges se produisent parfois dans des villages isolés ou dans les cols. Il y a eu cette affaire avec le gorgandur il y a quelques années. Pourtant, il y a généralement un ou deux survivants, et ce premier rapport m’a mis mal à l’aise. J’ai envoyé deux de mes hommes les plus fiables en reconnaissance et ils sont revenus ébranlés. Ce ne sont pas pieds tendre, vous comprenez, mais des vétérans qui ont vu leur part de fosses communes et de chirurgies sur le champ de bataille. Ils m’ont dit que l’endroit ressemblait à un abattoir après le massacre de la saison. Ils ont vu les feux de camps de ce qui semblait être une importante force peut-être campée dans la vallée voisine, mais ils étaient trop effrayés par ce qu’ils avaient vu dans ce village pour enquêter de plus près. Au moins un mois s’était écoulé depuis l’incident, et le sang était encore gelé sur les murs et visible sous formes de taches rouges sous la neige plus fraîche. Ils ont dit qu’ils pouvaient le voir scintiller comme des rubis », le nain s’arrêta une fois de plus. « Ce qui est vraiment étrange, c’est qu’à part les taches de sang, il n’y avait pas de cadavres. Pas de faune locale non plus, comme si tout ce qui était naturel avait fui. »

Gorten leva un sourcil et grogna une épithète. « Tu penses que cela signifie quoi ? Cryxiens ? »

Bulin secoua la tête. « C’était aussi ma premiere impression, mais nous les aurions déjà vus. Les morts-vivants ravagent certainement certaines parties de Llael, mais nous n’avons aucune preuve réelle de leur présence près de Rhul. J’ai été plus inquiet par quelques rapports que nous avons eus sur des nyss – nyss qui sont parfois vu en compagnie de créatures d’apparence non naturelle. Peut-être la corruption. » Il jeta un regard inquiet vers les montagnes qui bordaient leur vallée. « J’ai un lien avec le SRC qui a mentionné quelques, euh, incidents en Llael l’année dernière impliquant des elfes nyss et des choses corrompues. Il y avait des mentions de chaudrons remplis de sang et de la récolte des cadavres après la bataille. Tout cela m’a semblé familier. »

« Cela ressemble à ce que nous avons vu dans l’ouest l’année dernière lorsque j’étais avec le 33ème Corps d’Hammerfall. Des rejetons draconiques et d’autres saloperies », songea Gorten.

« Oui, je me souviens de ces rapports. Cela pourrait être lié. Je ne peux pas prétendre comprendre les détails, mais il semble y avoir une nouvelle menace en cours, une qui grignote les bords de Rhul. Elle bouleverse les clans, mais surtout ceux qui se trouvent en périphérie, et vous savez le peu d’influence qu’ils ont à Ghord. Les guerres croissantes des Royaumes d’Acier les ont troublés, et la découverte d’une menace réelle déjà présente à Rhul pourrait amener certain des membres les plus impatients du conseil à adopter un comportement alarmant. L’incident suscite naturellement un tollé croissant, mais question est de savoir s’il faut éliminer le cancer qui sévit dans cette région et dépenser nos énergies à consolider nos frontières aux points de passage défendables. Le Conclave décidera éventuellement d’agir, mais il n’est pas utile que deux clans ne puissent pas s’entendre sur le soutien qu’ils peuvent apporter. Peu de gens se soucient vraiment des clans pauvres des montagnes vivant en marge de la société. J’aimerais faire quelque chose, mais tant que le Conclave ne se sera pas exprimé, je ne peux pas agir officiellement. C’est pourquoi nous nous tournons vers vous. »

« Alors, comme d’habitude, Bulin ? » Gorten roula les yeux et sourit. « Beaucoup de mot pour me dire que vous comptez sur l’ vi Grundback pour sauver vos fesses à nouveau. »

