Auteur Sujet: STORMBREAK - 1ere partie  (Lu 874 fois)

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STORMBREAK - 1ere partie
« le: 06 décembre 2019 à 00:32:37 »
CHRONIQUES DES ROYAUMES D’ACIER

ACTS OF WAR III

STORMBREAK

AERYN RUDEL

— 1 —

LE MAJOR ASHETH MAGNUS regarda à travers la longue-vue et fronça les sourcils. « Cette caravane a l’air bien petite à mon goût. Horgrum, jette un coup d’œil. Quelque chose ne semble pas à sa place ? »

L’imposant tireur embusqué trollkin a déployé son fusil et regarda à travers la lunette. Ses yeux perçants manquaient rarement le détail. Il était étrange pour Magnus de voir Horgrum sans le Sergent Sharp, son observateur et son compagnon toujours présent, mais l’homme avait été blessé à Rynyr et était toujours en convalescence.

Le trollkin observa à travers sa lunette pendant un cours moment et ensuite déposa son arme. « trois chariots. Trente hommes. Pas de warjacks. Vayne di Brascio les dirige. »

« Trente ? » Prononça le Lieutenant Brigland. L’ancien chien de mer et actuel officier pionnier cygnaréen donnaient l’impression de quelqu’un qui venait de donner un coup de pied dans une pierre. « Seulement trente ? Ils en avaient promis au moins une centaine. »

« C’est ce qu’ils ont fait », dit Magnus en regardant derrière lui. Deux escouades de rangers se dissimulaient dans les broussailles le long d’un chemin de terre enherbé longeant le Fleuve Noir. Une petite force, mais rapide et silencieuses. Stryker ne pouvait pas consacrer plus d’hommes que cela pour faire pour rencontrer la caravane de la Tour Gris-vent. Le Colonel Jarov avait promis des soldats llaelais et toutes les armes et munitions qu’il pouvait consacrer – une centaine d’hommes, a-t-il déclaré. Il semblait qu’il n’avait tenu qu’un tiers de cette promesse.

Magnus leva une main paume à plat, pour que les rangers le rejoignent sur la route. Vingt hommes armés de carabines et de couteaux de combats sont apparus derrière lui.

La caravane – trois chariots, chacun tractés par une paire de chevaux de trait – se dirigea vers eux, bruyamment et indéniablement, avant de s’arrêter. Un grand homme vif, vêtu d’une cape doublée de pourpre, descendit du chariot de tête et s’approcha avec un large sourire sur un joli visage. Un pistolet cinémantique et un sabre mékanique pendaient à ses hanches, les instruments de travail d’un mage balisticien d’un de la Rose Améthyste.

« Major Magnus, c’est bon de te revoir », dit Vayne di Brascio. Asheth s’était déjà battu aux côtés du mage balisticien et savait qu’il était à la fois un guerrier talentueux et un espion rusé.

Magnus lui offrit sa main. « Content de te revoir aussi, di Brascio. J’espérais en voir beaucoup plus avec toi. »

Le visage de di Brascio s’est assombri. « Oui, je suis désolé. Le Colonel Jarov n’avait personne d’autre. »

« Cet homme connaît bien son métier, il doit y avoir une raison. Il est aussi en danger que nous. »

« De plus. Les forces khadoréennes ont attaqué tout ce qui sort de la tour et nous ont enfermés dedans. Je me suis donné beaucoup de mal pour arriver ici discrètement. »

« Quel genre de force khadoréennes ? » Magnus sentit un poids sur son estomac.

« Kommandos d’Assaut conduits par un homme en armure noire. Ils sont rapides et meurtriers, frappent puis se retirent avant que nous puissions rassembler des hommes ou des warjacks pour les poursuivre.

« Une armure noire », répéta Magnus. « Je connais cet enfoiré. C’est l’un des hommes de Strakhov. Nous l’avons croisé à Rynyr. »

« Alors tu connais le danger. Nous devrions sûrement bouger », a déclaré di Brascio.

« Tu viens avec nous ? »

Di Brascio grimaça. « J’espère que cela compensera quelque peu le fait de ne pas avoir amené tous les hommes qu’on a promis. »

« Ça le fait. Un peu », dit Magnus. Il appréciait le mage balisticien llaelais et particulièrement ses sensibilités mercenaires. La perspective que di Brascio les rejoigne, ne serait-ce que pour un temps, lui a plu.

« Un autre mage balisticien ne serait jamais de trop », acquiesça Brigland. « Mais il a raison, major –  nous devons retourner à Croix-des-Fleuves. »

Magnus examina le groupe de soldats llaelais que di Brascio avait amené. C’était des fantassins légers, peu entraîner à se déplacer silencieusement. Le fait qu’ils n’aient pas été attaqués en chemin pour le rencontrer en disait long sur les compétences de Vayne di Brascio en matière de furtivité.

Magnus pensait qu’ils prenaient un risque en partant de Croix-des-Fleuves avec l’ordre d’escorter cent hommes sur un terrain relativement sûr. Avec ce que di Brascio venait de lui révéler, c’est plus un risque, c’était l’équivalent d’une mission suicide.

Magnus soupira et se tourna vers ses deux meilleurs hommes. « Très bien, alors. Horgrum, tu embarques une escouade de rangers avec toi et dépêche-toi. Brigland, tu fais pareil, mais tu suis la caravane. »
Les deux hommes ont acquis et sont partis, prenant chacun dix rangers.

« Je suppose que tu restes avec la caravane », déclara di Brascio.

« Je n’aime pas ça, mais gardons nos gros flingues près des objets de valeurs », dit Magnus. Il jeta un coup d’œil au chariot de tête. « Je sais que je demande beaucoup à un mage balisticien, mais tu peux conduire l’une de ces choses ? »

. . .

MAGNUS SAVAIT QU’ILS SERAIENT ATTAQUÉS. Savaient que les khadoréens viseraient la caravane. Et pire encore, il savait qu’il ne pourrait pas l’empêcher.

Ce fut au crépuscule, juste au moment où ils atteignaient un tronçon de route cerné par la forêt des deux côtés. Les gazouillis des oiseaux de nuit, le faible grondement du Fleuve Noir maintenant à un kilomètre et les craquements constants de leurs propres roues de chariot se rejoignent pour former un paisible presque apaisant susurrus. Il a crié à l’embuscade et quand le premier coup de feu est venu des arbres, à leur droite, il s’est senti presque déçu.

Le champ d’énergie de Magnus a pulsé, privant la balle de son énergie cinétique ; elle a ricoché inoffensivement sur son armure. Un autre moment attendu : tirez d’abord sur le warcaster.

« Aux abris ! » s’écria di Brascio en sautant du chariot. D’autre balles ont fusé dans l’air. Des cris de douleur s’élevèrent des rangs des soldats llaelais qui marchaient aux côtés des chariots.

Magnus sauta du chariot, dégainant Pourfendeur. Il frappa le plat de la lame sur la croupe du cheval le plus proche de lui, et celui-ci s’emballa. L’animal à côté de lui n’avait d’autre choix que de suivre. Le chariot a remonté la route en direction de la source des coups de feu.

D’autres balles ont sifflé près de Magnus, certaines s’écrasant sur son champ d’énergie. Mais il se tenait bon, suivant le chariot. Quand il se trouva à moins de vingt verges du bosquet d’arbres où les khadoréens s’étaient cachés, il invoqua un sort. Des runes bleues se formèrent autour de sa main tendue alors que la magie coulait à travers lui.

Le sort catastrophe a éclaté a éclaté dans une goutte de flamme azurée sous le chariot, détruisant le véhicule. L’explosion a également libéré les chevaux pour qu’ils puissent fuirent, juste avant que les munitions du chariot détruit ne détone dans une explosion trois fois plus puissante que le sort. Les arbres proches de la route ont été soufflés en esquilles – ainsi que les khadoréens se cachant parmi eux.

Un autre coup de feu a retenti de l’autre côté de la route. La balle a percé le champ d’énergie de Magnus puis son épaulière droite, frappant le haut de son épaule et le faisant pivoter. Il se jeta à terre et roula sous le deuxième chariot. Les chevaux étaient effrayés mais bien entraînés ; ils n’avaient pas fui.

Un tir pénétrant ses défenses signifiait que l’élite de Strakhov était présente. Il avait affronté leur carabine perce armure, Murmure de la Mort, à Rynyr.

Le double rugissement du pistolet cinémantique de di Brascio retentit, suivi d’autres cris, même si Magnus ne pouvait dire si ces cris étaient amis ou ennemis. Il rampait sous le chariot alors que des formes noires avançaient sur la route, des éclats lumineux de tirs offraient un aperçu caractéristique de l’armure, des boucliers et des masques des kommandos d’assaut durant quelques secondes. Il y en avait, sans aucun doute, d’autres derrière eux.

Les troupes llaelaises se trouvaient dans une ligne de tir brutale devant le chariot de tête. Magnus pris position derrière eux, dégainant son fusil à mitraille.

« Doucement. Choisissez vos coups », dit-il. Il invoqua un autre sort, et cette fois les runes se formèrent autour des kommandos d’assaut qui avançaient, illuminant leur armure d’une lueur bleue subtile. « Feu ! »

Les fusils llaelais ont craché et quatre kommandos se sont effondrés au sol. Magnus en fit tomber un autre d’un coup de feu avec sa propre arme.

Davantage de coups de feu ont éclaté derrière les chariots, bien que ceux-ci soient plus aigus que celui des armes khadoréennes. Il reconnut les carabines des rangers cygnaréens, suivi du rugissement sourd du fusil de tireur embusqué d’Horgrum.

Magnus sourit. Les khadoréens pensaient engager une force plus réduite. Trois chariots et trente fantassins légers. Ils étaient trop impatients dû aux victoires faciles qu’ils avaient remportés contre les troupes de Tour Gris-vent. Ils ne s’attendaient pas à ce que vingt rangers les surprennent au beau milieu de leur propre embuscade.

D’autres carabines rugirent, et d’autres kommandos d’assaut s’effondrèrent. Ils ne se sont pas attardés après cette vague – les khadoréens se sont précipités vers la couverture des arbres à l’est de la route.

« Laissez-les foutre le camp. Regroupez-vous », cria Magnus. Le bruit des coups de feu diminua puis s’estompa complètement, laissant place au crépitement des flammes et aux gémissements des mourants.

. . .

MAGNUS NE POUVAIT DÉTERMINER avec précision combien de corps carbonisés gisaient sur le bas côté de la route. L’explosion avait taillé les khadoréens en pièces, mais compte tenu du nombre de membres, il l’estimait à vingt au moins.

« Nous en avons tué dix autres avec notre embuscade », déclara Brigland en faisant une grimace et en repoussant l’un des cadavres carbonisés. « Nous les avons surpris, mais cela ne se produira pas une deuxième fois. »

« C’est vrai, et ils reviendront », dit di Brascio.

Magnus rejeta cela. « Nous nous rapprochons de Croix-des-Fleuves et Stryker effectue des patrouilles tout le long des routes. Encore dix kilomètres, et ils ne risqueront pas une autre attaque. J’en mets ma main au feu. » Il s’est tourné vers le mage balisticien. « Plus important, combien d’hommes avons-nous perdus ? »

Di Brascio secoua la tête. « Seize et le chariot. »

« Bien trop », déclara Horgrum. Le trollkin s’appuyait sur l’un des chariots, nettoyant son fusil. « Mais, je suppose que nous avons eu de la chance.

« Non, il n’y rien de chanceux ici », répondit Magnus. « Chaque homme que nous perdons est un homme de moins que Strakhov devra affronter, et il a déjà suffisamment d’hommes pour nous submerger. » Magnus rengaina son fusil dans son étui. « Ce n’est pas une victoire. C’est juste une question de survie. »


— 2 —

LE SEIGNEUR GÉNÉRAL COLEMAN STRYKER lâcha les reines du cheval près du Fleuve Noir, le poids de son armure de warcaster pesant sur ses épaules alors qu’il descendit de cheval. Devant une petite crique de la rivière, un groupe important de Lames-Tempêtes attendait.

Un grand officié se détacha de la trentaine de personnes proche du rivage et se précipita vers lui.

« Capitaine Adkins », dit Stryker. « Vous pouvez m’expliquer pourquoi vous m’avez fait venir à 20 kilomètres au nord de Croix-des-Fleuves sans un mot d’explication ? »

Il avait reçu un message du capitaine, peu après l’aube, lui demandant d’urgence de venir seul à un endroit précis au nord de la ville. Il faisait suffisamment confiance au capitaine pour accepter sa demande, mais chevaucher six heures en armure complète l’avait rendu irritable.

« Monsieur, mes plus sincères excuses, mais je voulais que voyez cela en premier », déclara Adkins.

« Ok, je suis là », répondit Stryker. « Qu’est-ce que c’est ? »

« Nous avons arrêté deux péniches marchandes rhulique », expliqua Adkins. Stryker regarda le capitaine des Lames-Tempêtes, surpris et un peu agacé par le manque de détails. Les péniches rhulique sur le Fleuve Noir n’étaient pas inhabituelles : la Résistance traitait avec un certain nombre de compagnies mercenaires, faisant le commerce d’armes et de munitions, et une partie de la mission d’Adkins consistait à arrêter et fouiller ces vaisseaux. Il avait confié au capitaine Lame-Tempête de surveiller le fleuve, à la recherche ds forces khadoréennes et d’éléments du Protectorat de Menoth ayant établi des relations commerciales avec les forces khadoréennes à Merywyn. Stryker avait peu d’hommes à sa disposition, il ne pouvait donc en confier plus d’une centaine à Adkins, plus les trois anciennes canonnières khadoréennes. S’emparer de quelques péniches rhulique n’était guère considéré comme une urgence méritant de remonter jusqu’au Seigneur Général.

Le capitaine surpris l’agacement de Striker. « Je sais ce que vous pensez, monsieur, mais ce ne sont pas les mercenaires ordinaires auxquels nous avons affaire. »

C’est ce qu’il fallait pour piquer la curiosité de Stryker et un léger sentiment d’inquiétude commença à résonner dans son cerveau. « Tu ferais mieux de me montrer. » Adkins le conduisit à la plage de sable au bord de l’eau. À quelques mètres au large de la rive, trois des embarcations khadoréennes qu’ils avaient réquisitionnés après s’être emparé de Croix-des-Fleuves étaient alignées, bloquant le fleuve pour l’essentiel, leurs lourds cannons montés sur le pont pointant vers deux navires trapu.

Les autres embarcations étaient lourdes, très basses sur l’eau. Leurs ponts étaient bordés de soldats armés de carabines légères, de courtes haches de guerres et d’énormes boucliers. Stryker avaient vu et combattu aux côtés de Corps de Fusiliers d’Hammerfall à l’occasion ; les guerriers nains étaient un spectacle courant dans les cercles mercenaires.

« Qu’est-ce qu’ils foutent ici ? Demanda Stryker.

« Je ne sais pas, monsieur, mais j’ai estimé qu’il valait mieux les retenir jusqu’à ce que vous puissiez nous dire comment vous voulez que cela soit traité », déclara Adkins.

« Vous avez fait le bon choix capitaine », répondit Stryker. « Dites-moi ce que vous savez. »

Adkins soupira, clairement soulagé, puis se plongea dans son rapport. « Nous les avons arrêtés au blocus comme tous les navires. » Il pointa du doigt l’endroit où trois chaînes exceptionnellement lourdes étaient suspendues dans l’eau, constituant ainsi une barrière efficace. « Les deux vaisseaux sont pleins de Fusiliers, et ils ont refusé de nous laisser fouiller leurs cales.

« Vous pensez qu’ils font affaire avec le Khador ? » Demanda Stryker.

« Oui, monsieur ? En l’état actuel, ils sont plus en colère qu’une bande de frelons à l’idée d’être arrêtés. Ils ont demandé à parler à un responsable. »

« Nous devons savoir ce qu’ils transportent », déclara Stryker.

« Absolument, monsieur », dit Adkins, « mais ils sont assez tenus. J’ai peur qu’il n’y ait un incident si ne faisons pas attention. »

« par les Dents de Thamar » s’exclama Stryker. « La dernière chose dont nous avons besoin est un incident international sanglant avec Rhul. »

« Les ordres, monsieur ? » Demanda Adkins.