Le jeune nain rit. « C’est à peu près ça, oui. » Son visage redevint sérieux, alors qu’il déplaçait son poids d’un pied sur l’autre, bougeant sans cesse dans le froid brutal. « Je dois vraiment vous remercier encore une fois d’avoir parcouru une si grande distance pour une récompense aussi modeste. »

Gorten secoua la tête avec tristesse. « Je dois être fou de venir jusqu’ici pour la petite somme que tu offres. Ces ‘jacks ne se nourrissent pas seul. » Il pointa un pouce par-dessus son épaule vers le petit groupe de ‘jacks rhulique ci-après, alimenté et préparé par une équipe d’ingénieurs. « Je suis ici depuis trois heures et nous bouffons déjà du charbon. Je n’ai même pas encore effectué de première patrouille. »

« Eh bien, j’apprécie. Cette garnison est éloignée, mais le village est assez grand pour mériter une protection. Heffgrun est vital pour le commerce du fer sortant des Pointes Blanches vers Laedry. Il y a au moins deux cents civils là-bas, et je ne veux pas voir un autre Leffenworn. » Prenant un moment pour assimiler tout ce qu’on lui avait dit, le warcaster laissa son regard passer de ses warjacks à travers la garnison fortifiée, puis à travers le sol plat et enneigé jusqu’à la limite des arbres. La lumière du soleil était encore aveuglante alors qu’elle scintillait sur le sol gelé, et Gorten loucha, pensant un instant qu’il avait vu quelque chose bouger rapidement parmi les arbres. Il l’ignora, pensant que l’histoire de Bulin ‘avat contaminé. Il était sur le point de s’exprimer lorsqu’une flèche à plumes noires frappa le parapet à quelques centimètres de son bras, dérapant dans un flou et ricochant contre son armure. Gorten se jeta sur le sol en pierre de la tour de guet. Alors que d’autres flèches voulaient au-dessus de lui, il saisit son maillet et actionna l’interrupteur qui poussa la fournaise de son armure à pleine puissance. L’adrénaline montant, il remarqua à peine à quel point le manche de Père des Forges était froid, même à travers ses gants armurés.

Gorten regarda où Bulin se tenait et ne vit qu’une petite mare de sang. Un peu plus loin, l’un des gardes de la garnison s’effondra sur le parapet avec trois flèches dans sa poitrine comme s’il avait été choppé au milieu de la chute. Gorten pris un instant pour regarder autour de lui, puis s’accroupit et se laissa tomber par-dessus et se laissa tomber par le rebord de la passerelle de la tour, chutant d’un étage, dans la cour enneigée en contrebas.

Il appuya sur l’interrupteur qui enclenchait les accumulateurs de son arme et réalisa que Bulin était là, nouant un morceau de tissu arraché à sa cape à l’entaille sur son bras. Le chiffon blanc était déjà trempé de sang. Il grogna en terminant d’attacher le pansement improvisé et sourit sardoniquement. « Je suppose que vous allez gagner votre croûte, Gorten. »

Le warcaster fit une grimace et ne prit pas la peine de répondre. Il était déjà en train d’étendre son esprit, ressentant les cortex de ses warjacks. Son esprit s’est immédiatement rempli de la connaissance de la quantité de carburant et de munitions que chacun des ‘jacks transportait, et il fit une prière silencieuse, reconnaissant que l’attaque ait lieu alors que son équipage se préparait à patrouiller. Il pouvait voir à travers les yeux de son groupe de combat que les mékaniciens terminaient leurs vérifications de combat et qui n’étaient pas nécessaire se précipitaient déjà au contrôle des warjacks de réserves de la garnison. Sans plus attendre, Gorten se mit à courir vers les portes principales de du fort, commandant à ses ‘jacks de le suivre. »

Les civils mineurs et leurs familles se précipitèrent vers le donjon intérieur de la garnison, et Gorten jura brutalement alors qu’il manoeuvrait ses warjacks autour d’eux. Des flèches commencèrent à joncher la cour, abattant les gardes de la garnison avec une précision inquiétante, étant donné que les assaillants ne pouvaient même pas voir leurs cibles de l’autre côté des murs. Une unité de carabiniers se rassemblaient derrière lui verrouillait leurs boucliers et se préparait à s’aventurer pour soutenir le warcaster mercenaire. Alors que Gorten s’approchait de la porte, un garde signala qu’il était encore temps de sortir, et les immenses portes en fer s’ouvrirent avec le bruit de grincement de machines.