« Donnons leurs ce qu’ils veulent. Laissons-les parler à un responsable.

. . .

LE CAPITAINE DU CORPS DES FUSILIERS était l’un des nains les plus sales que Stryker ait jamais vu. Son visage buriné était un nid de rides et de ridules, et mâcher de la vernonia avait teinté de jaune sa barbe autour de sa bouche. Son armure et ses armes étaient vieilles et usées, et il ressemblait à une vieille paire de bottes n’ayant plus été ciré ni enfilée depuis des années.

« Nous avons un contrat et tu n’as pas le droit de nous arrêter », déclara le capitaine nain.

Stryker soupira et secoua la tête. Ils se tenaient sur le pont du vaisseau nain, lui et Adkins. Les rhulfolk n’avaient pas accepté de rejoindre la rive ou l’un des navires du Cygnar.

« J’en suis sûr, Capitaine Blackheel », dit-il. « Mais pas avec nous, ni avec le Llael. Si c’est avec le Khador, j’ai le droit de vous traiter comme des combattants ennemis. »

Le capitaine Vornek Blackheel plissa les yeux puis jeta un coup d’œil derrière lui, au seul membre non nain de son équipage, un imposant ogrun en armure de combat, se tenant debout, appuyé sur une terrifiante vouge de guerre. L’ogrun mesurait facilement deux mètre quarante de haut et, bien qu’il soit gris autour de sa bouche, ses yeux brillaient d’intelligence.

« Lieutenant Murgan », demanda le Capitaine Blackheel, « est-ce vrai ? »

L’ogrun renifla. « Si notre contrat est passé avec une force militaire ou occupante en guerre avec le Cygnar, et si nous envoyons des soldats ou des armes à cette force, alors, oui, le seigneur général a techniquement raison.

« Correct », dit Stryker. « Votre propre lieutenant comprend la situation ici, comme vous pouvez le remarquer. « Alors, maintenant vous devez- »

« Pardonnez-moi, Seigneur Général », dit l’ogrun. « Il y a plus que cela. Ces terres sont actuellement contestées par le Cygnar, le Llael et le Khador. Vous n’avez aucune souveraineté ici, donc techniquement vous bloquez une voie commerciale qui ne vous appartient pas. »

« Entendu, vous voyez », dit le Capitaine Blackheel, en crachant de la vernonia à un pouce de la botte de Stryker. « Nous avons le droit de livrer notre cargaison. »

« Eh bien, ce n’est pas tout à fait clair non plus », dit Murgan, attirant un regard noir de son capitaine.

« Je ne peux pas vous permettre de continuer si vous porter des armes à Khador », répondit Stryker sans détour.

« Vous ne pouvez pas nous le permettre ? » Le Capitaine Blackheel fourra de la vernonia dans sa bouche. « J’ai quarante canons sur ces bateaux qui disent que tu le peux. »

Stryker se raidit. « C’est ce que vous voulez ? J’ai assez de puissance de feu sur la rivière pour vous envoyer par le fond. Je ne veux pas en arriver là. »
Le Capitaine Blackheel jeta un regard noir à Stryker avant de hausser les épaules. « Je ne veux pas non plus me battre. Je n’ai rien contre vous, mais je n’ai pas traîné mon cul hors de mon poste à Hell’s Pass, sur ordre direct du Cartel Seaforge pour faire demi-tour maintenant. »

Murgan, l’ogrun, s’éclaircit la gorge et secoua la tête. Il sentit clairement que son capitaine en avait trop dit.

Stryker jeta un coup d’œil autour de lui, réfléchissant, regardant les visages des deux équipages prêts à s’affronter. Il devait encore y avoir un moyen de contourner cela. « Capitaine, je propose un compromis, si vous voulez bien l’écouter. »

Le capitaine nain inclina la tête puis soupira. « Crache le morceau. »

« Montrez-nous ce que contiennent vos cales. Si ce n’est rien qui puisse nuire directement à Cygnar ou à ses alliés, je vous laisse passer.

Les yeux du capitaine s’illuminèrent.

« J’accepte ton offre », dit-il bien trop vite au goût de Stryker.

. . .

LA CALE DU VAISSEAU NAIN était grande et remplie de caisses et de boîtes, toutes marquées de Hammerfall, la forteresse naine d’où provenait la majorité du Corps de Fusiliers.

« Je n’aime pas ça », murmura le Capitaine Adkins, en agitant une torche. Deux soldats nains était descendu avec eux, boucliers et carabines à portées de main. Le Capitaine Blackheel et son second ogrun étaient restés sur le pont. « Soit il ne sait pas ce qu’il transporte, soit il pense que nous ne le découvrirons pas. »
Striker hocha la tête et regarda son escorte. Si les deux nains écoutaient, ils faisaient pas montre de se soucier de ce qui se disait.

Il s’est dirigé vers l’une des plus grandes caisses, près de la cloison tribord. Son couvercle était cloué, mais il la brisa : son armure de warcaster lui procurait la force suffisante pour de telles tâches.

À l’intérieur, des objets cylindriques et trapus luisaient dans un nid de paille. Ils étaient faits de métal doré brillant, chacun ayant la taille d’un petit tonneau et marqué d’une écriture rhulique. À première vue, ils semblaient être de nature mékanique, peut-être des composants de warjack, mais ce n’était pas des cortexes. Il en avait assez vu pour le savoir.

Stryker plongea la main dans la caisse et s’empara d’une. Il était extraordinairement lourd, cinquante kilogrammes au moins. Seule son armure de warcaster lui permettait de soulever l’objet de la caisse sans difficulté.

Le tintement subtil de la magie se faufila sur les bras de Stryker, et le poids du cylindre devint soudainement beaucoup plus léger. Ses yeux s’écarquillèrent.

« Qu’est-ce qu’il y a, monsieur », demanda Adkins.

Stryker remit l’objet dans la caisse. « Nous avons fini ici. » Il se retourna vers les deux nains. « Ramenez-nous à votre capitaine. »

. . .

« POUVONS PAS PARTIR ? » éructa le Capitaine Blackheel, des postillons de vernonia éclaboussant le pectoral de Stryker. Les mains de l’obstiné capitaine se glissèrent sur la manche de sa hache. « Il n’y a rien dans cette cale qui soit dangereux pour toi et les tiens. »

Stryker laissa sa propre main reposer sur la poignée de Vif-Argent, et les visages des soldats les entourant se plissèrent de doute. Ils ne voulaient pas se battre. Du moins pas encore. « Vous n’en êtes pas sûr, n’est-ce pas, capitaine ? En vérité, vous n’avez aucune idée de ce que vous transportez, n’est-ce pas ? »

Le Capitaine Blackheel le dévisagea, mâchant la vernonia comme un vache ruminant. Son silence voulait tout dire.

« Je le pensais bien », déclara Stryker. « Donc, vous avez deux solutions. Vous pouvez faire demi-tour et repartir avec ma bénédiction, ou rester ici, parce que vous n’irez pas plus loin jusqu’à ce que je sache exactement ce que vous transporter. »

« Vous bloquez une route commerciale commune qui ne vous appartient pas, Seigneur Général », dit Murgan. « Le Cartel Seaforge n’appréciera pas que vous perturbiez leurs affaires. »

L’imposant ogrun était une formidable créature, et bien qu’il n’ait pas émis de menace, une tension planait entre eux. Stryker ne doutait pas que le Capitaine Blackheel était un soldat compétent, mais l’ogrun était plus que cela – il était un guerrier de force et prouesses.

« Si ce que contient votre cale s’avère être une arme, j’ai parfaitement le droit de la confisquer, et vous le savez », déclara Stryker. « Si vous préférez faire venir quelqu’un de Rhul pour m’expliquer ce que c’est, alors ne vous gênez pas, faites-le et nous pourrons peut-être parvenir à un accord. D’ici là, on en a fini ici. »

Les nains sur le pont ont fait pas en avant et quinze fusils se sont relevés d’un poil ou deux dans leur direction. Stryker savait qu’il pourrait tuer tout le monde sur le pont, si on en arrive là. Aucun d’eux n’était belliciste, et il avait les canonnières et quarante Lames-Tempêtes sur la rive.

Le Capitaine Blackheel a levé la main. « Baissez vos armes, les gars. Le seigneur général n’a pas peur de gens comme vous. » Il s’est tourné vers Stryker. « Je vais envoyer un message à Hammerfall, mais je doute que vous aimiez ce qui va suivre. »

Stryker pensait que cela résumait efficacement l’intégralité de la guerre, en ce qui le concernait.

. . .

UNE FOIS DE RETOUR SUR LA RIVE, Stryker pris Adkins à part. « Capitaine, vous ne devez raconter à personne ce que vous avez vu dans cette cale. Tenez ces bateaux ici. Compris ? »

« Bien sûr, monsieur. » Le capitaine Lame-Tempête hésita. « Et si les rhulfolk s’impatientent ? »

« S’ils essaient de forcer le passage, détruisez les deux vaisseaux », répondit Stryker « Nous ne pouvons pas risquer que le contenu de cale atteigne le Khador tant qu’on en sait pas plus. »

Adkins prit une inspiration hésitante et fixa Stryker dans les yeux. Lorsqu’il prit la parole, une partie de la déférence militaire avait disparu de son ton. « Je comprends, monsieur. Mais vous ne savez pas ce que sont ces choses, n’est-ce pas ? Vous avez une idée, au moins. »

« Non, pas vraiment », déclara Stryker. C’était principalement vrai. Il avait entendu des rumeurs provenant d’agents du SRC en qui il avait confiance, mais c’était tout ce qu’elles étaient : des rumeurs. Stryker faisait aussi confiance à Adkins, mais cette information pouvait être dangereuse et il n’avait que des mythes sur lesquels fonder ses propres craintes. « Mais je vais te confier une chose. Si c’est ce que je pense – et Morrow j’espère que ce ne sera pas le cas – alors il aurait dû être laissé au fond de l’océan.

— 3 —

AURUM LÉGAT LUKAS DI MORRAY, se précipitait dans les couloirs exigus de l’enceinte de la Garde du Creuset, passant devant des hommes et des femmes en uniformes et armures de garde en or et bleu sarcelle. Tous saluaient ou criaient un salut, et il répondait par un signe de tête ou un sourire. Il demeurait une figure glorifiée parmi ces guerriers et alchimistes, et ils avaient besoin de le voir ou d’être vu par lui. Si tout allait bien aujourd’hui, il les mènerait bientôt au combat.

Une énergie nerveuse s’empara de lui. Il était arrivé à Midfast, dans l’enceinte de la Garde du Creuset depuis plus d’une semaine, tout juste de Croix-des-Fleuves et des terribles semaines qu’il avait passés en prison khadoréenne à Rynyr. Il avait maintenant un unique objectif : mobiliser la Garde du Creuset pour marcher sur Croix-des-Fleuves et aider les cygnaréens et la force de la Résistance llaelaise occupant actuellement la ville. Bien qu’il ait dirigés cette force, il ne pouvait pas prendre cette décision seul. D’autres doivent avoir leur mot à dire en premier, et ils seraient tous dans la même pièce pour entendre son plaidoyer.

Il arriva au bout d’un long hall où se dressait une porte d’acier marquée du creuset radiant de la Garde du Creuset. Flanquée de deux soldats qui semblaient hors de propos dans l’enceinte. Ils portaient les cuirasses lourdes de la Marine Royale Ordique, sabres et pistolets aux hanches. L’armure de chaque fusilier marins arborait un chevron violet brillant qui les désignait comme des hommes du roi.

« Messieurs », prononça Lukas aux deux fusiliers marins, « je suis attendu à l’intérieur. »

Le fusilier marin de gauche acquiesça et ouvrit la porte. Au-delà, une des plus grandes pièces de l’enceinte n’étant pas réservée aux laboratoires ni aux logements des soldats. Une table ronde en acier tourné dominait l’espace et autour d’elle étaient disposés six chaises, cinq étant actuellement occupées.

Lukas entra dans la salle du conseil et la porte se referma derrière lui. Cinq visages se tournèrent vers lui. Il les connaissait tous. Le Maréchal Général Baldwin Gearheart, un camarade warcaster et le seul homme qui occupait une position dans la Garde au-dessus de celle de Lukas, se leva, ses yeux sombres scintillant au-dessus de sa moustache, et fit un geste vers une des chaises vides.

« Assieds-toi, Aurum Légat », dit Gearheart, de sa voix riche et imposante. « C’est bon de te revoir en un seul morceau, mon vieil ami. »

« Merci, Maréchal Général. » Lukas hocha la tête en direction de son ami et rival occasionnel. Ils n’étaient pas d’accord sur les questions militaires – Gearheart était beaucoup trop excentrique et imprudent aux yeux de Lukas – mais un profond respect pour les capacités et les réalisations de chacun existait encore entre eux.

Helt Langworth, dirigeant de l’Assemblée des Maîtres de l’Ordre du Creuset d’Or, était assis à sa droite. Le maître alchimiste au visage buriné inclina la tête en guise de salutation.

À côté de Langworth était assis la formidable Jean Resson Dagget. En tant que commandant de la Garde, elle avait la responsabilité du complexe de Midfast, tout comme elle avait été chargée de leur ancien quartier général, la Forteresse du Tonnerre, désormais entre les mains du Protectorat de Menoth. Personne n’en savait plus que Dagget sur les membres de la Garde du Creuset, et ses paroles avaient beaucoup de poids.

Les deux derniers membres du conseil étaient un duo. Le premier, c’était Creena Torcail, l’une des plus jeunes membres de l’Assemblée des Membres, bien qu’elle soit une puissante alchimiste et une diplomate perspicace. Elle servait de liaison entre la Garde du Creuset et son principal mécène. Ce mécène était représenté par le dernier membre du conseil, un grand homme vêtu d’un grand manteau marin, avec un large sourire carnassier traversant sa barbe noire.

« Je suis heureux de constater que les khadoréens ne vous ont pas trop fait mal », déclara le Roi Baird Cathor II. « Je remercie le Cygnar de nous avoir rendu l’un des fils les plus important de la Garde du Creuset. »

« Merci, Votre Majesté », répondit Lukas. « Je vous en suis également reconnaissant, et c’est la raison pour laquelle je vous ai prié de vous joindre à nous aujourd’hui. »

« Cette affaire en Llael, oui ? » Dit Baird, feignant l’apathie face à une situation dont il était à la fois bien informé et réellement préoccupé. Un bel exemple du soi-disant Roi Bandit. « Il ne fait aucun doute que le Seigneur Stryker est au milieu de tout ça.

« Et Asheth Magnus », ajouta Creena Torcail, une grimace sur le visage.

« Oh, allez, Creena », dit Gearheart. « Cet homme est un voyou essayant de se racheter. Nous devrions au moins lui accorder le bénéfice du doute, je devrais dire. »

« Si ce voyou était un des nôtres, ferait-il la même chose », déclara Helt Langworth en fronçant des sourcils et faisant un mauvais sourire à Gearheart. Les deux hommes avaient des objectifs similaires – la création et la mise à l’essai de nouvelles armes alchimiques – mais ils avaient parfois des opinions radicalement différentes sur la meilleure façon d’atteindre ces objectifs.

« J’ai constaté de visu que les années de mercenariat du Major Magnus étaient derrière lui », déclara Lukas. « Alyce et moi lui devons personnellement nos vies. »
« Mais vous ne nous avez pas réunis ici pour défendre l’honneur d’Asheth Magnus », déclara Baird.

« Non et je ne vous ferai pas perdre votre temps, Votre Majesté. J’en viens directement à présence, ici. Je veux mobiliser la Garde du Creuset pour marcher sur Croix-des-Fleuves et aider les forces du Cygnar et de la Résistance qui tiennent la ville. »

« Vous voulez dire les rejoindre défendre cette ville contre l’armée khadoréenne qui marche dans leur direction ? » exprima Baird en souriant. « Si nous ne perdons pas de temps les uns les autres. »

« Nous avons bien sûr, collecté des informations sur le conflit grandissant en Llael. », déclara Creena Torcail, son ton identique à celui d’un diplomate chevronné. « Des plans sont en cours pour assurer la survie d’Ord et de notre propre ordre. »

« Et je vous conseillerais de continuer à poursuivre ces plans », concéda Lukas, « mais nous devons faire quelque chose maintenant et notre meilleure ligne de conduite est de marcher sur Croix-des-Fleuves, de surprendre les khadoréens par notre implication et de sceller notre alliance avec le Cygnar et les forces de la Résistance de Llael. »

« Vous n’estimez pas que c’est un peu téméraire ? Ce n’est pas que j’aie une opinion d’une manière ou d’une autre », déclara Gearheart, essayant de cacher son enthousiasme derrière une façade de prudence. Cela pourrait tromper les autres, mais Lukas connaissait trop bien l’homme. Il sauterait sur l’occasion de mener la Garde du Creuset au combat.

« Je ne pense pas », répondit Lukas, en jouant le jeu. « Si nous n’aidons pas Croix-des-Fleuves, l’armée khadoréenne dirigée par Strakhov les écrasera avant de marcher sur Merywyn.

« Dagget s’éclaircit la gorge. « Autant je ne voudrais pas que nos amis de Cygnar et de la Résistance subissent une telle défaite, est-ce vraiment notre souci. Nous avons nos propres défenses à examiner. »

Luka s’attendait à une position plus conservatrice de la part du Commandant de la Garde. « Comme vous le savez, la Première Armée de Cygnar va attaquer Merywyn par le sud. Dans l’état actuel des choses, ils font face à une dure bataille et à un siège prolongé qui risque de ne pas aboutir. Si le Seigneur Général Stryker parvient à rassembler ce qui reste de ses propres forces et à rassembler le soutien de la Résistance de la Tour Gris-vent, il peut additionner ses troupes à la Première Armée. »

« Ce n’est pas une assurance de victoire », répliqua Baird. « Merywyn est une forteresse de Khador aussi puissante que Korsk à ce stade. »

« Je suis d’accord, Votre Majesté », déclara Lukas, « mais si la Garde du Creuset rejoint le Seigneur Général Stryker, il pourra vaincre Strakhov et apporter une force à Merywyn qui pourrait inverser le cours de ce conflit.

« C’est un énorme « si », Aurum Légat », répondit Dagget. « Nous pourrions engager nos forces pour cette cause et perdre. Cela nous rendrait dangereusement vulnérables aux représailles khadoréennes.

« Pourtant, nous sommes vulnérables actuellement », dit Lukas. « Vous ne le remarquez pas ? Si nous ne faisons rien, le Cygnar et la Résistance seront vaincus et le Khador inarrêtable. » Il se tourna vers Baird. « Votre Majesté, où imaginez-vous que la Kommandantura tournera ensuite ses attentions ? »

Baird fronça les sourcils. Contrairement à de nombreux rois, Il ne s’opposait pas à un conseil direct, même franc, mais il n’était pas un dirigeant porté à l’action ouverte. « Je ne suis pas un imbécile, Aurum Légat. Je vois la menace à ma porte. »

« Alors je vous supplie de soutenir ma proposition », déclara Lukas.

« Et qu’en est-il de l’Armée et de la Marine Ordique, Votre Majesté ? » Demanda Helt Langworth. « La Garde du Creuset est puissante, mais nous ne maîtrisons pas les ressources ou les effectifs d’une nation.

Baird gloussa. « Bien joué, Langworth. Vous souhaitez me voir engager plus que vos propres forces dans le conflit. La femme de celui-ci » – il fit un signe à Lukas « -me casse déjà les pieds à ce sujet. »

Lukas poussa un soupir de soulagement audible. Il avait eu peu de nouvelle d’Alyce depuis qu’ils avaient quitté Croix-des-Fleuves. Si elle avait rencontré Baird, alors elle était quelque part en Ord et en sécurité. « Je ne demande pas cela, Votre Majesté. Pas encore. »

« Maréchal Gearheart », dit Baird, « Vous êtes inhabituellement silencieux. Qu’en dites-vous ? C’est votre armée après tout. »

« L’excitation et l’espoir ont fait un bond en avant grâce à Lukas. Il avait compté sur l’écrasante personnalité de Gearheart, son ardeur au combat et son désir de voir la Garde du Creuset sur le terrain pour aider la cause de Lukas.

Gearheart fit semblant de se reprendre son sang-froid ; vraisemblablement, il avait besoin de maintenir l’apparence d’un homme considérant ses options. « L’aurum légat avance un solide argument. Mais permettez-moi de vous en présenter un autre. Nos gars et leurs équipements n’ont pas vraiment été testés. Ils sont bien entraînés, mais ils ont peu combattu avec notre armement de pointe. Ce conflit en Llael peut nous offrir l’occasion de mesurer leur courage et de voir nos armes en action autrement que lors d’essais sur le terrain. Nous pouvons évaluer et faire les ajustements nécessaires avant qu’ils ne soient appelés a défendre nos frontières. » Le maréchal sourit. « De plus, mes gars ont conçu quelque chose de nouveau que j’aimerais voir agir de près et personnellement. Enfin, pas trop près, si vous voyez ce que je veux dire. »

« S’ils sont appelés à défendre nos frontières » déclara Dagget, ignorant la dernière déclaration de Gearheart.

« Je pense que c’est une conclusion évidente, Commandant », répondit Lukas.

Il discerna plus que la position conservatrice habituelle de Dagget ici.

Elle avait l’air effrayée, et il ne pouvait pas lui en vouloir.

Helt Langworth expira un long et puissant souffle, comme s’il l’avait retenu pendant toute la réunion. « Je suis forcé d’être d’accord avec le Maréchal Gearheart … jusqu’à un certain point. La proposition de l’aurum légat nous offrirait l’occasion d’apprêter nos forces, mais nous devons être prudents. »

Baird se rassit sur sa chaisse. « Décrivez-moi cette mise en garde, Langworth. »

« Je dis que nous engageons certaines de nos forces à Croix-des-Fleuves – celles le plus en mesure de les aider – puis le résultat de cette bataille détermine si nous engageons davantage. Je pense que nous atteignons à la fois l’objectif d’aider nos alliés et de tester l’état de préparation au combat de la Garde du Creuset sans prendre trop de risques. »

Creena Torcail acquiesça. « Un compromis, et pas un mauvais. Mais ce sera quand même cher. »

Lukas réprima un sourire. Avec Creena, Gearheart et Langworth le soutenant, même avec prudence, son objectif était proche. Il ne restait plus que deux personnes à convaincre. « Commandant Dagget, je comprends votre réticence. Votre loyauté et votre dévouement envers les hommes et les femmes de notre ordre ont toujours été irréprochables, et ce que je propose va coûter la vie à certain d’entre eux- »

Dagget l’interrompit. « Ne vous trompez. Aurum Légat, ne prenez pas mon hésitation pour un manque de compassion pour nos alliés. Je comprends le danger si Croix-des-Fleuves tombe ». Elle soupira. « Le compromis de Maître Langworth est un compromis que je pourrais appuyer – dans des limites du raisonnable. »

Lukas savait que son influence sur la troupe de La Garde du Creuset ne pouvait être ignorée ou sous-estimée. Son soutien était crucial. Il pesa ses mots.

« Alors, nous avons un plan d’action » dit Lukas. « Nous avons un … »

Baird leva la main. « Un instant, Aurum Légat. J’ai entendu votre conseil, mais je dois quand même y réfléchir. »

« Bien sûr, mais nous avons peu de temps, Votre Majesté » ? répondit Lukas. « Strakhov marchera bientôt sur Croix-des-Fleuves. »

« Je serai rapide. Je vous le promets » dit Baird.

Lukas serra les dents et tint sa langue, malgré son sentiment que Baird était condescendant. Techniquement, il n’avait pas besoin de la permission du roi ordique pour mobiliser la Garde du Creuset, mais Baird avait été un généreux mécène et protecteur depuis la chute de la Forteresse du Tonnerre. Tous les autres, à l’exception de Gearheart, tiendraient compte de la décision du roi.

Le destin de Croix-des-Fleuves et de l’entièreté des Royaumes d’Acier pourrait reposer sur le caprice d’un seul homme.

Source VO
« Modifié: 11 décembre 2019 à 19:00:57 par elric »
Citation de: Maître Yoda
Trop gentil tu seras, dans le côté obscur tu l'auras.

Si vous constatez des fautes d'orthographe et/ou de conjugaison, des phrases à remanier pour une meilleur compréhension.
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Re : STORMBREAK - 1ere partie
« Réponse #1 le: 06 décembre 2019 à 00:33:02 »
— 4 —

STRYKER SE TENAIT SUR LA MURAILLE EXTÉRIEURE de Croix-des-Fleuves, au-dessus de la Grande Porte et de l’énorme pont au-delà. C’était l’un des rares créneaux intacts. Des ingénieurs et des tailleurs de pierre, le peu qu’ils restaient encore, supervisaient des groupes de citoyens de Croix-des-Fleuves qui réparaient à la hâte les murs la ceinturant.

Tout cela, c’est de la poudre aux yeux, vraiment, quelque chose pour que les habitants de cette ville assiégée aient l’impression de contribuer à leur propre défense. Rien de tout cela n’aurait d’importance lorsque l’Armée Khadoréenne, se regroupant à Rynyr, arriverait. Malgré les tentatives que Khador avait fait pour occuper et reconstruire la ville, il la réduirait en ruines et tueraient des milliers de personnes si cela signifiait vaincre les forces cygnaréennes et de la Résistance à l’intérieur. Il avait des informations selon lesquelles l’Armée Khadoréenne était en mouvement.

Dans la cour pavée à l’ombre de la massive porte en contrebas de Stryker, le Lieutenant William Harcourt reçoit ses instructions du Maréchal Ashlynn d’Elyse. La warcaster de la Résistance avait sa rapière mékanique, Némésis, et faisait la démonstration d’une simple fente. Elle ne portait pas son armure, donc ses bandages étaient visibles sous une chemise de mousseline ample. Les blessures récentes de Stryker les faisaient souffrir sous son armure de warcaster, mais, comme Ashlynn, les gens avaient besoin de les voir sur pieds, menant.

« Rappelez-vous, cette épée est mékanique, et lorsque vous portez votre armure, seul un autre warcaster peut la parer efficacement », a-t-elle déclaré et en un coup fulgurant de Némésis elle passa d’une garde haute à une brutale frappe oblique.

Harcourt l’imita avec sa lame cygnaréenne plus courte et plus utilitaire. Son coup, de taille, était puissant, mais ses pieds étaient mal placés, le laissant déséquilibré.
« Comme ça ? »

Ashlynn grimaça. « Non, horrible. Tu ressembles à une cigogne maladroite. »
Stryker gloussa. Harcourt leva les yeux vers lui, son visage empli d’inquiétude et de honte, et, nota Stryker, un peu d’agacement. « Monsieur, pourquoi m’enseignez-vous pas la grande épée caspienne ? Je ne suis pas un fichu escrimeur, vous savez. »

« Non, certainement pas », déclara Stryker, « mais la grande épée caspienne est une arme de mêlée de première ligne, et ce ne sera pas ton rôle sur le champ de bataille. Tu as besoin de maîtriser l’épée à une main et il n’y a personne de mieux que le Maréchal Ashlynn.

« J’apprécie le compliment, mais tu m’as probablement chargé d’une tâche impossible Coleman », répondit Ashlynn, luisante, bien que le soupçon d’un sourire ait fleuri sur ses lèvres.

« Fait du mieux que tu peux pour le lieutenant », dit Stryker. Elle ne lui faisait pas entièrement confiance – ni au Cygnar d’ailleurs — mais une camaraderie, parfois tendue, s’était développée entre eux.

Il regarda Ashlynn travailler sur la position d’Harcourt un peu plus longtemps, heureux de voir le jeune guerrier apprendre rapidement les gardes de base. Il n’était peut-être pas un épéiste de classe mondiale, mais il n’était pas un cas désespéré.

Le clip-clop de sabot en acier sur des pavés brisa le moment de silence, et le Capitaine Archer est entré sur la place. Le capitaine Lance-Tempête s’était remis de ses terribles blessures, mais sa jambe gauche se terminait au genou. Il avait été écrasé sous la chute de débris lors de la destruction d’Elsinberg, et il n’y avait eu aucun moyen de sauver le membre. L’un des forgerons locaux lui avait fabriqué une prothèse appropriée lui permettant de s’asseoir à cheval sur un cheval et de tenir les étriers. Stryker lui avait permis de reprendre ses fonctions parce qu’il avait besoin d’elle, avait besoin de sa force et de son leadership parmi les Lances-Tempête, mais il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter du fait qu’elle ne retrouve jamais pleinement sa confiance.

Seigneur Général, Maréchal d’Elyse, salua le Capitaine Archer, « des éclaireurs ont repéré le Major Magnus en direction de Croix-des-Fleuves. Il sera ici d’ici une heure. »

« A-t-il les hommes promis par le Colonel Jarov ? » Demanda Stryker. Le capitaine Lance-Tempête secoua la tête. « Non, monsieur. Selon le rapport, il est à la tête de deux chariots et d’un petit groupe de soldats llaelais. »

« Des blessés ? » demanda Ashlynn, en rengainant son épée.

Archer hocha la tête. « Oui, il y a des blessés parmi les llaelais. »

« Lorsque Magnus arrivera, informez le Major Maddox et envoyez-les-moi tous les deux », déclara Stryker. « Maréchal d’Elyse, Voulez-vous vous joindre à moi ?

« Vous pensez pourvoir m’en empêcher ? Dit Ashlynn, mais Stryker détecta une boutade dans sa voix.

« Je n’y songerais même pas. »

. . .

ILS S’ÉTAIENT RÉUNIS DANS LA MODESTE MAISON que Stryker avait reconstruit pour en faire son propre logement dès qu’il avait eu la confirmation qu’elle n’appartenait à personne de vivant encore à Croix-des-Fleuves. Il prévoyait de la remettre à la ville si celle-ci survivait aux semaines à venir.

La pièce qu’il préférait pour ses conseils de guerre avait équipée de meuble assez grands pour recevoir une armure de warcaster si nécessaire. Le Major Asheth Magnus, le Major Elizabeth Maddox, le Maréchal d’Elyse et le mage balisticien Vayne di Brascio occupaient ces meubles. Il avait réservé le briefing à ses officiers supérieurs, laissait seulement le Colonel Hughs de côté, il supervisait le placement du peu d’artillerie dont ils disposaient.

« Très bien, dites-moi ce qui s’est passé », demanda Stryker à Magnus.

« Pour faire simple », répondit Magnus. « Nous avons été pris en embuscade par des forces khadoréennes dirigées par l’un de ces kommandos d’élite que nous avons rencontrés à Rynyr.

Il désigna le trou de balle dans son épaulière droite, l’œuvre d’une carabine Murmure de la Mort. « Nous avons quelques blessés, mais je les ai vus arriver, et ils ont pris plus cher que nous. »

« Ravi de l’entendre », dit Stryker. « Mais où sont les hommes et les munitions promirent par le Colonel Jarov ? »


« J’aimerais le savoir aussi », prononça Ashlynn. « Le Colonel m’a promis personnellement qu’il enverrait ces troupes. »

« Je suis désolé, ma dame », répondit Vayne di Brascio. « Le Colonel Jarov m’a demandé de vous présenter ses propres excuses.

« Je n’ai pas besoin d’excuses, capitaine », répliqua Ashlynn. « J’ai besoin de savoir pourquoi nous n’avons pas une centaine de soldats supplémentaires pour renforcer nos rangs. »

Di Brascio écarta les mains. « Les forces khadoréenne mènent une campagne de guérilla des plus efficaces contre la Tour Gris-vent. Il est très difficile d’entrer ou de sortir quoi ce sot de la forteresse sans subir de lourdes pertes. Le colonel a engagé tout ce qu’il croyait possible pour les défenses de Croix-des-Fleuves. »

« Donc, vous dites que nous avons reçu toute l’aide disponible de Tour Gris-vent », dit le Major Maddox en fronçant les sourcils.

« J’ai bien peur que ce soit le cas », répondit di Brascio.

« Eh bien, c’est ma contribution à cette catastrophique journée », déclara Magnus. « Pas besoin de me remercie. Quelles nouvelles des khadoréens à Rynyr.