Sa première pensée fut que cette victoire pourrait être facile à remporter. Une douzaine de personnages vêtus de noir que Gorten identifie rapidement comme des nyss s’approchaient de la garnison dans une ligne d’escarmouche. Ils avançaient en trottinant doucement sur la neige, tirant des flèches dans le fort au fur et à mesure de leur progression. Au moment où Gorten élabora un plan de contre-attaque, des dizaines d’autres nyss surgirent de sous la neige à une courte distance du fort. Alors que les flèches ricochaient sur le champ d’énergie fourni par son armure, le warcaster serra les dents et ordonna à son nouvellement acquis – et extrêmement cher – de riposter. Il y eut un bruit sourd et trois des archers disparurent dans une explosion de neige teintée de rouge.

Il jeta un coup d’oeil par-dessus son épaule pour voir les carabiniers entrer sur le champ de bataille et fit signe aux gardes de fermer les portes. Il se retourna vers le champ por remarquer de massives créatures émergeant de la lisière des bois, leur chair blanche et lisse entrecoupée par des rochers semblant émerger de leurs squelettes. De plus petites bêtes – des bouches aux crocs tranchant et des jambes sautillantes – couraient autour d’elles et se dirigeaient vers la forteresse. Gorten entendit les portes se refermer derrière lui et commença à se demander quelle somme supplémentaire il pourrait obtenir du Clan Jhord quand cette maudite journée serait enfin terminée.

23
Texte en entier

Bonne lecture

24
ALLER SEUL

Récit par Douglas Seacat

Saxon Orrik regardait avec impatience les deux Cetrati qui lui barraient le chemin. Les skorne lourdement armuré refusait de bouger jusqu’à ce qu’un coursier émacié arrive de la salle derrière eux, se prosterne et soulève une fine tige enveloppée de tissu rouge. Voyant ce signal d’approbation, les Cataphractères ont levé leurs lances et se sont déplacés sur les côtés du portique. Ils reprirent leurs positions attentives. Juste derrière eux se tenait une paire de gardiens ancestrales dont l’attention silencieuse était ressentie par Saxon alors qu’il passait devant. Ses bottes ne faisaient aucun bruit sur les pierres posées avec précision de la Forteresse sur l’Abîme alors qu’il suivait le coursier esclave.

À intervalles réguliers, des soldats skorne occupaient des niches le long de la sale voûtée, mais moins que ne le pensait Saxon. Tous des vétérans grisonnants, ils lui lançaient un regard noir avec une hostilité qu’il s’était habitué à ressentir. Même le skorne qui avait bénéficié de ses conseils lors de la traversée du désert ne pouvait lui pardonner d’être humain. L’exemption qu’ils accordaient à leur Archdominar Suprême en tant que Réincarné ne s’appliquait pas à Saxon.

Le coursier l’a conduit non pas à la salle d’audience centrale mais à la promenade supérieure du mur de la cour intérieure. Saxon entendait clairement le hurlement des Terres des Tempêtes à travers les murs, s’élevant et s’abaissant avec une cadence familière. La fureur des Terres des Tempêtes empêchait la cour d’être à ciel ouvert, et son grand plafond en forme de dôme faisait de cette plus grande salle de la forteresse un triomphe de l’architecture skorne. Ses terrains de parades abrités pouvaient abriter une armée. Ils avaient accueilli la puissance rassemblée de l’Armée de l’Extrême Occident lorsque cette force s’était rassemblée pour entendre leur Conquérant les envoyer à la guerre un an plus tôt.