« Autant j’apprécie vous battre, cette fois, je préfère que vos nouvelles soient les pires », répondit Stryker. « Depuis Rynyr, sa relation avec son ancien mentor était devenue un territoire nouveau pour eux deux. Au moins, il ne détestait plus l’homme.

« Le seigneur général a tenté une blague », déclara Magnus. « Nous devons être braves et réellement damnés. »

Toutes les personnes dans la pièce gloussèrent et Stryker fut reconnaissant pour cette touche d’humour. Cela pourrait rendre ce qu’il avait à dire plus facile à digérer.

« J’ai des informations du SRC selon lesquelles la majeure partie des forces khadoréennes de Laedry se sont jointes à celles de Rynyr. Elles sont déjà en mouvement, et les estimations les plus prudentes, le nombre de soldat s’élèverait au moins à vingt mille, soutenus par deux douzaines de warjacks lourds, dont plusieurs colosses de classe Victor. »

« le silence s’installa dans la pièce. Enfin Vayne di Brascio pris la parole : « Et quel est notre nombre ici ? »

« Pas plus de cinq mille soldats prêts au combat, une douzaine de warjacks, principalement des châssis légers, et pas de colosses. Nous avons de l’artillerie, mais pas assez pour protéger une ville de cette taille. »

« Avons-nous des nouvelles de Lukas ou d’Alice di Morray ? » Demanda Ashlynn.

Stryker secoua la tête. « Aucune. S’ils envoient de l’aide – et cela semble peu probable à ce stade – il y a peu de chance qu’elle arrive assez vite que pour avoir de l’importance. Pour être honnête, l’aide du Colonel Jarov était le seul scénario possible. »

« Pouvons-nous attendre à recevoir de l’aide du Seigneur Général Duggan de la Première Armée ? Demanda Magnus.

« Non, Major », déclara Maddox. « Il se concentre sur Merywyn, et même si nous pouvions faire traverser le Fleuve Noir à des troupes, elles seraient confrontées aux mêmes difficultés que Tour Gris-vent.

« Ce n’est pas tout. Nous avons un autre problème, mineur actuellement, mais qui mérite d’être surveillé », déclara Stryker. « Le Capitaine Adkins a arrêté deux péniches rhulique transportant un étrange chargement qui, à notre avis, est destiné à Khador.

« Foutu Cartel Seaforge », râla Magnus. « Jouer sur les deux tableaux, sans aucun doute. »

« La Résistance fait du commerce avec certaines factions d’Hammerfall depuis un certain temps. Principalement pour les armes et les munitions », ajouta Ashlynn, fronçant les sourcils. « Nous ne pouvons pas nous permettre de payer ce qu’ils demandent pour les hommes et les machines. »

« Adkins les retient jusqu’à ce qu’un envoyé de Rhul explique ce qu’ils transportent », poursuivi Stryker. Il n’était pas encore près de partager ses réelles craintes avec ses commandants, pas que ces craintes ne soient confirmées ou, encore mieux, infirmées.

« Tu crois qu’il y aura une bagarre ? » Demanda Magnus.

« Pas tout de suite, mais Rhul n’est pas content que l’on bloque le fleuve, et s’ils ont envie de lever le blocus, les clans ont certainement la puissance de feu pour le faire. »

« C’est la dernière chose dont nous avons besoin », déclara Maddox.

« D’accord, mais comparé à l’Armée Khadoréenne se rapprochant, ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan », dit Magnus « Quels sont vos ordres, Seigneur Général ? »

Le regard grave sur son visage révéla à Stryker qu’il savait déjà. « Nous devons conserver Croix-des-Fleuves le plus longtemps possible et empêcher Strakhov de rejoindre les forces khadoréennes à Merywyn. Nous devons donner autant de temps que possible au Seigneur Général Duggan pour attaquer la capitale et rallier les forces de la Résistance.

Ashlynn dit : « Il n’y en a pas beaucoup, mais certains de nos meilleurs combattants sont à Merywyn. Ils feront des ravages de l’intérieur. Je peux vous l’assurer. »

« Et les citoyens de Croix-des-Fleuves ? » Demanda Maddox.

« Nous leur donnons le choix », dit Stryker. « Ils peuvent rester et aider à défendre la ville, ou ils peuvent aller à Merywyn.

« Ce n’est pas vraiment un choix », répondit Magnus.

« Je suis d’accord, mais ce sont les options qui s’offrent à nous. »

La pièce redevint silencieux tandis que chacun réfléchissait à la voie à suivre. Dans leur esprit, la mort était constamment suspendue comme un linceul. Mais la pensée de l’échec du roi ou de la cause pesait plus lourdement sur eux.

« Mes ordres sont donc simples », déclara Stryker. « Nous endurons, et nous nous battons. »

— 5 —

PARFOIS, IL SEMBLAIT À STRYKER que sa vie était un boucle sans fin, répétant les mêmes horribles événements encore et encore. Il n’y a pas si longtemps, quand il avait regardé par dessus les murailles de Croix-des-Fleuves, un gigantesque armée khadoréenne, venue pour détruire tout ce pour quoi il avait œuvré. Maintenant, un autre armée, plus grande que la première, déferlait telle une vague rouge mécanisée vers Croix-des-Fleuves, inépuisable et implacable.

Il avait repris sa position au sommet de la Grande Porte, un structure en forme de forteresse qui protégeait le plus grand pont sur le confluent des fleuves qui a donné son nom à Croix-des-Fleuves. Les khadoréens avaient détruit les autres ponts assez grands pour supporter les warjacks et un grand nombre de troupes bien avant que Stryker n’ait libéré la ville pour la première fois, et ils auraient détruit celui-ci s’il ne les avait pas arrêtés.

La dernière fois que lui et tout Croix-des-Fleuves avaient affronté Khador, la ville était dans un bien meilleur était. Maintenant, ses murs étaient peu nombreux et ses citoyens assurés de la menace d’une destruction totale. Il avait remporté cette première bataille en grande partie grâce à l’utilisation par Magnus du Souffle Diabolique pour tuer des milliers de soldats khadoréens après leur entrée dans la ville. Cela le rendait encore malade, mais cela avait mené à la victoire. Il n’y aurait plus de surprise diabolique pour les khadoréens cette fois ; non, cette fois, ils réduiraient la ville et ses habitants en poussière.

Il avait discuté avec les anciens de Croix-des-Fleuves et leur avait donné le choix : rester et se battre ou fuir vers le sud. Beaucoup avaient choisi de rester, et bien qu’il fasse de son mieux pour les protéger, les pertes seraient monumentales. Il admirait leur courage ; le Khador s’était déjà emparé de Croix-des-Fleuves une fois, mais il l’avait presque rasé au moment de sa libération par le Cygnar, et sa population était de nouveau au bord du précipice de plus de morts et de plus de destructions. Pourtant, ils restaient, quel qu’en soit le prix.

Une partie de lui aurait souhaité qu’ils aient abandonnent tous leur maison. Cela faciliterait la défense de la ville, mais là encore, dans la même situation, il ne quitterait pas son foyer. Il se battrait. Il resterait. Peu importe le prix.

« Tellement », exprima le Lieutenant William Harcourt, le visage pâle. Il se tenait à côté de Stryker sur la muraille avant de la Grande Porte.

« Nous savions que ce serait le cas », dit Stryker. « Mais nous avons la Grande Porte. »

Le pont et la Grande Porte étaient le seul moyen d’introduire quoi que ce soit de lourd, comme des warjacks et de l’artillerie, dans la ville. Le fait qu’ils le contrôlent était l’un des rares avantages qu’ils avaient. Strakhov ne devrait pas être en mesure d’envoyer de l’infanterie et des warjacks sur la ville depuis plusieurs directions, mais il n’en avait pas vraiment besoin. Stryker ne pouvait pas l’affronter à découvert – il n’avait pas les hommes pour ça. Le commandant khadoréen pouvait simplement s’asseoir et pilonner la ville. Il était clair que sa priorité n’était plus de s’emparer de la ville intacte pour leur propre usage. À Elsinberg, Stryker avait vu de visu ce que des tirs de barrage concentrés pouvait faire. Ils avaient réduit la ville en cendres et détruit la majeure partie de l’armée qu’il commandait.

« Et moi qui pensais que Rynyr avait été violent », dit Harcourt. En contrebas, un sifflement aigu, de vapeur, retentit. Vî Arsouye avait senti l’était de nervosité de son warcaster.

« Rynyr a été violent. Ici c’est pire », déclara Stryker, puis le regretta. Harcourt blêmi et s’appuya d’une main sur la crénelle la plus proche.

« Lieutenant, j’ai connu pire et j’ai survécu. Malgré la peur, malgré le désespoir, nous avons un devoir envers le Cygnar et les citoyens de cette ville. Nous devons tenir le plus longtemps possible. »

Harcourt acquiesça et inspira difficilement. « Leurs armes seront bientôt à portée. »

« Le Major Magnus va les retarder », lui assura Stryker. Magnus dirigerait certaines des Lances-Tempêtes et quelques-uns de leurs warjacks légers pour cibler l’artillerie khadoréenne. S’il pouvait en détruire une partie ou les empêcher de cibler la ville, même pendant quelques heures, cela lui ferait gagner du temps. Ashlynn d’Elyse s’occuperait de l’intérieur de la ville, employant principalement ses propres troupes et les warjacks ayant survécu à Rynyr. Quand la Grande Porte tomberait, Stryker se replierait et se joindrait à elle pour faire subir aux khadoréens une sanglante bataille de rue en rue. C’était une affaire perdue d’avance, de toute façon. Il sauverait autant de civils que possible et espérait que Strakhov ne gaspillerait pas plus d’hommes et de ressources que nécessaire pour les chasser.

La majeure partie des forces cygnaréennes restantes étaient rassemblées derrière la porte. Lance-Tempête, infanterie pionnier, et tous les warjacks lourds qu’il leur restait. Le Colonel Hughs avait installé des batteries d’artillerie près de parties intactes de la muraille extérieure. Il n’avait ni la portée ni le nombre pour faire beaucoup de dégâts aux khadoréens, mais il pourrait ralentir leur avance.

« Il n’y a pas grand-chose de plus à regarder ici », déclara Stryker. Il avait grimpé au rempart pour voir l’armée qui se rapprochait, et maintenant, il en avait plu que suffisant. « Descendons au près du Major Maddox. »

Ils descendirent et Stryker sentit la présence des deux Défenseurs qu’il dirigeait. Les warjacks étaient deux des cinq lourds qu’ils avaient encore, sans compter Arsouye. Maddox dirigeait un Cyclone et une paire de Chargeurs plus légers, et Magnus avait pris le reste de leurs warjacks légers, deux Chasseurs et un autre Chargeur. C’est un nombre infime de warjacks pour affronter les douzaines de Strakhov et de ses contrôleurs à sa disposition.

Des rangs de pionniers et de Lames-Tempêtes avait rempli l’espace derrière la Grande Porte, et ils se sont écartés pour laisser passer Stryker et Harcourt. Stryker a offert un salut cordial ou s’est arrêté pour saisir l’avant-bras d’un soldat avec lequel il avait combattu lors d’une bataille passée. Il a vu la peur sans les yeux de ses troupes, mais aussi la détermination. Ils se battraient, et ils se battraient bien.

Harcourt salua les soldats de la même manière, bien qu’il soit plus décontracté. Il était nouveau pour eux, et sa rapide promotion après la découverte de son talent de warcaster aurait pu présenter des problèmes pour certains vétérans. À la surprise et au plaisir de Stryker, les soldats répondait au jeune warcaster avec un enthousiasme facile. Certains d’entre eux l’avaient vu combattre aux côtés de Vî Arsouye à Rynyr. Là-bas, Harcourt s’était bien acquitté de sa tâche, et des histoires comme celle-ci se répandaient rapidement au sein d’une armée. La bravoure d’un officier, même jeune, a toujours suscité le respect.

« Seigneur Général », cria Maddox de l’autre côté de la place. L’imposant Cyclone de la warcaster surgit parmi les rangs de soldats, et sa voix portait avec l’autorité d’un sergent instructeur.

Elle se précipitait vers lui, ses yeux brillant d’excitation et de quelque chose d’autre, quelque chose qu’il n’avait plus vu depuis un certain temps. De l’espoir.

« Qu’y a-t-il, Major ? » demanda Stryker.

« Monsieur, nous avons reçu des rapports intéressants de la part de nos éclaireurs de front », déclara Maddox. « Le message a été relayé par notre réseau d’éclaireurs, donc l’information a au moins un jour. »

« C’est noté. Dites-moi. »

« Il y a une autre armée en mouvement depuis l’ouest », a-t-elle déclaré. Les tripes de Stryker faisaient des nœuds. Il s’attendait à ce que les forces khadoréennes viennent de Laedry, mais la possibilité que davantage de troupes khadoréennes viennent de villes proches de la frontière, comme Rorchik, demeurait une possibilité terrifiante.

Maddox ressentit son inquiétude et secoua la tête. « Pas khadoréenne, monsieur. Autre chose. »

« Quoi ? Qui ? »

« Les rapports sont… étranges. Ils décrivent des warjacks et des troupes qui ne correspondent à aucune configuration connue. »

Le Cygnar avait des renseignements sur le Châtiment de Scyrah et la Convergence de Cyriss, deux nouvelles forces militaires étranges apparues dans les Royaumes d’Acier ces dernières années. Dans l’esprit de Stryker, cela signifiait que l’identité de l’armée venant de l’ouest ne pouvait signifier qu’une chose.

« C’est Lukas di Morray », déclara Stryker. « Cela doit l’être. »

« Monsieur, vous avez probablement raison, mais nous n’en sommes pas sûrs », répondit Maddox, son espoir personnel cédant sa place à la prudence d’un officier. « Ils pourrait s’agir de troupes de la Garde du Creuset, mais sans aucun message de di Morray et aucun moyen de le savoir avec certitude... »

« Les éclaireurs auraient reconnu n’importe qui d’autre », dit Stryker, autant à lui-même qu’à elle. Il sentit une déferlante lointaine dans sa poitrine, ressemblant à de l’espoir. « C’est eux. Avez-vous des chiffres ? »

Maddox hocha la tête. « Il pourrait être plus de cinq mille, bien qu’il y ait de nombreuses étranges machines avec eux.

« Strakhov n’a peut-être pas les mêmes rapports, nous ne pouvons donc pas les laisser se préparer. Nous devons les frapper fort, l’entraver, afin qu’il ne puisse engager aucune de ses forces à attaquer di Morray à son arrivée.

« Comment pouvons-nous faire cela ? » Déclara Harcourt.

Stryker montra du doigt les immenses portes en acier et en bois de la Grande Porte. « Nous lui donnons le pont. »

— 6 —

LES ORDRES PROVENAIENT D’UNE LANCE-TEMPÊTE qui avait failli tué son cheval pour atteindre Magnus et ses troupes depuis Croix-des-Fleuves. Ils devaient encore frapper l’artillerie s’ils le pouvaient, selon les ordres, mais leur objectif premier était maintenant d’attirer autant de troupes ennemis vers la ville et le pont que possible.

Magnus a congédié le Lance-Tempête et a examiné la menace devant lui. L’Armée Khadoréenne s’installait et leurs lignes étaient denses de Man-O-War, probablement provenant de Laedry. Il y avait moins de cavalerie que la première fois que Khador avait assiégé Croix-des-Fleuves, et l’infanterie légère était composée en grand nombre de kommandos d’assaut plutôt que de Gardes des Glaces. Strakhov favorisait les kommandos, qui se mouvaient plus rapidement, et leur présence au sein de l’armée n’était pas une surprise. Strakhov avait été intelligent avec ses forces – il avait placé ses chariots et ses troupes d’artillerie en plein milieu d’une large force de Man-O-War. Ils seraient difficiles à les atteindre sans couper à travers les guerriers les plus coriaces de Khador.

Magnus avait ses propres troupes, une centaine de Lances-Tempête soutenues par l’infanterie pionnier et des commandos placés sur le flanc droit de l’Armée Khadoréenne. C’était le plus mince et leur meilleure chance d’atteindre l’artillerie.

« Capitaine Archer », dit Magnus. Il était à pied et dû lever les yeux vers le capitaine Lance-Tempête. « Tu vas projeter tes Lances directement dans leurs dents. Frappe-les durement et faits un trou. Je couvrirai avec les warjacks et te suivrai après. »

« Oui, monsieur », dit-elle.

« Fonce et puis recule. »

« Monsieur ? » Dit Archer. « Je croyais que notre mission était de faire le plus de dégâts possible à l’artillerie. »

« Ça l’était », dit-il. « Mais il se peut que nous ayons des amis en chemin, alors nous devons faire croire à Strakhov que c’est notre objectif, et ensuite retraiter en ville. Vers la porte. »

Elle parcourut la ligne de Lance-Tempête, relayant ses ordres. Magnus n’avait pas servi longtemps avec Archer – c’était une protégée de Stryker – mais il l’avait vue se battre et commander, et elle était formidable dans les deux circonstances.

Les khadoréens l’avaient vu et avaient probablement deviné ses intentions. « Brigland », dit Magnus. « Tu as tout percuté ? »

L’ancien chien de mer hocha la tête. Il s’était installé dans son rôle de leader parmi les pionniers ; ils respectaient son style terre-à-terre et son implacable férocité au combat. « Je l’ai fait, monsieur. On est derrière vous. »

Magnus se tourna vers le trollkin proche de lui. « Horgrum, je veux que tu exploses tout ce qui s’approche de trop de moi pendant que j’achève les Man-O-War qu’Archer laisse derrière elle. »

Le grand trollkin grogna son assentiment. « Je détruirai tous ceux qui vous menacent. »

« Juste ceux qui me tombent dessus », clarifia Magnus. D’un geste il prit le commandement. « Très bien. Allons foutre le bordel. »

Il leva son bras et le laissa tomber. Les Lances-Tempête ont commencé à avancer, le Capitaine Archer en tête. Les obus des canons-boucliers des Man-O-War s’épanouirent, quoique trop courts. Ils devraient bien tôt faire des ravages.

Les Lances-Tempête s’élancèrent au galop, et Magnus avança, ses warjacks l’entourant le protégeant. Il tendit la main vers l’un des deux Chasseurs qu’il dirigeait et cibla un kovnik Man-O-War criant des ordres sur le flanc droit. À trois cents verges, le kovnik se prit un obus sur le plastron et explosa dans une gerbe de sang et d’armures.

« C’est un bon départ » dit Magnus, qui se lança dans un sprint en grimaçant alors que l’accumulation de vieilles blessures et l’âge lui procuraient des spasmes de douleur à travers le corps. Ces jours-ci, il semblait que la seule chose qui le maintenait droit était son armure et son refus d’arrêter. Il tira Pourfendeur de son dos et parcouru mentalement la liste de ses sorts. Il faudrait qu’il soit plus proche pour la majorité d’entre eux.

Il poussa tous ses warjacks pour ouvrir le feu, tirant en chandelle des obus des canons jumeaux du Chargeur et sélectionnant ses cibles – des officiers, si possible – avec les canons à longue portée plus précis des Chasseurs. La ligne de Man-O-War vacilla quelques précieuses secondes sous le barrage, juste au moment où les Lances-Tempête arrivaient au contact, percutant la ligne khadoréenne dans un étroit coin. Leurs électro-lances étincelant d’un bleu vif alors qu’ils fracassaient les boucliers et les cuirasses, et embrochant les soldats derrière ceux-ci.

Magnus pris pour cible les troupes khadoréennes à gauche et à droite des Lances-Tempête avec les armes de ses warjacks, empêchant la cavalerie d’être submergée. C’était comme cracher dans un océan – il y avait juste trop d’ennemis sur le terrain.

Les pionniers derrière lui ont tiré avec leurs armes alors qu’ils progressaient, une série de tirs ordonnés qui ont assailli la ligne ennemie d’un flot constant de balle.

Archer et les Lances-Tempête ont atteint le premier ensemble de chariots d’artillerie, et leurs électro-lances les ont arrosés d’éclairs galvaniques.

Magnus n’a pas eu le temps de voir la somme de dégât qu’Archer avait causé parce qu’une ligne de Man-O-War se profilait devant lui. Derrière eux se dressait une paire d’imposantes formes rouges, des warjacks Juggernaut armés de haches assez grandes que pour trancher un homme en deux d’un seul coup ou de tailler en pièces un warjack léger.

Les warjacks déchaîneraient les enfers sur les Lances-Tempête d’Archer, ils devinrent donc la cible immédiate de Magnus. Des runes tournoyèrent autour de son corps quand il invoqua sa magie et la déchaîna. Devant, le sort de catastrophe a explosé sous les pieds du Man-O-War les plus proches, les projetant comme des poupées de chiffon blindées et créant une voie directe vers les Juggernauts.

Magnus osa espérer qu’il avait tué le contrôleur du warjack ennemi dans l’explosion. Il prit Pourfendeur à deux mains et poussa son Chargeur dans une course effrénée vers le premier Juggernaut. Le Chargeur a frappé le Juggernaut avec son marteau de guerre, juste au-dessus de sa petite tête, bosselant la coque mais ne causant aucun dommage majeur. Il a distrait l’énorme machine suffisamment longtemps pour que Magnus s’approche et enfonce Pourfendeur à travers le bras droit du Juggernaut, tranchant à travers l’armure et les lignes hydrauliques offrant la puissance au membre maniant sa hache. Des étincelles et du liquide jaillirent, et le bras du warjacks chuta amorphe à ses côtés. Magnus esquiva un puissant coup du poing gauche puis tendit la main vers ses deux Chasseurs. Leurs canons rugirent et leurs obus perforant explosèrent dans et à travers la coque du Juggernaut, le projetant en arrière.

Magnus remarqua un mouvement du coin de son œil droit et se tourna pour lui faire face. Un kovnik Man-O-War le chargeait, son énorme hache dressée. Le vétéran khadoréen s’était rapproché alors que Magnus s’occupait des Juggernauts. Avec Pourfendeur, il para désespérément, grimaçant alors que la lourde hache mékanique éclatait sa parade, puis traversait son champ d’énergie, le projetant en arrière et le déséquilibrant.

La kovnik chargea à nouveau alors qu’une détonation éloignée mais puissante retentissait. Soudain, le genou droit du kovnik disparu dans une gerbe de sang et d’éclats. Il tomba sur son bouclier.

Magnus n’hésita pas. Il se précipita et balança Pourfendeur en un arc de cercle, ôtant la moitié supérieure de la tête du khadoréen.

Magnus s’arrêta, repris son souffle et salua, sachant qu’Horgrum le remarquerait.

Il s’est reconcentrer. Les pionniers avaient atteints les khadoréens et Brigland forma une ligne de tir. Ils ont arrosé tour après tours l’ennemi. Maintenant, les canons-boucliers Man-O-War faisaient des ravages dans les rangs des soldats cygnaréens, les cramant et les abattant. Malgré cette hécatombe, il leur faudrait tenir un peu plus longtemps.

Archer volta et ramena ses Lances-Tempête vers Magnus. Derrière elle, les épaves enflammées de trois chariots d’artillerie se consumaient.

Magnus recula, emportant ses warjacks avec lui. Ils avaient gravement endommagé l’un des Juggernauts, mais l’autre restait opérationnel, bien que beaucoup plus lent que ses homologues cygnaréens. L’armée qui défendait Croix-des-Fleuves était, dans l’ensemble, plus rapide et plus mobile, et bien qu’elle ne puisse pas se comparer avec la ligne de front khadoréenne, elle pouvait employer plus efficacement les tactiques d’harcèlements.

« Ramène-les vers l’arrière », cria Magnus tandis que les Lances-Tempête chevauchaient devant lui, et il entendit Brigland sonner la retraite.

Ils avaient secoué Strakhov mais n’avaient fait aucun réel dégât ; les kommandos d’assaut se précipitaient en masse sur le flanc droit afin de poursuivre les cygnaréens en fuite.

« Bien », prononça Magnus à haute voix. « Voyons jusqu’où ils nous suivront. »

— 7 —

« CE NE SONT PAS DES SOLDATS, MARÉCHAL », déclara le Capitaine Reece Keller en pointant le groupe de citoyens de Croix-des-Fleuves rassemblés en amas dépenaillés derrière une ligne de soldats llaelais et de hallebardiers Tête d’Acier rassemblés sur la place principale de la ville.

Ashlynn était reconnaissante au capitaine Tête d’Acier d’être resté à Croix-des-Fleuves avec quelques centaines de ses hommes, mais son évaluation directe et souvent grossière des questions militaires l’irritait au plus haut point. « J’en suis bien conscient, capitaine, mais ils se battent pour leur foyer. Leur refuseriez-vous cette opportunité ? »

« Je suis d’accord », dit le Capitaine Vayne di Brascio, lançant un regard noir à Keller. Le mage balisticien de la Rose Améthyste était un combattant de la Résistance llaelaise ayant combattu avec le père d’Ashlynn. Où qu’elle serve, il servait. Son habilité et son leadership étaient des atouts bienvenus à ses maigres forces.

Keller secoua la tête. « Seul la moitié d’entre eux détiennent une arme à feu. Les autres sont armés de …. » Il fit une pause puis désigna un homme corpulent vêtu d’une chemise mal ajustée ressemblant à une cotte de mailles. « Cet homme a couteau de boucher. »

« Alors, gardez-les derrières votre ligne et espérez que les combats n’arrivent pas jusque-là », déclara Ashlynn, sachant que cela pourrait se produire. Sa Mule, Soldat, dégagea de la vapeur et fit un pas en direction du Capitaine Keller, ressentant sa frustration envers le capitaine Tête d’Acier. « Stop, Soldat », dit-elle en tapotant la coque de la Mule. Il leva sa masse dans un salut maladroit et recula.

Keller sourit et salua la Mule. « Mes excuses, Soldat. » Puis à Ashlynn, il dit : « Tu sais, je suivrai tes ordres, mais je dois d’abord en avoir pour mon argent.

« Oui, un trait de caractère épuisant », dit-elle, « surtout chez un mercenaire. » Un bruit de tonnerre lointain s’éleva au-dessus de la ville et des panaches de fumée noire s’élevèrent dans l’air.

« Ça doit-être Hughs », dit Ashlynn. « Les khadoréens sont assez près de la ville pour l’artillerie. »

« Trop proche pour mon confort », déclara Keller.

Ils se tenaient sur la place centrale de la ville, ceinturées de maisons et de commerces, dont la plupart ont été récemment reconstruites. Les quatre rues principales de Croix-des-Fleuves se séparent dans les directions cardinales, permettant à Ashlynn de rapidement déplacer ses troupes dans n’importe quel quartier de la ville. Entre ce qui restait des forces qu’elle commandait à Rynyr et les Têtes d’Acier de Keller, elle avait environ un millier de soldats. Ses autres atouts étaient la Mule, Soldat, et un ancien warjack Rapace qu’ils avaient trouvé inerte et recouvert de toile d’araignée dans un vieux bunker avant la première invasion de Khador. Ils avaient réussi à le faire fonctionner, mais s’y connecter ressemblait à remonter le temps ; son cortex primitif était encore plus simpliste que celui de Soldat, vieux de deux siècles. Au-delà de cela, elle avait deux cents hommes et femmes de Croix-des-Fleuves, valides, mais sans formation militaire. Quand les khadoréens pénétreraient dans la ville, l’ennemi ne ferait qu’une bouchée des conscrits.

Provenant du sud, des bruits de sabots frappant les pavés résonnèrent sur la place, et l’un des cavaliers Tête d’Acier s’est arrêté près d’Ashlynn et de Keller.

« Nous avons un contact près des quais au sud », dit-il le visage lugubre.

Ashlynn y avait placé le Major Cocteau et certaines de ses meilleures troupes. Là où se dressait le pont méridional principal, le lit de la rivière y était plus étroit ; c’était l’endroit le plus probable que les khadoréens attaqueraient. Strakhov n’enverrait pas toute son armée contre la ville lors d’un assaut frontal. Non, il chercherait d’autres façons de les attaquer.

« Rapport », déclara Keller.

« Ils ont apporté leurs propres ponts », dit le cavalier Tête d’Acier, les yeux écarquillés de stupéfaction.

Vayne di Brascio secoua la tête. « Nous aurions dû nous y attendre de la part de gars comme Strakhov. »

Ashlynn s’irrita à ce commentaire, même si elle ne pouvait contester l’estimation du mage balisticien. Ils auraient dû s’attendre à quelque chose de sournois d’un ennemi qui avait passé toute sa carrière en tant qu’espion et assassin.

« Combien d’hommes ? » Demanda-t-elle au Tête d’Acier.

« Peut-être mille », répondit le Tête d’Acier. « On dirait des kommandos d’assaut, certains d’entre eux en armure noire. »

« Les kommandos, l’animal de compagnie de Strakhov », la main d’Ashlynn s’est levée jusqu’à son plastron, survolant la zone où elle avait été touchée à Rynyr par une carabine Murmure de la Mort.

« Quels sont tes ordres, Maréchal ? » Demanda di Brascio.

Elle prit sa décision. « Keller, reste ici et garde la place », déclara Ashlynn. « J’emmène cinq cents hommes sur les quais. Nous ne pouvons pas laisser les khadoréens pénétrer plus loin dans la ville. Capitaine di Brascio, tu me suis. »

Keller hocha la tête. « Nous allons tenir ici. Bonne chance, Maréchal. »

. . .

« JE DÉTESTE CE FOUTU PONT », déclara Stryker dans sa barbe alors qu’il déviait une hache Exterminatrice Man-O-War, d’un pas de côté, puis ouvrit l’homme de la tête au pied avec Vif-Argent. À ses côtés, Harcourt de la main invoqua un sort et lança un projectile mystique contre un uhlan, l’éjectant de sa selle. « Désolé, monsieur, je ne vous ai pas entendu. »

Striker ouvrit la bouche pour répondre, mais un tir de bouclier canon Man-O-War s’écrasa contre son champ d’énergie, le repoussant d’un pas. Un de ses Défenseurs intervint et pulvérisa le khadoréen avec son marteau disruptif.

Le pont grouillait de khadoréens, pour la plupart des Man-O-War, mais les rangs d’uhlans et de kommandos d’assaut n’étaient pas loin derrière. Strakhov avait également engagé certains de ses warjacks lourds sur le pont dès que Stryker avait clairement fait savoir qu’il le rencontrerait à découvert.

Strakhov avait put sentir le piège, mais il s’en fichait peut-être. Il avait suffisamment d’hommes et de machines pour que toute perte subie sur le pont soit minuscules par rapport à celle de Stryker. À un moment donné, il n’y aurait plus de cygnaréens à combattre, et Strakhov envahir la ville et prendre son pour nettoyer toute résistance.

S’il avait su pour l’armée approchant, armée dont Stryker pariait que c’était la Garde du Creuset, Strakhov n’aurait pas engagé autant d’hommes. Strakhov se demandait si la défaite que Strakhov avait subie à Rynyr des mains de Stryker avait influencé sa décision d’engager autant d’hommes sur le pont.

Stryker s’était rendu bien visible au cas où cela motiverait son adversaire.
Il avait précipité ses propres forces à mi-chemin du pont, dirigeant personnellement les Lames-Tempêtes survivantes. Il tenait Maddox et la plupart des pionniers en réserve derrière la porte pour une brutale contre-attaque s’ils étaient refoulés dans la ville.

Mais cela ne pourrait jamais arriver. Ils tiendraient plus très longtemps.

Stryker recula à nouveau et poussa ses warjacks en avant pour combler l’espace sur leur ligne de front. La ligne khadoréenne s’ouvrit un instant et la forme imposante d’un warjacks traversa. Ses haches jumelles et sa conception archaïque l’identifiait comme étant un Berserker, un châssis vieillissant qui avait la tristement célèbre réputation du cortex défaillant suivi d’une explosion catastrophique.

Le contrôleur du Berserker beuglait des ordres à la machine alors qu’elle se précipitait sur l’un des Défenseurs de Stryker. Stryker déchargea les lourds canons des warjacks par-dessus la tête des Lames-Tempêtes qui l’entouraient, et les obus ont percuté le Berserker en charge, noircissant son blindage et bosselant sa coque. Cela ne l’a pas ralenti.

Des explosions galvaniques des glaives-tempêtes émaillaient le Berserker, brûlant davantage son blindage mais ne causant dommage appréciable.