Cette silhouette particulière se tenait maintenant à la balustrade supérieure, portant une armure à plaques intégrales. Sa stature et son allure le rendaient imposant quelle que soit sa tenue vestimentaire, mais lorsqu’il était entièrement équipé pour la guerre, il ressemblait à un dieu. Même après cinquante-trois ans, ses cheveux longs, sa moustache, et sa barbe bien taillée demeuraient noir corbeau, sans un soupçon de gris. Saxon, lui-même âgé de sept ans de plus, était convaincu que les années l’avaient marqué plus sévèrement, bien qu’il soit toujours maigre et en forme après une décennie à tester ses limites dans le désert sans pitié. Le ranger s’était mis à se raser la tête sous son turban en tissu et l’exposition constante au soleil et au vent avait bronzé et altéré ses traits.

Vinter s’est tourné pour faire face à son visiteur avec un froncement de sourcils familiers et le regard troublant de son unique œil et le cache-oeil orné de bijoux couvrant la cavité de son jumeau perdu depuis longtemps. Son énorme épée, Régicide, une larme qu’il n’avait jamais rengainée, s’appuyant contre la rambarde à portée de main. Ils se tenaient tous les deux seuls, sans garde du corps. Le coursier s’était empressé de disparaître dans l’un des minces passages latéraux conçus pour permettre aux esclaves de passer invisibles de leurs supérieurs.

Saxon s’est profondément incliné et a baissé les yeux sur la pierre. « Votre Majesté ». Il préférait honorer Vinter comme son roi plutôt que d’employer des modes de discours skorne.

« Relève-toi. » Saxon a fait sa révérence et s’est tenu au garde-à-vous, les yeux baissés. Il pouvait sentir le regard de son seigneur, le jaugeant. Après une longue pause, Vinter a repris la parole, sa voix inhabituellement détachée. « Au moins, tu me sers toujours. Ou je me trompe ? »

« Vous ne vous trompez pas, mon seigneur. » Après un silence, il s’est senti obligé de demander : « Est-ce que tout va bien ? »

« Tout va bien ? » Vinter a répété cette phrase comme si elle l’amusait, et un petit sourire effleura ses lèvres. Dans l’instant suivant, son visage est devenu sévère. « J’ai soif. » Il a hoché la tête vers une flasque qui pendait à la ceinture de Saxon.

« Bien sûr, mon seigneur. » Saxon s’est immédiatement avancé et incliné en levant la flasque d’eau. « Vinter a pris une seule grande gorgée, comme s’il n’avait pas bu depuis des jours.

Cette affaire inhabituelle avec l’eau rappelait à l’esprit de Saxon un vieux souvenir. Il se souvenait avoir remis une flasque d’eau à son suzerain des années plus tôt alors qu’ils se tenaient tous les deux au milieu des dunes et planifiaient la première expédition qui n’avait pas réussi à s’emparer de Corvis. Cela a donné à Saxon un sentiment d’appréhension. Il avait appris à se présenter devant son seigneur l’esprit vide et à répondre à toutes les demandes sans hésitation Vinter était enclin à tester ceux qui le servaient, et il ne faisait rien sans but.

Vinter n’a pas fermé la flasque mais l’a retourné. Le liquide clair s’est déversé sur les pierres à ses pieds. « La loyauté est une ressource limitée en tout homme. Elle finit par s’épuiser et les laisse vaines. Tous trahissent, avec le temps » Il a lancé le récipient vide à Saxon.

Saxon Orrik ne croyait pas un instant que son seigneur parlait de sa propre loyauté. « Vous n’avez pas eu de nouvelle de l’Archdomina Makeda ? »

« J’ai eu des paroles. Une variété de rapports dénués de sens. Leur ton est manifestement neutre et ne me dit rien. Plus important encore, Morghoul est resté silencieux. Je lui ai confié une tâche et je n’ai d’autre choix que de conclure qu’il a échoué. D’autres sources le confirment vivant et en compagnie de Makeda. On doit supposer qu’il s’agit d’un complot. » Vinter s’était exprimé avec un calme absolu et ne faisait pas montre d’humeur ou d’inquiétude, ce qui a refroidi Saxon plus que si l’ancien roi cygnaréen avait hurlé de rage.