Stryker invoqua un sort. Des runes se sont formées autour de son Défenseur en avant, la magie coulant le long de ses relais galvaniques, accélérant sa foulée et ajoutant une puissance terrible à ses membres. Il bondit vers l’avant, soulevant son lourd canon pour intercepter l’une des haches du Berserker. Il a ensuite enfoncé son marteau disruptif dans la tête du ‘jack khadoréen, aplatissant celle-ci et la majeure partie de la coque derrière. Le Berserker bascula en arrière, les troupes khadoréennes se dispersant tandis qu’il percutait le pont, crachant de la fumée de ses dégâts.

Stryker s’était préparé à une explosion, mais elle ne provint pas … du Berserker.

« J’arrive ! » cria Harcourt, et l’effroyable sifflement des tirs d’artillerie étouffa tous les autres sons. L’obus frappa une cinquantaine de mètres derrière la position de Stryker, explosant dans un rugissement tonitruant. L’onde de choc le happa et le projeta vers l’avant. Il se cogna contre la coque de son Défenseur et s’effondra au sol, à bout de souffle.

Il se releva, s’aidant de la coque du Défenseur et se retourna pour regarder derrière lui. Un impressionnant cratère la surface du pont, et les corps de Lames-Tempêtes gisaient éparpillés autour de lui, brûlés et silencieux.

Harcourt titubé jusqu’à lui, son bras droit se balançant à ses côtés. Il avait été plus proche de l’explosion, et la coque antérieure bosselée de Vî Arsouye signifiait que le warjack s’était interposé entre le warcaster et l’obus explosif.

« Victor », marmonna Harcourt, grognant de douleur.

La forme imposante d’un colosse Victor s’élevait au-dessus des rangs des troupes khadoréennes à l’autre bout du pont. Il n’était pas seul – une autre monstruosité de six mètres, le plus courant Conquête, se déplaçait derrière lui. Les deux colosses étaient équipes de gargantuesques canons.

« Nous devons nous rapprocher des khadoréens et voir si Strakhov va bombarder ses propres hommes », déclara Stryker.

Harcourt se renfrogna. « J’ai la mauvaise impression qu’il le fera. »

« Tu as peut-être raison », répondit Stryker, grimaçant à l’idée de davantage de tués, « mais au moins, il ne bombardera pas la ville. »


« Modifié: 17 décembre 2019 à 20:16:12 par elric »
Citation de: Maître Yoda
Trop gentil tu seras, dans le côté obscur tu l'auras.

Si vous constatez des fautes d'orthographe et/ou de conjugaison, des phrases à remanier pour une meilleur compréhension.
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Re : STORMBREAK - 1ere partie
« Réponse #2 le: 06 décembre 2019 à 00:33:19 »
— 8 —

MAGNUS OBSERVA LE CANON surmontant la coque du Victor tonner, accompagner d’une boule de feu brillante et d’un boum perçant les tympans. L’obus atterri au milieu des forces cygnaréennes sur le pont, projetant des appendices lumineux de flammes dans toutes les directions. Des soldats et des bouts de soldats ont été projetés du pont vers l’eau en dessous.

« Il va être mis en pièces », déclara Archer. Le visage du capitaine Lances-Tempête était couleur cendre. Stryker serait au milieu de cette explosion, conduisant ses troupes depuis le front. Magnus avait interrompu leur retraite du flanc droit khadoréen pour se regrouper et décider où aller ensuite. Ils avaient réussi leur mission initiale, détruire une partie de l’artillerie de Strakhov et attirer une bonne partie de ses hommes vers la ville. Derrière eux, un raz de marée de troupes khadoréennes. Pour le moment, ils pouvaient les déjouer, mais l’armée de Strakhov fonctionnait comme une amibe géante, étendant des pseudopodes à tâtons pour frapper plusieurs parties de la ville à la fois sans sacrifier son intégrité globale.

« Nous devons lui donner plus de temps, le laisser se regrouper », déclara Magnus. Ils étaient à quelques centaines de mètres de la base du pont.

Des milliers de soldats khadoréens s’y étaient massés, et les deux colosses ainsi qu’une demi-douzaine de warjacks lourds étaient rassemblés sur le front. Strakhov serait proche, commandant le Victor et le Conquête, voulant sans doute se venger personnellement après avoir été contrecarré à Rynyr.

« Que proposez-vous ? » Demanda Archer.

« Chevauchez droit sur eux, leur faire mal, les occuper », répondit Magnus. « Tout pour que ces colosses restent concentrés sur nous.

« Nous serons comme une moule sur un rocher », dit-elle, bien qu’il n’ait ressenti aucune hésitation dans sa voix. Elle énonçait simplement un fait.

« Probablement, mais quel choix avons-nous ? Autant emporter autant de ces salauds que possible. Ralentissez-les, donnez à la Première Armée une chance de faire des dégâts à Merywyn. »

« C’est comme cela que meurt un guerrier », dit Horgrum, hochant la tête sagement.

« Je préfère ne pas me faire tuer, bien sûr, mais je suivrai vos ordres jusqu’au bout, monsieur », déclara Brigland.

Magnus gloussa. « Eh bien, peut-être qu’à la fin tu ne seras fait que prisonnier à la place. »

« Nous parlions de mourir. Il n’y a aucune raison d’évoquer de terribles possibilités, monsieur », déclara Brigland en frissonnant.

Magnus regarda autour de lui, les hommes qu’il avait rassemblés provenait de la lie de la société, des mercenaires ayant trouvé une place dans l’armée cygnaréenne, des parias qui avaient trouvé à la fois un but et une dignité. Il pourrait faire pire que de mourir avec ces gens.

« Capitaine Archer », dit-il. « Menez-nous. »

Elle salua, son propre sourire empli d’une fierté sinistre. « Oui, Major. »

. . .

STRYKER REGARDA LES LANCES-TEMPÊTES DU CAPITAINE ARCHER percuter les khadoréens au plus près de l’extrémité du pont. Une vague de pionniers s’ensuivit, et l’explosion lumineuse d’un sort de catastrophe vint ensuite. L’éruption de force mystique illumina les deux colosses khadoréens d’une lueur azur et projeta les soldats ennemis dans toutes les directions.

« En avant », cria Striker et agita Vif-Argent au-dessus de sa tête. Les colosses devraient de se concentrer sur Magnus pour le moment, offrant à ses propres forces un peu d’espace pour avancer. Un cri féroce retentit derrière lui, et Stryker chargeât, ses deux Défenseurs tonnant vers l’ennemi, les marteaux disruptifs s'abattant.

Harcourt et Vî Arsouye courant à ses côtés, le grand Cuirassier crachant des gouttelettes de vapeur en un cri de guerre strident.

Ils heurtèrent la ligne khadoréenne dans un chaos de lames et d’éclairs d’énergie galvaniques. La bataille devint un enchaînement de moment indistincts alors que la mémoire musculaire et les réflexes prenaient le dessus. La forme et la compétence se sont perdues dans une brutale mêlée. L’armure de warcaster de Stryker le protégeait de la plupart des coups, alors il les laissa pleuvoir pendant qu’il attaquait férocement avec sa lame, son poing et ses sorts, tissant une mosaïque de mort et de fureur abandonnant des corps brisés sur son passage.

La fureur de la bataille a également emporté Harcourt, et il combattait sous les coups de marteau de Vî Arsouye, tuant tout khadoréen ayant passé l’arme ou le poing du warjack. Malgré ses blessures, il portait des coups avec une efficacité appliquée que même Ashlynn d’Elyse apprécierait.

Stryker partageait sa vision entre ses warjacks et la sienne, un effort étant devenu une seconde nature. Parfois, il ne distinguait plus si c’était sa lame ou l’un des marteaux disruptifs d’un Défenseur qui avait coûté la vie à un ennemi.

Pourtant, il conservait une pensée cohérente à travers la brume de la bataille.

Tenir. Tenir. Tenir.

Les hommes et les femmes qui l’entouraient se battaient avec la même fureur, galvanisés par la colère de leurs officiers, et pendants un instant, les khadoréens ont reculé, pris de court par la férocité de l’attaque. Puis ce moment est passé, et les haches exterminatrices et les canons-boucliers des Man-O-War ont fait connaître leur présence.

Des Lames-Tempêtes sont mortes tout autour de Stryker. Il n’y avait pas moyen de repousser l’inexorable marée de corps armurés. Il a raté la parade d’une hache exterminatrice, et le plat de la lame frappa son crâne, le faisant chuter à genoux et le projetant d’un un monde de vertige.

Il leva sa lame pour repousser un autre hache Man-O-War, mais ce fut une tentative maladroite, et la lourde arme traversa son champ d’énergie et creusa un sillon sur sa cuirasse. Le coup expulsa l’air de ses poumons et le projeta sur le dos.

Serait-ce sa mort ? Mourir sur un pont qu’il avait pris à un ennemi pour le défendre et le perdre à nouveau ?

Stryker se releva, désireux de mourir debout l’arme à la main.

Un grondement distinct et lointain secoua le pont de pierre. Il s’attendait à voir la forme monstrueuse d’un warjack khadoréen tonitruer dans sa direction. Au lieu de cela, ses Lames-Tempêtes ont reculé d’un pas, apparemment confus. Il a vu la même réaction au sein de la ligne khadoréenne. Hésitation. Incertitude.

Le pont trembla, vibrant d’un grondement régulier, ne provenant de rien de présent sur le pont. Les combats se sont calmés puis stoppés alors que les deux camps s’empressaient de vérifier si leurs adversaires avaient déchaîné une nouvelle arme contre eux.

Les khadoréens se sont repliés d’une trentaine de pieds et Stryker en a profité pour évaluer les dégâts qu’ils avaient causés. Il avait perdu au moins une centaine d’hommes et un de ses Défenseurs était gravement endommagé. Ils ne survivraient pas à une autre offensive.

« Qu’est-ce que c’est ? » Demanda Harcourt, boitant à ses côtés. Un Vî Arsouye cabossé et bosselé surgit près de son petit maître.

« Je ne sais pas », déclara Stryker. Les réverbérations s’intensifièrent et un bruit, semblable à une respiration, lent et rythmé, rejoint ce grondement lointain. Ça lui rappelait une machine à vapeur.

Une soudaine explosion proche de l’arrière des forces khadoréennes, proche du pont, éclata non pas en flammes mais dans un geyser de liquide brûlant. Suivi d’un autre, puis d’un autre, et Stryker retraça le chemin d’une gouttelette du liquide inflammable avant qu’il n’atteigne les khadoréens. Cela ne produisait pas le bruit d’une artillerie en approche, pas le hurlement d’un obus traversant les cieux. Il s’agissait d’une mort silencieuse – jusqu’à ce qu’elle frappe, puis un déferlement de cris d’hommes et de femmes mourant sur le champ de bataille, perceptibles même à cette distance.

Des formes courtaudes métalliques apparurent à l’horizon et le bruit de respiration s’intensifia. Des flammes jaillirent des formes, et elles avançaient d’une manière que Stryker n’avait jamais vu. Elles ne se déplaçaient pas comme un warjacks ou ne mouvaient pas sur des roues comme les autres véhicules de combat. Elles glissaient sur le sol accompagné d’un bruit de vapeur ; comme des locomotives libérées de ses rails.

Stryker sentit une vague d’espoir soulever sa poitrine. Il brandit Vif-Argent en l’air. « En avant, Cygnar ! Nous ne sommes plus seuls ! »

. . .

ASHLYNN PARA UN COUP provenant d’une baïonnette d’un kommando d’assaut, le frappant de taille avec Némésis, puis d’un geste du poignet trancha le casque et le crâne de l’ennemi. L’homme est tombé, mais un autre a pris sa place. Les balles des kommandos non impliqués dans la mêlée bourdonnaient autour d’elle, ricochant sur son champ d’énergie ou achevant leurs mortels courses dans les soldats combattant à ses côtés.

Les quais grouillaient de combattants et elle et ses forces étaient arrivés au moment où les khadoréens attachaient un pont flottant enjambant la rivière. Il était grossièrement construit, bien que suffisamment solide et large pour permettre la traversée de trois hommes de front. Les khadoréens, au fait des lacunes de leur ennemi, avaient déployé deux warjacks Destructeurs pour empêcher qu’ils envahissent le pont et le repousse sur le fleuve. De l’autre côté, les rouges débutaient le déploiement d’un second pont.

Elle sentit que Soldat lui demandant d’engager les warjacks ennemis. Pourtant, elle le retint. Le pont ne supporterait pas son poids, sinon les khadoréens auraient envoyé leurs propres lourds. Au lieu de cela, elle utilisa sa catapulte à vapeur pour ralentir l’avancée des troupes khadoréennes affluant sur le quai ou pour viser le pont lui-même. Ce dernier n’étant pas une cible facile à atteindre.

« Ils vont nous submerger, Maréchal », déclara le Major Cocteau en tirant avec son canon à main, faisant tomber un kommando d’assaut sur le point d’envoyer ad patres un soldat llaelais. Le vieillissant leader de la Résistance combattait à ses côtés, bravant les lignes de front sans l’aide d’une armure de warcaster.

Ashlynn se précipita vers l’avant, embrochant un autre kommando et le faisant tomber à l’eau où le poids de son équipement l’entraînerait vers le fond.

« Nous tiendrons aussi longtemps que nous le pourrons », cria-t-elle, mais elle grimaça et les Destructeurs firent feu de leurs bombardes. Elle attrapa le Major Cocteau et le jeta au sol, se jetant sur lui. L’un des obus explosa à quelques verges, faisant exploser le parement d’un bâtiment voisin. L’onde de choc frappa son champ d’énergie, entrechoqua ses dents et projetant des corps llaelais dans toutes les directions.

Elle roula et se releva, soulagée de voir Cocteau faire de même. Son champ d’énergie l’avait sauvé, bien qu’un filet régulier de sang s’écoulait de son oreille droite.

« Regroupez-vous », cria-t-elle alors que des dizaines de soldats khadoréens se ruaient vers l’avant, remplissant l’espace laissé par l’attaque du Destructeur. Elle envoya Soldat à leur rencontre, et la Mule balança sa masse de bataille en un large arc de cercle, tuant deux kommandos et envoyant les autres refluer en arrière.

Des soldats llaelais fatigués la rejoignirent pour former une autre ligne vacillante. La petite ligne qui mentait au front du fleuve était suffisamment étroite pour qu’on ne puisse facilement les submerger, mais elle les entassait et en faisait une cible de choix pour l’artillerie. Elle se concentra et invoqua sa magie, illuminant les plus proches khadoréens d’une lumière dorée, les aveuglant de son éclat. Cela les empêcherait de tirer ou de se défendre correctement durant quelques instants. Des fusils llaelais retentirent tout autour d’elle, et une douzaine de kommandos d’assaut périrent.

« En approche ! » Cria Cocteau en bondissant devant elle, grognant lorsque quelque chose le frappa à l’épaule. Son champ d’énergie frémi devant son visage quand tout ce qui frappa Cocteau la frappa également, bien qu’il n’ait pas pénétré ses défenses arcaniques. Il tomba en arrière et Ashlynn le rattrapa. Elle aperçut deux kommandos d’assaut en armure noire avant qu’ils ne se fondent à nouveau dans la mer d’ennemis. Elle reconnut leurs armes – des carabines Murmure de la Mort.

Ashlynn traîna Cocteau dans la masse de ses propres troupes, et elles se sont écartées pour la laisser passer, comblant l’écart par la suite. Elle tenait en réserve le vieux Rapace qu’ils avaient découvert, mais maintenant elle l’envoya en première ligne rejoindre Soldat.

Cocteau avait un impact de balle sur sa cuirasse. Son souffle était devenu un sifflement bouillonnant. Elle le retourna et trouva un impact identique dans le dos. Cette balle perforante lui était destinée, et il l’avait ralentie avec son propre corps afin que son champ d’énergie absorbe son impact.

« Ça a traversé, vieux fou », dit-elle.

Il toussa du sang et sourit. « Mieux vaut moi que toi, Maréchal. Je te survivrai. »

Ils étaient désespérément à court d’infirmiers, alors elle désigna deux soldats costauds. « Ramenez-le à Keller. »

« Maréchal, non… », entama Cocteau.

« C’est un ordre », déclara Ashlynn, « pour vous trois. »

Les deux soldats emmenèrent Cocteau, et elle se concentra à nouveau sur la bataille, l’évaluant à travers les yeux de Soldat. Les Destructeurs s’éloignaient du premier pont, et les khadoréens en avaient déployé un second à une trentaine de mètres du premier, la forçant à prendre une décision : diviser ses maigres forces pour défendre les deux points ou concentrer tout ici. Toutes deux étaient perdantes.

« Capitaine di Brascio », cria-t-elle, et le mage balisticien de la Rose Améthyste se précipita à ses côtés. Il appuyait une escouade de soldats llaelais avec son pistolet cinémantique et son sabre mékanique.

« Je suis ici, Maréchal », dit-il.

« Prends deux escouades et attaquez l’autre pont. Retenez-les aussi longtemps que possible. »

Un regard grave est apparu sur le visage du mage balisticien. Il était conscient de la signification de cet ordre, et c’était se planter un couteau dans le cœur pour Ashlynn de donner cet ordre.

« Ce sera fait selon ta volonté, Maréchal », déclara di Brascio. Alors qu’il se retournait, Ashlynn tendit la main pour saisir la sienne.

« Merci, Capitaine. Ce fut un honneur de me battre avec toi. » Elle déglutit difficilement, sa voix tremblant.

Di Brascio prit sa main dans la sienne et embrassa doucement le dos celle-ci.

« L’honneur est pour moi, Dame d’Elyse », a-t-il chuchoté puis s’éloigna en courant en criant des ordres. Une groupe de soldats le suivi dans une ruelle et disparu.

Une secousse soudaine dans son esprit appris a Ashlynn que son Rapace avait reçu un coup direct de quelque chose de gros. Elle se concentra afin de regarder à travers ses yeux, juste à temps pour voir un autre obus de bombarde d’un Destructeur s’abattre. Ensuite … rien. La présence du Rapace avait disparu de sa conscience.

Soldat se battait toujours, écrasant les soldats ennemis. Elle le redirigea vers le premier pont ennemis puis couru le rejoindre.

Ils faisaient face à une énorme vague de troupes ennemies. Des centaines de personnes avaient traversé et certaines s’étaient réfugiées derrière les caisses et le matériel sur les quais ; d’autres s’étaient avancées vers elle, boucliers verrouillés, en une ligne de feu mobile.

Ashlynn a invoqué un autre sort alors qu’elle atteignait les troupes ennemies les plus proches, transformant sa lame et son corps en un flou éclatant de mort mékanique. Huit commandos sont morts, et elle se déplaça, conservant son énergie mystique pour une autre fauchage. Le groupe suivant de kommandos contenait l’une des élites en armure noire

Elle capta l’éclat lumineux du canon d’un autre fusil, et son sort rapidité lui permis de voir la balle hurler vers elle. Elle se tordit sur le côté et le projectile frappa son champ d’énergie, le traversant et éraflant sa cuisse gauche au lieu de lui faire un trou dans le ventre. C’était un sombre rappel que d’autre carabines Murmure de la Mort étaient présentes. Elle persévéra, laissant ses soldats la rattraper pour une dernière offensive avant qu’ils ne soient submergés.

Les visages des hommes et des femmes qui l’entouraient étaient résolus, inébranlables, dévoués. Elle prit une profonde inspiration et leva Némésis. « Pour le Llael ! »

Ils ont chargé, poignardant et tirant, sa propre lame moissonnant des ennemis à chaque pas. Des balles ont frappé son armure, ne réussissant pas à la percer, mais d’autres ont abattu des hommes et des femmes à ses côtés. Pourtant, elle s’enfonça davantage dans l’ennemi, et elle le tua en premier, tranchant sa carabine Murmure de la Mort en deux avant de lui enfoncer un bon mètre d’acier en travers du corps.

Un épouvantable vacarme strident s’abattit sur le champ de bataille. Le bruit effrayant de l’artillerie, de fusée, pensa-t-elle.

Et maintenant, ils nous bombardent pour nous ramener à l’Ère des Mille Cités, pensa-t-elle. C’est la fin.

Elle leva les yeux. Des douzaines de traînées de flammes s’élevaient par-dessus la ville. Alors qu’elles descendaient, elle se rendit compte qu’il ne s’agissait pas du tout de fusées – c’étaient des soldats en armure turquoise et or avec des fusées fixées sur le dos.

Un autre vacarme, et alors que la première vague approchait du sol, de vives explosions fleurirent parmi les rangs des khadoréens tandis que les soldats-fusées lâchaient des grenades avant de se poser.

Le claquement de carabines légères s’est joint aux explosions et d’autres troupes-fusées ont débarqué devant le pont khadoréen, arrosant l’ennemi de plomb.

Derrière elle, le vacarme des fusées s’élevait au fur et à mesure que d’autres soldats descendaient. Certains de ses soldats ont commencé à tourner leurs armes contre les nouveaux arrivants.

Les khadoréens se rempliaient pour faire face au nouvel ennemi qui les attaquait de l’autre côté du fleuve. Ashlynn, elle-même, se replia pour faire face à une grande jeune femme aux cheveux rouge vif en armure turquoise armée d’une paire de carabines. L’insigne du creuset irradiant de la Garde du Creuset se dressait fièrement sur son plastron.

« Maréchal d’Elyse », dit-elle. « Je me présente, Capitaine Elsa Swift. Nous sommes là pour vous aider. »

« Tenez bon ! » Cria-t-elle. « Ce sont des amis. »

— 9 —

LES LOCOMOTIVES SANS RAIL se précipitèrent en avant, déchargeant leurs canons sur l’armée khadoréenne, les éclaboussant d’un feu alchimique infernal.

Les warjacks s’avançaient entre les engins de batailles, certains avec un châssis connu de Magnus – Vanguard et Toro, bien qu’ils soient équipés d’armes comme il n’en avait jamais vu auparavant. L’infanterie lourde suivi, des hommes et des femmes engoncés dans de l’acier et portant d’énormes marteaux.

Ils se battaient près de la base du pont quand Magnus appela une retraite.

« Reculez », cria-t-il. « Reculez vers les » – il réalisa qu’il n’avait aucune idée de comment appeler ses alliés – « nos nouveaux amis ! »

Les khadoréens, désorientés par les bombardements alchimiques ne les poursuivirent pas, alors Magnus mena ses pionniers en ligne serrée vers la Garde du Creuset. Le Capitaine Archer divisa ses propres forces en deux lignes pour flanquer l’infanterie, leur offrant une couverture contre les tirs khadoréens.

Magnus atteignit la ligne des soldats armurés et des machines turquoises. L’une des grosses locomotives ralentit tandis que les autres continuaient d’avancer, pilonnant les khadoréens avec des explosions chimiques vives. La locomotive qui ralentit s’arrêta et sa trappe supérieure s’ouvrit. Une tête de femme apparu, tachée de graisse et de suie, et elle s’est extraite de son véhicule. Elle portait un long manteau en cuir foncé, en dessous duquel brillait un plastron et des épaulières.

« Major Asheth Magnus », cria-t-elle en sautant au sol. « Je suis le Capitaine Eira Mackay de la Garde du Creuset. »

Elle s’avança à grand pas et tendit sa main, que Magnus dans les deux siennes en souriant. « Capitaine, vous êtes la bienvenue. »

Le Capitaine Mackay sourit. « Je suis désolé de renoncer aux amabilités, mais j’ai besoin que vous me fassiez le point … » Elle fit un signe de la main en direction de la mer de soldats khadoréens, reculant et s’éloignant du pont alors que Strakhov se regroupait face à un nouvel et inattendu ennemi.

« Tu as donné aux rouges quelque chose à prendre en compte, alors j’ai certainement du temps à te consacrer. » Il se tourna et vit le Capitaine Archer se diriger vers lui.

« Capitaine Archer, Capitaine Eira Mackay de la Garde du Creuset », déclara Magnus.

Archer hocha la tête en direction du capitaine. « Ce sont de sacrées machines, Capitaine. »

« Les Intercepteurs Sans Rails font partie de nos technologies les plus récentes », déclara-t-elle en tapotant la coque de sa machine. « Rapide sur presque tous les terrains et bien équipé pour gérer à peu près n’importe quelle situation sur le champ de bataille.

La nature de la technologie de la Garde du Creuset fascinait Magnus, mais ils avaient d’autres priorités.

« Le Seigneur Général Stryker tient la Grande Porte. » Il désigna l’énorme pont enjambant le fleuve. « C’est l’unique moyen de faire entrer des engins lourds et un grand nombre de soldats dans la ville. »

Des éclairs d’énergie galvanique et le grondement tonitruant des canons du Défenseur étaient audibles même à cette distance, à quelques milliers de verges de la bataille. Magnus qui mourrait sous ces bruits – et si c’était quelqu’un qu’il connaissait. « Il ne peut pas tenir longtemps, et si Strakhov décide que le pont n’en vaut plus la peine, il se retirera et nous pilonnera avec de l’artillerie. »

Mackay acquiesça. « Alors, nous devons prendre ce pont. Nous avons appris que davantage de soldats pénétraient dans la ville par le sud grâce à des ponts de fortune. »

Magnus grimaça et dit : « Le Maréchal Ashlynn d'Elyse est probablement plongé dans la merde jusqu’au cou avec ce problème. »

« Nous lui avons envoyé de l’aide. Peut-être assez pour renverser la vapeur. » Les yeux du capitaine se rétrécirent et sa mâchoire se serra. « Luka di Morray m’a envoyé parce que nous sommes basés à Laeryn, mais nous n’avons ni les effectifs, ni la puissance de feu pour vaincre Strakhov à découvert. Nous l’avons talonné – maintenant, nous devons fortifier la ville. »

« Vous avez de l’artillerie avec vous ? » Demanda le Capitaine Archer.

« En quelque sorte. Les Intercepteurs Sans Rails et nos warjacks Vengeurs ont la même capacité, ils peuvent œuvrer de concert suffisamment pour empêcher Strakhov de se rapprocher avec sa propre artillerie.

« Y a-t-il une chance qu’il y en ait plus en chemin ? » Demanda Magnus, réalisant que la force de la Garde du Creuset était plus petit qu’il ne le pensait au départ.

« Mackay hocha la tête, mais avec prudence. « L’Aurum Légat di Morray est à la tête d’une autre force équipée de certains de nos moyens les plus lourds, dont les Vulcains, nos nouveaux colosses, mais il lui faudra du temps pour arriver ici.

Elle fit une pause puis ajouta : « Probablement trop de temps. »

« Ensuite, nous devons foncer sur le pont, repousser les khadoréens avant qu’ils ne se regroupent et retrouver Stryker au milieu », dit Magnus. « C’est simple comme bonjour, non ? »

« Je suis d’accord, Major. » Mackay remonta au sommet de son Intercepteur. « Soyons sérieux. »

. . .

« JE VEUX LES WARJACKS DEVANT » cria Stryker. « Les Lames-Tempêtes derrière, en rangs de cinq, explosant à coup de glaive tout ce que les ‘jacks ne repoussent pas.

Alors qu’il donnait ses ordres, il avança, plaçant ses Défenseurs en position. Harcourt avait également placé Vî Arsouye aussi sur le front, et le Cuirassier évacuait de la vapeur et faisait tourner son marteau d’avant en arrière, agité et impatient.

Stryker cria : « Nous poussons ces foutus rouges directement dans la Garde du Creuset. Maintenez la pression ! »

Un cri rauque retentit, et Stryker fit charger ses warjacks, les suivants en courant. Son corps tout entier lui faisait mal ; il n’était guère plus qu’une collection d’ecchymoses et de coupures sous son armure, mais devait encore tenir un peu.

Les étranges véhicules de la Garde du Creuset se dirigeait droit vers le flanc khadoréen de l’autre côté du pont dans un coin étroit, projetant des explosions alchimiques dans les rangs ennemis. Les khadoréens, cependant, ne restaient pas les bras croisés et ont mis la pression. Les deux colosses avaient riposté en tirant sur cette nouvelle menace – en fait, ils avaient déjà détruit l’un des véhicules de la Garde du Creuset.

Les khadoréens sur le pont poussaient en avant désespérées de s’emparer de la ville et de rencontrer leurs forces attaquant par le sud. Stryker avait des informations selon lesquelles Ashlynn y aurait combattu aux côtés d’autres Gardes du Creuset qui auraient, étonnamment, volé comme une pluie de fusées. Il n’avait pas eu le temps d’y réfléchir – ses warjacks étaient entrés en contact avec la ligne khadoréenne, et la bataille la consumé.

Les ‘jacks ont rencontré une ligne de haches Exterminatrice disposées comme des piques. Elles ont transpercé et frappé les machines cygnaréennes. Stryker a enregistré les dégâts sur les deux Défenseurs alors que les lourdes haches mékaniques faisaient des ravages, mais les coups mortels des marteaux disruptifs des Destructeurs fauchaient la vie de deux ou trois khadoréens pour chaque coup qu’ils encaissaient en retour.

Le pont était juste assez large pour que les warjacks se battent de front, les Lames-Tempêtes ont pleuvoir à bout portant des éclairs d’énergie galvanique dans les lignes de Man-O-War.

« Reste ici », dit Stryker a Harcourt, qui courait à ses côtés. Le visage du jeune warcaster était pâle et tiré. Les blessures qu’ils avaient subi lui causait une douleur considérable. Il ouvrit la bouche pour protester et cela plut à Stryker qu’il voulait se battre, mais il n’y avait aucune raison de risquer Harcourt. « Garde Vî Arsouye dedans, mais j’ai besoin que quelqu’un commande ici. Et c’est toi. »

Stryker ne donna à Harcourt aucune chance de discuter et se précipita vers Vî Arsouye, balançant Vif-Argent dans un kommando d’assaut trop éloigné de ses camarades. Il tua l’homme d’un geste rapide, puis leva les yeux vers le Cuirassier. « Je te manque ? »

Vî Arsouye souffla un jet de vapeur qui portait une note sarcastique, et le monde ne fut plus que combat et sang.

. . .

MAGNUS RÉPARTIT SES PROPRES TROUPES parmi la Garde du Creuset, soutenant leurs soldats d’assaut lourds avec son infanterie plus légère. Les pionniers commandés par le Lieutenant Brigland établirent une ligne de tir d’élimination. Cela permis aux troupes du Creuset de s’approcher suffisamment de l’ennemi pour l’écraser avec leurs marteaux thermiques, armes dévastatrices produisant une brume de chaleur scintillante devants leurs manieurs.

Le Capitaine Archer dirigea une vague de lances-Tempêtes devant les Intercepteurs Sans Rails, attirant le feu des troupes khadoréennes et les empêchant de se concentrer sur les véhicules.

Magnus, lui et ses warjacks, s’était placé près de ceux de ses nouveaux alliés. Les ‘jacks pouvaient être contrôlé par le Capitaine Eira Mackay depuis son Intercepteur – il avait l’impression qu’elle pouvait être un warcaster – ou par les ordres aboyés des contrôleurs qui couraient à leurs côtés. Il aurait préféré quelques ‘jacks plus lourds, bien sûr, d’autant plus qu’il semblait n’y en avoir qu’un seul type parmi les forces de la Garde du Creuset : une modification du vénérable Toro ordique avec des pulvérisateurs alchimiques fixés à chaque poing. Et ils devraient se rapprocher pour les utiliser. Strakhov avait déplacé un grand nombre de ses propres warjacks lourds sur le pont, et ils allaient bientôt faire face aux bombardes des Destructeurs et au feu nourri des deux colosses.

Le Capitaine Archer arriva au contact la première. Ses lances-Tempêtes découpant la ligne khadoréenne, les repoussant, mais une dizaine de vaillant cavaliers furent tués par des haches exterminatrices ou des piques uhlan.

Virent ensuite les Intercepteurs. Ils cessèrent d’employer leurs mortiers alchimiques à un vingt verges de l’ennemi pour éviter de frapper les soldats du Capitaine Archer. Puis, telles les locomotives implacables auxquelles ils ressemblaient, ils ont foncé sur les khadoréens, telle des béliers mobiles, écrasant les hommes et les chevaux sous eux.