Saxon a attendu, mais lorsque Vinter ne s’est plus exprimé, le ranger a proposé : « Je voulais me renseigner sur le trafic inhabituel d’officiers que j’ai observés ces dernières semaines Des vétérans de l’Armée de l’Occident sont revenus ici pour demeurer inactifs pendant que des soldats moins expérimentés les remplacent. J’avais d’abord pensé que c’était votre volonté. »

« Non. C’est la main de Makeda. Je dois avouer qu’elle m’a surpris. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle ou Morghoul me renversent si tôt. Cela prouve ce que je pense de leur espèce depuis longtemps. Ils ressemblent plus à l’humain qu’ils ne le croient. » Le sourire de Vinter aurait pu refroidir la glace. « J’ai anticipé cela. Il est vital de ne pas devenir trop dépendant d’une seule arme. »

Cela a impressionné Saxon d’entendre Vinter parler de cette manière du possible dénouement de plus d’une décennie d’une œuvre difficile et sanglante. « Qu’attendez-vous de moi, mon seigneur ? Je pourrais mener une force pour appréhender le Maître Tourmenteur Morghoul et vous l’amener pour l’interroger.

« Non. Il est trop tard pour ça. Je respecte ton habilité, mais tu ne pourrais appréhender Morghoul. J’ai une utilisation différente en tête pour toi. Il est impératif que tu conserves et développe la niche que tu t’es forgé, même si tu dois avoir l’air de m’abandonner. Continue à guider les skorne et offre tes services à tous ceux qui te le demanderont. »

Saxon Orrik a hoché la tête, mais son visage ridé trahissait l’inquiétude. « Comme vous l’ordonnez, mon seigneur. Si je peux me permettre, qu’en pensez-vous ? Voulez-vous boucler la forteresse ? »

« la forteresse est perdue. » Vinter a prononcé ces mots sans aucun poids, comme s’il commentait la saveur de son dernier repas. « Je dois m’attendre à ce que Makeda ait compromis ma hiérarchie de commandement. Ne te méprends pas, ils ne s’empareront pas de cet endroit sans coût. Nombreux sont ceux qui sont impatients de mourir pour ma cause, et je leur en offrirai l’occasion. Halaak est théoriquement à toi, mais je m’attends à ce que les seigneurs des maisons trouvent des excuses pour me trahir assez tôt. Assurer leur obéissance nécessiterait une démonstration personnelle, et je ne perdrai pas ce temps. Ma voie va vers l’ouest, pas l’est. »

« Si la forteresse tombe, quel est votre plan, mon seigneur ? »

« Je me battrai et mes ennemis mourront. » Vinter haussa les épaules et sa main a effleuré le pommeau de son épée. « Makeda peut s’emparer de cette forteresse, mais elle apprendra à regretter ses choix. Des possibilités sont en cours. Il est préférable que tu ne connaisses pas les détails. Pour l’instant, fais-toi apprécier de Makeda. Trouve Asheth Magnus, s’il vit, et deviens précieux pour lui. Apprends ce que tu peux. Je te contacterai. »

Saxon Orrik s’est profondément incliné. « Cela sera fait. » En reculant, Saxon ressentait les effets d’une excitation plus profonde. Il savait que son ancien élève, Viktor Pendrake, s’était échappé pour retourner en Cygnar, échappant à la mort par un inexplicable caprice du destin. Saxon y a vu une opportunité – une chance de délivrer par sa propre lame une vengeance attendue depuis longtemps. Si l’occasion se présentait, il avait l’intention de la saisir.

25
Messieurs, bonne appétit et bonne lecture  :)

Pages: [1] 2 3 ... 46