Magnus frappa ensuite, guidant ses warjacks dans la mêlée, concentrant ses efforts pour empêcher les khadoréens de se concentrer sur les Intercepteurs. Son Chargeur et ses Chasseurs mieux équipés pour attaquer les ennemis à distance, ont été contraints à une mêlée risquée, taillant et fracassant avec marteau et hache.

Lorsque les warjacks de la Garde du Creuset se joignirent à la mêlée, des panaches écarlates de liquides alchimiques se répandirent sur l’ennemi et l’embrasèrent. Les cris d’agonie de ces hommes furent difficiles à entendre pour Magnus. Il avait vu la mort sous toutes sa noirceur sur les champs de bataille, mais brûler vivant était un destin trop horrible à envisager, même si ceux qui mouraient étaient l’ennemi.

Ils avaient créé une brèche dans la ligne khadoréenne, les repoussant alors que le coin des Intercepteurs Sans Rails étaient poussés vers le pont. Il y avait encore les deux colosses à gérer, mais au moins ils ne pouvaient pas employer leurs canons aussi près de leurs propres troupes. Pourtant, les machines géantes n’avaient guère besoin de telles mesures. Le Conquête resta près du pont tandis que le Victor s’élançait, dispersant les soldats cygnaréens et de la Garde du Creuset. Un poing titanesque écrasa un Intercepteur, l’aplatissant presque.


Magnus réorienta ses warjacks pour aider les Intercepteurs à tirer sur le Victor, en surveillant d’un œil le Conquête qui n’était pas encore entré dans la mêlée. Il savait que ses warjacks légers n’auraient que peu d’effets contre le Victor, mais il espérait qu’ils pourraient attirer ses attaques afin de permettre aux Intercepteurs de poursuivre continuer. Il aperçut le véhicule de Mackay fonçant vers le Victor et galopa à côté de lui, puis bondit et attrapa une poignée sur sa coque. Il grimpa et frappa son poing armuré sur la trappe. Elle s’ouvrit, l’éjectant presque de la machine en mouvement. « Vous voulez mourir d’un tir ami ? Qu’est-ce que tu fous ? » Cria Mackay.

« Attirer ton attention », grogna-t-il. « Garde tes Intercepteurs en direction du pont. Ne te concentre pas sur le Colosse. »

« C’est ridicule. Si je ne le fais pas, il taillera mes intercepteurs en pièces. »

« Seulement si tu engages ce foutu truc. C’est ce que Strakhov désire », déclara Magnus en pointant du doigt. « Pousse jusqu’au pont. Stryker engage dans l’autre sens. »

Des éclairs d’énergie galvanique transpercèrent le Conquête ainsi que de lourds obus provenant des Défenseurs de Stryker. Cela donnerait de quoi réfléchir à Strakhov, pensa Magnus.

Mackay ne semblait pas partager son sentiment. « C’est génial, mais on fait quoi de ce foutu Conquête ? »

« Quand tu seras assez près, concentre toutes tes attaques dessus. Si on peut l’éliminer, le pont est à nous. »

Elle se mordilla la lèvre et fit courir ses yeux, ceux d’un vétéran, sur le champ de bataille. De toute évidence, elle était un commandant compétant, ce qui lui laissait une décision judicieuse à prendre. « Si tu le dis. Si tu peux t’éloigner. D’accord. Je vais relayer l’ordre. Tu peux garder le Victor loin de nous pendant qu’on continue. »

« Je ferai de mon mieux », répondit Magnus en souriant. Il sauta de l’Intercepteur. L’écoutille se referma.

Mackay devait avoir un moyen de communication avec les autres Intercepteurs parce qu’ils interrompirent leur attaque à l’encontre du Victor presque immédiatement, s’éloignant de ses jambes, avançant à nouveau.

Magnus soupira. Il ne lui restait plus qu’a abattre un colosse avec trois warjacks légers.

J’ai fait pire, pensa-t-il.
« Modifié: 19 décembre 2019 à 18:21:05 par elric »
Citation de: Maître Yoda
Trop gentil tu seras, dans le côté obscur tu l'auras.

Si vous constatez des fautes d'orthographe et/ou de conjugaison, des phrases à remanier pour une meilleur compréhension.
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Re : STORMBREAK - 1ere partie
« Réponse #3 le: 06 décembre 2019 à 00:35:25 »
— 10 —

LE COMBAT S’INTENSIFIA alors qu’ils approchaient de l’autre extrémité du pont. Les khadoréens n’allaient pas y renoncer facilement, et le Conquête y montant la garde utiliserait bientôt ses canons s’ils dégageaient suffisamment de soldats khadoréens.

Stryker para une hache exterminatrice, coinçant le manche avec ses quillons puis fit glisser la pointe de Vif-Argent dans une poussée brutale qui embrocha le Man-O-War. Il avait appris deux ou trois chose en travaillant l’escrime avec Ashlynn. Avec ses Défenseurs, il tira à nouveau sur le Conquête. Les obus heurtèrent le flanc droit de la coque du colosse, le repoussant d’un pas et détruisant l’un de ses petits canons de campagne.

Les véhicules de la Garde du Creuset avaient échappé au Victor et poursuivi leur route vers le pont. Les warjacks lourds de Strakhov avaient détruit deux d’entre eux, bien que la Garde du Creuset ait concentré leurs tirs de mortier alchimique sur un Juggernaut et réduit le warjack en laitier fumant.

Maintenant, Stryker put voir l’éclat lumineux du sort Catastrophe de Magnus et les trois petits points bleus de ses warjacks légers près du Victor. Stryker secoua la tête. Magnus essayait clairement d’empêcher l’énorme machine d’attaque la Garde du Creuset afin qu’elle puisse atteindre le pont.

« Noble », murmura-t-il. « Noble suicide. »

Il esquiva une autre hache exterminatrice juste à temps, et le crépitement d’énergie de sa tête mékanique lui brûla le visage. Il fit un mouvement brusque de Vif-Argent pour se défendre, mais le marteau de Vî Arsouye s’abattit avec un impact tonitruant, écrasant l’homme. Le Cuirassier émit un jet de vapeur irrité.

« Désolé, je ferai plus attention », déclara Stryker, se demandant si c’était Harcourt ou le vieux warjacks agissant seul.

Il se replongea dans la bataille.

. . .

LE PREMIER PONT DE FORTUNE avait coulé – les soldats de la Garde du Creuset l’avaient fait explosé avec des grenades alchimiques – et les khadoréens de l’autre rive se dirigeaient vers le deuxième pont. Là-bas, le Capitaine di Brascio et d’autres soldats-fusées tenaient bon. Ashlynn aperçut un autre pont flottant porté par un groupe de Man-O-War, se hâtant vers une autre partie du fleuve suffisamment étroit pour le franchir.

« Nous devons arrêter ces Man-O-War », dit-elle en pointant Némésis vers les troupes ennemies transportant le pont flottant. Le Capitaine Elsa Swift, de la Garde du Creuset, tiré une salve d’une de ses carabines, explosant un kommando d’assaut qui la chargeait, puis se tourna vers l’endroit indiqué par Ashlynn.

« Je suis d’accord, Maréchal. Et nous devons nous en occuper rapidement. « Elle se retourna et cria. « Hommes-Fusée, escouades deux, trois et cinq – avec moi ! »

Swift sourit et tendit la main. « Je vous dépose ? »

Ashlynn réalisa ce qu’elle voulait dire et se rapprocha. Le Capitaine Homme-Fusée l’enveloppa de ses deux bras, puis le sol disparu dans un vacarme de feu et de bruit.

C’était comme être propulsé depuis un canon. L’estomac d’Ashlynn se retourna alors qu’elles décrivaient un arc par-dessus les entrepôts et les quais jusqu’à l’endroit où les khadoréens avaient positionné le pont suivant.

Elles atterrirent sur les quais e bois avec un bruit de dents s’entrechoquant, et Ashlynn s’éloigna, étourdie et momentanément désorientée.

« Désolé », dit Swift, le visage rouge. « Les fusées ne sont pas vraiment conçues pour transporter deux personnes. »

D’autres Hommes-fusée atterrirent autour d’elle et pointèrent leurs carabines sur les khadoréens de l’autre côté du Fleuve. Les fusils n’étaient pas assez puissants pour pénétrer les armures Man-O-War, mais ils larguèrent des troupes plus légères tout autour d’eux.

« Cette armure est trop résistante », dit Swift « et on ne peut pas les atteindre avec nos grenades. »

« Laissez-les installer le pont », déclara Ashlynn, « et essayer de la traverser. Je vais les retenir, puis vous et vos hommes utiliseront vos grenades pour le couler. »

Swift hocha la tête. « Cela peut marcher. »

« Il vaudrait mieux. Je suis à court d’idées. »

Les khadoréens ont mis le pont à l’eau. Il mesurait environ deux mètres quarante de large, assez grand pour permettre à deux ou trois soldats d’avancer de front. Les Man-O-War l’ont arrimé de l’autre côté, en utilisant surtout leurs lourds corps armurés.

Les kommandos d’assaut ont débuté la traversée, verrouillant leurs boucliers pour créer un impénétrable rempart. Les tirs de carabine des Hommes-fusée cinglèrent sur la surface métallique sans aucun effet appréciable. D’autres kommandos d’assaut traversèrent le pont et, par nécessité, Ashlynn se précipita à leur rencontre.

Elle transperça le premiers sur le pont avec Némésis, tirant à bout portant avec son canon à main sur le visage du suivant, puis projeta le troisième un l’eau d’un brutal coup de pied sur le bouclier.

Swift apparut à ses côtés, au milieu du claquement des tirs des carabines de ses Hommes-fusée. Le capitaine de la Garde du Creuset n’avait pas d’arme de mêlée, mais elle utilisait ses deux carabines comme une paire de lames courtes pour accrocher l’arme ou le bouclier de son adversaire, les écartant, puis déchargeant avec sa seconde carabine à une distance horriblement proche. Cela donnait un style de combat efficace, quoique peu orthodoxe.

« Bombes gravitationnelles ! » Cria Swift. Les Hommes-fusée derrière elle lancèrent de lourdes grenades sphériques, destinées à être larguées en survolant l’ennemi. Certains ratèrent, mais d’autres atterrirent au milieu du pont et explosèrent, projetant les khadoréen dans le fleuve et faisant voler des morceaux du pont.

Ashlynn vérifia auprès de Soldat. La Mule combattait près du site du premier pont, et grâce au relais optique du warjack, elle aperçut d’autres khadoréens avec un autre pont se déplaçant vers l’ouest. Swift les remarqua également. Elle tendit la main à Ashlynn et sourit. « Prêts pour un autre saut ? Il me reste peut-être pas assez de carburant. »

« Et si vous n’en avez pas assez ? » Demanda Ashlynn, mais tendit la main a Swift sans attendre la réponse.

. . .

AGNUS AVAIT COMBATTU DES WARJACKS LOURDS avec à peine plus que sa lame, sa magie et son habilité auparavant, mais affronter un colosse seul dépassait tout ce qu’il avait tenté sur le champ de bataille. Il commença rapidement à comprendre pourquoi il ne l’avait pas fait.

Un certain nombre de soldats d’assaut lourds de la Garde du Creuset étaient restés derrière, ainsi que trois escouades de pionniers, pour tenir loin de lui les troupes khadoréennes pendant qu’il s’occupait du Victor. Devant, les Intercepteurs Sans Rails atteignirent le pont et déversèrent des tirs de mortiers alchimique sur le Conquête. Stryker s’imposait de l’autre côté du pont, et ses troupes envoyaient des éclairs galvaniques et des tirs de canons lourds dans le colosse.

Le Victor se dressait devant lui, ses autocanons jumeaux dévastant la terre autour de lui, déchiquetant les troupes cygnaréennes et de la Garde du Creuset. Les khadoréens étaient moins présents ici – ils semblaient reculer, se massant à une centaine de verges du pont. Strakhov l’avait très certainement repéré quelque part au sein de cette mer de corps armurés rouges et en profitait pour l’écraser.

Il avait une réelle chance d’y parvenir – de mettre hors d’état le Victor plutôt que de le détruire. La première était un coup de poker, la seconde une virtuelle impossibilité. Il fit appel à ses Chasseurs et visa la jambe droite du Victor avec leurs canons perce-armure. Ils tirèrent tous deux et il se concentra pour guider le trajectoire des projectiles. Ils frappèrent la jambe du colosse et il trembla, mais la grande machine se tomba pas.

Magnus se précipita en avant, avec Pourfendeur, envoyant son Chargeur devant lui comme bouclier mobile. Les autocanons du Victor tirèrent, pulvérisant le warjack léger d’une grêle de balles. Elles sectionnèrent son bras droit, le détachant complètement de son corps.

Il continua sa course, roulant sous le coup le balayage du poing droit du Victor. Il le manqua mais fit voler son Chargeur. La présence du ‘jack disparut de son esprit alors était projeté en l’air, une épave distordue, morte à toute fin utile avant de toucher sol.

Il atteignit la jambe du colosse et la roua de coups. Une fois. Deux fois. Trois fois. Il propulsa chaque once de sa volonté dans les coups, et la lourde lame mékanique, faite pour tailler des warjacks, laboura profondément le membre en forme de pilier, tranchant les tuyaux hydrauliques et les relais arcaniques.

Les balles cinglèrent contre la jambe du Victor, de par l’autre côté, alors que les troupes khadoréennes tentaient d’abattre Magnus. L’énorme membre de leur propre machine offrait une couverture suffisante. Il effectua une dernière taillade qui produit un geyser de fluide hydraulique et de fumée, puis se jeta à plat ventre alors que le poing su Victor passait à nouveau au-dessus de sa tête.

Un de ses Chasseurs disparu de son esprit ; il avait été taillé en pièces par un groupe de Man-O-War. La Garde du Creuset et les troupes cygnaréennes le soutenant s’enfuirent vers le pont, et Magnus se releva et s’élança dans un sprint. Il ne savait pas s’il avait fait suffisamment de dégâts à la jambe du Victor pour l’empêcher de suivre.

Il sortit de l’ombre du colosse, ses autocanons labourant le sol autour de lui. Il attendit que l’horrible pression du poing s’abattant comme un météore l’achève. Il ne le fit pas. Il zieuta un coup en arrière tout en courant. Le Victor ressemblait à un homme avec un pied coincé dans la boue alors qu’il tentait de bouger une jambe qui ne répondait plus. Pourtant, le canon au-dessus de sa coque était tout sauf désactivé, et il pivotait dans sa direction.

Le boom tonitruant de l’arme du colosse résonant sur le champ de bataille, puis Magnus vola, projeté tête baissée par l’onde de choc de l’obus qui explosa à côté de lui. Son champ d’énergie pulsait autour de lui comme un cocon arcanique, le protégeant du pire de l’impact, mais l’impact sue le sol lui coupa le souffle.

Il se releva en titubant, incapable de reprendre son souffle. Il n’était qu’à quelques mètres du pont. Stryker courait vers lui, se déplaçant autour de l’épave du Conquête. Sa coque fumante servant de grande montagne d’acier, bloquant presque tout accès au pont. Quatre Intercepteurs Sans Rails de la Garde du Creuset traversèrent le pont côte à côte, leurs mortiers alchimiques tirant sur l’immobile Victor.

« Allez. Dépêche-toi », dit Stryker alors qu’il atteignit Magnus, tendant la main.
Magnus l’attrapa, essayant toujours de respirer, et laissa Stryker le porter à moitié. Sa vision s’assombrit, et il faillit s’évanouir, mais ils atteignirent le pont, et le monde se tut comme si la mort les avait enfin tous assourdis.
« Modifié: 21 décembre 2019 à 11:15:46 par elric »
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Re : STORMBREAK - 1ere partie
« Réponse #4 le: 10 décembre 2019 à 20:04:21 »
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« Modifié: Aujourd'hui à 13:17:27 par elric »
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Re : STORMBREAK - 1ere partie
« Réponse #5 le: Aujourd'hui à 13:17:41 »
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Re : STORMBREAK - 1ere partie
« Réponse #6 le: Aujourd'hui à 13:18:01 »
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Re : STORMBREAK - 1ere partie
« Réponse #7 le: Aujourd'hui à 13:18:25 »
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Re : STORMBREAK - 1ere partie
« Réponse #8 le: Aujourd'hui à 13:21:53 »
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